Dans l’économie agricole ancienne, Lourdes occupait une place importante. C’était un lieu de marché traditionnel (depuis 1 000 ans), à la jonction des riches plaines à maïs d’Ossun et de l’agriculture rude de montagne, essentiellement pastorale, du Lavedan.
Si, au Nord de Lourdes comme à Bartrès, Adé ou Poueyferré, on trouve encore des fermes en U, à cour fermée, copies modestes des grandes propriétés de la plaine d’Ossun (XVIIIe-XIXe siècles), en partant vers la montagne, cette architecture devient de moins en moins ostentatoire. Les villages ont un bâti plus serré. Les cours de fermes, quand elles existent, sont plus petites ; tandis que les imposants portails (portàus) ont disparu. Les remises et granges (bordes) sont souvent construites à l’extérieur du village, en bordure des prés et des estives.
Cette architecture rurale du Pays de Lourdes est pauvre par définition : l’usage de la pierre de taille (marbre gris) est limité à l’essentiel, comme les encadrements d’ouverture (quand ils ne sont pas en bois). Parfois, dans les maisons les plus riches, les linteaux des portes sont décorés, soit d'une sculpture (qui sert parfois de repoussoir aux mauvais esprits), soit d'une simple date (celle de la construction). Il y a peu de chaînage d’angle taillé. La maçonnerie est réalisée par superposition de galets ou de blocs de granit éclaté liés au mortier gris. Ils sont généralement cachés par un enduit grossier. Malgré cette sobriété de moyens, cette architecture a du style, avec ses curieux toits à rupture de bas de pente (coyaux) et à retour en capuchon sur les pignons (demi-croupe).
Le souvenir de toitures en chaume de seigle ou de blé persiste parfois, avec la présence de rares pignons en marches d’escaliers, dits redents ou penàus. Celles-ci sont couvertes de dalles de schiste scellées dans la maçonnerie. Ces penàus qui protégeaient le chaume du vent, permettaient aussi d’accéder plus facilement au faîtage pour faciliter son remplacement. Ils ont généralement été démolis lors de la mise en place de la première couverture en ardoise ou lausas (plus chère, mais à longue durée de vie).
Maison à chaume et penàus
Porte chaume avec sa palette de tassement. Musée Salies à Bagnères. Photo J. Omnès
Artalens, belle maison à redents et au toit jadis couvert de chaume. Photo J. Omnès
Photo de Cyril Morelle
Poseur de chaume, Musée de Campan
Les couvertures plus récentes sont d'ardoises. Elles sont épaisses épaisses et irrégulières. Elles sont fixées au clou sur des lattis de châtaignier.
Les ardoises lourdaises étaient réputées pour être moins grossières que celles des vallées 'Aspe ou d'Ossau.
Ces couvertures étaient à pureau décroissant. Elles recevaient des ardoises de faîtage plus petites, plus fines et moins solides que celles du bas de pente. Cette pente est raide pour évacuer rapidement les eaux de pluie et la neige. Dans les toits plus récents, l'ardoise est plus fine et plus régulière et elle est fixée au crochet. Certains toits, surtout ceux des granges se terminaient sur les pignons en croupette (1). Celle-ci qui correspond à un petit toit rejoignant les deux pentes principales, mais à un niveau bien plus court.
Certains charpentiers-couvreurs signaient leur travail quand ils refaisaient à neuf les toitures ; ainsi Jean-Marie Prat d'Aucun avait comme logo un losange clair sur fond d'ardoises noires mises en croupette. Son logo fut déposé à l'INPI e 1979.
(1) La croupette aide à assurer la stabilité de la toiture et permet de diminuer la prise au vent du pignon, là où une maison simple à deux versants offrira une importante prise au vent sur son pignon
Gaillagos, un village bigourdan parmi d'autres
Porte-ardoises lors de la confection des toits. Le taquet permettait l'accrochage sur une solive ; le casier supérieur recevait les clous. Photo J.O collection J.-M. Prat d'Aucun
Ces couvertures sont souvent percées de petites ouvertures, houteaux ou chatière pour l’aération. Les maisons les plus riches possèdent des lucarnes, de deux à quatre, hautes et étroites dont les jouées sont également couvertes d'ardoises. Leur toiture à l'avant de leur faîtage possède une croupe, soit droite, soit arrondie et légèrement débordante. Ces dernières lucarnes, plus gracieuses, sont appelées lucarne à capucine, à cause de leur forme qui fait penser à une capuche de moine.
Les volets de bois sont maintenus ouverts par une barre transversale emboitée dans deux supports. C'était avant l'apparition des petites figurines mobiles de fonte.
Belle maison vers Saint Créac ;
fenêtre à capucine
Les cheminées, généralement une par maison, celle de la cuisine située sur le mur pignon, avaient pour souche, des plaques maçonnées d'une roche marno-argileuse appelée tousque. Elle supportait la chaleur sans éclater. Plus tard, les tousques furent remplacées par de la brique réfractaire. Le chapeau sur les cheminées anciennes est composé d'une pierre plate ou d'une labasse, reposant sur deux pierres dressées. Souvent sur cette labasse était posée une pierre (granit) pointue anthropomorphique, érodée par les glaciers.
Cette pierre que l'on retrouve également en Aragon voisin, était censée éloigner les mauvais esprits. Appelée espantabrujas (épouvantail à sorcières), elle est censée s'appeler cocut en Haut-Lavedan (1).
Les murs
Ils sont composés de galets du gave, et de schiste interposés. Parfois des pierres en réemploi insolites font leur apparition comme ici un morceau colonne (Saint-Savin). Les pierres d'angle sont souvent faits de pierres de carrière locales taillées.
Imposante Bigourdane "dans son jus" à Agos-Vidalos, maison Dusserm. Photo J. Omnès.
Cocuts Encadrement et barreaudage bois
Un cocut érodé par les glaciers. Ouzous, capitale des cocuts. Photos J. Omnès
Volets et sa barre de blocage. Photo J. Omnès
Bun, maison avec balcon-galerie à balustre sur la façade principale. Photo J. Omnès
Dans les maisons anciennes qui n’ont pas connu de trop grands remaniements, on peut encore voir accolé, l’ancien four à pain (hournère), de forme arrondie avec son toit conique ou plat en ardoise. Beaucoup plus rares sont les anciennes latrines à l’étage, sacrifiées pour des raisons de salubrité ou transformées en cagibi.
Cloisons. Celles-ci étaient souvent composées de galets ou de schistes, selon l'emplacement, alternés de lattes de bois. Pour les plus riches des clous permettaient de projeter un enduit :
Dépendances
On trouve souvent à côté des fermes, de petites constructions de pierres taillées, à toit dissymétrique, abritant des loges à cochons (porcaus) avec au-dessus des logements pour les poules (pouralhères). Ces poulaillers sont fermés par des treillis de bois, parfois étonnamment ornés de décors traditionnels (étoiles, soleil…). Au-dessus du poulailler, quelques houteaux (ouvertures) pour laisser entrer les pigeons. Ces triplex à animaux domestiques, bien que ne servant plus de nos jours, sont de plus en plus restaurés par leurs propriétaires, conscients de leur valeur patrimoniale. Les parcelles de terrain étaient souvent séparées par de grandes dalles de schistes appelées labasses. Il en subsiste encore quelques-unes. Voir dossiers des petits patrimoines. Vivant en autarcie, la plupart des maisons de village avaient un jardin potager et fruitier avec quelques plans de vigne et des carrés de lin.
Jardin de maison de village. Les plans de vigne, de lin et les arbres fruitiers ont disparu.
Belle maison de village avec balcon plein sud et linteau sculpté au-dessus de la porte d'entrée (Ayros)
Maison à Arrens, restaurée du XVIIe siècle, avec le balcon galerie sur le pignon sud. Four à pain
Le conseil d'architecture, urbanisme et environnement des Hautes-Pyrénées (C.A.U.E.) à Tarbes, a édité une plaquette afin de présenter aux propriétaires de granges foraines, de nombreux conseils de rénovation.
(1) Nous n'avons trouvé aucune information confirmant cette appellation. Elle signifie en gascon coucou et narcisse sauvage (?)
Un beau village bigourdan de montagne, Arras-en-Lavedan avec ses toits d’ardoises et sa vue sur les montagnes et le village d’en face, Arcizans avec son lac artificiel, de l’autre côté de la vallée.
Un village bigourdan : Arras-en-Lavedan. ¨Photo J. Omnès
Un autre village digne d'intérêt, Luz, vu de la chapelle Solferino
La rare beauté de ces villages de pierres, à flanc de montagne ou de colline, est parfois à la merci de la sensibilité d’un conseil municipal.
Exemple de coyaux : ruptures de pente. Photos J. Omnès
Lucarne et cocuts à Saint-Savin, cliché Isabelle Roux
Toit en ardoise à pureau décroissant. Plusieurs exemples existent à Viscos. Les ardoises les plus fines au sommet les plus lourdes et plus grandes à la base du toit. Photos J. Omnès
Détail toit en lignolet. Grange restaurée à Arrens-Marsous. Photos J. Omnès
Maisons, granges remarquables, par village par ordre alphabétique
1-Arras, 2-Arrens, 3-Aucun, 4-Ayné, 5-Ayzac, 6-Boô-Silhen, 7-Bun, 7bis-Estaing, 8-Gavarnie; 9-Lau-Balagnas, 10 Marsous, 11-Paréac,12-Saint-Pastous, 13-Saint-Savin, 13 bis Sazos, 14-Sireix, 15-Soulom
1- ARRAS
Maison avec belle galerie à balustres et imposante cheminée. Photos J. Omnès
Aux Gerbes, belle maison XVIIe siècle, toit à quatre pentes, sans balcon et au majestueux portail en marbre rouge local, daté 1665.
Peu et Paix Pierre Lardmeil 1665
Ancienne faderne
2-ARRENS
Arrens. Belle Bigourdane avec son four à pain en façade. Généralement il est sur le côté.
Photo J. Omnès
3- AUCUN
La façade principale orientée plein sud est parfois ornée dans les maisons de campagne, d’une galerie à balustres en bois découpé. Elle servait au séchage du maïs. Dans les maisons agrandies, ces balustres peuvent se trouver en pignon.
A l'arrière du petit musée
Coyaux, lucarne, balcon. Mais la façade principale est à l'Est. Cest la maison de l'archiprêtre d'Aucun Jean Prat sous Louis XIV. J. Omnès
4-AYNÉ
Maison Sens, grande exploitation agricole avec de nombreux bâtiments disposés autour d'une cour centrale. La maison principale en équerre à quatre travées sur trois niveaux est datée de 1868. Elle jouxte l'église avec laquelle elle communique par un passage. Normal, quand on sait que la famille était composée d'abbés laïques dès le XVIIe siècle. Ainsi que plusieurs prêtres qui étaient desservants dans cette église. Leur tombe se trouve à l'intérieur sous le nom de Sanctis.
5- AYZAC
Ayzac. Grange à double entrée. Le bétail était logé en bas et le foin stocké à l'étage.
6-BOO SILHEN
Étonnante et rare grange jouxtant la ferme, les aérations de l'étage servaient à ventiler le foin .
Belle pierre à lessive devant la porte. Photo J. Omnès
7-BUN
7 bis ESTAING
VAL D’AZUN- L’ASSASSINAT DU PROJET PÉNOGUÉ IL Y A 20 ans
Il s’agit de cet ensemble unique des XVIe- XVIIe siècle de ferme, grange, porcherie, moulins qui avait appartenu vers 1580 à Pierre Noguès dit Pénogué et dont certains accros de la défense du patrimoine pastoral voulait en faire un écomusée
Ce projet «Pénogué, ou Maison de la route de la transhumance reprenait les objectifs de valorisation d’un projet initial consistant à « présenter le fonctionnement d’un ensemble agro-pastoral pyrénéen » auxquels devait s’ajouter « l’explication du phénomène de la transhumance entre les Pyrénées et la plaine gasconne, en élargissant cette explication à la France, à l’Europe et au monde, et plus largement aux rapports à découvrir ou redécouvrir entre l’homme, l’animal et leur environnement. »
Après une "OPA" de la municipalité d’Arrens dans de conditions pas toujours bien définies et une immobilité condamnable de la commune d’Estaing et des autorités locales, le projet a été abandonné malgré le travail acharne du conservateur Francis Lalanne pour trouver les ayants droits, dont certains étaient partis en Argentine (1). Tout l’ensemble a été démoli et leur contenant dispersé et volé. Le terrain de 4 hectares a été loti vers 2002 (2). Photos d’Arnaud Lalanne
Une affaire exemplaire où affairisme « légal » et protection du patrimoine ont cohabité difficilement
Après sa démolition
(1) Anne-Marie Loret
(2) Je n’ai pas la date exacte
8- GAVARNIE
Ensemble maison-grange ancien au lieu-dit Couret qui a gardé ses penàus. Elle se trouve en bord de route sur la gauche, en montant à Gavarnie. À côté, se trouve un moulin ; voir dossier des moulins. Et en hauteur une ancienne mine désafectée.
Labatsus et pay toy photo de ?
9- LAU BALAGNAS
Très ancienne maison qui mériterait une restauration
Noeud de Salomon surmonté d'une croix. Ce qu il en reste ! Qu'est devenu le magnifique linteau ?
10- MARSOUS
Maison typique bigourdane de 1623 !
11- PRÉCHAC
Ferme et maison de village (Préchac) avec galerie à balustres "dans leur jus" . Cette dernière, du XVIIe siècle, longtemps à l'abandon, est en cours de rénovation depuis 2015. Photos J. Omnès
Juillet 2019. Un larmier ceinture la maison
Réemploi de l'ancien linteau. Photos J. Omnès
12-SAINT -PASTOUS
13-SAINT-SAVIN
Le village ancien fief de la riche abbatiale abrite quelques belles maisons.Sur cette belle Bigourdane située à Saint-Savin, les encadrements sont en bois. La couleur des volets : vert bouteille est très courante dans la région.
Lucarne avec jouée en ardoises
Maison Duhourcau devenue siège de la Communauté des communes.
Belle bigourdane à Saint-Savin ; maison paroissiale. Photo J. Omnès
Belle rénovation de grange, en face fenêtre rénovée. Photos J. Omnès
Arrière de la superbe maison ancienne des XVIe-XVIIIe siècles de la famille Galau. Photos J. Omnès
La maison GALAU (P) et sa plaque commémorative
Cette plaque en l’honneur de Francès de Galau(p) de Saint-Savin, chanoine de Tarbes a été fixée sur le pignon de la grange de la maison familiale à Saint-Savin, par l’un de ses descendants Christian Galau (prononcez Galaou). Elle a été réalisée sur une ardoise de Juncalas et gravée par Cathy Millet, meilleure ouvrière de Midi-Pyrénées. Elle relate l’histoire de ce chanoine hors du commun qui n’a pas eu peur d’affronter les envahisseurs huguenots, on pourrait dire les mains vides, enfin presque.
Les guerres de Religion (1569-1574) qui ont été un véritable fléau dans notre Bigorre, ont vu durant cinq années terribles, les massacreurs-pilleurs de Jeanne d’Albret envahir les villes et villages, incendier églises et couvents et passer au fil de l’épée une partie de la population. Ainsi, Tarbes, nous rapporte Guillaume Mauran, a subi quatre prises. La quatrième, en mars 1574 (2 ans après la mort de la reine Jeanne à Paris) fut réalisée par le capitaine huguenot Lysier. Poursuivant les ecclésiastiques, ceux-ci se réfugièrent dans le clocher de la cathédrale. Le chanoine Galau(p) lança sur ses poursuivants une pièce de bois qui renversa le capitaine Lysier. Mais l’objectif de la poursuite n’était pas la mise à mort des ecclésiastiques, mais leur rapt, afin d’obtenir une rançon ainsi que la prise dans les archives de leurs titres à revenus. Mal en prit au capitaine, il fut tué un mois et demi après, fin avril 1574. La rançon a-t-elle été versée?, je l’ignore. La plaquette réalisée par Christian Galau, descendant du chanoine, avec l’aide de J.-F. Le Nail, s’intéresse surtout à la généalogie de la famille avec quelques notes sur ces guerres civiles.
Le nom de Galaup est le nom de la très belle maison-foyer (case ci-jointe) dénombrée en 1429 (sur 58 cases) par le comte de Bigorre Jean de Foix-Grailly. (1) Cette maison des aînés est actuellement occupée par Jacques Brenac. Les cadets s’étant réfugiés à Uz (Dupont-Lomné).
Archive dép. des Pyrénées Atl. E377, censier de Bigorre, fol. 64.
13 bis-SAZOS
Une découverte bien étonnante.
En restaurant une ancienne bergerie en centre ville pour la transformer en maison d'habitation, les propriétaires ont découvert une petite pierre en forme de croix de Malte. Cette maison aurait peut-être été avant d'être une bergerie, une maison ayant appartenue à un membre de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalemn (Ordre de Malte). Le seul lien pour le moment, que nous avons trouvé est l'abbé Cantonnet, curé de Luz en 1750, membre de l'Ordre, abondamment cité par Jean Bourdette. Ce curé avait-il une maison à Sazos proche ? Le curé de Sazos était alors Jean Baradère. La pierre a été incrustée dans un mur pour éviter toute disparition.
Belle petite fenêtre geminée au linteau en arc en accolade sur une maison de Sazos. Photo J. Omnès
14- SIREIX
Maison du milieu du XVIIe siècle appellée maison Sepet, que certains locaux attribuent à Marie d'Abbadie ascendante de Bernadotte qui fut roi de Suède. Le doute persiste avec l'emplacement de la seconde maison ci-dessous : la Maison Toulouzet
voir le lien facebook
Présence d'une échelle pour la cheminée. Photos J. Omnès
Ci-dessous la maison Toulouzet, que certains éridits locaux, dont J-M Prat, charpentier d'Aucun, attribuent à Marie d'Abbadie C'est à son emplacementque se trouvait là, d'après un érudit local le château du sire de Montpellier qui est à l'origine de la création du village. Parti aux croisades et jamais revenu, le château a été démantelé et une habitation reconstruite à sa place pour loger les abbés laiques, dont les parents (arrière grand mère) de Bernadotte (roi de Suède) . C'est dans la maison d'origine démolie, que l'on a trouvé le bénitier de pierre vendu chez Adam à Tarbes et une lanterne des morts en pierre. Rare.
Les ascendants du roi de Suède, Jean Baptiste Bernadotte
Jean Baptiste Bernadotte, auteur de la branche royale de Suède, né à Pau en 1763 est le fils cadet sur les cinq enfants d’Henri Bernadotte (1711-1780) et de Jeanne de Saint-Jean, fille de Marie d’Abadie abbé Lay de Sireix. Jeanne avait 22 ans, son mari 42 ans. Jeanne intenta un procès contre son frère aîné, François afin de récupérer des biens sur la maison familiale de Sireix. Finalement la maison échut à Bernat, fils de François. C’est alors que le mari de Jeanne fit diverses tentatives pour obtenir le paiement de ses droits. Bernat, refusa. La poursuite se termina par l’expropriation totale des biens de la maison d’Abbadie de Sireix et sa vente aux enchères en 1776. Qui acheta cette maison : Sepet ou Toulouzet ?
15- SOULOM
Étonnnate maison inclassable. Photo J. Omnès
Les Granges de ville
À Lourdes, sont encore debout quelques granges, dont celle située à l’angle de la rue de Langelle et de la rue Louis Capdevielle. Ancienne étable, antérieure à 1715, elle a servi par la suite de garage de cars d’excursion. Aucune transformation notable n’est venue altérer sa physionomie. On l'appelle communément la grange Lavantès. Il existe également une ancienne grange, rue du Fort. Photo sous celle de la grange Lavantès.
Vieille grange, rue du Fort, Lourdes. Ici la rupture de pente de la toiture est bien visible.
Photos J. Omnès
Rue du Château. C'est l'une des plus anciennes maisons de Lourdes, son linteau indique 1664. Les murs étaient, il n'y a pas longtemps encore en torchis. Les pierres d'encadrement ont été maintenues. Il s'agit d'une grange, qui, après les Apparitions en 1894, avec un rajout d'un étage a été transformée en pension par la famille Cassagnous.
Les granges foraines ou bordes
Les granges foraines ou bordes sont des granges-étables éloignées des fermes qui, elles, étaient situées dans le périmètre de la commune. Ces granges devraient être considérées comme faisant partie de notre patrimoine paysager et environnemental.
Indispensables au fonctionnement des fermes d'élevage, elles ont été conçues pour éviter de transporter jusqu’à la ferme, le foin et le regain des prés et pour loger le bétail provisoirement lors des transhumances.
Emplacements
Les terrains en montagne étant pentus et les chemins souvent peu praticables pour les charrettes, elles sont situées en limite des prés ou des champs de l’exploitation, mais à l’intérieur du périmètre des activités des exploitations du village, loin des estives de la collectivité. Leur volume est inférieur à celui des granges-étables des fermes de village, siège des exploitations. Les granges foraines qui se trouvent en haute montagne ou sur des pentes fortes, sont souvent équipées, pour éviter d'éventuelles avalanches, d'étraves de pierre en amont de la construction. Ces étraves ou forts sont censées couper en deux les coulées de neige.
Disposition des pièces
Ces granges foraines comprennent deux parties : le fenil à l'étage avec une grande porte, à laquelle on accède souvent par une pente ou rampe d'accès, et l’étable ou la bergerie en rez-de-chaussée. La rampe d'accès était placée, selon la pente, soit à l'arrière soit contre le mur pignon. Pour faciliter l'acheminement du foin, la grange est souvent à demi- enterrée.
Certains bâtiments, de plus grand volume ont une partie habitation, ce sont d'anciennes métairies. Une même exploitation pouvait avoir plusieurs bordes. Certaines granges autres que celle des métayers, sont complétées par une petite construction attenante qui sert d'abri saisonnier pour le berger.
La construction
Ces bordes ont été construites par les agriculteurs eux-mêmes avec le concours d'artisans locaux pour la couverture. La construction faisait appel aux matériaux les plus proches. Les pierres morainiques déposées par les glaciers étaient trouvées sur place ou le long des torrents. Elles étaient liées avec l'argile trouvée sous le dépôt morainique. L'eau pour le malaxage était fournie par les multiples sources torrents. Quant aux ardoises, elles provenaient des nombreuses ardoisières du pays. Initialement beaucoup de toits étaient couverts de chaume, moins cher et plus accessible que l'ardoise. C'est la raison pour laquelle les paysans-artisans avaient inventé ces pignons à redents ou penàus. Ces petites marches, plus larges que le mur de support avaient pour but de renvoyer l'eau de la pluie vers l'extérieur et protéger le chaume du vent.
Comme pour les fermes, le bois de chêne ou de frêne était utilisé pour la charpente. Les châtaigniers fournissaient le bois des voliges. Ce bois très tannique n'est pas attaqué par les insectes, mais le tanin avec le temps finissait par attaquer les clous fixant les ardoises. Le C.A.U.E. des Hautes-Pyrénées a édité une plaquette pour aider les propriétaires dans leur désir de rénovation : Les granges foraines.
Borde avec pignon à penàus (redents) qui protégeaient les chaumes des tempêtes et permettait de les rénover, photo prise à Soulom. A droite, explication par le C.A.U.E. pour la reconstruction d'un toit d'ardoise à l'ancienne.À remarquer que les solives reposent sur un entablement recouvert de larges plaques d'ardoise.
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Borde à Arras-en-Lavedan. En fait il s'agit d'une métairie.
Le foin est engrangé dans le fenil au premier étage par le mur pignon; Si la partie gauche est réservée aux moutons, celle de droite (délimitée par le toit de consistance différente), est la partie habitation du métayer. Montée du foin au moyen d'une échelle.
Borde à Gazost. La partie de droite sert à héberger les animaux et entreposer le foin à l'étage. La partie de gauche sert de logement au métayer.
Vers le Hautacam. Plus besoin d'échelle pour rentrer le foin. Photos J. Omnès
Importante grange à penàus à Soulom. Photo J. Omnès
Grange- maison au- dessus d'Omex, très bien restaurée, la partie de gauche est l'habitation celle de droite la grange. À l'étage, le foin, dessous les moutons. (Pour la petite histoire elle a appartenu à un membre de ma famille). Photo J. Omnès
Grange à penàus ayant conservé son chaume à Sazos. Cliché Aristow