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           Les chemins oubliés de Saint-Jacques

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« Le chemin de Saint-Jacques qui était tous les chemins fut une création continue à travers les gîtes de hasard offerts dans la montagne par des hommes profondément croyants. Dans ces espaces où aujourd’hui il n’y a plus rien que des bêtes lâchées pour le seul usage extensif de la montagne, il faut armer son imaginaire historique d‘indices et des traces qui restent. Il faut d’abord comprendre la spécificité du chemin médiéval… » Robert Borie, archives Montaigu.

                                 SAGA DES CHEMINS DE SAINT-JACQUES EN BIGORRE 

Origines

Le pèlerinage à Compostelle a été créé suite à la découverte en Galice des supposées reliques de Jacques de Zébédée (apôtre Jacques le Majeur) au début du IXe siècle, par Pelagos (ou Pelagius), ermite vivant dans les bois, près de la future ville de Compostelle, vers 813. Ce pèlerinage devient au XIe siècle, un grand pèlerinage de la chrétienté médiévale. Mais, il faut attendre la prise de Grenade en 1492, par Ferdinand d'Aragon et Isabelle la Catholique, pour qu’il devienne officiellement l’un des « trois grands pèlerinages de la Chrétienté », avec ceux de Jérusalem et de Rome, par une bulle papale d’Alexandre VI Borgia.

De toute l’Europe accourent à Compostelle, des masses de pèlerins nommés Jacquets. Ils vont emprunter nombre des chemins qui seront progressivement balisés

Ces chemins étaient parsemés  d’hospitalités et de chapelles édifiées par les seigneurs et l’Eglise afin de venir en aide matérielle et morale aux voyageurs épris de spiritualité et désireux de sauver leur âme. Ils servaient aussi à mieux contrôler ces masses de croyants vers Compostelle afin d’éviter l’imprégnation d’une quelconque hérésie. Mais ces traces matérielles ne suffisaient pas aux marcheurs à l’imaginaire nourri de contes et de légendes ; la nature traversée offrait nombre de signes sur la présence divine ou diabolique. Leur démarche spirituelle les poussait à suivre parfois des voies détournées pour honorer telle relique ou éviter telle pierre diabolique. La route droite et le rationnel n’avaient pas leur place dans leur quête d’absolu.

Par ailleurs, comme le mentionne l’historienne médiéviste Renée Moussot Goulard, les tracés ont varié selon les époques : « le chemin en réalité multiple et mouvant selon les temps, qui conduit à Saint-Jacques-de-Compostelle, s’est mis en place lentement, en fonction du rebondissement de la guerre andalouse, ainsi que des faits politiques et sociaux des régions riveraines, dont la Navarre et peu après la Castille deviennent les instigatrices ». L'effondrement au XIe siècle, du Califat Omeyade de Cordoue a été le déclencheur de l'augmentation en puissance des princes chrétiens et des pèlerins en nombre. Des haltes sécurisées devinrent nécessaires, ce