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3a - Les filons et les mines

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Galène     blende     Sidérite Estaing

                                 
                                     Les filons et les mines
Avant-propos : la partie industrielle, prolongement logique de certaines mines, carrières et ardoisières exploitées est reprise dans le dossier patrimoine industriel.

La présence de nombreux filons métallifères dans les Pyrénées centrales vient de niveaux géologiques très anciens d'origine volcanique de l’ordovicien supérieur (ère primaire). C’était bien avant la naissance des Pyrénées. Connus et parfois exploités par les Romains, ces filons furent inventoriés au XVIIIe siècle par l’abbé Bernard Palassou dans son Essai sur la minéralogie des monts Pyrénéens en 1784, et surtout à la même époque, par le baron de Dietrich, Commissaire du Roi des mines, bouches à feu et des forêts. Le résultat de ces recherches à travers la France, fut publié en 1786. Dans le diocèse de Tarbes (Bigorre), il a visité nombre de sites des vallées du Lavedan, dont Barèges, Gavarnie, Héas, le Val d’Azun, Saint-Sa(u)vin et Castel-Loubon. Il en a dénombré pas moins de 87.


Dont 13 de plomb argentifère – galène, 45 de plomb, 9 de cuivre, 5 de fer, 6 de zinc, 1 de cobalt et de nickel et 8 de pyrites. Mais la plupart de ces filons étaient difficiles d’accès, et exploitables seulement d’avril à octobre. De plus, la présence de failles importantes faisant bouger les terrains les uns par rapport aux autres (sur des millions d’années), faisait perdre la trace des filons.
Ce qui faisait dire à un visiteur de l’époque : « Les habitants sont persuadés que leur montagne renferme de grandes richesses …mais le diable les retient entre ses mains. » 
Détail du tableau de F. de Dietrich :
pour le Bas Lavedan : plomb argentifère
Davantaygue: plomb, cuivre, argent et zinc
Saint-Savin : plomb, zinc
Cauterets Luz : cuivre, plomb, zinc
Héas, Gavarnie : plomb argentifère,cuivre, fer, zinc
Barèges : abeste, nickel, cobalt
Fort de ce tableau, le marqusi de Gestas se fit accorder une concession générale dans les diocèse de Tarbes et des Comminges; mais d'expoita que quelques mines dont celle de Chèze, Pierrefitte, Arras et Sireix. La Révolution mit fin à ses activités en dispersant les actionnaires.
NB : il est a signaler que généralement les fonderies se trouvaient à l'écart des mines, et ce, pour deux raisons principales :  absence en altitude de bois de forêt nécessaire et trop grande proximité des certaines mines  de la frontière. Seuls les brocards et les tables à laver se trouvaient près des lieux d'exploitation.

Au XIXe siècle, Philippe Debete (1853) puis l’abbé Abadie de Sarrancolin (1856) furent suivis dans leurs recherches par  les pasteurs de Bagnères, Emilien et Charles-Louis Frossard. Ces derniers analysèrent entre 1878 et 1888, de nombreux filons, dont ceux de Pierrefitte et d’Estaing, les plus importants. Leurs travaux firent l’objet de bulletins édités par la société Ramond.

Durant les temps modernes, quelques filons connurent des périodes d’exploitation, fin XIXe, début XXe mais tous furent abandonnés dans les années 70. L’accès difficile, la rigueur du climat, surtout l’hiver, les difficultés d’exploitation et d’évacuation du minerai, les conjonctures économiques et le manque de capitaux en furent les principales causes. Robert Arnaut, dans son talentueux roman les Corneilles blanches est l’un des rares auteurs à avoir évoqué ces mines. Dans son ouvrage, la réouverture d’une de ces mines vers Arrens est envisagée par un fils du pays. Il ramène avec lui des ingénieurs américains, de son séjour aux USA. Cela se passe vers 1900.
Des cartes géologiques au 1/50 000 ont été réalisées par le B.R.G.M. (Bureau de recherches géologiques et minières). Elles recouvrent les zones de Gavarnie (1083), d’Argelès-Gazost (1070) et de Vieille Aure (1083). Quelques articles ont alimenté les bulletins annuels de la Société d’Etude des Sept Vallées, sous la signature de Michel et Christan Parrou, son fils et Georges Peyruc. Des conférences sur le sujet ont été organisées par Dominique Rossier et Christian Parrou.
Ce patrimoine naturel et historique abandonné par les autorités locales, mérite d'être connu et, pourquoi pas, réhabilité car le Lavedan est riche en minéraux. Deux études de base sur le mines de notre région : Les mines des Pyrénées des Gaves de Georges Jorré et Les mines des Hautes-Pyrénées d'André Castéra, imprimerie Fournié, Toulouse,
PS : les mines sont marquées en gras et surlignées
Emilien Frossard  
                                                                                   
                                                                                 Émilien Frossard (Google)

Géoparcs

Des Géoparcs avec le patronage de l’UNESCO ont été constitués sur le plan européen. Leur objectif : « La promotion et la mise en valeur des sites archéologiques et des milieux rocheux remarquables, dans une perspective de développement touristique durable. »
À ce jour, en France, nous avons les géoparcs français du Lubéron et de Haute-Provence ; un troisième vient d'être homologué, celui des Bauges. Les Pyrénées, avec  l’action dynamique de l’association Géopatrimoine peuvent  aspirer à devenir le quatrième géoparc de France. L’association, émanation des élus du département, regroupe près de 50 géologues et personnes valorisant la géologie en Bigorre. Son siège se trouve à Agos à la Maison des Vallées des Gaves. Parmi les acteurs, on peut nommer Jean-Jacques Durancet, auteur de plusieurs articles sur le sujet. L'association, avec l'aide de la brigade verte (Symilh), a réalisé un mini-musée en extérieur, au pied de la Maison des Vallées. Y sont exposés, des modèles réduits de fourneaux pour la réduction du minerai de fer et du minerai de plomb, ainsi que différentes pierres représentant les couches géologiques de la région.
 À Gèdre, à la salle Millaris (Office de tourisme), des panneaux expliquent les formations géologiques du pays.
Bas fourneau à fer 1  Bas fourneau à fer 2
                                    Fourneaux à minerai de plomb et de fer. Photos J. Omnès
Exposition de pierres

                       Porte du Pays des Vallées des Gaves à Agos, exposition de pierres de la région. Photo J.Omnès

Les filons du Lavedan sont nombreux avec une histoire ancienne, mais malheureusement la plupart ont été peu rentables, nous l'avons vu succinctement, et ce pour plusieurs raisons : tout d'abord, à cause de la façon dont ces filons étaient exploités avec une rentabilité immédiate au détriment de l'investissement, et ce, avec des méthodes  de creusement qui accumulaient les infiltrations d'eau, puis de l'absence d'analyses préalables des minerais dont certains étaient dédaignés, comme les blendes mixtes. Comme autres raisons, il y avait également l'altitude, au-dessus de 2 000 mètres, parfois 2 700 mètres, sous la neige, une partie de l'année, avec des difficultés d'accès et enfin de la rareté des moyens de transports, la majorité se faisant à dos d'ânes et de mulets. Les déboires furent nombreux.

Les principaux filons sont des filons de plomb (Pb), zinc (Zn), argent (Ag), baryte (Ba). Ils sont mentionnés avec ceux qui ont été exploités (mines), par secteur géographique :

                                                                                   VAL D'AZUN
mines



                                                                  Secteur d’Arras-Sireix
   

mines dEstaing   
  Les principales mines de la région, situations approximatives.

En juin 2016, a été inauguré à Sia, sous l'égide de Jean Knobel, géologue de Sassis, une "cabane" du géologue, lieu de rencontre et d'échanges des différents scientifiques de la région.

Cabane 1

Arras-Arcizans-Dessus-Sireix
Filons et mines de zinc (blende), plomb (galène), cuivre et fer

Le secteur, riche en filons, a donné naissance à plusieurs exploitations dès le XVIIIe siècle (inventaire de Diétrich mentionné ci-dessus) dont :

§ La mine de cuivre sous la forme de chalcopyrite du Pla de Lacaze au Nord-Ouest d’Arras (altitude 1080m), sur la pente du pic d’Arragnat.  Prendre la route de Bernicaze et stationnez juste après le premier poteau à gauche. Suivre le sentier qui longe un bois et un rideau de fil de fer sur la gauche. A 15 minutes de marche, à la sortie du bois sur la droite l'entrée du chemin se trouve entre deux cairns au milieu des fougères. Cela monte pas mal à flanc de montagne et le sentier est balisé par des cairns et des rubans de plastique de couleur. Si le sentier est ouest- est, il bifurque ensuite dans l'autre sens, passe sous une ferme dont on aperçoit à peine le toit. A 200 mètres de celui-ci près, d'un gros bosquet de bouleaux, le repère important, et derrière une halde, c'est là.

Arras mine 2 mines 4
La mine se trouve au milieu de la photo, derrière le bosquet d'arbres : tâche claire horizontale surmontée d'une tache plus sombre. La mine est au bout, derrière les bouleaux.
Les extractions sont assez imposantes, le travail a d'abord été exécuté en faille puis en creusant. Il existe une galerie de près de 4 mètres avec les restes d'une entrée que devait comporter une porte,  et un anneau au plafond qui devait servir à la traction. Il existe des entrées secondaires.
Cette mine  semble avoir été abandonnée à la fin du XIXe siècle, en raison de la faiblesse de son rendement. Elle avait été évoquée dans l'inventaire du baron de Diétrich en 1786, inventaire repris par Ph. Debete en 1853. Il est à noter qu’elle se trouve près d’un affleurement de marbre blanc, au lieu-dit Cassin (voir carrières). Pour d'autres précisions, voir le topo guide Randonnées vers les mines du Val d'Azun de J-M Poudevigne, page 35.


Mines 2 halde         mine 5  2
Halde importante, la cavité est au-dessus à gauche. Un anneau
Mine 8   Mine 6  2


§ Mine de fer ancienne découverte avec Jean Knobel. Nom inconnu
.
Mines Arras  2       Mines Arras  3

                      Entrée d'une mine. Un  géologue nous montrant sa découverte (mai 2013). Photos J. Omnès
Cette mine riche en minerai de fer n'est pas celle de Pla de Lacaze. Inconnue des cartes IGN, elle se situe entre Arras et Arcizans-Dessus. Départ à Arcizans-Dessus.

§ la mine de plomb de l’Escrampette (petite chambre ?), à l'Est de Sireix, amas filonien ordovicien composé de galène et de blende sur 1 à 3 mètres d’épaisseur, dans un schiste argileux noir. D’après la notice sur l’exploitation des métaux autres que le fer de I’ imprimerie nationale1849 (ADHPS606), il est précisé que la mine a fourni « une grande quantité de minerais pendant les travaux de recherches entrepris vers la fin du siècle dernier. » Elle se trouve en bordure de route, à une vingtaine de mètres. Prendre à Sireix, la route pour Arcizans-Avant, à 250 mètres, prendre la première route à droite, direction Cabaliros. Laissez votre véhicule à la première épingle. Comptez 300 mètres à pied, vous montez le talus bien abrupt. C'est là, sous le talus recouvert de végétation et derrière l'amas de déchets. Gouffre accessible aux seuls spéléologues ou aux personnes bien équipées.

 Escrampette  1 Blende
Entrée mine de l'Escrampette. Photo J. Omnès

Un petit film de J-M Poudevigne : https://youtu.be/irxm0To6gfg

§ la mine de la Curadère, sur le principal filon, encore plus au sud, après le bois de Curadère. Son gîte se présente sous la forme d’un amas filonien de 10 à 20 m d’épaisseur, avec des veines et une minéralisation disséminées. Une autorisation de fouilles avait été accordée en juillet 1902, à un certain Sorbé Bualé, originaire d’Argelès et fondateur de la Cie des Mines de la Curadère. Ce filon avait été faiblement exploité aux alentours de 1914. Quelques milliers de tonnes de minerai à 11% de zinc en furent extraits. L’exploitation sera arrêtée en 1925. Le conseil municipal a dû voter un crédit pour remettre en état certaines excavations dangereuses pour les vaches. Entretemps, plusieurs investisseurs se firent connaître en 1926, 1929 et 1934 pour exploiter les mines de Sorbé Bualé, décédé. 

§ La mine d'hématite de Coureilla à Arcizans-Dessus. Au Nord, sur le chemin qui part de la source de Nabias et qui mène au col de Liar. Aucune information sur cette mine. Plusieurs personnes ont obtenu une autorisation de recherches : Melle Balencie d'Adast en 1919, M. Mast de Pierrefitte en 1923,  puis en 1927-1929, M. Bousquet de Pierrefitte (section A du cadastre N0 42) Cette mine est  mentionnée dans le bulletin de la SESV No 46, page 98. Il n'y a pas de mention sur la carte IGN.

 hematite 001 2

Hématite (F2O3) prélevé dans l'entrée de la galerie

§ Pour information : il est également fait mention du filon du Castillon, sur la montagne du même nom ; filon en amas et gros rognons de pyrite avec gangue de quartz. Il a été exploité en tranchées au XVIIIe siècle par Messieurs d’Inval et Talabère. Cette exploitation perdura jusqu’en 1900.

mines et filons Lavedan
Plan BRGM au 1/50 000 de la région d’Arras. Surligné en rouge les repères mentionnés dans le texte : montagne du Cabaliros et les bois de la Curadère et de la Tasque.


 § Le Bergons-Gez-Argeles

Dans un rapport de la Société académique des H-P de 1859, il est fait mention de plusieurs mines :
- une mine de plomb argentifère, près d'un trou profond appelé lou Hourat déras encantadas (Le trou des fées). Elle aurait été, selon le texte, exploitée par les Maures. La mine ne serait également pas loin du lieu-dit lou Castet Sarrazi à 1004 mètres, représenté par une grande excavation. Déclarations de l'abbé Laffont. Voir aussi dossier  Préhistoire, à Gez.
- Du même abbé, il yaurait au sommet du Bergons une mine d'argent '"très riche". Et il en signale d'autres au bois du Postdera.

                                                                        Secteur d’Estaing

Estaing-Arrouy
Filons et mines de zinc, plomb et fer

Il s’agit de filons de plomb et de zinc dispersés  sur le flanc ouest du mont Cabaliros. Ils sont situés sur les territoires au sud d’Arras et de Siriex, près d’Estaing et de son lac.

Dans ce secteur d’Estaing, les principaux filons ont pour nom : Arrouyes, bois de la Tasque, bois de Castet-Merdet, Bergouey, Larrode, Labat-d’Aucun, Turon, Madu, Puyos, Cazanove, Couret et Picou.

Les  principaux filons exploités sont situés autour du bois de la Tasque. Ces exploitations ont pour nom les mines de :

§ Ringadis : à l’ouest du bois de la Tasque. Le gîte se compose d’un filon et amas épais de 6 mètres à l’affleurement, riches en blende et galène. La plupart des galeries se sont effondrées.

Exploitée dès le XVIIIe siècle, cette mine a fait l‘objet d’une délibération du conseil municipal d’Arras en date du 19 juillet 1846, interdisant à des Béarnais de continuer leur exploitation sans autorisation, vu… que cette mine qu’ils exploitaient contenait de l’argent et du plomb 

NB : la galène est une espèce minérale composée de sulfure de plomb de formule PbS avec des traces : AgBiSeTeCuZnCdFeAsSbMoAu.
La blende ou sulfure de zinc, également appelée sphalérite, présente de nombreuses couleurs selon les quantités de fer, de manganèse, de cadmium ou de galium qu'elle contient dans son réseau cristallin. Les variétés qui renferment le plus de fer – la christophite et la marmatite – sont brunes à noires.


Galène                              blende
 
Galène                                                                                              Blende

 

§ Espujos, à l’est du bois de la Tasque, ou mines du Port Dessus, sur les communes de Sireix et Arras, aussi  dites mines d’Estaing. Situés entre 1500 et 1700 mètres d’altitude sur le filon d’Arrouyes, les gîtes exploités dès le XVIIIe siècle, se trouvent sur les pentes et la crête du mont Puyos (1734 m). Ils ont nécessité de nombreuses galeries pour extraire le minerai dont le filon atteignait 2 à 3 m de largeur. Certaines exploitations se sont faites par tranchées. La roche étant dure, peu de ces galeries étaient étayées sur toute leur profondeur. Ces gîtes étaient riches en galène argentifère associée à une grande proportion de blende. Aussi, furent-ils acquis par la compagnie anglaise, la Cie de Pierrefitte. Celle-ci moyennant redevance aux communes d’Arras et de Sireix, industrialisa l’exploitation et édifia en 1906, un transport par câble du minerai sur Pierrefitte. Voir plus avant (1). 

L’exploitation se faisait dans de rudes conditions climatiques et d’accès. Très peu de locaux travaillaient sur ces mines Ce furent surtout des Espagnols, dont 350 vivaient dans des baraquements édifiés autour des mines. La Compagnie employa dans sa période de croissance 700 ouvriers dont 500 Espagnols. La compagnie anglaise ferma les sites dits d'Estaing et de Pierrefitte en 1914. La concession fut reprise par la Société minière et métallurgique de Peñarroya en 1918. Seul le site de Pierrefitte sera à nouveau exploité jusqu'en décembre 1927, avec 44 mineurs et 36 ouvriers. Entre 1925 et 1927, les travaux portent essentiellement sur des sondages en vue de l’édification d’une nouvelle laverie au niveau 700. Puis l'exploitation reprend jusqu'à la fermeture définitive en 1969. D’après Christian Parrou (Société d’Etudes des Sept Vallées) les vestiges métalliques de la mine d'Estaing (station de chargement, pylônes, stations d'angle..) ont été démontés en 1998, seuls restent, les dépôts de roches stériles devant les galeries ou haldes.

Les sondages faits en 1985 n’ont pas été suivis d’effet. La production totale a été de 250 000 tonnes de minerai. Ces haldes ou déblais permettent de constater la variété des minerais extraits, de par la couleur des différentes pierres. Nous trouvons ici surtout du sulfure de zinc (brun violacé) et du quartz (roches vertes).

Mines dEstaing vue davion   
Mines d’Estaing vue d'avion ; au sud bois de Bergouey, au nord, bois de la Tasque, au nord-ouest bois de Castet Merdet, au nord-est le mont Puyos



Chalcopyrite Estaing                                                              Sidérite Estaing 
Chalopyrite d'Estaing                                                                                    Sidérite d'Estaing. Clichés Michel C. Dupont 

 (1) Monographie du chemin de fer aérien de Pierrefitte de L. Pierre. 1909.

§ Bergouey, au sud du bois de la Tasque, à la limite de la concession de Pierrefitte. La configuration géologique change. On n’est plus dans l’Ordovicien supérieur avec ses tufs et volcanites, mais dans le Silurien.

Plusieurs demandes de fouilles ont été faites par Sorbé Bualé, d’Argelès,  déjà installé sur la mine de la Curadère. Il avait annoncé avoir découvert plusieurs  filons de plomb et de zinc en affleurements, à 1 400 mètres d’altitude. Il continua ses recherches sur le lieu-dit Couret de Habouret où il découvrit des minerais de blende et de galène. Ayant obtenu une concession en 1904, il éventra complétement la montagne pour mettre à nu le filon  et en exploiter le minerai sur 200 mètres. Il en a extrait 40 tonnes jusqu’à 1925, date de sa fermeture.


Ruines mine de Bergouey
Ruines de la mine de Bergouey. Cliché D. Rossier


Ligne de transport aérien                     
Lignes des transports aériens du minerai. Mines d’Estaing à l’ouest. De la côte 860 à Soussu il s'agit d'un plan incliné.

  mines Estaing Parrou 1 1      moteur 25 ch
Transport aérien de la mine d’Estaing : la station de chargement du minerai. Cliché C. Parrou
Le moteur de 25CV de la première station d'angle de la mine d'Estaing. Cliché C. Parrou


Transport aérien de la mine dEstaing         Chariot à minerai                                                   
Transport aérien de la mine d’Estaing : les pylônes passant le Cap det Mailh. Cliché C. Parrou. Chariot à minerai Cliché J. Omnès

De nombreux pylônes ont été démontés, stockés, et leurs éléments transportés par hélicoptère.

Débris Estaing             pylones 001
                                                                           Clichés Jean Coma, 2012

                                               
                                 Secteur  d'Arrens-Marsous Artigala


 Filons et mines de baryte, zinc et  plomb des gîtes stratiformes du Dévonien

§ Peyrardoune et Arrens à 1 000 m d’altitude. Deux gîtes : Le gîte Sud est essentiellement barytique, alors que le Nord est surtout zincifère et plombifère. Ils sont situés de part et d'autre de la vallée du Gave d'Arrens au sud-ouest de la commune, le long de la D105, direction barrage du Tech. L’exploitation de la barytine s’est surtout faite aux alentours de 1920. L’exploitation du zinc et du plomb en face, aux alentours de 1900-1914, a été réalisée sur le versant ouest du pic du Midi d’Arrens. Elle s’est alors limitée au gîte inférieur.

Arrens mines baryte Les mines de baryte se trouvent le long de cette faille, le long d'un ruisseau l'Extrémère, voir plan IGN 1/25000e les unes au- dessus des autres. Elles ont été la plupart fermées.


La mine sud de baryte dite de Peyrardoune, sur la commune d’Arrens a été découverte tardivement.
Historique des gisements de baryte
Ce n’est qu’en 1900, qu’un certain Otto Simon de Bordeaux déposa auprès de la préfecture, une demande de concession pour le filon qu’il venait de découvrir. C’était sans compter sur Martial Gassan qui exploitait déjà les autres mines de blende et de galène plus au nord. Il demanda qu’un sursis soit engagé car ce filon semblait s’engager sous ses propres exploitations. Mais l’exploitation sera concédée successivement à M.M. Félix Cantet et Paul Cazajous (1914) puis M. Teillard (1926). Elle sera exploitée jusqu’en 1955. Cette baryte était utilisée comme durcisseur d’acier, dans l’industrie chimique et pétrolifère, dans les boues de forages pétroliers, comme charge minérale dans la fabrication du papier et du ciment, comme agent de filtrations, etc.
En 1922, c'est sous la direction de M. Artigues que l'archéologue J. Gaurichon découvrit, à l'est  (à droite sur la carte) où se trouvaient les bâtiments d'exploitation , deux bracelets en bronze de l'âge de bronze final, des pointes de lance, des poignards. Jacques Omnes a analysé ces trouvailles dans le bulletin de la SESV No31 de 2000.

Site des filons de baryte de Peyrardoune dans le ravin du ruisseau. Cliché Georges Peyruc, SESV.

Mines de baryte dArrens
Mines de baryte d’Arrens, rive gauche du gave d’Arrens, le long d'un ruiseau.

Les mines Nord du pic du Midi d'Arrens, de zinc et de plomb commencent à partir du chemin des mines. on peut voir le long du chemin les anciennes installations de transformations du minerai et une première galerie d'où sort actuellement de l'eau. La galerie a été fermée par des barreaux de fer. Voir photo.
Pour accéder aux gisements supérieurs et à la galerie la plus haute ou mine supérieure d'Arrens encore ouverte qui se trouvent dans le prolongement des pylônes électriques, mieux vaut partir des Esplats et laisser sa voiture au bout du chemin qui est une impasse donnant accès à trois ou quatre fermes. L'ascension de 1h45 avec un dénivelé de 380 m, utilise d'anciens chemins de pastoralisme sous-bois, qui croisent la pente verticale où passaient les câbles de l'extraction, ou plan incliné. Monter à travers les herbes et les bruyères, la pente où l'on rencontre parfois des débris de pylônes. Cette pente donne accès à la dernière galerie à 1350 m, encore ouverte, à flanc de montagne. La plupart des galeries ont été "foudroyées", difficile de reconnaître les entrées. Des cordes de spéléo ont été installées pour accéder au site. Pour plus de précisions, voir l'ouvrage de J-M Poudevigne Randonnée vers les mines du Val d'Azun, page 49.


peyrardoune
Les points noirs  : les mines, à gauche le long du ruisseau, mines de baryte. A droite, le long du chemin de la mine et sur les hauteursde plomb et de zinc et ruines des anciens bâtiments
Peyradoune  Arrens 4 2
Ancien chemin d'Arrens-vallée du Tech, à 3-4 km d'Arrens à gauche de la route du barrage. On commence le trajet à pied en traversant un pont. Il conduit aux mines peu visibles et ruines de la rive droite. Photo de droite, trou de mine d'où sort un fort courant d'eau

Arrens 4 1  Arrens 8
Ancien sol des bâtiments de traitement, Sas d'une écluse ?

arrens chemin mine
Chemin de la mine, sur la droite, montée vers les mines de minerai de plomb et de zinc, plus restes des installations industrielles.

La mine supérieure offrait de la blende de 0,5 à 20 m de puissance ; l'inférieure de 2m à 15 m de puissance. Les réserves estimées était de 2Mà 4 Mt d'une teneur de 5% à 10 % de zinc et de plomb.


Arrens cordée Arrens grotte

Arrens galerie principale   Arrens fin bis

Historique des gisements Nord
Evoquées par Palassou et De Dietrich, ces mines seront explorées et exploitées  de 1860 à 1914,  par MM Périus et Rice Mais le minerai s'avèra vite  être pauvre et peu abondant.
Cela n'empêcha pas en 1924, qu'une concession fut demandée par le groupe financier  la Vicose française et accordée à sa filiale la Compagnie des mines d'Arrens. Des travaux importants, pharaoniques, disaient alors certains experts, furent entrepris,  avec des systèmes de transport par câble de 14 km et des unités de traitement imposants. Mais les gisements s'avérèrent peu rentables, le déficit était permanent,  surtout lorsque le cours du zinc s'effondra en 1932. La concession cessa.

Cela n'empêcha pas en 1958 la Société Minière et Métallurgique de Pennarroya de reprendre les sondages. Sans extraction.
La concession fut reprise, en 1984, par COMINCO – France, qui réalisa trois sondages d’exploration.

L'absence d'extraction récente n'a pas empêché le BRGM en 2013, dans le cadre de la revalorisation du potentiel minier, de classer ce gisement de second site français pour son potentel.

Direction le "chemin de la mine" Nord, rive droite (zinc-plomb) : mines basses et mines hautes :
https://www.youtube.com/watch?v=rBlKfRmoi6A      https://www.youtube.com/watch?v=OOANO5FcubU&index=23&list=UU8MeyBKvpRBxE-nJKnTybMQ



§ Les mines du pic du Pan, Elles se trouvent près du col des Bordères (parking). Il faut dépasser l'auberge du pic du Pan par le chemin la longeant au-dessous,  pour atteindre un grand pylône de télécommunication. Belle vue sur Arrens. Aux quatre gros rochers alignés, descendre à droite, la grotte se trouve à quelque mètres. La galerie d'environ 20 mètres se termine par un puits inondé, dont la protection de bois est tombée en partie dans l'eau. Un minimum d'attention est nécessaire.

Pic du Pan chemin  Pic du Pan 1

Pic du Pan 3 Pic du Pan 4

La seconde mine se trouve à l'aplomb de la première. Il faut continuer à descendre le chemin, et à 200m, passer sous les barrières de barbelés et prendre un semblant de sentier en tête d'épingle sur la gauche qui descend (pente abrupte et glissante) sous la première mine. Au bout, présence d'une belle falaise, la mine est au pied. Nombreuses galeries et quelques stalactites naissantes.

pic du Pan 2  Pic du Pan 7
La seconde mine au pied de la falaise, sous la première.
 
§ Artigala,  présence de filons de zinc et de plomb. Le gîte a été un temps exploité mais cela a été un échec.

Barytine Arrens
      Barytine d'Arrens. Cliché Michel C. Dupont                                                      

                                                                                          HAUTE- BIGORRE
                                                                             Secteur de Pierrefitte



Dans le secteur de Pierrefitte, sur le flanc nord-est du même Cabaliros, se trouvent les principales mines de la Bigorre .

Les mines

Il existe dans ce secteur sept gîtes métallifères répertoriés de zinc, plomb et cuivre. Ils ont pour nom :

§ Vieille-Mine (commune de Cauterets) ; le filon est présent sous la forme d’amas stratiformes et filoniens. Le gisement est situé à 1200-1300 mètres d'altitude ; sa production a été de  2 000 000 tonnes à 8% de Pb et de Zn. Mais la teneur en plomb de cette mine était cependant moins importante que celle d’Estaing.
C’était la principale exploitation de la concession. Elle comportait un certain nombre de galeries. Elle a été mise en sécurité en 2005 par la société Minelis. Les principaux minerais extraits consistaient en : sphalérite, galène, chalcopyrite, magnétite, pyrrhotite et arsénopyrite.

§ Couledous (commune de Cauterets) ; cette ancienne mine était située au-dessus de la Vieille-Mine, vers 1340 mètres d'altitude ; elle était composée d’amas stratiformes. Sa production a été de 25 000 tonnes de minerai à 8% de Pb et de Zn. Comme la Vieille Mine, elle possédait plusieurs entrées de galeries. Les minéraux extraits se présentaient sous la forme de sphalérite, galène, ilménite, chalcopyrite, magnétite et quartz.

§ Garaoulère (commune d'Arcizans-Avant). Cette mine était située au-delà des mines précédentes, vers 1500 mètres d'altitude. De ce gîte filonien, on a pu extraire 325 000 tonnes de minerai à 8% de Pb et de Zn ; il possédait également plusieurs entrées de galeries. Les minéraux extraits se présentaient sous forme de : sphalérite, chalcopyrite, galène, pyrite, calcite, pyrrhotite, breithauptite et sidérite.  


   Blende Garaoulère                              Galène Vieille- Mine               
   Blende de Garaoulère                                                                  Galène de Vieille-Mine. Clichés Michel C. Dupont           


NB : la breithauptite est une espèce minérale formée d'antério-antimoniure de nickel, de formule Ni (As, Sb). On la trouve dans la nature mêlée avec des traces de fer, de cobalt, d'arsenic et de soufre
C'est à Pierrefitte que fut découvert dans  un nouveau minerai : le gallium, découvert en 1875 par le chimiste Paul-Emile LECOQ. Il lui donna son nom (coq en latin gallus).  .


Breithauptite

Breithauptite  


§ Cadouat (commune d'Arcizans-Avant) ;  de ce gîte filonien, on extrayait  sphalérite, galène et chalcopyrite.

§ Banciole (commune d'Arras). Ce gîte filonien, sous forme de chapelet de plus d'un kilomètre de long, était composé de petits amas dans une série très redressée. Les minerais extraits se présentaient sous la forme de : sphalérite, galène et cassitérite

§ Meyabat de Soulom (commune de Cauterets). Cette mine était connue sous la dénomination Ancienne mine de cuivre du pic de Soulom ; elle se présentait sous la forme d’amas filoniens encaissés dans des rhyolites. On y exploitait pyrrhotite, chalcopyrite et cuivre natif. Au XVIIIe siècle, le marquis de Gestas essaya d’exploiter cette mine avec celle de Batz (Bats) et une troisième qui se trouvait à Uz. Il renonça rapidement à son entreprise.

§ et Batz ou Bats. Je ne pouvais pas quitter le pays fin janvier 2017, sans la visite d'une dernière mine que j'ai pu réaliser avec Jean-Marc Poudevigne. Il s'agit de la mine de galène de Pierrefitte : Batz ou Bats (1). Sous forme de filon franc à travers les calcaires et les amas de contact, elle se situe à 500 mètres d’altitude. On y exploitait avant la Révolution de 1732 à 1748, sphalérite et galène, pour le marquis de Gestas puis, pour le compte d' Anglais, et enfin pour un certain M. Thorin qui est à l’origine d’un mémoire de 1758, sur l’exploitation. Les Anglais et M Thorin exploitaient également un filon de galène, plus au nord-ouest à Coutres, au lieu-dit Triture. Information donnée par le bulletin de la SESV No 40, page 165. L'entrée subsisterait encore, selon Georges Peyruc d'Argelès-Gazost. Les mineurs venaient d'Ailléou, un quartier de Pierrefitte. Ces mines ont fait partie par la suite, de la concession de Pierrefitte. Le site principal ou Bats 1 possède plusieurs entrées et galeries dont la hauteur dépasse rarement 1, 20m. Les hommes extrayaient le minerai accroupis et ils ne sortaient que celui-ci ; le tout venant servait à monter des murets sur les bas-côtés des galeries, toujours visibles. Certaines galeries sont partiellement inondées selon les saisons. D’autres galeries ou Bats 2 sont situées à proximité. Pour accéder à Bats 1, à l’entrée de Pierrefitte, venant d’Adast, prendre à droite, le chemin d’Ailléou qui longue le terrain de tennis. Il arrive sur un terrain agricole qui sert de dépôt de machines diverses. Bats 1 est là, en milieu de bute sur la gauche avec deux entrées visibles. Pour Bats 2, il faut faire marche arrière puis prendre le premier chemin à droite qui accède à la chapelle Pouey Aspé. C’est à quelques mètres du carrefour, sur la droite.

(1) Le nom viendrait-il des Anglais ? Bats voulant dire chauve-souris ou simplement du gascon : vallée.

Bats1 2 2                                                                                 Bats 1, les deux entrées

Bats 1
Devant l'une entrée de Bats 1
Bats1 2 1
Intérieur Bats 1, J-M Poudevigne. Photo J. Omnes


Bats 1 muret  
L'un des nombreux murets

Habitante Bats 1   Bats ossements
Peu de chauves-souris, en revanche de très nombreux ossements d'animaux dans le premier tiers du parcours des galeries.


Bats vu sur Pierrefitte  Bats 2 1
Vue sur Pierrefitte de Bats 1/ A droite, gouffre de Bats 2, il donne sur une galerie8 mètres plus bas, dont l'entrée se touve au pied de la bute.

Un petit film de Jean-Marc Poudevigne :https://www.facebook.com/randonnee.azun/videos/1809565815997445/?hc_location=ufi






La production totale avec la zone Estaing a été de 2 6000 000 tonnes de minerai dont 150 tonnes d’argent.

Courriel reçu « Dans mon jeune âge (1943), avec deux amis ingénieurs chimistes, j'avais trouvé un pic en bronze dans une galerie de mine de plomb datant d'environ 700 ans avant l'ère chrétienne, plus exactement entre Pierrefitte-Nestalas et Cauterets. Ces galeries, alors obstruées par quelques broussailles étaient encore accessibles. Depuis les travaux publics se sont fait un devoir de les obstruer. Nous avions d'ailleurs remis cet objet a un musée local où j'ai vérifié quelques années plus tard que notre trouvaille n'avait pas été enregistrée et avait disparu, sans doute pas perdue pour tout le monde.
Nous avions, avant de la remettre, prélevé un échantillon de métal et procédé à une analyse. Notre prof de chimie analytique de l'époque nous avait dit que la composition correspondait à celle de bronzes trouvés également en Egypte pharaonique. »


Historique de ces mines

Les premières mines découvertes dès l’époque romaine, furent celles de plomb argentifère qui appartenaient à l’abbaye de Saint-Savin. Leur emplacement exact n’est pas connu, mais on pense communément qu’elles se trouvaient vers Pierrefitte. Le seigneur de Beaucens, le Sénéchal de Bigorre au nom du roi (Philippe le Bel) et le père abbé s’en répartissaient les revenus. En 1722, la part royale était envoyée à l’Hôtel des Monnaies de Pau et de Bayonne. En 1789, la concession fut accordée aux Rohan Rochefort (château de Beaucens) jusqu’à leur départ lors de la Révolution. Leur successeur, le marquis de Querrieu, obtint de Napoléon III, en 1856, la concession sous le nom Concession de Pierrefitte. Il l’exploitera jusqu’en 1866, puis,  il la louera, à la société belge, la Compagnie Royale Asturienne des Mines (CRAM). Il la cèdera enfin, en 1879, à la société  britannique The Pierrefitte Mining C° Ltd, dirigée par Georges Rickard. L’exploitation durera jusqu’en 1914. Cette dernière société agrandira son territoire d’exploitation en ouvrant de nouveaux chantiers sur le flanc ouest du Cabaliros (avec les mines dites d’Estaing). Voir ci-dessus. Les gisements couvraient alors 2411 hectares.

Après la guerre, en 1918, les mines seront reprises par la société française la Société Minière et Métallurgique de Peñarroya (1). Les banques d’affaires françaises avec les banques Rothschild et Mirabau, étaient très dynamiques sur ce secteur d’activité et leur  intérêt pour les investissements miniers étaient alors importants. Jusqu’en 1927, la S.M.M.P. entreprit d’importants travaux de traçages et d'équipements évalués à une dizaine de millions de francs. La production reprit au début des années quarante après la construction d’une nouvelle laverie commencée en 1939. Le minerai étant extrêmement dur, l'ingénieur de fond de la mine de l’époque, M. Bruté de Remur, dut utiliser pour le tir, de l’air liquide qu’il faisait venir des Phosphates tunisiens. Peñarroya termina l’exploitation en 1969, suite à une diminution des réserves.

En 1983, des sondages furent effectués par le Bureau de Recherches Géologiques et Minières (BRGM), sans suite.

(1) L’école des Mines y joua aussi un grand rôle. L'école nationale supérieure des mines de Paris, fut fondée le 19 mars 1783, sur ordonnance du roi Louis XVI, dans le but de former des « directeurs intelligents » pour les mines du royaume. C'est l'une des plus anciennes écoles d'ingénieurs françaises. En 1881, ce fut un Français, Charles Ledoux, sorti de cette Ecole qui fut le fondateur de la Société Peñarroya  en Espagne qui acheta et exploita par la suite les mines de Pierrefitte jusqu’à 1969.

L’abattage et  le transport

L'abattage se faisait par des marteaux actionnés par air comprimé, alimentés par une centrale électrique dont l’énergie était fournie par une usine génératrice, située en amont du pont de Méyabat, sur la rive droite du Gave. Cette usine remplaçait la turbine d’origine de 37 chevaux.

Le dynamitage se faisait pendant les périodes de repos. Les postes miniers se trouvaient à 90 minutes à pied de Pierrefitte.

En 1906, "The Mine de Pierrefitte Limited" équipa l’exploitation d’Estaing d’un téléphérique de type bi-câble de 6 608 mètres, véritable prouesse technique et humaine passant par deux cols, comportant trois changements de directions et  trois stations d’angle : la première en amont immédiat de la mine, la seconde à Garaoulère et la dernière à Coutres. Les bennes étaient fixées au câble tracteur par une pince automatique débrayable dans les stations. Elles pouvaient transporter jusqu’à 200 tonnes de minerai par jour.

Mais ces câbles, leurs poteaux et  les tronçons de pylônes transportés à dos de mulet et d’homme étaient situés sur plusieurs communes. Elles en profitèrent pour augmenter la redevance sur les concessions : "sommes importantes pour l’époque d’où de grandes discussions avant d’obtenir une autorisation de passage" (Michel  Parrou). Tout ce travail de transport était fort pénible, les ouvriers étaient payés à la tâche. Une journée de transport était considérée comme une journée et demie.

La ligne arrivait au niveau 860 où fut installée une nouvelle laverie. Après traitement, le minerai était descendu à Soussu par un plan incliné.

La laverie de la Peñarroya était alimentée en minerai par trois moyens : une voie ferrée établie au niveau 1154 qui desservait Vieille-Mine, un camion-benne faisant la navette avec Coulédous et un transbordeur aérien de 1200 m descendant de l’exploitation de Garaoulère. Les condensés résultant du traitement du brut en laverie étaient ensuite chargés dans les bennes d’un autre transbordeur long de 1700 m qui descendait à Soussu.
 
Voir aussi : Philippe Vivez., "Le chemin de fer aérien de mines de Pierrefitte (Hautes-Pyrénées)", Lavedan et Pays toy 2001, pp. 89-100.
Michel C. Dupont Mines de Pierrefitte : un curieux plan incliné. Voie Etroite, 236 et Mines de Pierrefitte : les plans inclinés intérieurs Voie Etroite,  248.   

 Le traitement du minerai

Du temps de l’exploitation de la mine d’Estaing, le travail à la laverie consistait à séparer le minerai de sa gangue stérile par broyage et lavage. Le premier éclatement se faisait dans les concasseurs. Puis, après un passage dans un crible tournant, les blocs arrivaient calibrés au broyeur. Les morceaux trop gros étaient ramenés au concassage par une roue à godets. Puis « le minerai broyé était amené dans des caisses garnies de tamis de différentes grosseurs et animés d’un continuel mouvement de va-et-vient, pendant qu’il était arrosé par de l’eau diffusée en pluie pour détacher les plus fines particules de minerai. » Michel Parrou.

La rentabilité.

Les gisements de Pierrefitte et d’Estaing ont fourni près de 2 600 000 tonnes dont 2 200 000 pour Pierrefitte. La production moyenne vers 1960 était de 7 000 tonnes par mois, pour descendre à 6000 vers 1968. À ce niveau, les mines n’étaient plus rentables, bien que les veines ne fussent pas toutes épuisées. Celles restant étant trop irrégulières, l’exploitation a dû être abandonnée. D’après Michel Parrou, la production aurait dû être deux fois plus importante pour être rentable à l’époque. De nos jours, on doit aussi tenir compte du fait  que le plomb a une moindre valeur depuis qu’il est considéré comme toxique.

 

Charles Ledoux                                                               Charles Ledoux fondateur de Pañarroya  (Google)

Pour plus d’information, voir l’article de G. Peyruc., "Regards sur le patrimoine minier de nos vallées ; le calcaire de Viger et son utilisation dans les engrais chimiques à Soulom (1920-1985)", Revue Lavedan et Pays toy 41-2010, pp. 135-146 .


                                                      Secteur de Gavarnie-Gèdre-Héas

Gavarnie-Gèdre-Héas
Filons de plomb, zinc, baryte, pyrite

La région de Gavarnie se trouve sur l’épicentre de la zone axiale de la chaîne des Pyrénées. Cette zone axiale correspond à la surrection du socle lors du cycle organique hercynien (qui a plus de 300 MA, première phase d'élévation), résultat de l'affrontement entre deux plaques tectoniques : la grande plaque Eurasiatique et la sous-plaque ibérique. Ce socle a été surélevé en masse avec créations de plissements et de failles. Les roches rencontrées dans cette zone sont des granites, des  gneiss  et des  schistes de formations sédimentaires argileuses et marneuses ayant subi du métamorphisme ainsi que des  micaschistes  (schistes enrichis en micas). La variété de ces roches a été relevée par de nombreux géologues depuis le XVIIIe siècle, dont Claude-Hugues Lelièvre et Gilles de Laumont en 1787.  .
L'identification par Louis-Ramond de Carbonnières, de roches calcaires riches en coquilles marines fossiles au Mont Perdu, a permis de prouver l'existence de terrains secondaires au cœur de la chaîne pyrénéenne, une révélation pour l'époque.
Les monographies des instituteurs de 1887 indiquent pour Gavarnie : « Mines et carrières exploitées ou à exploiter. On n'en exploite plus aujourd'hui ; mais, dans le temps, on en a exploité de plomb argentifère et de baryte. Ces mines pourraient, au dire des gens du pays, s'exploiter encore avec avantage, les filons étant loin d'être épuisés et les voies de communications étant devenues meilleures, et bien plus, par la construction de la route nationale N° 21. »
Les indices de minerais métallifères connus sur ce territoire sont surtout localisés à l’est du cirque, vers Héas. Ils sont répertoriés sur la carte BRGM de Vieille Aure.
La route de Gèdre a été réalisée en 1852. En 1857, le marquis de Querrien obtint la concession des mines de Héas -Gavarnie  (mais aussi de la Palouma (Gez) et de Pierrefitte). Il fit de nombreux aménagements jusqu'en 1867. Ne pouvant rien en tirer, il cèda ses droits à une société anglaise, qui les abandonna sans rien faire avant de céder ses biens à la Peñarroya qui s'en est dessaisi vers 1936.

Pour ce qui est de Pierrefitte De Querrien qui perdit des sommes importantes, vendit ses droits à la société anglaise The Pierrefitte Mining and Co, qui malgré la venue du chemin de fer, dut vendre en 1918, faute de rentabilité, les droits à la Peñarroya.
Pour la Palouma,il ne fit aucune  extraction.                                                                                                                                                                                                                                                                                        Mais Mais de petits filons et amas  sont aussi situés  dans un secteur plus proche du village de Gavarnie. Ce sont essentiellement  des filons de plomb à petits cubes et de zinc. Ils ont pour nom : 

§ Cestrède, à l'ouest vde Gèdre, près du lac d’Antarrouyes. Amas de Tungstène et Molybdène sous la forme de scheelite, molybdénite et galène.

§ l’Ossoue, à l'Ouest du village, près du barrage, lentilles stratiformes et amas de zinc sous la forme de blende.

§ l’Ubac de Saugué, au Nord de Gavarnie, aux granges du même nom, nous y trouvons surtout des filonnets et des amas de pyrites sous la forme de  quartz, calcite et pyrite. Ils sont visibles le long de la route (ou chemin GR10 ?) qui mène à ces granges.

§ Notre-Dame des Neiges, au Nord-Ouest du village. Nous y trouvons des filons et amas de barytes, plomb et zinc sous la forme de quartz, sidérite, ankérite, baryte, galène et blende.

Peu de ces filons ont été exploités au XIXe siècle, malgré l’ancienneté de leur connaissance.

Les mines de plomb

Les recherches de messieurs d’Arci, Lavoisier et Desmarest décrites au XVIIIe siècle dans L’essai sur la Minéralogie des Monts Pyrénées sont  inscrites au registre de l’Académie royale des Sciences en 1778. Elles dénombrent dans la région de Gavarnie cinq mines : les mines du Trou des Maures, de la Providence, de Cazenave, de la Hourquette et de la Haignisse.
Il s’agissait des mines exploitées par le Suédois, baron F. de Lowen. Dès 1728, il s’engagea dans l’exploitation et peu de temps après, du fait de sa mort prématurée, il fut remplacé par le sieur Crouffet, puis par le chevalier Lambert en 1732 et son associé Crozet suivi d'une compagnie anglaise. Mais l’exploitation s’avéra décevante et l’expérience cessa. Ces exploitations étaient : 

§ La mine du Trou des Maures. Elle accordait aux Sarrazins chassés des environs de Poitiers après l’invasion, la paternité de cette mine de zinc et  plomb à petits cubes. Elle se trouve près du chaos. On y trouve aussi de la pyrite jaune pâle. D’après le BRGM, de ces filons on pouvait extraire quartz, dolomite, calcite, sidérite, ankérite, galène et blende. En 1987 on pouvait encore voir une galerie profonde de 15 mètres sur les nombreuses autres effondrées et noyées.

§ La Providence, près du ravin de Sanyou. On y trouve du minerai de plomb à petites facettes, dont la gangue est calcaire ; on rencontre à une petite distance de cette mine, de la pyrite jaune pâle, avec gangue calcaire. Le développement considérable des galeries de cette mine laisse à penser qu’on a dû y travailler longtemps. Le minerai extrait était expédié pour y être traité, à Sarrancolin, où se trouvait un des centres principaux d’exploitation. Le transport se faisait par Lourdes et Gripp, et des voituriers de Barèges  transportaient le minerai.  C’est pour remédier à cet inconvénient des frais occasionnés par le transport que fut décidée la construction, à Coumély, d’une usine pour fondre le minerai.

§ Cazenave. On y trouve le minerai de plomb à petits grains. 


§ La Hourquette. On y trouve du minerai  de plomb à petites facettes.

§ La Haignisse. On y trouve du minerai de plomb à petits cubes, dont la gangue est calcaire. 

La Fonderie des Anglais. Une fonderie pour minerais a été construite en juillet 1732, par le chevalier Lambert, au lieu-dit du chaos de Coumély, vers le pont du Couret. Elle a été reprise par la Compagnie anglaise qui gérait des mines environnantes et organisait le transport du minerai, par les voituriers de Barèges, trop onéreux jusqu’à l’usine de traitement de Sarrancolin. La fonderie,  près des milieux d'extraction s'avérait donc nécessaire. Elle  fonctionna jusqu’à la Révolution.  
Les Anglais restèrent dans la vallée jusque vers 1787. On peut lire sur certains textes que" les ouvriers employés à la mine et à la fonderie étaient de mœurs dissolues et commettaient sans cesse des attentats. Il fallut purger la vallée de ces brigands en les chassant. « Ces mineurs furent expulsés de la vallées de Barèges par ordre du gouvernement, sur les accusations du curé de Luz, Fabas, qui se plaignait de leurs mœurs ». Et la Fonderie devint une ruine.
Les quelques échantillons de minéraux déposés vers 1876, au musée des Mines de Paris viennent surtout de Gavarnie. Ce sont de petits blocs de galène, de pinite dans du granite à cordiérite, et de tourmaline.


Charles-Hugues Lelièvre            Chaos Coumely      
Charles-Hugues Lelièvre. Coll. Ecole des Mines.        Sur la route de la fonderie, vers le pont de Couret 

                                                               Secteur Vallée de Luz

Chèze
Filons et mines de zinc (blende ZnS) et de plomb (galène PbS)

§ Filons d’Ecole, Arrouyes, Hèches-Trappes, Méyabat, de Chèze et Ayrus ; filonien et stratiforme pour Ecole et Arrouyes. Ces filons ont été en partie exploités jusqu’en 1929. Au début du XIXe siècle, une société à capitaux lillois exploita les filons de blende insérés dans les cassures des schistes siluriens de Chèze. Des centaines de mètres de galeries furent alors percées et des centaine de tonnes extraites. Les filons  de Hèches ont produit  37 000 tonnes de minerai à 10 % de zinc (blende), les sulfures étaient épanchées entre les cotes 1100 et 1160. Ceux de Méyabat ont produit 15 000 tonnes de minerai à 10 % de plomb (galène). Des restes de cette dernière mine sont visibles au bord de la route qui mène à Luz, au lieu-dit du pont d'Enfer.  Les galeries se trouvent à 500 m plus haut sur plusieurs niveaux. Le minerai, avant d'être chargé dans les wagons du train de la ligne Pierrefitte-Luz, au niveau du pont d'Enfer, (actuellement recouvert de végétation) était broyé, concassé, trié et lavé dans  les structures que l'on voit en bord de route. La chute d'eau de 1200 m fournissait l'énergie.

 


 Ruines mine Chèze mines 2  

Chèze mines                                     
Ruines de Méyabat, route de Luz, au pont d'Enfer. Photos J.Omnès


Pont dEnfer
Pont d'Enfer, un torrent affluent du Gave de Gavarnie coule en contrebas. Photo J. Omnès

Luz-Sia
Filon de Létiùs, mine de manganèse
Cette mine exploitée entre les deux guerres a été fermée suite à l'arrivé du minerai moins cher du Transvaal. Elle était reliée à Sia par un téléphérique dont trouve encore quelques restes. Juste après le pont en se rigeant vers Luz,  l'ancienne gare basse du téléphériqque est toujours debout
Pour y aller, prendre à Luz-Saint-Sauveur la route Astés-Estibes, après l'école à droite. Arrivée au bout de la piste, prendre l'embranchement à droite direction Barradé-Bergons. Comptez 45 minutes pour arriver au portail de Bergons, prendre à gauche sur l'arrête qui sépare Babechérou de l'Estibe. Un chemin herbeux vous mène à la mine à flanc de montagne, au dessus du chemin de l'Encrage.
La mine elle-même est composée d'une galerie horizontale de 35 m de long; au fond, un puits plein d'eau necessite une attention particulière. D'autres galeries perpendiculaires à la principale complètent l'ensemble. Jean Marc Poudevigne d'Arrens la décrite sur son blog.

Luz- fontaine d'Ayregouye
Sur la route de Luz, présence de fer oligiste dans les masses terreuses sous forme d'hématite rouge (comme à Arcizans-Dessus), dont la dégradation hydrologique provoque des eaux ferruguneuse sortant à la dite fontaine.

Cauterets
Filons et mines de zinc, plomb et tungstène

§ Mines de  Mailh Ardoun de zinc et de tungstène dans les massifs granitiques sous la  forme d’un filon stratiforme.

et mines de Maleshores, vers Estaing sous forme de filons stratiformes et amas. Présence de skarn de contact et de skarn stratoïde.

§ Filons de La Vierge de zinc et plomb sous la forme de filons stratiformes. Dans le secteur filons de Cot d’Omi et Baloris sous forme d’amas pénéconcordant, très siliceux au contact entre le calcaire dévonien et les siltites.


De mémoire, dans la revue En Baretge, une série d'articles était consacrée à ces mines.

                                                                    

                                                 DIVERS
filons et minesde moyenne importance, par ordre alphabétique

Argelès

§ Mine de Laou, vers l'Arrieulat, petite mine de falaise abritant deux veines de calcaire, d'ocre, de pyrite et de galène.  Elle est mentionnée dans les Annales des mines de 1853. On y accède par la promenade de l'Arrieulat. Tout au bout,
traverser le torrent à la passerelle. Sur la rive droite, à droite après les ruines d'un moulin qui a conservé ses deux grosses meules, prendre  la direction Arcizans-Avant. La pente est raide couverte de bruyères. Une corde a été posée en 2014, par J.-M. Poudevigne pour y accéder avec un bloqueur.

https://l.facebook.com/l.php?u=https%3A%2F%2Fwww.youtube.com%2Fwatch%3Fv%3D-_5XjpOPDE4&h=BAQE6GuiP

Roues Arrieulat
Meules de moulin, point de départ au bout de la promenade de l'Arrieulat, rive droite.

Barlest
Filon de gypse
Cette mine en sous-sol a été exploitée jusque dans les années 1950. Elle servait à la fabrication du plâtre pour les Hautes et Basses-Pyrénées.
Les puits atteignaient 40 à 50 m de profondeur, mais ils ont été lentement envahis par les eaux. L'exploitation s'est alors développée en surface etr 1 et 2 m de profondeur. Les fours  fonctionnaient au bois ou à la tourbe et les moulins,  grâce à un ingénieux système mis en marche par l'industriel M. Clouchet. Ils étaient mus par la force motrice de l'eau des marais emmagasinée dans des réservoirs à plusieurs niveaux.
A sa fermeture, une décharge communale a investi les lieux. Et il est difficile de retrouver les différents constituants de cette exploitation.


Barlest0001 2



Barlest-Usine-Clouchet   gypse
Arrière de l'usine, ancienne carte postale. Un morceau de gypse, photo Google
Il ne reste pratiquement plus rien de cette mine,  les galeries abandonnées devenant dangereuse par leur éboulement, le site a été mis sous protection maximale. La nature a repris le dessus, difficile d'entrevoir une quelconque ancienne mine.

Barlest gypse Barlest gypse2

Barlest gypse4

Beaucens

Filons et mines de zinc, plomb et fer

§ Ils sont représentés par les filons stratiformes des gîtes de zinc  du Dévonien de La Devèze et surtout ceux de la mine dite du Nerbiou : filons de zinc, plomb et fer exploités depuis l’Antiquité. Des recherches actuelles annoncent des réserves.

Bourréac
Filon de quartz


Germs-sur-l’Oussouet- Gazost
Filons et mines de silicate de zinc, argent, cuivre, sulfure de plomb

Cette région possède deux sites d’extraction et de métallurgie argentifère de l’âge du Fer. Ils sont situés sur le massif du Montaigu, entre Bagnères-de-Bigorre et Lourdes, sur les premiers contreforts de la zone axiale de la chaîne des Pyrénées. Ce sont la mine de Palouma sur le versant sud-ouest et la mine de Séras (Germs-sur-l’Oussouet) avec le site métallurgique proche d’Hourcade sur le versant nord-est. Ce dernier possède en surface un large épandage de scories argentifères.

§ La mine de Séras à Germs possède au musée de l’Ecole des mines, un rare échantillon des mines des Pyrénées centrales, une hémimorphite aux belles tonalités de bleu (réf.16475). Cette pierre est  issue des filons hydrothermaux (eaux souterraines chaudes, souvent chargées de substances minérales en solution). L'hémimorphite ou silicate de zinc  est utilisé dans l'alimentation comme additif alimentaire. Il est réglementé sous le numéro E557. C'est un antiagglomérant. Pour accéder à la mine il faut rendre le chemin des Hourcades, après la canadienne, prendre le chemin gauche des deux pattes d'oie successives, puis le chemin herbeux sur la droite. Laissez juste avant sa voiture sur un replat, il faut compter 30 mn jusqu'à l'entrée de la mine, entre deux bosquets de frênes. L'entrée a hélas été bouchée par un gros bloc pour éviter la chute de bétail. Devant, imposante halde, et sur le côté, une doline envahie par un arbre.  Il parait qu'il y a une dizaine d'années, un particulier vivant dans un camping-car, exploitait personnellement cette mine.

Sergas 5

                                                             Mine bouchée par un gros bloc, reste un trou à droite


Sergas 4  Imposante halde


hemimorphite
© Hémimorphite. Mines Paris Tech, cliché de J.M. Le Cléarc’h, mars 2012.

§ La mine de Palouma, dite de Palounca à Gazost appartenait aux vicomtes du Lavedan.

En plus de l’argent, les exploitants en retiraient du cuivre et du sulfure de plomb. Ce qui leur offrait de substantiels revenus. Les machines utilisaient la force motrice de l’eau. En 1535, Bernard Palissy serait venu les visiter. Au XVIIIe siècle, une dame de Rothelin se fit ramener un gros bloc de sulfure de plomb argentifère de 5 kg. Ses hommes l’avaient trouvé au fond de la galerie principale où ils rencontrèrent des vestiges anciens de pont. Elle appartint au Second Empire, au marquis de Querrien (avec d'autres mines), mais il la dénigra et ne fit aucune prospection.
En 1970, les recherches faites par SNEAP-ELF ont été abandonnées.

Ancienneté du site. Les signatures des minerais du Montaigu sont peu homogènes, y compris au sein d’un même gisement (Palouma), mais elles sont regroupées autour des signatures des scories du site d’Hourcade confortant l’hypothèse d’un traitement des minerais de Séras proche et de Palouma sur le site métallurgique d’Hourcade, à côté de la commune d'Ourdis-Cotdoussan.  Il est probable qu'à l'époque romaine, ce site métallurgique alimenté par le minerai de Palouma envoyait l'argent traité aux centres de diffusion des monnaies béarnaises de Beneharnum (Lescar). Monnaies connues sous le nom de Tarusates. Et ce du 1er siècle avant J.-C (Age du Fer tardif). jusqu'au 1er siècle après (empereur Auguste Tibère) Mais on pense suite à des indices chronologiques que ces mines étaient exploitées depuis le VIe siècle avant J.-C. (Age du Fer tardif).

Difficulté actuelle d'accès
. Sur la carte IGN 1747 ET, il n'y a aucune mention et des mines et de grottes nombreuses dans le secteur. Il faut, après Gazost prendre la route de la scierie ou du captage des sources de Gazost. C'est sur la pente abrupt gauche de l'autre côté du ruisseau, juste avant d'arrivée aux ruines de la scierie. Il faut emprunter le pierré (scories  pensons-vnous des anciennes mines) entre deux forêts de conifères, les exploitations sont aux 3/4 de la montagne sur la falaise de droite. Accès tres pentu et difficile. A moins qu' il existe une piste, dont nous n'avons trouvé nulle trace.


Palouma


Palouma 14  Palouma 10
Vue vers le  bas à mi-chemin                                           L'un des trous de mine sur la barrière de droite 
Palouma 8 2
Un autre trou. Il y en a plusieurs, l'un d'entre eux abrite un puits profond

Gez
Mines de plomb argentifère 

Vestige d'une ancienne exploitation de plomb argentifère, cité par Michel de la Torre (édition Deslogis-Lacoste). Les locaux avaient l'habitude d'appeler l'entrée de la galerie : lou hourat de las encantadas, le trou de fées.     

  

Julos
Minerais de fer A la demande du 28.09.1912 de l'Abbé Mailhet domicilié à Juillan qui a découvert sur plusieurs points des minerais de fer oligiste, le Conseil Municipal de Julos du 08.04.1913 l'a autorisé à faire durant trois ans, des recherches de minerai dans les terrains appartenant à la commune. Ces minerais ont été exploités jusqu'à la guerre de 1914. Les sociétés exploitantes, celle de l'abbé et de ses successeurs ont dû abandonner, faute de moyens financiers. Malgré l'importance du gite (3 millions de m3 d'après le géologue Léon Sibra) le gisement est difficilement exploitable car il se trouve en profondeur recouvert par du schiste et l'attaque par puits avec treuil s'avérait délicat. Dans un article de la Nouvelle République en date du ?, sous la signature de Jean Gaits, il est fait mention de nouvelles recherches annonçant deux gisements situés sur la côte 647, au Nord, l'un dans la direction Nord-Est (gisement Nord) et l'autre dans la direction Nord-Sud  (gisement Sud). Et l'auteur de conclure : " D'après le docteur Guédras, la qualité du minerai de fer s'avérant bonne, la masse en réserve étant importante, il est possible de monter là une exploitation minière à flanc de coteau, de façon à éviter l'exhaure et même en puits ; il n'y a pas lieu de redouter un pompage onéreux, la nature schisteuse du terrain n'étant pas favorable aux rivières souterraines. D'autre part, une ligne haute tension passe à l'entrée de la mine". L'article est complété par un plan. Nous ignorons les résultats de cette information. Pour y accéder il faut se rendre vers la salle de fêtes. Il faut prendre le chemin de traverse que prenaient jadis les enfants pour aller des Granges au village de Julos. Le chemin est parallèle à la départementale où on peut laisser sa voiture ; c’est en contrebas sous un sapin solitaire bien visible de la départementale. Il faut arriver au bosquet entouré de champs. Le chemin longe un ruisseau. Présence de ruines de la maison des mineurs et un peu plus loin des excavations des trous de mine. Un puits aurait servi pendant la guerre à y jeter quelques corps, d’après la rumeur locale (fait historique ?, légende ?). Il a été par la suite comblé de carcasses métalliques diverses. A quand un grand nettoyage ?  Pas loin dans un creux, il reste encore un treuil bien conservé fixé sur un socle.


Julos hemin accès Julos ruines
Chemin d'accès, la mine se trouve dans le bosquet au fond. Ruines de la maison des mineurs. Photos J. Omnès

Julos Trou 1 Julos treuil
Puits comblé de détritus et un peu plus bas, un treuil bien conservé. Photos J. Omnès


Hématite Julos
Hématite de Julos. Cliché Michel C. Dupont 

Lourdes
Mines de baryte (sulfate de baryum)
Indiqué sur les cartes IGN au 1/25000e, au nord de Lourdes et de Lannedaré, le secteur a totalement été modifié  (déboisement) depuis l'implantation du Cenacolo et du centre de dialyse Saint-Jean Baptiste au -dessus. Voir photo. La mine (trou)  se trouve à droite de l'arbre. Un ruisseau coule maintenant à l'intérieur de la galerie.  Nous n'avons trouvé aucune information sur cette mine.

Baryum
 Tout sur le baryum 
http://fr.wikipedia.org/wiki/Baryum
Photo Google.


Cross Baryte 2
Centre de dialyse. Photo J Omnès

Baryte 4 Schéma mine
Beaucoup d'eau qui coule et forme un ruisseau. Schéma de la mine, la partie basse étant l'entrée visible.



Paréac
Mines d’ocre

Elle a été exploitée par l’abbé Mailhet (1870-1954), géologue réputé qui étudia entre autres,  le site géologique de la source de Massabielle. La mine fut exploitée de 1913 à 1934. Il s’agissait d’extraction de poudre d’ocre (argile colorée en rouge ou en jaune par des oxydes de fer) et utilisée en peinture.

Mine docre  2   mine docre
Au centre du village , au carrefour, prendre le chemin entre ces deux maisons, c'est au début du bois à droite et à gauche, les galeries sont bouchées et les entrées effondrées. Mais en continuant dans le bois et en prenant à la fin de la route goudronnée, un chemin de terre sur la droite, suivre les baignoires et les carcasses de voitures, dont  une camionnette bleue. Les galeries sont à côté en contrebas. Photos J. Omnès

L’abbé Mailhet, domicilié à Juillan,  propriétaire de la mine, commença son exploitation vers 1913. Il était assisté par deux ingénieurs de Paris. Les ouvriers venaient du village, d’Orincles et d’Arrens-Marsous. Une chaudière à vapeur, des rails et des wagonnets constituaient le gros du matériel. Une mule était chargée de ramener de Lourdes, les instruments nécessaires à l’exploitation. Les galeries étaient étayées avec des rondins de châtaigniers, originaires du bois de Julos. La terre extraite était déposée au lieu dit de Barricade ; elle était jetée dans de grands bassins d’eau après un passage par des trémies.  Puis lavée, elle  était compressée entre des grillages toilés puis séchée pour être transformée en poudre. Mise en sac elle était dirigée par camions aux établissements  Gaches de Tarbes.

Paréac point C'est en descendant, à droite. Photo J.Omnès

Paréac entrée Une des galeries. Photo J. Omnès

Paréac  puits    Paréac rails
Hélas,certains puits servent de décharges sauvages et elles sont nombreuses dans le secteur. Des rails sur le chemin allant au village
permettaient de descendre la terre, par des waggonnets. Photos J. Omnès

Il est dit dans une plaquette éditée par la M.R.J.C. de la Baronnie des Angles, que « les résidus de la chaudière ou mâchefer étaient utilisés, mélangés au ciment, pour fabriquer des blocs. » Ces blocs étaient récupérés par les habitants. » Ils s’en servaient pour leurs constructions. De même, ils récupéraient certains sacs d’ocre pour fabriquer de la peinture qui leur servait pour leurs maisons, murs et boiseries. Il parait que la qualité de cette peinture était remarquable. Cependant l’exploitation de cette mine posait un petit problème de propreté de l’eau. Pendant l’exploitation, l’eau du lavoir communal devenait jaune et teintait le linge en ocre.                                                                                                         
De 1914 à 1934, la mine fonctionna normalement, même entre 1914 et 1918, malgré le départ de nombreux ouvriers à la guerre. En 1934, la mine cessa de fonctionner pour des raisons inconnues. La mine de l’abbé Mailhet était partenaire de la Société des Ocres, Terres et Oxydes des Pyrénées, qui elle-même était affiliée au Comptoir Minier des Terres colorantes de Boulogne. En 1934,  la société des Ocres fit faillite. L’exploitation de la mine continua jusqu’en 1938. Puis elle fut fermée, les bâtiments démolis et les galeries comblées.
Nous ne possédons aucune statistique des quantités exploitées. Mais elles ne devaient pas être très élevées.

Pouts

?

Ortiac (Villelongue)

Filons de zinc et de plomb dans  amas encaissé dans un lambeau de l'unité volcano-sédimentaire. Minerais : sphalérite, galène.

Saint-Créac

Près de Lourdes, des pyrites se sont développées dans les ardoises.

Saint-Pé

Un filon de minerai de cuivre est mentionnée par de Diétrich, lors de sa visite dans la « vallée de Légates à la montagne de Moulière, faisant partie de la côté septentrionale de la vallée au côté de Vaudéan […]. Ce filon de 4 pouces d’épaisseur,  est fortement incliné au nord ». C’est probablement le même mentionné par George Jorre qui précise une date d’exploitation : 1733. D’après de Diétrich, il existait également des vestiges d’une mine de plomb et des filons de minerai de fer. La production de ces filons, bien que faible, on peut l’imaginer d’après ses déclarations, avaient fait  l’objet d’édification de fonderies le long de la Génie. 
Fonderies Ces moulins- fonderies, qui pour des raisons inconnues avaient été détruites par des bergers  en 1739, puis en 1750 existaient déjà en 1615 d’après le livre terrier. Ils appartenaient aux héritiers de la famille Peyroton de Bonnecaze. La famille Grabot est également mentionnée dans le cadastre (1615 à 1790). Un fondeur d’après le dénombrement de 1841 était encore présent en 1797.
Georges Jorre mentionne également des prospections de plomb, cuivre et argent à l’Arau dans les environs de1889.
Une visite aux archives départementales de Tarbes, côte 4 DD4 pour les années de 1032 à 1789 et ZO 43-45 pour les années 1790 à 1940 devrait nous donner de plus amples informations.

Uz


Mines dor au XVIIe siècle décrites par G. Mauran

Mines de plomb sur le flanc Nord-Est du Cabaliros. Elles ont appartenu à Pennaroya

Acces par le chemin de la chapelle Pouey Aspé au-dessus de Uz, puis prendre le chemin à gauche, Coutres. 2 h de marche à partir du parkink de la chapelle. La mine et les bâtiments attenants sont visibles de loin à flanc de montagne

Uz mines 2


Uz mine


                                                        VALLEE DE L'OUZOUM

Ferrières - Louvie

Filon et mine de fer et filon de plomb

§ La mine de Baburet est située de 550 à 700 m d’altitude, sur la rive gauche de l’Ouzo(u)m, en Béarn sur le territoire de Louvie-Soubiron. Vu sa proximité avec Ferrières en Lavedan, nous la mentionnons pour information. C'était l'une des mines les plus solides et des plus utiles du royaume d'après le " Baron de Dietrich, commissaire du roi en 1786.
Elle aurait été exploitée dès  l’âge de fer. Pour Bernard Palassou (1784), il ne faisait aucun doute qu’elle était connue des Romains. Avant la Révolution, elle appartenait au seigneur de Louvie (fait  attesté par des archives de 1512.) En 1518, celui -ci fit construire par des ouvriers espagnols, une forge à la catalane. Le bois était abondant et le transport se faisait à dos d'âne et de mulets.
Puis entre 1772 et 1866, à la famille d'Angosse qui multiplia les forges. En 1803, il y avait jusqu'à 500 ouvriers. qui alimentèrent durant des siècles, ces forges de la vallée de l'Ouzom, et ce, jusqu'à leur fermeture en 1866. Entre 1923 et 1962, elles furent exploitées de nouveau, de manière industrielle  par la société des mines de Baburet,  avec une ligne de chemin de fer de 23 km. Elle sera mise sous tutelle allemande entre 1942-1944. Le gisement est de type « amas » (ou « lentille »), irrégulier et fracturé, d'une hauteur de 250 m environ sur un diamètre d'une centaine de mètres pour la partie reconnue. Il est inclus dans des calcaires dévoniens. Ferrières avait 831 habitants en 1821, pour 102 en 2014.

C'est un minerai sous forme d’hématite et de sidérite, de bonne qualité, pratiquement sans soufre, ni phosphore, ayant une teneur de 52 % en fer et 48 % en hématite. Le manque d'homogénéité du gisement et la fragilité des terrains encaissants en rendaient l'exploitation difficile.
Près d'un million de tonnes de minerai en furent extraites.
Un projet interdépartemental de mise en valeur de ce site a été réalisé depuis peu. Des galeries subsistent. L'association Camps de base (en Bigorre) avec l'association Fer et savoir faire (au Béarn) ont créé un sentier d'interprétation autour des ces vestiges et des anciennes forges.Ce patrimoine industriel se conjugue avec un patrimoine culturel et même naturel, du fait de la présence de nombreuses chauves-souris.
Accès : L'accès vient d'être aménagé, mais pas encore balisé (2014). Départ de Ferrières, face à l'église, traverser le pont et jusqu'au cimetière sur la hauteur. Après une dizaine de minutes nous prenons le chemin qui part sur la droite, nous dépassons une grange au toit rouillé qui se trouve sur notre droite. Juste après, à une patte d'oie, sur le chemin de gauche à 30 mètres, se trouve la "dynamitière" et au bout de celui de droite, qui descend vers le village et est longé par des rambardes de bois, nous arrivons sur une plateforme, à l'entrée d'une des principales galeries. Elle est protégée par une barrière de bois. Belle vue sut le village et son église. Une seconde entrée de galerie a également  été aménagée, plus en hauteur de ce premier chemin.

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Entrée de la "dynamitière". Fermée par une grille. Photo J. Omnès

 Baburet 1 1 Entrée de la mine. Photo J. Omnès

Cette mine possède sur 15 656 hectares, plusieurs galeries mentionnées : TB. Dont la TB 685 ou galerie royale, la  620, 640, 741 et 556.
Pour information, il existe dans le secteur, une seconde mine de fer appelé « mine de fer de Louvie. » Voir également le dossier patrimoine artisanal : Des cloutiers et des clous.

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Ouverture du sentier des mines

La forge de Haugarou
La ferme Mondot à 4 km à l’ouest de Ferrières (à La Herrère) est située sur l’emplacement d’une des forges des mines de Baburet au bord de l’Ouzoum. Elle est dirigée par l’un des descendants des cadets d’Arbéost. C’est là, que, du XVIIIe au XXe siècle, on stockait le bois dans deux hangars, dont il reste quelques traces de murs. La forge a été transformée en saloir. Subsistent deux éléments de fer (le marteau) jalousement gardés par Jean-Louis Mondot. D’après lui, plusieurs centaines de personnes travaillaient dans cette forge. On voit encore les  empreintes de l’ancien pont sur l’Ouzoum qui se trouvent sous la passerelle actuelle. D’après Jean-Louis M., seuls les ânes osaient le traverser, les mulets avaient peur de le franchir, un autre passage plus loin était prévu pour eux.

Forge 4 Forge 3
C'est dans le saloir-grotte que se situait la forge. À l'intérieur, le trou de la cheminée a été bouché. Photos J. Omnès

Forge Bois 2 Ferrière pilon
Il y avait deux importants hangars de dépôt de bois (traces de mur). Reste d'un marteau-pilon protégé par une bâche

Fer Association liée à la promotion du  chemin des mines. Photo J. Omnès


                                 
                                           Conclusion


À Michel C. Dupont, historien des techniques minières (1)  passionné de d'archéologie industrielle de conclure la partie mine :


L’histoire des mines de Pierrefitte, et plus généralement de ses voisines du département, s’inscrit comme une entreprise hasardeuse ponctuée d’échecs et de reprises, imputables aussi bien, au contexte économique de l’époque (chutes des cours des métaux), qu’aux difficultés financières des compagnies exploitantes. Certaines, comme l’aventure des mines d’Arrens, relèvent de ce que nous qualifierions aujourd’hui de filouterie. Un relief accidenté et de rudes conditions climatiques ne facilitèrent pas leur exploitation mais devant ces dernières difficultés, les premiers exploitants belges puis anglais montrèrent leur capacité à les surmonter grâce à l’apport de techniques nouvelles, particulièrement dans le domaine de l’extraction, avec l’installation de transbordeurs aériens de plus en plus performants.

Seule la "Compagnie Minière et Métallurgique de Peñarroya" (C.M.M.P.), après une période d’hésitations et de recherches (1918-1927), quant à l’implantation d’une nouvelle laverie et au procédé de traitement du minerai brut, connut une période d’activité relativement sereine jusqu’à sa fermeture en 1969, pour cause d’épuisement du gisement, selon les dires de l’exploitant.

  Si des premières installations des exploitants étrangers, il ne reste que peu de traces, les importants équipements en matière d’extraction au jour de la C.M.M.P. mis en place entre les deux guerres sont encore visibles : plans inclinés n°2 (qualifié à tort par certains de "funiculaire") et son complément le n°1 (fonctionnement des deux en série), voie ferrée à traction électrique de Coutres et plan incliné n°3.(2)

  Ces apports de l’art des mines témoignent pour les générations actuelles et futures, d’un des métiers spécifiques de la montagne, aujourd’hui disparu de notre pays.

Vouloir à tout jamais rayer du paysage ces derniers vestiges, allègue d’une volonté d’ignorer une partie de l’aventure industrielle de notre département et du manque d’intérêt de certains "responsables" pour la sauvegarde de notre patrimoine.

Une mise en valeur de celui-ci pourrait être effectuée, avec dans un premier temps, le traçage d’un sentier-découverte jalonné de panneaux explicatifs qui partirait du pont de la Hoze sur le Rioutou et emprunterait l’ancien "chemin des mines".

À plus long terme, une mise en valeur plus lourde, mais non utopique, pourrait être envisagée avec la réhabilitation de quelques galeries à partir d’un travers-banc aujourd’hui fermé, mais non foudroyé, pour permettre des visites du grand public.

En plus de l'intérêt de l’archéologie industrielle, la mine pourrait être un lieu privilégié pour faire de la géologie appliquée : observation du filon en place et explications de sa genèse.

Cette valorisation répondrait aussi au développement du tourisme culturel et en particulier minier, tel qu’il est pratiqué dans les autres départements ayant connu une activité minière, sensibilisés à la conservation d’une mémoire qui s’étiole avec la disparition des derniers mineurs.

(1) Auteur de nombreuses publications sur le sujet.
(2) Entre 1918 et 1927, plusieurs plans inclinés tous équipés de voie ferrée furent établis au jour pour le transport du minerai et des matériels. Ils furent numérotés de 1 à 4. Le plus important étant le n°2 appelé à tort par les mineurs "funiculaire."

Un dossier à venir concernera" l'archéologie industrielle".