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01d-Les lavoirs

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Ces lavoirs qui complètent le dossier fontaines, proviennent du site de l'association Patrimoine des Hautes-Pyrénées de Jean-François Deletang, avec son aimable autorisation. Le site complet concerne les lavoirs du département des H-P, nous n'avons gardé que ceux du Pays des Vallées des Gaves. Voir à la fin du dossier.



                                                                 Les lessives et les lavoirs

Les villages du Lavedan et Pays toy, riches en cours d’eau,  possédaient souvent plus de deux lavoirs communaux. Sans compter les petits lavoirs des particuliers dont la maison était proche d’un ruisseau.  En revanche,  il n’existait pas comme dans l’Artois, des lavoirs privés payants ouverts au public (1). C’est dans ces lavoirs communaux, qui avaient une véritable fonction de cohésion sociale,  que les nouvelles parvenaient dans les foyers, non sans quelques distorsions. Vu sur le mur d’un lavoir vers Gazost : « ici on lave son linge et on salit les réputations. »

La lessiveuse

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                                                                 Système de circulation d'eau dans la lessiveuse                       
 
 
 
Le petit linge était lavé régulièrement,  les draps et les nappes étaient lavés au moins deux fois par an lors des grandes lessives. Ils étaient trempés dans des lessiveuses de fer blanc. Les plus grosses  taches faisaient l’objet d’un prélavage. Ce prélavage ou essangeage utilisait parfois l’eau chaude de la lessive. Puis l’ensemble du linge était mis dans la lessiveuse. On faisait bouillir l’eau en ayant mis auparavant de la cendre de bois de hêtre au fond du récipient, cendre recouverte par un couvercle percé de trous. Le liquide bouillant se chargeait de sel de cendre qui se transformait en lessive après saponification. Parfois on utilisait de la saponaire, plante dont les racines séchées ont un pouvoir moussant et lavant. Mais j’ignore l’importance de son utilisation en Haute- Bigorre. Parfois aussi  l’on mettait  des plantes aromatiques pour parfumer le linge. L’évaporation de l’eau par le tube central de la lessiveuse formait un courant d’eau qui traversait le linge.  De temps en temps,  on tournait ce dernier avec une longue pince de bois qui servait aussi pour l’extraire de la bassine. Les lessiveuses anciennes dont l’eau ne circulait pas comme représenté sur le dessin joint, possédaient un robinet au bas du récipient. Un commis était chargé de récupérer l’eau chaude pour la reverser dans le récipient et créer ainsi un mouvement d’eau. Ce travail était long et pénible.  
   
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                             Lessiveuse.  Photos Google   

Le lavoir        

 Le lendemain on allait au lavoir du village, rincer la lessive pleine de cendre. On la transportait dans des brouettes à cause de son poids élevé. Le rinçage  se faisait à coup de battoirs. Certains battoirs, large planche de hêtre avec une poignée, étaient superbement décorés de dessins géométriques et de cœurs. C’étaient des cadeaux de mariage. Chaque battoir était adapté par sa forme et sa taille à l’utilisatrice. Afin de supporter les longues heures passées à genoux, les lavandières utilisaient des agenouilloirs formés par une simple caisse remplie de paille.

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Battoir de mariage. Photo Google                         Pinces pour lessive. Col. particulière. Photo J. Omnès

Puis, les pièces propres  étaient tordues pour évacuer l’eau et placées sur l’étendoir au-dessus du bassin,  puis, la lessive finie étendues dans les champs ou sur une  corde tendue entre deux arbres.

Les dates

La date principale de la grande lessive se faisait après l’arrivée de la Marie Blanche ou percnoptère qui correspondait au printemps.  La seconde lessive se faisait avant l’hiver, pour éviter les gels. Cependant, il était peu recommandé de laver durant la Semaine Sainte ou la Fête-Dieu, car disait-on, l’image de l’hostie ou de l’ostensoir venait s’imprimer sur le linge. Pas de lessive non plus le Vendredi saint, car on préparait alors son linceul. L’autre usage voulait que la lessive faite pendant la pleine lune,  rende le linge plus blanc.

Le grand ménage

La grande lessive de printemps se jumelait avec le grand nettoyage de la maison : on tapait les tapis, les rideaux, on enlevait les suies des cheminées et surtout les traces de levain du four et de son environnement ; le ferment, étant d’après une coutume biblique un symbole du mal. Il est dit dans l ’Ancien testament : « Pendant sept jours [période correspondant à la Pâque juive],  il ne se trouvera pas de levain dans vos maisons ; car toute personne qui mangera du pain levé sera retranché de la communauté d’Israël.” (Ex. 12:19). On utilisait alors le four pour fabriquer du pain azyme durant la Pâque chrétienne.

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Tapette à tapis.                       Machine à laver ‘’moderne’’ et essoreuse. Photos Google

(1) Voir la pièce Le Lavoir de Dominique Durvin et Hélène  Prévost
                                                            
       


                                                 Les lavoirs lourdais

Dans la série des lavoirs ci-après  de Monsieur Deletang, il y un absent de taille : les lavoirs de Lourdes qui se trouvaient sur le ruisseau du Lapacca, actuellement recouvert, et qui longe le Boulevard de la Grotte. Normal, comme de nombreux bâtiments anciens de la cité mariale, ils ont été rasés. Il y avait à l’époque des Apparitions, un chapelet de lavoirs en amont de la maison paternelle (Moulin Lacadé), proche de l’hôtel Saint- Expédit,  jusqu’au bas de la rue Soubies, près de la gare routière et de la place Jeanne d'Arc, pas loin de la fameuse tour du moulin fortifié (emplacement actuel l’Hôtel de la Tour). Mais les lavoirs du Lapacca construits en 1866, sur l'emplacement du moulin Ravielle Latour n’avaient pas le monopole du lavage du linge, surtout les années après les Apparitions qui ont vu le nombre d’hôtels et de pensions  augmenter sensiblement. Aussi, avant de traiter ces lessives de draps dans les villages avoisinants, dont Omex (vallée de Batsurguère), le lavage du linge se faisait également quai Saint- Jean et le long de l’étang de l’You ainsi qu'au nouveau lavoir de la Merlasse construit en, 1867.
Dans les années 1950-60, les prairies accédant à la cité Saint- Pierre étaient souvent recouvertes de draps en train de sécher.


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Le lavoir (à gauche) près de la rue Soubies. Photo coll. J. Labourie, les maires de Lourdes, édition Atlantica, page 76


Lavoir Lourdes  Le même (au milieu de la photo), au fond la basilique supérieure.

.lavoir gravure LourdesLe même lavoir du pont des Arrious, gravure du comte Henri de Courcy vers 1873, offerte par l'auteur au Musée pyrénéen.

         Site sur les lavoirs,  photos de Monsieur Deletang, Patrimoine 65.
                                                         http://patrimoine.hpy.free.fr/prg/lavoirsGaves.htm