Patrimoines du Pays des Vallées des Gaves - www.patrimoines-lourdes-gavarnie.fr

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Les forges, cloutiers et clous, heurtoirs 

Forge Osssen  Cloutier  Moulin Ferrières  Forge XVIIe siècle

La conjugaison de riches forêts pour la fabrication de charbon de bois, de torrents pour la force motrice et la présence de minerais de fer à Ferrières ont permis au sud du Piémont de voir apparaitre et se développer une industrie fort active, celle des cloutiers. Le pôle le plus réputé, même  jusqu’en Espagne et ce, dès le XIIIe siècle, était celui de Saint- Pé.


Forge XVIIe siècle                                                        
Forge au XVIIIe siècle Encyclopédie planche I, serrurier-ferronnier

Les cloutiers de Saint-Pé

Les cloutiers ou clabétès de Saint-Pé, ex Générès (devenue de Bigorre en 1962). Au XIe siècle, Saint-Pé était possession des vicomtes de Béarn et dépendait de l’évêque de Lescar. En 1281, le vicomte de Béarn Gaston VII offrit alors au prieur et à la communauté villageoise (beziau), la forêt de Trescroutz  avec ses bois et ses mines de fer proches. Ce fut le départ de l’expansion économique du village.

Des forges traitant le bois des forêts et le minerai du fer venu de Ferrières (voir plus loin) se multiplièrent. Le mouvement s’accéléra au  XVIIIe siècle, à tel point que les fumées dégagées des ateliers obscurcissaient l’air  du village.  Même au XIXe siècle, il se disait que les pèlerins se rendant à Lourdes, arrêtaient de chanter leur cantique  en passant à Saint-Pé pour demander l’heure aux habitants, tant le halo de fumée était important sur la tour de l’horloge de l’abbaye et que ses sonneries étaient inaudibles.  Après les tisserands, les cloutiers représentaient la deuxième population du village. Ils faisaient vivre près de 300 personnes. La Révolution vit la naissance de la manufacture nationale du clou, La demande était forte, du fait des guerres qui nécessitaient de nombreux clous pour les harnais et les chaussures des soldats, mais la collectivisation des moyens de production, n’était pas dans l’esprit des autochtones. Et surtout ces cloutiers reconnus comme les meilleurs du nouveau département  refusèrent de se déplacer à Tarbes, malgré les bons salaires promis. Aussi, en 1794,  l’église de l’abbaye fut réquisitionnée par le citoyen Beaupré venu de Tarbes, et son bas-côté sud réservé à l’installation de quatre fours. On recruta 16 ouvriers, dont six cloutiers et un souffleur (1). Par ailleurs, les charbonniers furent réquisitionnés pour alimenter les forges. Ils mirent si peu d’enthousiasme que le charbon n’arrivait que sporadiquement. Dès février 1794, l’expérience qui avait duré six mois, s’arrêta. Les ateliers furent démontés.

Les guerres diminuant, exit la manufacture et bonjour le déclin. Il ne tarda pas à arriver, suite à la production industrielle des tréfileries (comme celle des minoteries industrielles pour le pain). En arpentant les rues du village, on peut se rendre compte du travail exceptionnel de ses cloutiers. Ces derniers tenaient marché à Lourdes et l’été à la foire de Gavarnie où les Aragonais venaient s’approvisionner. Les cloutiers de Saint-Pé s'étaient groupés en une confrérie fort puissante, avec leur bannière, toujours visible à l'intérieur l'abbaye. Elle présente saint Eloi, en habits d'évêque, avec aux quatre coins, les instruments de la forge : marteau et pinces. Elle est  inscrite au M.-H., depuis 1981.


(1) Précision de Claude Larronde dans ses Chroniques (29 mai 2007, page 225)

 Ces forges sont à l’origine du sobriquet concernant les habitants du village : eths ahumats : « les enfumés » ou « les embrumés » (Enquête C.G. 1986). Ou  Eths clavetons : « les cloutiers », (Rosapelly, vers 1910)

                                                                         bannière cloutiers
                                                                         
   Bannières des cloutiers à Sain-Pé

Les cloutiers de Ferrières et de  l'Ouzoum

La présence de ce minerai de fer le long de la rivière l’Ouzom a entraîné depuis des temps très anciens  (les Romains semblaient en avoir connaissance)  la construction de forges pour la transformation du minerai en fer brut. La première forge pour laquelle on a des traces officielles d’existence est celle de Louvie, en contrebas de la mine de Baburet, en Béarn. Cette forge fut reconstruite par le seigneur de Louvie vers 1512. Le minerai de fer subissait plusieurs opérations, dont l’épuration, le raffinage et le pétrissage. Le produit fini sous forme de barres de 2 mètres de long, grâce à un marteau pilon hydraulique, était acheminé sur Oloron, Morlaàs, Lourdes et même Tarbes. Ce seigneur  possédait des droits exclusifs sur les forêts avoisinantes qu'il faisait exploiter pour pouvoir convertir le minerai en fer au contact du feu, d’après une méthode dite à la catalane. D’autres forges vinrent s’ajouter à Baburet, dont celle d’Asson après l’ouverture d’autres mines : à Lareut et Béost. Ces forges situées sur la rive gauche de l’Ouzum en Béarn, fabriquaient du fer brut, qui ne pouvait être transformé en produits manufacturés qu’à partir de la rive droite, en Bigorre. Aussi, un chemin de transport traversant les gorges de Caillabet dut être réalisé pour alimenter les forges de transformation qui commencèrent à se développer au cours des siècles. Un hameau en surplomb de celles-ci et en amont du ruisseau prit naissance sous le nom d’Arbéost-Herrère. Un autre hameau se développa en aval des forges sous le nom de Haugarou. Tous deux dépendaient des communes d’Arrens et de Marsous. Haugarou qui prit de l’expansion sur l’autre rive du ruisseau Lanet  se trouvait sur le territoire de la commune d’Aucun. Ce nouveau quartier prit le nom d’Herrère-Aucun ou d’Herrère-Debat. Tous ces hameaux étaient  habités par des cadets : forgerons ou  charbonniers et recevaient de nombreux journaliers surtout venus d’Espagne. L’activité métallurgique qui compta jusqu’à 600 ouvriers au XVIIIe siècle, prendra fin en 1866. Plusieurs causes en sont à l’origine, surtout la venue de hauts- fourneaux plus compétitifs et  l’imposition en 1860, du libre-échange décrété par Napoléon III. En 1922, la Société anonyme des Mines et Hauts fourneaux de Baburet acquit ces mines et construisit un chemin de fer pour amener le minerai au village de Ferrières puis jusqu’à la gare de Coaraze-Nay. De 1937 à 1961, près de 455 000 tonnes de minerai passeront par Coaraze-Nay. Puis viendront un nouveau déclin et sa fermeture définitive.

                             Ferrières

                             Armes de Ferrières

                                                                             site de Baburet

                                                                                                                     Site de Baburet

Les cloutiers d’Aucun 

La présence des forges d’Aucun découle naturellement de celles d’Herrère-Aucun (Herrariis). Une partie du fer partait à dos de mulet à travers le col de Bazes vers le village d’Aucun. Les forges locales transformaient les tréfilés en produits manufacturés ; des forgerons s’étant petit à petit installés dans les boutiques dites à forgerons. Et en 1666, le petit-fils d’un certain  Claverie, seigneur d’Arudy,  Jean Cosme de Claverie obtint des droits d’exploitation en vallée de l'Ouzom, sur les territoires d'Arrens, Marsous et Aucun, avec faculté d'établir des forges. Une forge, dite du milieu, fut alors établie en aval de la Herrère d'Aucun, en face du hameau des Eschartès. Le concessionnaire ne poursuivit pas longtemps son exploitation. La lente disparition des forges fut accélérée surtout les forges avec cages à chiens après la  création en 1850, de la Société protectrice des animaux. Celle-ci lutta contre l’utilisation de chiens pour actionner les soufflets. C’est l’une de ces forges qui a été sauvée de la destruction par André Fourcade que nous pouvons visiter de nos jours au musée montagnard d’Aucun, tenu par son petit-fils Éric Delgado. Cette forge a appartenu à un cloutier de Saint-Pé, Jean Cassadou, né en 1757, venu s’installer à Aucun. Il est à l’origine d’une dynastie de cloutiers. Cette forge a servi en 2014, au tournage du film de Gérard Holtz  sur le Tour de France http://www.ladepeche.fr/article/2014/05/16/1881771-gerard-holtz-silence-on-forge.html

                                                                      aucun forge

                                                                                                         Forge d'Aucun

                                                                forge delagado

                                                                                                               La forge

                                         Roue à chiens    enclume Delgado

                                                                        La roue à chien généralement un Labrit ; l'enclume

 

                     billot    coureur TV 

                    Le billot, cliché Éric Delgado.                                       Film 2014 sur le tour de France 1913, réparation de la fourche du "Gaulois" dans la forge d'Aucun, censée dans le film être celle de Ste-Marie de Campan. Capture d'écran J. Omnès.                                                              

Les forgerons maréchaux- ferrants de Lourdes

Lourdes, ville étape pour atteindre les cures thermales abritait un certain nombre de forges, où, surtout l'on réparait  les calèches et ferrait les chevaux. La demande se multiplia après les Apparitions, vu l'explosion du nombre de voitures à cheval employées à transporter les touristes. Par information orale, nous avons appris qu'il y avait une forge en face la gare inférieure du pic du Jer, probablement pour l'entretien du matériel et une autre, chaussée du Bourg, près du Champ Commun où l'on ferrait les chevaux. Ceux-ci nous a-t-on dit, allaient tout seul boire à l'abreuvoir des Champs et revenaient d'eux-mêmes à la forge. Celle-ci existe toujours et appartient à Monsieur Jean Vergès,  mais il manque le soufflet qui a dû peut-être servir de table ou d'élément décoratif. 

                                                                  forge verges

                                                                                                    Forge Verges. Photo J. Omnès

                                                                   lourdes1

La forge d'Argelès-Gazost 

Il existe une forge du XVIIe siècle à Argelès-Gazost, son entrée d'origine possède  un claveau de porte daté de 1618 ! Elle n'est pas visible de la rue, car aux siècles derniers un bâtiment a été construit devant. La sortie, côté rue du 18 Mai, avec sa porte plein cintre est datée de 1672. À l'intérieur, tout semble figé depuis des siècles, le grand soufflet fonctionne toujours, mais il a été monté à l'envers. Les propriétaires sont passés lentement, mais sûrement du métier de forgeron à celui de charron puis de constructeur d'automobiles au cours de la Grande Guerre. Pour laisser place à un garage de réparation  qui s'éteindra vers 1960.

argeles 3                                                                                         Forge Bégué

                         argeles 2      argeles 8

                                       Linteau marqué 1672                                                      Côté rue

 La forge d'Arcizac-ez-Angles (ne pas confondre avec Arcizans). Il s'agit d'une forge moderne, vers 1880, où le moteur électrique a remplacé le soufflet ancestral. Elle est en cours de rénovation par son propriétaire.

  arcizac 1         arcizac 4

 

Billot arcizac 2    arcizac 3

             arcizac       Un clou                                                                                       

 

La forge d'Ossen (Vallée de Barsurguère)

Forge d'Ossen ou forge Capdevielle. Elle se trouve en bord de route et a hélas été vidée de tous ses éléments. Mais une photo de J-B Durruty nous donne une idée de l'intérieur.

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                                                                                      Photo M. Durruty avec nos remerciements

                                                                                                     GENERALITES   


Le minerai. Ce minerai était riche en  fer (45 à 50 %), en hématite rouge facile à fondre et entre 12 à 14¨% de silice.

Le charbon de bois pour les foyers provenait surtout de la forêt d’Estrem de Salles, du Val d’Azun et de  Saint-Pé (Trescrouts). La gestion des forêts était rigoureuse, les bois surveillés en permanence par des gardes, les coupes « illégales » et le pâturage des chèvres sévèrement réprimés. Au XVIIIe siècle, on estime que 600 personnes travaillaient à la fabrication et à l'acheminement du charbon de bois pour le besoin des forges de la vallée de l'Ouzom. On estime qu’une forge utilisait environ une centaine d'hectares de forêts par an, pour sa production de charbon. Les coupes étant effectuées tous les dix-huit ans environ, les maîtres de forge devaient disposer de 1 800 ha de bois par forge en activité.

Les propriétaires-exploitants. Après les Incamps, seigneurs béarnais (de Louvie), intervint la famille Claverie (seigneurs d’Arudy) et enfin celle d Angosse qui lui succéda en 1729, exploitant des mines et des forêts de la région.


                                                                           Matériels du forgeron-maréchal ferrant-cloutiers

Les forges de transformation du tréfilés en clou ou matériel agricole ont pratiquement toutes le même matériel et les mêmes outils.

                                                             aucun 89 Forge d'Aucun
Le soufflet et son moteur

Pour les travaux utilisant de grosses pièces à façonner, tels les fers à cheval, l’action du soufflet (barquis) sur la matière incandescente peut être intermittente, la malléabilité des pièces de métal évoluant lentement. Une action manuelle sur le soufflet fixé au plafond peut suffire. Un contrepoids ramène à la position initiale le soufflet, après pulsation de l’air sur le feu. Cependant, pour les pièces à petit volume, tels que les clous où l’incandescence doit être permanente, l’action en continu du soufflet devient indispensable, ce qui nécessite un système  de sa mise en fonction permanente, ou au moins des plages horaires plus longues. Celui-ci est réalisé par un système de bielle-manivelle qui transforme un mouvement de rotation en mouvement vertical. Ce système est très adaptable aux forges utilisant la force motrice de l’eau, comme pour la roue d’un moulin. Pour les forges éloignées des cours d’eau, il devenait nécessaire de faire tourner ces roues par une autre traction, la traction animale. Aussi la forge comportait une roue de 1,20 mètre de diamètre environ, et un chien la faisait tourner.

Il parait que cinq séances suffisaient au chien, généralement un Labrit, parfois un Patou, pour qu’il comprenne ce que son maître attendait de lui et reste dans la roue. Il faut cependant ajouter qu’il était attaché à ladite roue par un collier mobile. Il parait qu’il apprenait vite les moments où l’arrêt ou un nouveau départ s’imposait : voix du maitre, sonnerie quelconque. Dans les forges importantes, plusieurs chiens se relayaient. La création en 1850 de l’Association protectrice des animaux, condamnant cette forme d’esclavage animal interdit son utilisation qui disparut progressivement avec le déclin de l’activité. 


Le billot ou établi et son enclume

C’était généralement une pièce de bois de hêtre ou de frêne rond renforcée par des  cercles de fer, sur laquelle se trouvait l’enclume, support de frappe. Au bas du billot, un récipient plat et percé, le curbel, servait à récupérer les clous nouvellement fabriqués et encore chauds, afin qu’ils refroidissent à l’air libre. Chaque forge utilisait plusieurs billots et enclumes.


Le foyer

Généralement positionné contre un mur de la forge, il est composé d’une grande plaque de fonte (sola) surélevée. Sur cette plaque, le forgeron faisait brûler du charbon de bois dont la combustion était attisée par un tuyau (tuyère) envoyant l’air du soufflet.

Le coffre à charbon de bois

L’armoire à tiroirs pour le rangement des clous. Ceux -ci étaient fabriqués au fur et à mesure des commandes. Le stockage était faible, mais nécessitait cependant une armoire à rangement. Celle –ci avait la particularité de comprendre de nombreux tiroirs.

Outils et accessoires

Les différents outils étaient surtout des marteaux. On distinguait deux types de marteau selon le genre de clou à confectionner : le marteau à gros manche avec sa protection à étincelles et le marteau courbé. On y trouve également l’émolette ou pince à ramasser les clous.

                                                                  clabières Clabières


Des matrices en fer formaient la tête du clou et calibraient la section. Leur nom variait selon les régions : clatièra, clabièra ou claujera. Une forge en comptait plusieurs dizaines avec des têtes de forme carrée, ronde ou rectangulaire.

Les clous

Leur forme était très diverse selon l’utilisation. On fabriquait des  clous de charpentiers, de menuisiers, de savetiers, de maréchaux-ferrants, des clous d'ardoises faîtières, des clous de sabots, des clous à glace pour les chevaux et pointes pour les cannes et les bâtons ... Étaient également  forgés les fers à cheval et les lames de faux ou dailles

                                                                  clous
                                                                   
 Clous, musée d'Aucun. Photo Eric Delgado 

Le travail de la forge
Le forgeron recevait des paquets de barres liées entre elles ou bottes. Ces barres de 2 mètres étaient pour des raisons de manipulation coupées en deux. Les « baguettes » obtenues étaient posées sur l’enclume et chauffées grâce à l’activité du soufflet. Le martelage pouvait commencer dès que la couleur du fer qui passait du rouge au blanc était satisfaisante aux yeux du forgeron. Les premiers coups de marteau servaient à l’élaboration de la pointe qui était alors étirée. Les seconds façonnaient la tête. Puis le clou était introduit dans la clabière pour le calibrage, la verge était rompue par simple torsion et la tête en quelques coups de marteau était ajustée à la dimension de la clabière. Enfin, par un ultime coup sur la pointe, le forgeron faisait sauter le clou qui tombait dans le curbet.

D’après Raymond Delgado d’Aucun, un clou nécessitait 30 à 35 coups de marteau. Un forgeron pouvait produire entre 100 et 200 clous à l’heure en fonction des tailles. Il précise  l’ « on reconnait au simple coup d’œil le cloutier qui les a forgés. »

Voir l’article de Raymond Delgado Les clouteries et les cloutiers d’Aucun aux XVIIIe, XIXe  et XXe siècles. Lavedan et Pays toy, no 38, 2007.

Barres de fer 3
Tréfilés : botte de fer coulé, botte de fanton, triangle de fer arrondi, barre de fer plat, barre de fer carré. L’Encyclopédie, planche I, figures 1 à 5.
Clous 2

                                                                                                     Pentures et clous. Planche VII de l’Encyclopédie

                                       Clou  XVIIe siècle 2  Esterre ou Luz
                                               
          Clous VIIe-XVIIIe siècles, Luz. J. Omnès


                         MaisonLias               Porte St Pé                           

  Clouteries de Saint- Pé- de -Bigorre. Photos O.T. de Saint-Pé-de-Bigorre
                                                                                                         St Pé porte
  
                                        Porte d'entrée de l'église, le bas a été défoncé lors des inventaires suite à la loi de 1905 .   Photos J. Omnès

                                                          Serrure 1   St Pé
Travail de serrurerie. Heurtoir de l'ancien presbytère de Lourdes Petit musée de Gèdre et Musée Ste Bernadette, Lourdes.

                                         luz
Luz, heurtoir de la maison de La Roncière (ancienne demeure des hospitaliers). Photo J. Omnès

Les différents métiers du travail de la forge

Se métier de cloutier reste de nos jours le plus connu ou le plus visible en Pays des vallées de gaves, du fait de la présence de nombreuses portes ornées, on ne doit pas oublier que la forge permettait  l'exercice de nombreux autres métiers comme charron, serrurier, maréchal-ferrant, serrurier, coutelier, chaudronniers et ferblantier. Certains nécessitaient une présence fixe, d'autres comme celui de chaudronniers étaient beaucoup plus nomades. Les chaudronniers de notre région venaient surtout du Massif central. Quelques-uns de ces colporteurs se sont établis à Soues,  Lourdes et dans le pays de Barèges. Dernier venu dans la profession de la forge, le ferblantier . Il utilisait du fer-blanc recouvert d'une fine couche d'étain. Cet "orfèvre du pauvre" va très vite, dès le XVIIIe siècle, remplacer les objets courants du ménage en terre cuite, par du fer-blanc. En 1872, six ferblantiers seront répertoriés à Cauterets, trois à Argelès et Luz.