Patrimoines du Pays des Vallées des Gaves - www.patrimoines-lourdes-gavarnie.fr

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Pragnères conduite  Pragnères 3 St pé cenrale Arras Canal de Sans  Monsieur Paul
Le patrimoine industriel pourrait devenir dans des temps proches, l’une des curiosités touristiques locales, tant de nombreuses et  différentes installations ont marqué  le paysage du Pays des sept vallées. Nous n’évoquerons pas ici les mines ardoisières et carrières qui sont décrites dans le dossier du patrimoine naturel, mais nous évoquerons les infrastructures  liées à l’hydroélectricité et au transport y compris celui des minerais. La plaquette touristique du  S.M.R.D.A. Guide patrimoine culturel ne s’est pas trompée sur l’importance grandissante de ce nouveau  tourisme basé sur un patrimoine longtemps ignoré ou connu des seuls  intervenants, en évoquant  les nombreux ouvrages qui ont permis à la Bigorre de se hisser parmi les régions qui ont bénéficié en premier, des bienfaits de la fée électricité. 
L'exploitation de l'énergie d'origine hydraulique est une tradition ancienne dans la région pyrénéenne. En effet, son utilisation s'est tout d'abord effectuée dans le cadre de transformations simples en énergie mécanique.  Des forges, scieries, moulins... ont pu fonctionner très tôt, grâce à la puissance des eaux des Gaves et des torrents. L'histoire locale veut que saint Orens au Ve siècle, ait été le premier à avoir édifié un moulin. Puis, dès la fin du XIXe siècle, ces établissements au fil de l'eau ont pu fournir ou utiliser de l'énergie électrique, symbolisant ainsi la naissance d'une activité industrielle significative.
Et, dès le début du XXe siècle, les grandes potentialités énergétiques offertes par les lacs pyrénéens ont favorisé les premiers aménagements de hautes chutes d'eau, notament sous l'impulsion de quelques pionniers, dont Monsieur Paul. Cette étape a été décisive dans l'apparition et surtout le développement de l'électricité régionale, tant pour le développement industriel que dans les premières électrifications des villes et les débuts du chemin de fer électrique". La ligne  de chemin de fer électrifié  Soulom-Lourdes date de juillet 1914. C'est l'une des premières de France..

Lire Pierre Crausse L'eau des Pyrénées, un siècle d'énergie hydroélectrique, éditions Capaduès

Monsieur Paul
                                                                                          Monsieur Paul. Photo Google

Les différentes unités de production  :
Pour comprendre  une partie de ce tableau : En 1929 fut créé par Jean-Raoul Paul, directeur de la Compagnie du Midi, la Société Hydroélectrique du Midi (S.H.E.M.). Société anonyme concessionnaire dont le capital était détenu à 75 % par la Compagnie du Midi, ses biens devant revenir à l'Etat à la fin de la concession d'après une loi de 1919. La SHEM deviendra par la suite filiale de la Société nationale des chemis de fer (S.N.C.F.) qui absorba en 1938 avec la S.H.E.M., la Compagnie du Midi. Décisions de nationalisations du 13 août 1937.


Année

Nom

Cours d’eau

Puissance

installée MW

Energie produite/an

GWh

Société d’origine

Exploitant actuel

1898

Calypso

Gave Cauterets

0,7

?

Chemins fer PCL

Cie Gle d'entreprise hydroélectrique (C. Maurès)
PEM
1902

Villelongue

Gave Isaby

1,7

20

Sté Pyrénéenne Silico manganèse

 Péchiney 

1903

Pont de la Reine

Gave Pau

0,6

?

Chemins fer PCL

EDF

1910

Arras

Gave d’Azun

0,7

?

Force et Lumière des Pyrénées

Arrêt

1913

Soulom

Gave de Pau

8

40

Cie chemin fer Midi

SHEM

1917

Peyrouse

Gave de  Pau

1

1,56

Cie Tramways Lourdes

EDF

1927

Luz I

Gave Gavarnie

26

140

Forces motrices Vallée Gavarnie

EDF

1931

Esterre

Le Bastan

15

64

Sté Hydroélectrique la Cère

EDF

1933

Lau-Balagnas

Gave d’Azun

16 81

Sté Forces motrices Arrens

EDF

1935

Le Tech

Le Tech

4

13

Sté Forces hydrauliques du Sud

EDF

1942

Soulom II

Gave Cauterets

10

57

SNCF

SHEM

1947

Artigues

Adour Garet

5

18

Force et Lumière des Pyrénées

EDF

1948

Nouaux

Gave d’Arrens

17

90

Union électrique Sud

EDF

1949

Pont de la Reine

Gave de Pau

14

60

Forces motrices Vallée Gavarnie

EDF

1950

Luz

Le Bastan

2,50

10

EDF

EDF

1950-1959

Migouléou

Gave d’Arrens

33,9

?

EDF

EDF

1950-1959 

Tucoy

Gave d’Arrens

22+0,3
(Suyen)
?

EDF

EDF

1951

Arrens

Gave d’Arrens

24

89

Sté Forces motrices Arrens

EDF

1952

Gèdre

Gave d’Héas

24

100

EDF

EDF

1954

Pragnères

Lac Cap de Long

150

221

EDF

EDF

1956

Luz II

Gave de Pau

40

120

EDF

EDF

1958

Soulom II

Gave de Pau

30

156

SNCF

SHEM

1959

Lau- Balagnas II

Gave d’Azun

31

102

Sté Forces motrices Arrens

EDF

1960

Aucun

Gave d’Arrens

6

23

EDF

EDF

1971

Plan du Tech

Gave d’Arrens

2,4

9

EDF

EDF

1979

Pragnères II

Gave de  Pau

180

326

EDF

EDF

1993

Agos-Vidalos

Gave de Pau

1

7

Sté Hydroélectrique du Midi

SHEM

1994

Beaucens

Gave de Pau

1, 6

10, 60

Sté Hydroélectrique du Midi

SHEM

1995

Préchac

Gave de Pau

1,2

5,8

Sté Hydroélectrique du Midi

SHEM

1997

Isaby

Lac d' Isaby

2

8

Sté Hydroélectrique du Midi

SHEM


                                                    LES PRINCIPALES CENTRALES DU PAYS DES VALLÉES DES GAVES
                                                                                   HAUTE MONTAGNE

La plupart des centrales hydroélectriques importantes sont gérées par le Groupe d'Exploitation Hydraulique (GEH). Il exploite 37 centrales, réparties entre les Hautes-Pyrénées et les Pyrénées-Atlantiques. Appelé GEH Adour et Gaves, sa production moyenne annuelle pour les deux départements est de 1700 millions de Kw/h, ce qui représente une consommation hors industrie d'une ville de 725 000 habitants (Chiffres EDF).
Le siège social d'Argelès-Gazost pilote cinq GEH, dont deux groupes concernent notre région :
l'un se trouve à son siège à Gèdre et le second à Arrens-Marsous. Le premier exploite les centrales de : Gèdre, Pragnères, Esterre, Luz I, Luz II, Saint-Sauveur et Pont de la Reine et le second Migouëlou, Tucoy, Plan du Tech, Arrens, Aucun, Nouaux Lau-Balagnas et Peyrouse.
Pour réaliser cette production, 16 barrages ont été nécessaires dont neuf pour notre région. Ce sont les suivants : Migouëlou, Le Tech, Escoubous, Gréziolles, Aumar, Aubert, Cap de Long, Orédon et Gloriettes. La totalité des 16 barrages peuvent stocker 110 millions de m3, celui de Cap de Long, 70 millions à lui seul.

                                                                    LE GEH DE LUZ-PRAGNERES
LA CENTRALE DE GÈDRE

En amont de Pragnères, une usine sera construite à Gèdre en 1952, au confluent du gave de Gavarnie et de Héas. Alimentée par la régularisation du barrage du lac des Gloriettes d’une capacité de 3Mm3, l’usine produit 100 GWh avec une puissance de 24 MW.
Cette centrale recevra en 1956, les groupes de l’usine de Luz II qui fonctionnera avec les eaux de restitution de la Centrale de Pragnères. Elle produira alors annuellement 120 GWh
                                                            
LA CENTRALE DE PRAGNÈRES, un ouvrage exceptionnel


En 1947, après la guerre, un important chantier de production d’hydroélectricité consécutif au plan Monnet va voir le jour dans le pays toy et la vallée d'Aure. L’un des plus prestigieux chantiers d’EDF en altitude. L’idée maîtresse est d’utiliser le lac Cap de Long du massif du Néouvielle, situé à 2160 m, comme pièce centrale du projet. Ses eaux se versaient naturellement vers la Neste d’Aure. Qu’à cela ne tienne, un immense barrage permettra de détourner les eaux vers le Gave de Pau où existait déjà une chute à Pragnères à 10 km. Ce détournement d’une eau destinée à l’agriculture ne se fera pas sans heurt. Une fois le projet accepté, Cap de Long servira de réservoir principal en recevant par pompage les eaux des lacs d'Ossoue et d'Escoubous et par gravité celles du lac d'Aubert en contrebas à 2148 m, relié par une conduite souterraine, puis d’Aumar au-dessus d'Aubert. Un réseau de 30 prises d'eau vient compléter le dispositif de collecte d'eau.  Le barrage principal de 100 m de haut, du type voûte semi-épaisse, pourra stocker jusqu’à 68 Mm3. Les deux stations de pompage rive droite, celle de la Glaire ou Glère des zones lacustres inférieures  et la principale à 1700 m au-dessus de la centrale qui servira à pomper les eaux de la rive gauche pour les faire accéder à Cap de Long compléteront le système. Une galerie percée dans le massif du Néouvielle sur 10 km reliera le barrage à la conduite forcée. Celle-ci, avec sa longueur de 2036 m, et son dénivelé 1250 m obtiendra le record mondial jusqu’en 1952.

plan 001
Un barrage historique
Le barrage de Cap de Long a été édifié sur un verrou glaciaire. Barrage voûte-poids, il a été complété par une digue. Il a nécessité 270 000 m3 de béton réalisé par deux centrales. Les matériaux provenaient d'une carrière de granit situé à 1200 m et étaient expédiés aux centrales à béton par des tapis roulants, après concassage sur place par deux concasseurs de 79 et 85 tonnes. Ce barrage peut stocker à lui seul 67 millions de m3 d'eau, sur les 72 millions de la Centrale.


Le fonctionnement
La centrale est un apporteur d'énergie de saison. L'hiver, la neige s'accumule et l'eau des torrents se transforme en glace. Celle du barrage de Cap long est donc prélevée et alimente la centrale. Au printemps, à la fonte des neiges, les eaux des torrents viennent alimenter le lac Cap Long grâce aux deux stations de pompage et aux nombreuses vannes. 


                              Capde Long barrage EDF Capde Long mulets
Chantier du barrage. Matériel acheminé par des mulets. Clichés EDF

Cap de Long chemin                                                                      La route d'accès. Cliché EDF.

Les stations de pompage
La principale, à 1700 m, est desservie par deux téléphériques, dont un téléphérique de chantier, le Blondi. Il peut monter jusqu'à 15 t. Cette station est équipée de deux pompes (11 000kW et 6 000 kW) d'un débit nominal de 6,5 m3/s sous une hauteur de refoulement de 325 m. Plusieurs vannes, dont la principale sur la conduite forcée et qui pèse 37 tonnes, permettent différentes connexions. La station est alimentée par deux lignes électriques venant de la Centrale.
La seconde pompe dite de la Glaire (Glère) moins importante est équipée aussi de deux pompes, mais de 2000 kW chacune avec un débit de 2m3/s pour une hauteur de refoulement de 140m. Elles sont alimentées en électricité par l'usine électrique d'Esterre.

Les turbines
La Centrale est équipée de deux groupes de turbines ; l'une de 80 000 kW et l'autre de 35 000 kW. Ce dernier groupe est branché directement sur la conduite forcée et peut fonctionner d'une façon autonome.

1200px Water turbine.svg

Photo Google. A Générateur, B turbine. 1 stator, 2 rotor, 3 vannes réglables, 4 pales de la turbine, 5 flux d'eau, 6 eaux de rotation de la turbine et du générateur.

 

                                                           turbines   
                                                 Fonctionnement d'une turbine. Photo J. Omnès à la Centrale de Campan

    Ce qui donne ceci (Ici centrale de Campan) :                                                                                                                                                     Turbine 67 

Les eaux récoltées
Les différents lacs sont alimentés pour la rive droite du Gave de Pau, par les torrents du Boulou, du Rabiet, de Maucapéra, d'Aygue-Cluses d'Escoubous, de la Glaire (Glère), et d'Oeil-Nègre. Et pour la rive gauche, par les eaux de Holle, Saousse (1860 m), Canaou, Tapou, Ossoue (1835m), d'Aspe, de Oule, Male, Cestrède, et de l'Itouèse (Massif de l'Ardiden).

Un chantier hors norme
Pratiquement isolé du monde, où l’hiver, seuls les  skieurs pouvaient alimenter les ouvriers, ainsi que quelques bennes de téléphérique, ce complexe gigantesque sera endeuillé par quelques accidents mortels. Il n’en demeure pas moins que malgré toutes les difficultés : froid, glace, vent, falaises, la prouesse fut totale. Ainsi furent réalisés, après sept années de travail acharné par 3000 ouvriers, essentiellement d'origine espagnole, italienne et nord- africaine, 33 km de route, 20 téléphériques, 40 km de galeries, 30 barrages et prises d'eau, une usine, deux stations de pompage, deux puits, trois turbines Pelton.
L'accès au barrage de Cap de Long a nécessité la création d'une route à flanc de montagne de 5 m de large et de 13, 5 km de long, avec une pente qui ne devait pas excéder 5% pour l'accès des camions de 10 t qui apportaient le ciment.
Parmi les téléphériques construits, certains relevaient d'une prouesse inégalée. Ainsi le téléphérique de la station de pompage de Pragnères à 1700 m d'altitude a été réalisé sur des parois rocheuses, souvent à la verticale. Il a nécessité un sentier muletier de 10 km pour accéder au chantier. Le téléphérique pratiquement horizontal de la Glaire (Glère) raccordé au funiculaire de l'Ayré à Barèges, possède une portée de 2500 m.

Les hommes

Ces chantiers gigantesques sur la rive droite et gauche du gave de Pau, au départ de l’épicentre constitué par la centrale de Pragnères, ont nécessité une grande concentration d’hommes aux métiers multiples. Des concepteurs de barrages et de centrales hydroélectriques venant des  Ponts et Chaussé et de Polytechnique, ces ouvrages ont nécessité une multitude d’ouvriers spécialisés : mineurs, bétonneurs grutiers, mécaniciens, soudeurs, monteurs de conduites forcées, téléphéristes et de manœuvres capables de vivre à 1800 mètres d’altitude sous la tente, puis dans des baraquements (1) aux conditions spartiates, été comme hiver, loin de leur famille avec des descentes en ville limitées. Vu les conditions extrêmes doublées de dangers permanents engendrés par le froid, le gel, les éboulements, les avalanches, les orages, les explosions de mines, les chutes de pierres, il ne faut pas s’étonner d’y trouver une majorité d’étrangers, dont des Espagnols républicains, des Nord-Africains et même des  prisonniers de Guerre allemands, des prisonniers politiques français (collaborationnistes) et des rescapés de la LVP.

Ainsi en 1951 à Pragnères sur les 3350 travailleurs encore présents, on comptait 40,90 % d’Espagnols, 22,30% de Nord- Africains, 30 % de Français et 6, 80 % de divers  (2).

Sans compter les nombreux mulets, seuls capables de monter les pièces détachées dans les endroits les plus abrupts.

Sur les milliers d’hommes passés dans ces montagnes de Haute-Bigorre, il nous est difficile d’oublier les 24 morts (cumulés en 1954), ainsi que les 74 silicosés (2). C’est grâce à ces hommes au courage hors du commun,  réunis en une véritable Légion civile que la fée électricité a pu équiper tous les foyers de nos départements pyrénéens.

(1) C'étaient le plus souvent des baraquements en bois, dont les éléments étaient montés à dos de mulets. Seul le cantonnement de la Glaire (Glère) disposait de bâtiments en dur.

(2)    Chiffres de Pierre Rousseau dans Glaciers et torrents,  édition Hachette, 1955.

pragneres stèles L'une des stèles à la mémoire d'un ouvrier mort sur le chantier. Photo Sébastien Carvalho Jovinomo



conduites                                                                       Transports de conduites forcées. Photo Edf

L’énergie électrique fournie
La centrale terminée en 1952 et agrandie en 1956,  fournira  grâce à des alternateurs Alsthom,un courant transporté en 220 kV vers trois directions :
- Toulouse via Lannemezan
- Bordeaux via Lau Balagnas
- Sabiñanigo en Espagne.
Cette centrale est la centrale la plus puissante des Pyrénées, avec une puissance installée de  185 Mw et une production annuelle de  360 GWh.
Elle est complétée par quatre autres usines situées sur le gave de Pau : Gèdre, Luz-Saint-Sauveur, Esterre et Pont-de-la-Reine.
Un ouvrage : Cap de Long, un barrage pour deux vallées, d'Alexandre Pau et Étienne Follet, éditions Privat.

La centrale de Pragnères
Centrales de Pragnères
                                  Dessin EDF, la coupe est dans le  sens de vision quand on vient du Sud (Gèdre) sens inversé du dessin ci-dessus.

Un petit film sur la centrale par FR3

Pragnères 3

Pragnères
Visite de la centrale. Photo Edf.

Turbines                                                               Salle des turbines
                                                 Pragnères turbine2    Turbine Pelton 2  
                                        Turbine Francis à simple godets           Turbine Pelton à double godets de la centale de Campan Photos J. Omnès



                                Cap de Long  Pragnère tube
Barrage Cap de Long, le plus important. Photo Google.  Tuyau de conduite forcée, environ, 1, 70 m de diamètre

vanne

                                                                         Vanne d'arrêt (Centrale de Campan). Photo J. Omnès
                            Sassis 8   Pragneres 1
L'une des trois conduites forcées, rive gauche. Photo J. Omnès              À droite rive droite. Photo Alix

LA CENTRALE DU PONT-DE-LA-REINE
En 1949, l’usine du Pont-de-la-Reine, sur la commune de Viscos, produira, grâce à une chute de 76 m, 60 GWh pour une puissance de 14 MW, avec deux groupes dotés de turbines Francis.

Centrale Sia 2
Centrale Sia 3

                                                                      LES CENTRALES DU  VAL D'AZUN

les centrales0010 2
                        Les usines du groupe d'Arrens (GCH) dégagent une puissance de  128, 60 MW pour une production annuelle de 378 GWh.

Dans les années 1950, quatre usines seront édifiées le long du gave d'Arrens : Arrens (1951-52) Migouëlou et  Tucoy (1958-59) et Aucun (1960). En amont des usines de Nouaux et Lau Balagnas, toutes alimentées par la régularisation du lac naturel de Migouëlou à 2278 m, de 48 ha, grâce à un barrage de 274 m de 31 m de haut avec 9 voûtes et une chute de 1800 m ; les 17 millions de m3 du lac fourniront 70 GWh. De cette côte à la côte 444 (usine de Lau-Balagnas), tous ces ouvrages : barrages, conduites forcées, pylônes, superbes usines de pierre, lignes... seront l'oeuvre d'une importante main d'oeuvre étrangère, surtout espagnole et italienne. Ces réalisations apporteront une manne importante, appelée localement "manne céleste" aux communes traversées par les redevances payées par EDF.

LA CENTRALE DE MIGOUËLOU
Elle dégage une puissance de 33, 9 MW.

L'eau provient du barrage de Migouélou à 2278 m qui elle vient du lac Suyen. Elle est remontée par une station de pompage. Le barrage à 9 voutes construit en 1959, de 31m de haut et 274 m de long retient un lac de 48 ha, profond de 96 m. Il alimente 7 centrales.
A partir du barrage de Migouélou , l’eau est turbinée 7 fois par une chaîne composée respectivement des centrales de Migouélou, Tucoy, Plan du Tech, Arrens, Aucun, Nouaux et Lau-Balagnas avant de rejoindre le gave de Pau. L’eau ainsi turbinée par la chaîne hydroélectrique du Val d’Azun permet de produire l’équivalent de la consommation annuelle domestique d’une ville de 160 000 habitants, sans pollution, sans déchets, sans générer de gaz à effet de serre.

Migouléou Roland Dard
                                                                           Barrage Migouëlou. Cliché Roland Dard.
          
LA CENTRALE D'ARRENS
À 907 m, elle dégage une puissance de 26 MW.

Pragnères 2
Conduite forcée d'Arrens

Centrale Arrens

Centrale Arrens 2
LA CENTRALE DU PLAN DU TECH
Elle sera réalisée en 1971, suite à la construction en 1949-50 du barrage du Tech. Ce dernier situé à 1207 m, de type voûte en béton, de 166 m de long et 33 m de haut  retiendra un lac artificiel de 9,5 ha avec une capacité de 1,3 millions de m3.  L'eau venant du lac Miguelou à 2278 m emprunte une conduite forcée pour être à nouveau turbiné et dégager une puissance de 2,3 MW

Barrage Tech                                                                             Barrage du Tech, le chantier. Photo Alix

Barrage du Tech 1
On peut joindre l'autre rive grâce au chemin aménagé sur le barrage 

Barrage Tech 3

Centrale Pla Tech                                                                                      
La centrale du plan du Tech

LA CENTRALE DE TUCOY
  À 1 263 m, elle dégage une puissance de 11,1 MW


Tucoy


Centrale Tucoy

Tucoy descente  
                                       Descente vers la centrale du plan du Tech.  Tucoy conduite forcée, photo J. Omnès

LES CENTRALES  D'ARRAS- NOUAUX


Le village d’Arras à 638 m a eu l’opportunité d’avoir deux centrales l’une en face de l’autre activés par des dérivations sur le gave d’Azun

L’usine Lemoine
La première centrale est celle du célèbre escroc illusionniste Henri-Léon Lemoine. Elle a été financée par la société Sud-Africaine de diamant la De Beers (dirigée par Julius Wernher) sur un terrain et avec des droits d’eau achetés en 1905 par H.-L. Lemoine. La centrale a été réalisée grâce à ses plans.  Elle a  été édifiée et gérée avec l’aide d’un ingénieur local par « Usines hydroélectriques du Gave d’Azun –H. Lemoine (1) »  pour réaliser la transformation d’une poudre à la recette secrète en diamant, grâce une très forte puissance électrique. Voir l’affaire Lemoine ci-dessous. Le générateur des expériences de Paris n’étant pas assez puissant pour chauffer le four de ses expériences pour une production industrielle, une usine opérationnelle spécifique était donc nécessaire. Elle sera financée par la De Beers. Mais ses responsables, venus impromptus à Arras, ne trouvèrent qu’une classique usine hydro-électrique qui vendait électricité et force aux villages avoisinants grâce à deux groupes de 250 chevaux. Afin de distribuer du courant à Tarbes la société avait été  remplacée en juin 1907, par la « Société Pyrénéenne d’électricité ».  La centrale et ses hypothétiques fours ne semblent pas avoir fonctionné pour la fabrication prévue des diamants. En janvier 1908 la supercherie est confirmée après de nombreux doutes. Monsieur Lemoine est arrêté et mis en prison en 1909. Entretemps l’usine est mise en vente aux enchères et passe aux mains de la Société du secteur électrique de Montgaillard, le 12 mars 1909. A la fin de la guerre de 1914-1918 c’est Force et Lumière des Pyrénées au siège social à Paris, qui prendra le relais et fournira de l’électricité à Tarbes puis plus tard à  Arras-Argelès, jusqu’aux nationalisations en 1946, des différentes entreprises de distributions qui passeront sous l’égide de l’EDF. Elle fonctionnera jusqu’à la mise en service en 1948, de l’usine en face, dite de Nouaux.

Le bâtiment sera transformé en bureaux, puis en logements pour le personnel et vendu en 2004 à un particulier d’Argelès-Gazost qui en fit un gîte. On peut encore voir les restes du canal de dérivation au pied du bâtiment.

PS : Un dossier sur cette usine a été réalisé par la SESV de  2012 par Christian Parrou.

Arras Moulin Lemoine                   Centrale Lemoine en construction. Carte postale ancienne de Loucrup65.
   
Arras Lemoine                                                                     Ex centrale Lemoine août  2020. Photo J. Omnès


Julius Wernher02                                                                                              Julius Wernher. Photo Google


L’usine de Nouaux

En face, sur la rive gauche du gave, la centrale de Nouaux  réalisée en 1948 (2) par « l’Union électrique du Sud » (3) et inauguré en 1949 utilise les eaux du Gave d’Azun par une prise d’eau et du Gave d’Arrens par dérivation, l’eau circulant sur un canal à ciel ouvert arrivant à un réservoir circulaire au nom de Sansou, puis dans une conduite forcée de 170 m. Sa production annuelle est de 90 GWh, (39GWh d’après Hydrelec.info ?) pour une puissance de 17 MW, grâce à deux turbines Francis. La centrale est gérée par le groupement d’exploitation hydraulique EDF-d’Arrens-Marsous. De l’autre côté de la route, la maison, propriété d’EDF qui devait servir à un éclusier, est de nos jours, mise à la disposition des chasseurs d’Arras.

(1)    Ainsi nommé sur un tableau EDF des centrales locales
(2)    Mecamont-Hydro précise sur un ancien bâtiment ? 
(3)    Qui deviendra EDF


Arras Réservoir
   Réservoir de Sansou. Photo J. Omnès

                      Arras Canal de Sans                                                             Canal d'arrivée au réservoir de Sansou. Photo J. Omnès
   Nouaux                                                        Centrale de Nouaux, à l'arrière conduite forcée. Photo J. Omnès
 
arras éclusier
Ex- maison de l'éclusier.. Photo J. Omnès

Nouaux 2                                                                     Canal de fuite. Photo J. Omnès

L'affaire Lemoine (1905-1908). Une escroquerie hors norme
"Un soir de première au théâtre des Nouveautés de Tarbes, durant l'entracte, Lemoine et Dazet, un avocat tarbais agent des relations publiques de Lemoine, jettent des louis d'or dans la foule : " Nous savons faire des diamants, nous aurons autant d'or que nous voudrons" (1) Et d'informer les journalistes présents que l'ingénieur Henri Léon Lemoine venait de découvrir le moyen de transformer de vulgaires charbons en magnifiques diamants, grâce à la chaleur dégagée de l'énergie électrique. La nouvelle se répandit comme une traînée de poudre, de Tarbes à Toulouse, de Toulouse à Paris puis à Londres où siégeait Julius Wernher gérant à vie du magnat du monde des diamants originaires d’Afrique du Sud, la De Beers. Monsieur Wernher fut tellement intéressé par le cette incroyable découverte, qu'il envoya une délégation à Paris (Quartier latin) pour assister à la première expérience. Le résultat était trop beau, à partir d’une poudre à la teneur tenue  secrète, Lemoine au milieu d’éclairs et de fumée sortie d’un four chauffé à blanc par une forte énergie, présenta dans sa main une poignée de boart (poudre de diamant). Monsieur Lemoine fit comprendre aux représentants de la De Beers qu’avec une très forte chaleur réalisée à partir d’une usine hydroélectrique, il pouvait passer à la fabrication industrielle de diamants. Désirant obtenir le monopole et le brevet de la découverte, Julius Werhner offrit l’équivalent de 1 600 000 francs or pour la réalisation d’une usine. Le site fut choisi dans les Pyrénées à Arras-en-Lavedan Une société d’exploitation fut créée : l’ « Usine Hydroélectrique du gave d’Azun H. Lemoine » avec siège social à Tarbes. Elle sera remplacée en 1907 par la « Société pyrénéenne d’électricité ». Le terrain acheté en novembre 1905 et le droit d’eau en décembre 1905, les travaux purent commencer. Entretemps les expériences continuaient à Paris. Il fallait maintenir l’exaltation, un gros diamant sorti cette fois –ci des mains de l’illusionniste (il avait été acheté la veille par sa femme complice). Mais le doute commençait à poindre. Julius Wernher décida alors d’aller visiter avec un adjoint cette usine d’Arras. Il y découvrit une usine classique hydroélectrique se contentant de fournir de l’électricité dans la région, grâce à deux turbines.
Furieux d’être dupé, la De Beers porta plainte. Après une fuite rocambolesque à travers l’Europe Henri Lemoine fut arrêté à Paris en avril 1909.Il sera condamné à dix ans de prison dont six fermes pour exhortions de fonds.  La « Société Pyrénéenne d’électricité » sera dissoute en mars 1908. Et l’usine rachetée aux enchères par la « Société électrique de Montgaillard ». Mais avant la découverte de la supercherie, la nouvelle avait fait le tour du monde, les actions de la De Beers s’étaient effondrées. Elles furent rachetées en secret en masse à Londres, par un mystérieux acheteur, ami des deux Français. Les achats cessèrent par manque de liquidités.  L’argent de la revente à la hausse et celui restant des générosités de Julius Werhner déposés dans un coffre, ne fut jamais retrouvé.

Il se dit que l'épouse de Lemoine qui se faisait appeler Madame de Rigny, complice épousée en 1905, avait demandé et obtenu le divorce. Elle partit alors s'établir en Argentine, où elle avait fait miraculeusement fortune... En sortant de prison avant  terme, son ex-mari a disparu, mais un peu plus tard, on a retrouvé sa trace par le faire- part de son décès qu'elle avait fait paraître...

(1) J. Lefrère, Le visage de de Lautréamont, Paris, Horay, 1970.

L'affaire Lemoine par Loucrup65, dossier assez complet : https://r.search.yahoo.com/_ylt=AwrJOtzbWjJfZT0AhxSPAwx.;_ylu=X3oDMTByaW11dnNvBGNvbG8DaXIyBHBvcwMxBHZ0aWQDBHNlYwNzcg--/RV=2/RE=1597164379/RO=10/RU=http%3a%2f%2flieux.loucrup65.fr%2faffairelemoine.htm/RK=2/RS=sbotJdlyBvnJU8Fi5.ANjOR16ec-

Nouaux 3v
Nouaux 1

Nouaux 2 Barrage-écluse

Nouaux 5
LA CENTRALE D'AUCUN
Edifié en 1960, elle est située à 837 m, au lieu-dit Bazaillac, elle dégage une puissance de 6,1 MW et produit une énergie annuelle de 23 GWh.
Elle a nécessité des conduites forcées à travers la montagne du pic d'Arrouy et du gave d'Estaing (Bat de Bun) par une galerie dénommée galerie d'Estaing, puis par un canal ouvert ou canal de Bazaillac qui amène l'eau à la centrale. Les baraquements de logement des ouvriers sont toujours en place près de la colonie des Cimes.

bunedf 3
Départ de la galerie de dérivation sur la gave d'Estaing (Bat de Bun)


Bun edf 3  Labat de Bun (Estaing). Dérivation vers la centrale d'Aucun. Photo J. Omnès

Bun edf 2


Estaing carte 2

La centrale elle-même :
Aucun

  Aucun 3


Aucun 2

aucun 4


AUCUN EDF 2
aucuncabannes

Aucun EDF
LA CENTRALE DE LAU -BALAGNAS
Elle a été construite en 1933, par la société des Forces Motrices d'Arrens. À 444 m, elle dégage une puissance de 31,3 MW.

                                   Lau Balagnas  Lau Balagnas 2

Lau Balagnas6

LA CENTRALE DE PEYROUSE
Au fil de l'eau (343m), elle dégage une puissance de 0,9 MW.

Peyrouse centrale 1   Peyrouse 3

Peyrouse cenrales 2    
                                           


Gave Pau                                                                             Les centrales EDF et SHEM
                                                                   
                                                                         LES CENTRALES DE LA S.H.E.M. (S.N.C.F.)

La S.N.C.F. via la S.H.E.M. crée en 1929, gère plusieurs centrales, dont le siège social se trouve à Soulom  : les centrales de Soulom I et II, celles d'Isaby, de Beaucens, de Préchac et d'Agos-Vidalos.

Par centrale, nous avons les chiffres suivants :
années construction                   puissance   production/an
1913 Soulom I                                8  MW   40   GWh           
1958 Soulom II                              30 MW   156 GWh
1992 Soulom II                             10 MW    57   GWh Total Soulom : 48 MW et 253 GWh
1993 Agos -Vidalos                        1 MW    8     GWh
1994 Beaucens                          1, 6 MW    10, 60 GWh
1995 Préchac                                 2 MW     8     GWh
1997 Isaby                                      2 MW    8     GWh
La puissance globale serait de 54, 60 MW et la production annuelle de 287, 60 GWh. A vérifier
Ce qui correspond à la consommation annuelle d'une ville de 55 000 foyers.

Historique
La compagnie des chemins de fer du Midi (devenue S.N.C.F. en 1938), se devait dès que possible changer la traction à vapeur par la traction électrique, plus souple et évitant les coups de collier. A cet effet elle créa en 1929, la Société Hydro Electrique du Midi ou S.H.E.M. et celle-ci engagea des travaux importants à Soulom, Eget et près d’Eaux-Chaudes où se trouvait une forte potentialité hydraulique.

Première étape
Les travaux commencèrent en 1911 à Soulom, au confluent des gaves de Pau et de Cauterets, avec une réalisation de groupes de production de basses chutes sur le Gave de Pau.
Après une prise d’eau en amont, au Pont de la Reine et la réalisation d’une galerie à écoulement libre de 6 300 m, d’une chambre d’eau de 2 000 m3 et de trois groupes équipés de turbine Francis avec alternateurs monophasés (qui deviendront triphasé en 1915) la centrale put être opérationnelle en 1913. Très vite à cause de la guerre,  l’électricité produite dut servir à alimenter des usines d’armement (poudreries de Toulouse et Angoulême)

Seconde étape
C’est celle de la réalisation de groupes de production de hautes chutes sur le Gave de Cauterets.
Après une prise d’eau en sortie de l’usine de Calypso (route de Cauterets) et la réalisation d’une galerie à écoulement libre de 3 000 m, d’une chambre d’eau de 22 000 m3 et de trois groupe équipés de turbines Pelton avec un alternateur monophasé et deux triphasés pour alimenter l’usine d’armement de la Nitratière, cette partie de la centrale fut activé dès 1915.

                                   Prise deau Calypso  Prise deau pont
                                                              Prise d'eau au Calypso et au Pont de la Reine

Soulom                                                                                                         Soulom en 1913

usine shem 2 2
      L'usine en 1913. Photos anciennes, plaquette 100 ans d'énergie renouvelable. 1913-2013

carte shem
En rouge, les stations SHEM en jaune celle de l'EDF, manquent à gauche la station d'Isaby, à droite le Lac des gaves correspond à la station de Beaucens, manquent Préchac et Agos-Vidalos le long du gave de Pau, après le Lac des Gaves, plan trop large.

Les modernisations 
Au fur et à mesure de l’évolution  technique, il sera procédé à l’augmentation des puissances, à la modernisation des bâtiments, aux changements des machines et des équipements. Ainsi en :

1937 : il a fallu, suite aux crues importantes,  modifier le système de protection des murs de défense du gave.
1942 : remplacer des groupes de production basses chutes, les groupes de type horizontal ont été remplacés par des groupes verticaux (turbines Francis de 5,2 MW).
1956 : agrandir l’usine par les locaux en  béton que l’on peut voir actuellement.
1958 : construire un groupe de production de basses chutes en sous-sol : le BC4 avec une turbine Francis et un alternateur de 17 000 kW.
1985 : modifier des groupes des hautes chutes.
1987 : remplacer des conduites forcées des hautes chutes. Les turbines Pelton sont remplacées par des Francis et il est rajouté deux groupes de 10 500 kW dans une fosse pour augmenter de 5 mètres la hauteur des chutes.

shem 6 2                                          Agrandissement des bâtiments en 1956. Photos plaquette 100 ans d'énergie renouvelable

En 2005, le groupe SNCF a cédé 40 % du capital de la SHEM.
Depuis janvier 2007, la SHEM est devenue partie intégrante d'Electrabel qui détient alors 99,6 % de son capital. Cet accord a permis à Electrabel France de disposer d'une base industrielle dans le marché français de l'électricité à partir d'énergie hydroélectrique comme avec la Compagnie nationale du Rhône (CNR).
Lors d'une rencontre en avril 2007 avec le personnel de la SHEM, le PDG de Suez, Gérard Mestrallet a qualifié la SHEM de « superbe entreprise, unique par son histoire » : « Notre volonté est que la SHEM puisse se développer en toute sérénité. Nous avons de l'ambition pour la SHEM. Le groupe Suez est là pour l'aider ».
Depuis la fusion de Suez avec GDF pour devenir GDF Suez en juillet 2008, la SHEM a rejoint les filiales de la Branche Énergie France (BEF) pour devenir avec la CNR, le pôle d'expertise de l'hydroélectricité du groupe qui participe directement à son mixte énergétique.
Et maintenant la SHEM est filiale de "ENGIE"

Soulom 2                                                                                   Le site de Soulom
Soulom 1
Les conduites forcées arrivant à la centrale de Soulom

Soulom Barrage 1 Barrage en amont de la centrale de Soulom, l'eau provient du Calypso par une galerie de 3000 mètres

Soulom barrage 3                                                                                      Conduite forcée. Photos J. Omnès

Soulom barrage 4

Soulom barrage 2                                                                La source de Lor, proche, captée par ?. Photos J. Omnès

nh 5                                                        Emplacement de l'usine , du barrage-réservoir et de la source. Plan IGN 1647ET


                                                                                              Partie du plan du Val d'Azun

Shem Agos0001

LA CENTRALE D'AGOS-VIDALOS.
Construite en 1993 sur le Gave de Pau, sa puissance est de 1,35 MW et son énergie productible annuelle de 7 GWh. Autres informations : bassin versant 983 km², chute brute 4, 07m, chute nette 3, 30 m, type de turbine Kaplan, débit maximum 33 m3/s,

agos vidalos0005La centrale d'Agos-Vidalos avec sa passe à poissons -  passage à canoës. Si ces dispositifs par paliers pour la remontée des saumons étaient déjà imposés au Béarn voisin avant 1789, il a fallu attendre  la loi de 1919,  avec sa notion de "rivières réservées" afin que les échelles à poisson fassent leur apparition. Mais ce n'est que très progressivement que ces dispositifs  de règlementations environnementales furent aménagés. Photo R. Occelli.

agos 2

Agos 3  

Centrale Shem 2                                                                                                Vue de Boô - Silhen

Agos 8

Agos 11

Agos 67
LA CENTRALE DE BEAUCENS Lac des Gaves amont
 C
onstruite en 1994 sur le Gave de Pau, sa puissance est de 1, 9 MW et son énergie productible annuelle de 10, 6 GWh. Autres informations : bassin versant 682km², chute brute 6,50 m, chute nette 5,90 m, type de turbine Kaplan, débit maximum 39 m3/s. Suite aux crues de 2013 elle est encours de démontage voir la seconde centrale, celle de Préchac ci-après.  

LA CENTRALE DE PRECHAC Lac des Gaves aval
Construite en 1995, sur le Gave de Pau, sa puissance est de 1, 185 MW et son énergie productible annuelle de  5,8 GWh. Autres informations : bassin versant 689 km², chute brute 4, 50 m, chute nette, 3,55 m, type de turbine Kaplan, débit maximum 35 m3/s.

Suite aux crues du Gave de 2013 et la pression des environnementalistes, elle va être démontée avec  la centrale de Beaucens. Sa présence a donné lieu à  des débats passionnés sur les réseaux sociaux, résumés par le texte de l'ancien journaliste lourdais René Lacaze : "Il faut tout de même savoir que le blocage par le lac des gaves du transport solide naturel (graviers surtout) a contribué à un rédhibitoire appauvrissement de la population piscicole du Gave, quasi exclusivement composée de truites Fario, mais aussi de vairons, chabots, lamproies de Planer et.... saumons (1300 de retour en 2017).
Pour les truites, la régression a été très sensible, alors que le Gave était considéré auparavant comme l’une des rivières les plus riches d’Europe, avec jusqu’à 400kg de truites/ha.
D’après les études de ces dernières années, on serait tombé à 200/250, voire moins selon les secteurs !
Voilà comment un seul ouvrage, en empêchant les graves de circuler et d’apporter aux poissons le nécessaire renouvellement du substrat dont ils ont besoin pour se reproduire (une granulométrie particulière est requise) peut tout remettre en question en peu d’années.
Mais il faut peu d’années aussi, rassurez-vous, pour inverser la tendance si l’on met en œuvre les bons remèdes.
Ici ça sera l’enlèvement de la digue aval du défunt lac des gaves,
J’espère simplement que la nécessaire période consacrée aux études sera réduite à sa plus simple expression !
Mais j’ai quelques doutes..."

Préchac 8

Préchac 5                                                 Suite aux crues de 2013 de gros travaux sont en cours pour sa démolition.

Préchac 6
La rivière de contournement. Photos J.Omnès

LA CENTRALE D'ISABY
Construite en 1997, en pierre apparente sous la forme d'une grange à penàus (redents) en pierre apparente, elle a une puissance de 2MW et dégage une énergie annuelle de 9, 6 GWh. Autres informations : bassin versant 8, 9 km², hauteur de chute 419m, Type de turbines Peltan. Elle est alimentée par une prise d'eau sur l'Isaby, en amont de la cascade de Pradets

Shem isaby
En face de la centrale, les bâtiments correspondent à une prises d'eau qui alimente avec celle de la cascade de Paspich en aval, l'usine Ferro Pem de Villelongue.

Prises 2 Isaby  
Photos J. Omnès


                                                                  LES PETITES CENTRALES PRIVÉES AU FIL DE L'EAU

À la fin du XIXe siècle, l’équipement d’usines hydroélectriques à chutes étant pratiquement terminé, les centrales de petite hydroélectricité sur des cours d’eau continueront à se développer. On dénombrera en 1996, 300 centrales de ce type au fil de l’eau dans les Pyrénées, totalisant une puissance installée de 300 MW. Elles fonctionnent en continu alors que les centrales type lac-barrage fonctionnent de manière intermittente afin de subvenir le plus souvent aux demandes lors de pointes de consommation journalière.
Il y a environ 2000 centrales privées, de chute et au fil de l'eau, produisant quelques 5 milliards de kWh par an. La plupart de ces opérateurs vendent leur électricité à EDF. Certains sont regroupés autour de France Hydro Electricité :

https://l.facebook.com/l.php?u=http%3A%2F%2Fwww.france-hydro-electricite.fr%2Fle-syndicat%2Fcarte-de-france-des-petites-centrales-hydroelectriques%2F12-le-syndicat%2F95-anne-penalba&h=ATO1wrrYTKVZwRyqibwCprruN8liBxvhPXQKP_m86tSfRwEkRah27LxCAt4WNKOV36USfOjOxehK6DDSFPAxpxgqKNrQUDMZRjiV4-hUw1O6edFpxiA

Tels les centrales  de Lourdes, Ouzous,  Saint Créac, Saint-Pé, Meyavbat, Couscouillets (Villelongue) et Villelongue...
                                                   
Lourdes Latour
La rampe du funiculaire de Lourdes a pu être rapidement construite grâce aux carrières de pierres locales et a pu fonctionner grâce à l’énergie hydroélectrique de la centrale (210 cv) de Lugagnan, au confluent du Gave de Pau et du Néez, proche, et de celle de Vizens (260 cv) à 4 km du Funiculaire. Puis, en 1935, de celle de la microcentrale complémentaire, érigée au moulin  Latour à Soum de Lanne.

                                         Funiculaire Lourdes1 Lourdes usine

                                         Lourdes Latour 2   Lourdes Latour 5


Lourdes Vizens



Lourdes Sanctuaires
Le bâtiment a été réalisé par l'architecte Jean-Marie Lacrampe en 1894. Il a été restauré en 1937, date marquée sur la façade. Le dégrilleur est en amont le long du quai Saint-Jean. Cette centrale a été réalisée pour alimenter en électricité les Sanctuaires. Elle a une puissance de 400 kW.


Grotte
Centrale 2 site                                                        Emplacement de la centrale hydroélectrique des sanctuaires
  

Centrale Grotte 4

      Centrale Grotte 1 2
 
Centrale grotte 3 3                                                                                                          Photos J. Omnès

                                     Lourdes 2  Lourdes centrale


Lourdes


Lourdes edf

Ouzous  

Une micro-centrale a été réalisée en 1925 pour alimenter en électricité une maison. Puis, en 1927 fut créée la société Force et Lumière des Pyrénées dont le but était la mise en éclairage des villages d’Ouzous, de Gez, de Salles et de Sère. Le travail fut terminé en 1930. Mais nombreux furent les villageois qui refusaient l’électricité par atavisme et peur de mettre le feu à leur maison, préférant l’ancestrale chandelle de résine (candela d’arriosia), la lampe à huile ou à pétrole. Les volontaires, eux, exigeaient que les poteaux soient plantés devant leur maison par fierté de leur train de vie à montrer aux passants. L’électricité était mise en marche la nuit par un ingénieux système. Une vanne du moulin était soulevé à partir d’une maison proche, la maison Lavinha,  à l’aide d’un câble tendu à partir d’un enrouleur à manivelle et supporté par quelques poteaux de transport de l’électricité. Comme les chutes d’eau subissaient des variations qui se transmettaient à la dynamo du moulin, les pertes et chutes de tensions étaient fréquentes. Ce qui faisait comparer la lumière produite   à celle d’un ver luisant : lutzencrampa. Source : Sentier de découverte du massif du Pibeste

                                                                   
                                                               Ouzous micro centrale
 
 Ouzous micro centale 2

Ouzous micro centrale 2
Ouzous micro centrale 3

Saint-Créac
À l'entrée du village venant de Lugagnan
Dès 1885, Benoite Soubirous fait à la préfecture une demande d'autorisation d'installer une ligne électrique qui part de son moulin pour alimenter son hôtel rue de La Grotte, l'hôtel Moderne. L'usine est passée entre plusieurs mains. Sur la porte de la maison, un nom, Chez Benjamin. Maintenant le propriétaire LBH vend de l'électricité à EDF.



St Créac usine 9
La maison d'habitation est à droite, l'usine au fond, le canal de dérivation passe dessous


St Créac usine 3 St Créac usine
Canal de dérivation, au fond, l'usine. Le Neez et à gauche l'écluse du canal de dérivation

St Créac 4

                                       Meyabat 4       Meyabat 10

                                                      L'une des trois Turbine Francis

                                 Meyabat 11       Meyabat 54
                                 Générateur stator et rotor
Meyabat 66  

                                       Meyabat 78  Meyabat 00
                      À droite, alternateur de la société Alsacienne de Construction mécanique SACM, ancêtre d'Alsthom.                             


Les couscouillets (Villelongue)
Construite en 1985 à Villelongue rue des Couscouillets près du torrent de l’Isaby, en bordure de la 2X2voies, cette petite centrale au fil de l’eau aux volets rouges, à l’allure d’un chalet, est l’une des 350 mini centrales des Pyrénées qui fournit et revend de l’électricité à EDF.

Il a fallu un investissement de près de 15 millions de francs à Jean-Marc Cerutti  pour réaliser cet ouvrage qui occupe 100 m² avec une turbine Kaplan (utilisée pour les très basses chutes) et qui a obtenu le certificat ISPO14001 pour son respect des normes gouvernementales concernant l’environnement : passe pour poissons, utilisation de graisse végétale, tri des déchets, insertion dans le paysage.

Sa production annuelle est de 6 GWh (mentionnée 7 sur les cartes SHEM), l’équivalent de la centrale de la SHEM d’Agos-Vidalos (équivalent d’une consommation annuelle de 1 500 foyers). D’après son créateur la rentabilité serait réalisable au bout de 25 ans. Edf lui rachetait en 2007, l’électricité à 52 € HT le mégawatt pour la revendre aux particuliers 78 €. Chiffres 2018 ? La centrale est surveillée de près par Paul de Barros le sellier voisin. Depuis début 2018, d’importants travaux pour respect des nouvelles normes environnementales au niveau du dégrilleur et de la passe à poisson sont en cours.

Cous cou 2


Couscou 1

                                 Couscou 5       couscou 6 2
                                           
Dernier cri de dégrilleur à droite, avant. Photos J. Omnès

                                                 LES PETITES CENTRALES PRIVÉES AVEC CONDUITES FORCÉES

Centrale de Villelongue

C’est une importante centrale construite entre 1896 et 1902, le long de l’Isaby au-dessus du village de Villelongue, pour alimenter en électricité l’usine d’électrométallurgie de la Société pyrénéenne silico-manganèse, dont les ateliers se trouvaient en contrebas, de l’autre côté du gave de Pau. Après avoir changé de nom plusieurs fois dont la S.H.E.P., puis la SPSM. En 1978, elle est devenue, une filiale de Péchiney, via la Compagnie Universelle d'Acétylène et Electrométallurgique, la C.U.A.E.M.  Le débit de la Centrale est de 0, 98 m3/s, sa puissance de 1,7 MW,  et sa production annuelle de 20 GWh. Une partie du courant est vendue à l’E.D.F.

Historique
La Société des usines électrométallurgique des Villelongue, société belge, décide en 1898 d’édifier  une usine de carbone de calcium dans la région de Villelongue. Pour se faire, il lui faut de l’énergie électrique, elle ira la chercher sur les chutes du ruisseau d’Isaby alimenté par le lac éponyme. Seront réalisés un mini barrage et un canal de 3 km, prolongé par une conduite  forcée en tôle d’acier de 168 tronçons de 6,50 m. Celle-ci, avec ses 540 m de dénivellation sera la plus haute chute d’Europe entre 1900 et 1910. Le débit moyen du torrent est de 1100 litres/s (moins en décembre et janvier).

Villelongue conduite                                                            Conduite forcée sous la chambre d'eau. Photo Charles Guyot 2017

La centrale
Réalisée en 1896, elle fera 75 mètres de long sur 8 mètres de large abritera quatre alternateurs (1), deux excitatrices pour alimenter les rotors et un cinquième alternateur pour alimenter le village de Villelongue. Un funiculaire a permis jusqu’en 1975, d’apporter tout le matériel nécessaire. Celui-ci était ensuite transporté par des wagonnets Decauville.

(1)    Un alternateur est un convertisseur d’énergie cinétique en énergie électrique.

La salle des fours
Derrière la salle des machines fut construite la salle des fours. Seize fours afin de fabriquer du carbure de calcium, puis du ferromanganèse.

Le chalet
La grande maison genre villa balnéaire toujours visible sur les hauteurs abritait les bureaux et l’appartement du directeur et la maison à côté de la centrale avec son jardin permettait de loger le chef de l’établissement.

Villelongue chalet                                À gauche, le chalet. Photo Charles Guyot, depuis Pouey Aspé, 2008

Changement de direction en 1901. La S.H.E.P.
L’importance de ces travaux et des erreurs commises sur la grandeur de fours amena la société belge à vendre son entreprise en 1901, à la Société des usines hydroélectriques des Pyrénées, la S.H.E.P.

Changement de direction en 1909. La S.P.S.M.
La S.H.E.P. vendit l’usine de transformation, sauf la Centrale, à une nouvelle société crée en 1909 : la Société pyrénéenne du silico manganèse la S.P.S.M. Cette dernière transforma complètement la fabrication en transférant l’usine à Pierrefitte afin de réduire les frais de  transport et en réalisant pour la fabrication de silico manganèse, six fours dont quatre pour la basse saison. L’usine prit le nom courant de Silico. L’électricité étant fournie par contrat par la S.H.E.P. avec la construction en 1911, d’une ligne électrique de 5000 volts, mi enterrée mi aérienne.

Fusion S.H.E.P.-S.P.S.M. en 1918
Couverte de dettes, la S.H.E.P. devient une filiale de la S.P.S.M.,  avec un bail de longue durée pour la Centrale.

Travaux de modernisation jusqu’en 1930 
Les machines de 1898 sont remplacées successivement par cinq groupes comprenant alternateurs GANZ, ALSTOM et CGE CREIL, turbines RUMBO, NEYRET BREGNER et GEF et deux excitatrices de 45 volts pour l’alimentation des rotors. Le denier alternateur CGE CREIL servant à la fourniture d’électricité pour le village de Villelongue.

Travaux de modernisation en 1977
Le groupe 4 qui comprenait un alternateur CGE et une turbine NEYRET BREGNER fut remplacé par un groupe PELTON de 7800 kW. Les groupe un et deux furent supprimés et le trois devenant un groupe de secours. L’automatisation devint totale avec renvoi au SILICO des informations sur la bonne marche. En 1978, le dernier emploi, celui du barragiste fut remplacé par un dégrilleur automatique.
La production annuelle atteignant 32 000 000 kW/an

Fusion S.P.S.M. –PECHINEY en 1978
Devant les contraintes économiques la S.P.S/M dut fusionner avec la Compagnie Universelle d’Acétylène et Electrométallurgie (C.U.A.M) filiale de Pechiney. D’où le panneau à l’entrée du site.
D'après les notes de Charles Guyot, dernier chef de la Centrale de Villelongue en 1978.

                                  Villelongue             Villelongue 1


Villelongue 2
                                Villelongue 4  Villelongue 3

 
L'ancienne centrale de Labat de Bun (Gave d'Estaing)
Sur la route de Bun à Estaing, sur la droite en face d'une trémie  à gravier qui se trouve sur la gauche de la route, présence de ruines d'une ancienne usine privée d'hydroélectricité faisant venir l'eau par une condute forcéee. Nous n'avons pour le moment aucun historique. À suivre

                                             Bun centrale 1
                           
                                        Arrivée de la conduite forcée
 
Bun Centrale 2                                                                             Restes de turbine. Photos J. Omnès

                                                            Bun centrale 3
 Le canal de sortie