Patrimoines du Pays des Vallées des Gaves - www.patrimoines-lourdes-gavarnie.fr

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Cauterets fruitière 2 Fruitière 2  Arras faderne 001

                                                                                                        LES FRUITIERES

Une fruitière est une fromagerie traditionnelle de montagne où est transformé du lait cru apporté par des éleveurs individuels réunis en coopératives, afin de le transformer en beurre et fromage. Elle a son origine dans le Jura. En Bigorre, l'idée d'une coopérative n'était pas évidente chaque producteur étant habitué à travailler seul et à vendre au premier acheteur. Son nom vient du fait que les paysans mettent en commun le fruit de leur travail, en l’occurrence le lait, afin de le faire fructifier à travers la fabrication d’un fromage artisanal de grande taille.

 

 

LA FRUITIERE DE CAUTERETS

La création d'une fruitière dès 1876, sur l'exemple de ce qui se faisait dans le Jura, est due à l'initiative de l'inspecteur des Forêts, monsieur Calvet. Il fut aidé dans sa démarche par son administration et les conseils généraux des départements pyrénéens. Mais une reconversion d'élevage devait se faire dans la foulée en substituant l'élevage des moutons "dégradeurs de pâturage"  par du gros bétail. Ce qui d'après Jean Bourdette avait pour but également de retarder "la ruine des terrasses supérieures d'estive." C'est ainsi que fut créé l'association Fruitière de Caoutarés (Cauterets) avec l'édification à 1374 m d'altitude, d'un "chalet-abri"et l'accord du Syndicat de Ribère de Saint-Savin (Ribera de Sén-Sabi). C'est devenu depuis un lieu de randonnée avec une auberge

Cauterets fruitière 2 

fruitière intérieur      Fruitière 2

Transformée depuis en restaurant                                        Les estves environantes

LA FRUITIERE DE BAREGES

l’abbé Izac, jeune vicaire s’était rendu compte que ses administrés dans la vallée de Barèges avaient une certaine difficulté à vendre leurs fromages. Il eut l’idée c de réaliser un syndicat de producteurs de lait destiné à fabriquer beurre et fromage en grande quantité, en diminuant le maximum de frais. Jean Bourdette nous dévoile que la tâche à « renoncer aux antiques usages fut rude » Il parvint à réaliser son rêve. Le « Sindicat » a été fondé en 1894 et la première fruitière installée à Esquièze (Esquiésa). 


LA FRUITIERE DE GER

Si tout le monde connait la fruitière de Cauterets, celle de Ger est bien plus discrète, face à l’ancien café-plantier du village. Le lait venait de producteurs locaux et du Castelloubon dont ceux de Gazost. 

Historique de la fruitière

La maison Borde-Bertranou a été édifiée avant 1887 (plan de Salette). Elle a été transformée en fruitière en 1936, par Jacques Noguez après l’achat du bâtiment aux frères Maysonnave de Lourdes. La présence d’une source dans la cave a été déterminante, de même que la grandeur de celui-ci. Une rigole a été aménagée afin de créer un grand leytè, et des soupiraux réalisés pour obtenir une bonne ventilation pour la conservation du lait. À l’étage, ont été creusé une série de meurtrières, toujours visibles, sur le mur pignon, pour l’aération de l’affinage. Après la seconde guerre l’établissement a été retransformé en maison d’habitation avec l’obturation des soupiraux en façade et le détournement de la source. Elle a été rénovée depuis peu avec la mise en valeur de la pierre apparente.


Un grand merci à la famille Sassus pour ces informations. Voir aussi le blog de Bertrand Sassus « Ger mon village »

  Ger
                                                                 Ger 2       la fruitière a nouste22




                               


                                                                           Les estives autour. Photo J. Omnès



                                                                                                       LES FADERNES


Les fadernes ou haderna étaient très présentes dans notre région dès le Moyen-âge. Elles  étaient représentées par une communauté d'ecclésiastiques : curés, vicaires, prêtres, chapelains. Ils se réunissaient régulièrement dans une vaste maison au nom d'"Oustaou dera Haderna". Leur syndic était élu tous les ans. D’après Gustave Bascle de Lagrèze, le nom viendrait de la langue d’oïl : father, fader, père ? (1)

Il s'agissait lors de ces réunions de se partager les montants des messes pour les défunts messe unique ou obits (messe à perpétuité). Les fadernes étaient aussi aptes à recevoir dons et legs de la part des fidèles.  Jean Bourdette dans ses Annales du Labeda les évoque, l'une d'elles existait en 1280 (Sères-en-Barèges)  et Jacques  Poumarède en a fait le sujet d'une étude en 1978 :" A l'origine des paroisses de montagne dans le diocèse de Tarbes" (2).

Bascle de Lagrèze a mentionné  dans son histoire du droit dans les Pyrénées-Comté de Bigorre  (1) les statuts de la faderne de Juncalas, souvent citée et a énuméré les différents bénéficiaires qui se réunissaient dans cette maison. Le texte est en bigourdan.  Il s’agissait des recteurs et mossens (1 bis) de Gers,  Gazost, Cotdoussan, Geu, Lias, Berberust, Osté, Ordon, Juncalas, Cheust, Ordiis, Gazost, Sazost, Antalos, Ordon, Puchac (?) et Justous.

Jean-Charles Rivière  lui nous rappelle le rôle économique de ces assemblées qui distribuaient sous forme de prêts notariés, l'argent reçu. Il précise qu'au premier trimestre 1708, en Barèges, les actes notariés du notaire royal avaient enregistré que sur les 53 actes passés, 18, concernaient des prêts, dont 6 par l'intermédiaire des fadernes (3).

(1) Histoire du droit dans les Pyrénées. E-book, pages 384-385.
(1bis) nom fréquent en Espagne surtout en Catalogne que l’on pourrait traduire par père, traduction non garantie.
(2) Les fadernes du Lavedan : associations de prêtres et sociétés de crédit dans le Diocèse de Tarbes (XVe -XVIIIe siècles), dans « Mélanges » de Jean Dauvillier, Toulouse, 1979, pp. 677-694. Après la présentation de cette institution originale, l’auteur insiste sur la vie associative particulièrement intense et égalitaire dont témoigne cette institution. A partir de la faderne de Juncalas, il lui a été possible de dresser un état des sommes en jeu pour la période 1654-1783 et d’estimer les taux pratiqués, et les dispositions prises.
(3) Bulletin SESV 1977, page 123

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Ce sont généralement des maisons imposantes, dont certaines ont résisté au temps. Nous avons relevé quelques unes d'entre elles. Par ordre  alphabétiques des villages nous avons : 

Les Angles
sur les hauteurs du village. Propriété du Lourdais Patrick Momas-Blanchet, elle a été école au siècle dernier. Elle abrite une belle porte Renaissance en arc en accolade. Sur le porche est gravée un agneau pascal avec son étendard.




Les Angles
Ar
ras-en-Lavedan
Arras faderne 001                                                               L'ancienne faderne (haderna) près de l'église
Juncalas
Bascle de Lagrèze a mentionné  dans son histoire du droit dans les Pyrénées-Comté de Bigorre les statuts de la faderne de Juncalas, souvent citée et a énuméré les différents bénéficiaires qui se réunissaient dans cette maison. Le texte est en bigourdan.  Il s’agissait des recteurs et mossens (1 bis) de Gers,  Gazost, Cotdoussan, Geu, Lias, Berberust, Osté, Ordon, Juncalas, Cheust, Ordiis, Gazost, Sazost, Antalos, Ordon, Puchac ( ?) et Justous.
ll nous a été impossible de retrouver qu'elle était la maison en question, même après avoir interrogé les personnes les plus âgés du village. Nous pensons que cela pourrait être la mairie actuelle (ex- école) , qui seule possède sur son linteau un symbole christique : IHS...Jusqu'à preuve du contraire.

Juncalas mairie
                                                                             Juncalas mairie 2  IHS 1724.

Saint -Pastous
Cette faderne est mentionnée dans des textes de 1412. Elle recevait les prêtres, curés et recteurs du village et ceux de Boô et Silhen, Asmets, Couret.


Salles
 
En face l'église, est située la farderne médiévale qui se trouvait dans l'enclos du château. Il parait que tranformée au XIXe siècle (1819), elle servait encore recemment à l'accueil de prêtres. La maison restaurée depuis,  a été vendue à une personne de Bordeaux. Le claveau représente 4 coeurs en forme de croix ; symbole que nous retrouvons sur la porte de la maison d'en face qui jouxte l'église et qui aurait été l'ancien presbytère. 


Salles fadene 2 2

                                      Salles fadene 2 1  Salles faderne 4