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3c - Les ardoisières

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Ardoisière  déchets de schiste  labes 158-redim800 Ardoisière du Néez
                                    
                                  Les ardoisières


Avec les carrières de pierre et de marbre, celles d’ardoise s’inscrivent dans le paysage du Pays de Lourdes et du Lavedan et font partie de notre patrimoine naturel. Le mot carrière et souvent plus employé que celui de mine, car malgré le statut de mineur des ardoisiers, les gisements en Bigorre sont essentiellement affleurant et leurs exploitations se font à ciel ouvert. La plupart sont installées dans la vallée de Batsurguère, et celle du Castelloubon; Elles sont tenues par de petits exploitants locaux Les ardoises des toitures et des enclos anciens (labasses), font partie du paysage local. Elles attestent du savoir-faire de nos artisans. Un savoir-faire qui disparaît lentement. 

 
 
 

   Ardoisière  Ardoisière du Neez                                                             Un filon de schiste, ardoisière du Néez

Origine

L’ardoise est un schiste argileux, né il y a 460 millions d'années, au début de l'ère primaire. Roche sédimentaire, elle doit sa fissibilité à la forte action métamorphique sur des couches argileuses déposées au fond de la mer Ordovicienne. Elle est issue de la lente transformation d'argiles océaniques compactes. Sous l'effet des fortes compressions et températures (liés aux mouvements tectoniques), ces argiles se sont peu à peu métamorphisées en schiste.

L'ardoise est résistante et sa couleur peut varier du blanc au noir. En fonction des éléments métalliques qu'elle contient et de leur degré d'oxydation, l'ardoise comme l'argile présente une diversité de teintes: noir, gris, vert, violet à lie de vin. Dans la carrière du Néez la dernière exploitée, la veine est orangée

L’ardoise est taillée en rectangle et parfois en forme d'écaille. Son épaisseur varie entre 3 mm et 9 mm. La pose traditionnelle se fait au clou. Fin du XIXe siècle, apparaît la pose sur crochet.

Les deux types d’ardoise

En Bigorre, il existe deux types d’ardoise : les grises et les noires. Elles proviennent de deux types de terrains sédimentaires. L’ardoise grise est originaire de marnes du Bédoulien (type Suzanne). Nous la trouvons surtout dans les filons du pic du Ger et sur la rive droite du Néez. L’ardoise noire de marnes Sénoniennes (schistes calcaireux). Nous la trouvons surtout de l’autre côté du pic du Ger,  côté ouest, dans la vallée de Batsurguère et du côté sud  du Pic dans la vallée de Castelloubon.

Durée de vie

La durée de vie d'une ardoise est de 70 ans à 300 ans. La qualité du gisement, le type d'extraction : machine ou main, et bien sûr l'épaisseur, le pureau, le type de pose : sur crochet ou cloutée ont une incidence sur cette durée. Il n'y a pratiquement pas d'entretien sur les ardoises, la mousse ne s’y accroche pas.

Les gisements

La région est parsemée par de nombreux gisements, dont la plupart ont été exploités puis abandonnés à des époques diverses. Seule reste en activité de nos jours, l’ardoisière du Néez dans le Castelloubon. Nous y reviendrons plus tard.

Nous avons donc au sud de Lourdes d’est en ouest, les gisements de Castelloubon : Lugagnan, Juncalas, Saint-Créac, Germs sur l’Oussouet  et de l’autre rive du Gave ceux de la vallée de Batsurguère : Ossen, Ségus, Omex, Viger

 

Ancien portique ardoisère de Saint-Créac
                                Saint-Créac. Photo J. Omnès

En Haut-Lavedan, des gisements ont été exploités dans le val d’Azun à Arrens, Estaing et Ferrières ; ainsi qu’à Cauterets et à Luz-Saint-Sauveur. L'ardoisière d'Estaing était réputée pour ses ardoises grises d'une grande longévité. Elle était située après le pont d'Estaing des pescadous.

Les types juridiques d’exploitation

Les types juridiques d’exploitation permettent de comprendre pourquoi, pour certaines exploitations, nous avons la possibilité de consulter de nombreux documents et pour d’autres aucun.

En effet, les exploitations avec des baux privés fournissaient peu de renseignements, surtout si le propriétaire en était l’exploitant. Lorsqu’il passait un bail à ferme, il n’avait pas, jusqu’en 27 avril 1892, l’obligation de l’exploitation. Cet « oubli » n’apparaissait que lorsqu’arrivait un accident.

Par contre, les propriétés communales ou valléennes donnaient lieu à des contrats en bonne et due forme, réglementés par le Code Minier. Cela nous  a offert un nombre considérable d’informations sur les carrières, leur type d’exploitation, les exploitants, les ouvriers (identités et salaires…).

La qualité et les utilisations des ardoises

Chaque pièce doit être exempte de tout défaut comme  grains de pyrite, cheveu (eth péou) et lis. Le lis est une fine bande lisse qui rend l’ardoise plus fragile. Une bonne ardoise doit posséder de fins cristaux  à grains serrés. Sa qualité est d'autant meilleure qu'elle provient de la transformation d'une argile relativement pure. de déclarer l’ouverture

Elles sont majoritairement utilisées pour les toitures, mais peuvent servit de dalles, de plan de travail de cuisine, de parements de murs, de séparations de propriétés (labasses)...

L’ingénieur des mines

C’était le personnage « redoutable et redouté » qui inspectait les carrières, parfois à l’improviste. Surveillant la sécurité des carrières il informait aussi les exploitants des nouvelles législations et rappelait quelques règles essentielles.

Le forgeron

Elément indispensable de la carrière pour la pose des rails des voies ferrés et des aiguillages sur lesquels circulaient les wagonnets.


L’exploitation

Ardoisière du Néez
Les blocs de schiste de l’ardoisière du Néez avec ces veines orangées. Photo M. Labes

- L’extraction

Après avoir dégagé le terrain jusqu’à la lurette (l’ardoise tendre), le carrier procède à son enlèvement au marteau piqueur, puis à l’arrivé à l’ardoise dure, il enfonce des coins de fer dans les rainures des blocs découverts. Il tape avec un maillet sur ces coins. Si le bloc de schiste résiste, il emploie la barre à mine, mais toujours dans le sens du filon.  Le sens de fissibilité repéré, le carrier emploie un tailhadé (ciseaux) qu’il placé dans les rainures du bloc et d’un grand coup sec  d’une masse  de bois sur le tailhadé, il sépare le bloc en deux crénons, prêts à être acheminés par wagonnets ou portique avec poulies ou un tracteur, à l’atelier des fendeurs.

Dans certaines carrières, l’extraction se fait, au moyen d’explosifs nitraté, qui ont remplacé la dynamite et qui permet d’éviter de casser la pierre. On l’introduit dans des trous perforés perpendiculairement dans la pierre. Cette perforation se fait au marteau piqueur (jadis à la barre à mine et à la masse). On introduit dans les trous réalisés de la poudre enfermée dans des cornets de papier. La mise à feu de ces cornets détache des blocs. Le  bourrage se fait au marteau frappant une tige de bois et non en fer qui pourrait provoquer des étincelles avec possibilité d'explosion.
Lors de l'explosion, dans certains endroits (Lugagnan par exemple, il fallait fermer la route en contrebas, avec un drapeau rouge agité et une trompe. Dispositif de précaution.

 - La fente, le clivage

Une fois les gros morceaux débités près de la carrière, ceux-ci sont acheminés par des wagonnets  jusqu’à l’atelier où se trouvent les fendeurs. Wagonnet plat pour les gros blocs et à benne pour les déchets ou la" mauvaise pierre." Les déchets sont déversés au bout du chantier

Ossen ardoises 1 001 2                                                           Wagonnet à benne pour les déblais, à plateau pour les ardoises                      


Le découpage des blocs se fait souvent par scie circulaire électrique. La largeur des blocs sciés dépend de l’utilisation ultérieure des ardoises : toitures, décoration, labasses. Sur les plaques d’environ 10 centimètres d’épaisseur, les ouvriers pratiquent une encoche le  tailhadé par un coup de marteau. Puis le tailhadé placé dans l’encoche, un grand coup sec  d’une masse  de bois clive le bloc en deux. Puis les fendeurs divisent ces plaques dans le sens de la fissibilité en feuilles minces et divisibles ou prims avec de petits ciseaux ou primadechs et un maillet.  Après avoir amorcé plusieurs fentes sur le bloc d’ardoise le carrier par petit coup secs sur celles-ci, divise les plaques en deux, puis il recommence l’opération jusqu’à obtenir des plaques de 2 à 3 cm d’épaisseur et 33 cm de long, pour les ardoises de couverture. La finition se fait par rondissage. Celui-ci permet d’obtenir les dimensions définitives et de biseauter légèrement les bords.

Scie circulaire         Sciage des plaques
Découpage de blocs à la scie circulaire, ardoisière du Néez. Photo M. Labes

- L’entrepôt

Les ardoises taillées sont déposées côte à côte  pour former un ensemble de 25 ardoises qui couvriront 2, 40m² de toiture. Cet ensemble est déposé sur petit traineau de un mètre de long appelé parech ; l’unité de mesure de vente se fait par char. Un char est composé de 6 parechs couvrant donc 14 m² de toiture et représentant 150 ardoises.

Char dardoises
Sur ce char il n’y a que cinq parechs, mais probablement de trente ardoises. Photo M. Labes

Les déblais sont entassés à l’extérieur de l’atelier formant ainsi un talus au nom de cascaillé.

déchets de schiste  
                                                                              Déchets de schiste ou cascaillés

Lugagnan halde
Lugagnan. Photo J. Omnès

- Le transport
La majorité des couvreurs-clients se situaient dans le Cantal, l'Aveyron et parfois le Béarn. Les expéditions se faisaient par chemin de fer. La ligne Pierrefitte- Lourdes étant l'axe principal. Un wagon plat était réservé auprès de la gare de Lugagnan. Le wagon arrivé en gare, l'exploitant louait alors un attelage de boeuf à un agriculteur local, afin de transporter la marchandise jusqu'à la gare où les chars étaient transbordés. Le train de marchandise venant de Pierrefitte passait dans l'après-midi. À Lourdes, la gare de triage orientait les expéditions. Par la suite, le train fut abandonné, les clients venant avec leur propre camion.



                                                               Implantations des concessions

Lourdes-Lugagnan- Saint-Créac


Nous avons vu que la plupart des concessions se trouvaient au sud de Lourdes. En limite des trois communes Lourdes, Lugagnan et Saint-Créac. À l’exception d’une carrière, toutes les exploitations ont été arrêtées à ce jour.

Jusqu’au au  XIXe siècle l’exploitation des ardoisières était vitale pour l’économie du Pays de Lourdes. À Lugagnan, comme le notait en 1783, le curé du village. « [Ici] il y a cinq laboureurs, un chirurgien, un huissier, un tisserand, les autres sont ardoisiers ». Au XIXe siècle, l’arrivée du chemin de fer permit une expédition plus rapide, depuis la gare du village, des ardoises locales vers les villes et villages de la Bigorre.

 On peut diviser les carrières en deux secteurs :

Les carrières du versant sud sud-est du pic de Ger, surplombant le Néez. Nous avons quatre carrières principales qui étaient divisées en de nombreuses concessions. Les carrières Mengelle-Touya, Cénac, Montat-Navarret-Bégarie et Barram.
L'inventaire du C.P.I.E. en 2000 évoque à Saint-Créac les ardoisières de Courtade, Vignaou ou Buignoles , Coumet et Bedat. Elles ont été successivement fermées en 1985, 1971, 1995 et 1995. Celle du Bédat conservait encore en 2000 son téléphérique pour transporter les schistes jusqu"au village.

Les carrières du versant sud sud-ouest du pic de Ger. Elles s'étendent de l'aire de repos de la côte des Courriers (face à la voie verte) jusqu'au Pont Neuf. Nous avons six carrières avec un nombre importants d’exploitants qui sont parfois les mêmes que ceux du versant sud sud-est. Ce sont les carrières Mayou, Pelot, La Plagnette, Gesta-Darrou , du Plaa de Milhet et de l’Abreuvoir.

Toutes ces carrières ont été exploitées entre 1811 et environ 1995.  La première concession municipale date de 1811, c’est la concession Jean Castérot. Elle sera suivie par Mengelle –Touya qui donnera le nom à la carrière. Celle-ci réputée était exploitée depuis le Moyen Ȃge. L'ardoisière du Néez encore exploitée de nos jours par Michel Labes depuis 1989, est située sur les anciens  filons Chouat (filon du bas) et Bouriette (filon du haut). Son débit est relativement restreint environ 150 tonnes par an.
Son site : http://www.ardoisieres-du-neez.fr/

Pour avoir des précisions sur les différentes familles adjudicataires, voir le travail ci-joint de M. Mézaille
http://membres.multimania.fr/mezaille/carpicjer.htm


Avenir de la dernière ardoisière du pays

À l’entrée de Sain-Créac, se trouve donc la dernière ardoisière du Lavedan Cette ardoisière dite du Neez, qui appartient à Michel Labes se trouve dans une situation difficile. La municipalité lourdaise préférant souvent faire appel à des ardoises industrielles espagnoles.

Le texte de Jacques Omnès sur un forum local résume la situation : « La destruction autorisée de la tour médiévale de la Coustète (et de la chocolaterie Pailhasson) est rédhibitoire pour espérer la moindre initiative en faveur de la préservation du savoir-faire industriel de notre pays. Avant le 10 décembre 2010, l’attitude de la municipalité [de Lourdes] envers les deux derniers ardoisiers du pays de Lourdes était révélatrice du RAB (1 ) municipal. La mini-expo du parterre de la Coustète, en hommage au dernier des derniers ardoisiers, mon ami Jean-Michel Labes-Cazenave, de Saint-Créac, ne pouvant faire illusion. Le projet de couverture de la ferme XVIIIe siècle de Baloum en ardoises industrielles d’Espagne est suffisamment révélateur. » 

(1) Rien à battre.

J’ajouterai que la mairie de Lourdes fait rarement appel aux ardoisiers locaux. Elle préfère couvrir les murs des halles, de lames de bois exotique venant du Brésil.  La plupart des bâtiments publics, sont, soit couverts d’ardoises industrielles posées au crochet,  soit de bac acier. Que ce soient à la gare, à l’école Auzon, au restaurant du lac de Lourdes et même au château fort, Monument historique, ardoises industrielles qui ne sont même pas fixées au clou !

Cette non-assistance d’un savoir-faire ancestral et d’un produit symbole, phare de notre patrimoine est bien malheureusement partagée par nombre de nos communes.
 

 Vallée de Batsurguère

Les quatre villages Aspin, Ségus, Ossen (carrières Lynch et Toustar), Omex, sont dominés par le cinquième village : Viger.

Une des activités essentielles de cette vallée était le travail de l'ardoise. Cette activité n'existe plus aujourd'hui, la dernière ardoisière d'Ossen a fermé vers 2000 (carrière Jean Cassou). Au fil des promenades, on trouve encore de nombreux vestiges de cette activité, comme ces déchets de schistes ou des machines abandonnées que la végétation recouvre à grand peine.
Le chant des ardoisières de Batsurguère, parole de Daniel Casteyde, montage Marie-Hélène Valentin Labrousse, chanteurs du groupe Avisatz pe

https://www.facebook.com/734723849966203/videos/779450572160197/
 

ancienne ardoisiere Ossen .      Ossen ardoises 1 001 1

               Restes de l’ancienne ardoisière d’Ossen                                          L'un des derniers ardoisiers d'Ossen



Ossen compresseur 001 Compresseur à Ossen (Photo Gérard Terrieux)

                 

 Un des derniers ardoisiers de la région (Ossen-Lugagnan)


Il s’agit de Louis Terrieux (1902-1990) 
Originaire de Corrèze, où il travaillait dans une mine, dont les puits pouvaient attendre 70 à 80 mètres de profondeur, il est appelé vers 1930, par son oncle Laroze pour l’aider à exploiter sa carrière d’Ossen (Le Lynch ?). Il vient donc s’installer à Ossen avec épouse et enfant.


Ossen ardoisière 001 L'ardoisière d'Ossen. Louis Terrieux en chemise blanche


Par la suite, Louis décide vers 1937, de se mettre à son compte et s’installe à Lugagnan au lieu-dit Bentadé.
En 1942 Mr Laroze est dénoncé comme résistant à la Gestapo et envoyé Mauthausen via Lourdes et Toulouse. Il y décèdera. Sa veuve continue l’exploitation.
Un second filon, le Toustar est exploité de 1950 à 1957 (environ) par Louis Terrieux de retour dans le secteur, après son départ de Lugagnan.

Ossen
Cette ardoisière Le Lynch, non accessible aux camions, mais équipée de voies ferrés Décauville descendaient les pièces par téléphérique jusqu’au bord de la route, avant le bourg en venant du pont Neuf.   

Lugagnan
Situation
Cette carrière est située à gauche de la route nationale menant de la gare au village, parallèle à la forte côte, au lieu-it Bentabé. On peut encore voir le remblai et les murs de soutènement, alors que le lieu d’extraction (le trou) a été en grande partie remblayé. Là où est située la maison neuve, se trouvaient les cabanes du moteur Bernard et du compresseur et l’abri pour les mauvais temps.
Après un arrêt pour mobilisation entre septembre 1939 et octobre 1940, l’exploitation reprend jusqu’en 1948-1949. Pour être abandonné définitivement et être remplacée par une nouvelle exploitation, plus en hauteur. Les restes actuels (compresseurs, murs de cabane) proviennent de cette dernière exploitation.

Le personnel
Les ouvriers aux nombre de deux ou trois, selon les périodes travaillaient de 80 à 102 heures par quinzaine. Un impôt cédulaire était payé par l’exploitant (Voir le document ci-joint). Le bon filon en extinction, la carrière sera abandonnée vers 1950.

Renseignements donnés par Gérard Terrieux, fils de Louis.


               Ossen ardoises 3 001
                                                            Fils de l'ardoisier avec le marteau-piqueur de son père (Photos Terrieux)

Ossen salaire 001Cahier des payes 1941, le patron a trois employés et touche la même paye. Ils travailent entr80 et 102 heures par quinzainee. L'ardoisière paye un impôt cédulaire.
C'est l'épouse du patron qui fait la comptabilité.

Cité secours ardoisières
Ancienne ardoisière de Barrau (Cité secours de Lourdes) et ses haldes (déchets)

Viger
Il existait une petite ardoisière à Viger, au lieu-dit Poeymarie. Elle a arrêté son exploitation en 1960.



Val d'Azun   en préparation  

De la pérennité de notre dernière ardoisière
Texte de Jacques Omnès

Je suis personnellement sensible à l’intérêt soudain de monsieur le maire au Patrimoine. Ne vient-il pas de présenter un jeune colistier étudiant en master Patrimoine ? Bien.
Madame Bourdeu, son principal challenger, semble aussi accorder crédit à la nécessité de créer une délégation au Patrimoine. Bien.
Depuis plusieurs semaines, la commune fait effectuer des travaux de restauration et de consolidation à la Pointe du Cavalier du château. Bien.
La restauration d’un monument historique est un domaine qui m’est familier. En restaurant nos châteaux, nos églises, nos abbayes, nous permettons la « pérennisation » de métiers traditionnels en voie de disparition, comme les industries extractives de la pierre : marbre, calcaire, ardoise.
La richesse de Lourdes, pendant des siècles a été la pierre ;  depuis les carrières de sarcophages du Béout, entre le VIIe et le IXe siècle, jusqu’aux carriers et ardoisiers, qui  étaient  plus d’une centaine avant la Guerre de 1914. Aujourd’hui le constat est affligeant : plus un seul carrier dans les Hautes-Pyrénées (il faut aller à Arudy aux Carrières Laplace) ; tandis qu’il ne reste qu’un seul ardoisier en pays de Lourdes (et deux à Labassère). C’est monsieur Michel CAZENAVE-LABBE des CARRIERES DU NEEZ. Si son entreprise  familiale  comportait jusqu’à cinquante ouvriers entre les deux guerres, aujourd’hui il est seul. Les lois européennes, les règlements de la DREAL , l’inspecteur du Travail, et autres joyeusetés, l’ont mis à mal. Interdiction de continuer l’extraction,  limitation à la vente des résidus de taille, impossibilité pratique de garder un salarié, impossibilité d’utiliser du matériel ne répondant plus aux normes de contrôles, obligation d’une étude d’impact préalable au renouvellement du permis d’extraction (15.000 €), obligation de cautionnement pour réhabilitation du site en cas d’arrêt d’exploitation (15.000 €).
Je comprends parfaitement la volonté de l’Etat et de l’Europe de durcir  les règles du régime général des industries extractives et de celles des installations classées pour la protection de l’environnement.
Quand elles s’appliquent à des sociétés espagnoles, subventionnées par l’Europe, employant cent ouvriers, et plus, c’est compréhensible. Mais, quand on s’adresse au dernier des ardoisiers du pays lourdais, je suis quelque peu révolté.


Mort programmée de nos derniers ardoisiers
Nous assistons sans le moindre soubresaut de nos élus, à la fin de nos trois derniers ardoisiers du département. Une réunion a eu lieu fin mars 2014 , je crois au conseil général, une mutualisation des moyens devaient être mise en place. Silence radio. En revanche nous apprenons que les ardoises qui doivent border les rives du gave suite aux crues ne viennent pas des Pyrénées, mais d'Espagne.
Lu sur le blog de J-L Laplagne, le texte suivant :
"SAMACA Pizzaras
Voilà la réponse de la municipalité et d’Eiffage [...] pour tenter d’aider à la survie du dernier ardoisier du pays de Lourdes, Michel CAZENAVE-LABBE des Ardoisières du Neez, à Saint-Créac.
Vous voyez Michel, ils ont préféré s’adresser à une multinationale espagnole, qui exporte dans vingt pays, qui emploie 600 ouvriers en Espagne, dans 11 carrières ; plus 240 au Brésil, dans 7 autres carrières.
SAMACA produit 3,2 millions de m2 d’ardoises de couvertures par an. C’est un peu plus que vous.
Heureusement que la Ville de Lourdes se soucie de leur survie, et n’hésite pas à leur commander 3 caisses de plaques de schiste pour faire le parement du nouveau mur des toilettes rasées de l’Esplanade du Paradis.
Mais Michel, soyez rassuré, Jean-Pierre pense à vous : il a pris comme colistier un étudiant en patrimoine. Vous savez, la promotion de l’artisanat traditionnel, richesse de notre belle France, et toutes ces vessies…
Je suis persuadé qu’ils vont vous sauver, pour l’éternité, en vous consacrant une vitrine au Musée Pyrénéen." Signé Mirambel
Il parait que nous devons promouvoir le Made in France !"

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