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3b - Les carrières et leurs produits (sarcophages, éviers...)

ImprimerMarbre de Sarrancolin Opera fantastico    lieu dexrtraction sarcophages     marbre vilet de Vier-Bordres                      
 
                           Les Carrières anciennes (pierre et marbre)

A- Les carrières de pierre à sarcophage
Rite funéraire venu d’Egypte, l’usage du sarcophage s’est sensiblement développé en Septimanie, dès le Ve siècle, à l’époque mérovingienne, au profit des classes aisées de la société. Ce rite perdurera jusqu’à la fin du règne des Carolingiens. Leur forme initialement  trapézoïdale se transforma vers 750-800, lentement en forme rectangulaire.



Le  Pays de Lourdes avec sa pierre calcaire, abrita durant des siècles, un important gisement de pierre à sarcophages.
Les sites les plus importants se trouvent dans la vallée de Batsurguère, sur les flancs du Béout et sur les flancs du Pic du Jer.
Près d’une quarantaine de carrières ont été dénombrées par Jean-Luc Bourdachouk en 1993, faisant du pays de Lourdes l’un des plus grands sites d’extraction de sarcophages de France ; d’après Antoine Grall, qui poursuit avec opiniâtreté ses recherches dans la région, près de mille sarcophages auraient été extraits de la région. Si au XVIIIe siècle les carrières à sarcophages étaient abandonnées depuis fort longtemps, les carrières à pierre de contruction fort nombreuses utilisaient encore dans la région lourdaise, vers 1755, 8,5 % de carriers (ardoise et tailleurs de pierres) de la population lourdaise et 17 % en 1861 (Chiffre Roger Mézaille).

Les confréries des carriers
Les corporations ayant été abolies par la Révolution, il a fallu attendre l'Empire pour qu'elles renaissent sous la forme de confréries. La confrérie de Lourdes des tailleurs de pierre et maçons est née en 1810 et avait pour fête patronale l'Ascension. Du temps de Bernadette (1858) les tailleurs, regroupés en deux corporations, représentaient plus de 209 personnes.  Les statuts sont présentés par Roger Mézaille, dans sa plaquette Les tailleurs de pierre et les carrières de Lourdes, 2001. Leur fête était célébrée le jour de l'Ascension, tant à Lourdes qu'à Saint-Pé-de-Bigorre.

Carrier   Scan
Bannière de la confrérie des carriers représentant l'Ascension du Christ (abbatiale de Saint-Pé). A droite, bannière des tailleurs de pierre de Lourdes. Cliché R. Mézaille.

Tailleurs de pierre Tailleurs de pierre de Lourdes. Photo J. Omnès

L'extraction et la taille des sarcophages
Les blocs étaient extraits sans être évidés, cela se faisait en plaine. Pour extraire ces gros blocs, le carrier, après avoir délimité la forme, creuse tout autour de petites tranchées  de 15 à 20 cm de large sur plusieurs  cm de profondeur et dans le fond creuse une tranchée horizontale dans laquelle il met des coins de bois, qu' il enfonce en faisant éclater la base du bloc. Ils sont descendus en plaine sur des rondins et retenus avec l'aide de corde. Mr Mézaille estime à 400 à 500 pièces extraites au Béout, principales sources d'exploitation. Le gave servait pour acheminer les blocs aux différentes nécropoles.
marteau carrier 001 2 sarcophage extraction 001 2
                                         Marteau de carrier et types d'exractuion SESV 2001

Le cérémonial de la mise au tombeau
Il nous a été précisé par un érudit local, Daniel Sassier, de la Socata (Ossen) qu'à côté des sarcophages découverts in situ en 1992 à la Socata (Daher), se trouvaient des caissons en lauzes. Recherches faites, il semblerait, vu le prix de ces tombes de pierre, réservées aux classes sociales élevés, que lors du décés, le défunt était placé dans le sarcophage seulement après que l'on eut enlevé les ossements restants du prédecesseur. On les mettaient après réduction, dans un caisson voisin en lauze. Je n'ai jamais rien lu sur ce sujet.

Les principaux lieux des carrières étaient  
:

La vallée de Batsurguère, carrières dites du Béout
1) La carrière Riu long entre Ossen et Ségus, 2 sites d’extraction découverts en 1985, par Jean Barragué, Pierre Abadie et Geneviève Marsan.

2) Les carrières du Mail d’Arreau (Arréou) au-dessus de Viger découvertes en 2000 par un groupe de spéléologues, sur le flanc Nord-Est du Pibeste, à 800 mètres d’altitude, il existe 2 sites sur le replat côté 801 sur le plan IGN Top25, 1647ET. Ce sont les plus importantes carrières connues. L’extraction se faisait tête bêche. Il y a plusieurs voies d'accès; Voir le croquis du bulletin de la SESV de 2001

carrière Pibeste 001Plan SESV de 2001.
Arreau sarcophage
Détourage d'un sarcophage. Photo Marie-Hélène Valentin

3) La carrière de la Croix de Houssat à Ossen, 4 sites dont un servait à la confection de cuves pour les fontaines ou de pierres de taille. Ces derniers ouvrages sont bouchardés à la différence des sarcophages.

 
Carrières sarcos Croix de Houssat

Sarcophage


Ossen départ   Ossen bloc
Croix de Houssat. Son emplacement se trouve  à gauche de la station haute de l'ancien téléphérique du Béout et du pylône en partant d'Ossen, par le chemin du Béout. Dès le départ du chemin du Béout à Ossen, présence d'une première extraction et un peu plus loin d'un bloc non évidé.
Photos J. Omnès.

4) La carrière d'Omex-Ech. Jusqu’à présent nous pensions qu’il n’y avait que les  trois sites d’extractions de sarcophages  mentionnés ci-dessus, sur les pentes du Béout. En descendant du soum d’Ech, sur sa pente Est,  nous avons trouvé au lieu-dit La Prédie, côte 695, sur la carte IGN1647 ET, une petite carrière d’extraction. On peut y accéder plus facilement par un chemin de randonnée à l’est de la tourbière d’Ech.

Omex 2 1

Omex 2 2 Sarcophage Omex 2

Petite vidéo de Karl Superd (utilisation d'un drone) sur les carrières du Béout : https://www.facebook.com/photo.php?fbid=453680954773546&set=pcb.453681378106837&type=1

5) On peut ajouter la carrière du Mouniquet
Elle se trouve au Béout, au-dessus de la cité Saint-Pierre qu'il faut traverser par la route qui monte. Elle se trouve au-dessus de la ferme Mouniquet (4 bâtiments). Cette carrière municipale sera affermée par la ville. Les principaux bénéficiaires furent Antoine Sajous vers 1840, Jean-Louis Claverie en 1858, Espérou en 1864 et Dussert en 1867. Elle servit également pour fournir les pierres aux Sanctuaires, en cours de construction. Il semblerait que quelques sarcophages en furent extraits.

Carrière Mouniquet  Marie-Jo Pomès à l'assaut de la carrière.

sarcophage
Sarcophage en bon état, mais sans couvercle, provenant du Béout, sans précision. Musée de Maubourguet. Photo J. Omnès

Le Pic du Jer

La carrière de Pré Conques à l’ouest du Coustalat, à 700 m d’altitude, découverte en 1996, par Frédéric Lafargue. D’époque mérovingienne, les sarcophages extraits s’avéraient être plus petits que ceux du Béout (probablement pour conserver les ossements ou pour les enfants).


Le Hautacam

Également située sur l’autre rive du Gave, comme celle du pic du Jer, la petite carrière se trouve sur la commune de Saint-Pastous à 1 117 mètres d’altitude au lieu-dit de Hount Hérède, proche de Vier-Bordes. Monter au Hautacam, bifurquer au chemin du bois de Bordes aller jusqu'au mail de Lousset refermer la barrière, laisser la voiture, descendre plein sud, contourner la barre rocheuse et la remonter plein nord, le site est alors très visible, après un autre affleurement aux couleur rougeâtres. Il est  probable qu'il ait également servi à extraire des éviers, des bassins et des abreuvoirs.

Saint Pastous 9
                                            Carrière vue de loin

Hautacam                                                  Vue sur Argelès-Gazost. Photo J. Omnès


st pastous 3
Carrière de Saint-Pastous. Photo Frédéric Lafargue. (SESV spécial Argelès) Un chiffre 4 est visible au milieu de la photo, probable marquage de zone pastorale.

Hautacam 5  Bloc non encore extrait. Photo J. Omnès

Hautacam halde
Halde de la carrière. Photo J. Omnès

Saint Pastous8
Photo Soulas  Cagost


Hautacam

Petit film de Karl : https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=923350784473225&id=100003949373289&hc_location=ufi


 Préchac sarcophage Sarcophage de Préchac. Photo J. Omnès
Ce sarcophage trapézoïdal trouvé dans la nécropole juxtant l'église paroissiale a été mis au jour lors de la construction d'une grange, celle de la maison Mélouga. Taillé dans un calcaire gris bleu,  il est habituellement admis qu'il vient des carrières du Béout. Il a servi un certain temps de jardinière.



Saint Pastous sarcoSarcophage trouvé dans une propriété agricole vers Saint Pastious provenant de la cariière proche. Photo J-L Laplagne. Coll. privée.

La vallée de Luz

Depuis la découverte  de petits sarcophages à Esquièze-Sère, lors de la rénovation de la place de l’église, sarcophages hélas détruits par l’entreprise de travaux de terrassement, du fait de la méconnaissance des élus de leur patrimoine (1), on peut penser qu’une carrière devait se trouver proche des lieux. C’est du moins ce que pense Frédéric Lafarge, vu les difficultés de transporter de tels blocs de pierre de la vallée d’Argelès, à travers les gorges de Luz. Hypothèse qui s’avèrera plus plausible lorsqu’on trouvera des sarcophages dans la région de Gavarnie. Les recherches se poursuivent.
Si une partie de la production était livrée en plaine de Tarbes, de nombreuses cités du Lavedan possèdent encore de nos jours, nombre de ces ouvrages. Parfois répertoriés et visibles comme à Ossen (au-dessus de l’école), à Préchac près de l’église, à Loubajac,  ou encore au cimetière du château de Lourdes (de l’ancienne église paroissiale, fouilles de 1907), de nombreuses autres pièces servant d’abreuvoirs, de jardinières ou d’auges à cochons, n’attendent qu’à être reconnues comme telles. Il faut préciser que les couvercles, plus fragiles sont relativement rares. Les derniers sarcophages trouvés proviennent des fouilles faites lors de la réalisation du parking souterrain de Lourdes en 1995, près de l’ancienne église paroissiale.
Afin de sauver ce qui reste de ce patrimoine inestimable, une campagne d’information auprès des différents maires s’avèrerait nécessaire.
Pour en savoir plus : Carrière de sarcophages dans le Pibeste, Ossen, Hautes-Pyrénées, revue Lavedan et Pays Toy, numéro 32 de 2001 et 39 de 2008.
(1) Il m’avait été dit sur place, par des locaux, que l’entreprise en question s’était empressée de les concasser pour ne pas être bloquée dans ses travaux.
(2) Sarcophage des V-VIe siècles, trouvé sous le porche de l'église et détruit par l'empressement de l'entrepreneur qui ne voulait pas être retardé dans la construction du caveau de famille qui est près de la porte. Trois autres sarcophages, ont servi d'abreuvoir sur la route de Bartrès. Un jour, ils ont disparu pour décorer un jardin des environs, il en reste encore un dans la cour d'une ferme.

  Sarcophage et stèle basque   
                 Sarcophage au château fort. Photos J. Omnès

Les deux sarcophages mérovingiens découverts en 1992, dans la zone industrielle de la société Socata-Daher, viennent certainement de ces carrières. Il y avait sur le terrain, proche des terrassements d'une ancienne villa mérovingienne, un grand et un petit sarcophage, et à côté, deux caissons en lauze. Ils ont été cassés lors de leur déplacement initial vers une zone périphérique de l'usine. Nous avons essayé une tentative de sauvetage, avec dépot au musée pyrénéen. Elle est pour l'instant au point mort. Voir suite dessous.

Socata 3
Photo Loucrup65  lors de la place des sarcophages sur le chemin de  la cantine.

Socata 13  Situation en 2016. Photo J. Omnès

LES SARCOPHAGES DE L'EX SOCATA.

Suite les sarcophages de la Socata (septembre 2017)
Nous attendons toujours la fameuse signature de donation entre la ville de Lourdes et l'entreprise Daher-Socata. Et notre inquiétude n'est pas feinte quand on connait l'histoire de cette découverte en 1992. Déjà à l'époque, on parlait de" découverte essentielle pour notre archéologie départementale", Le ministère de la Culture avait alors envoyé une archéologue sur place, Christine Dieulafait. Trois sarcophages avec leurs ossements avaient été mis au jour, L'archéologue avait alors annoncé : "... on les déterrera pour les mettre dans un musée ou dans un autre endroit où la sécurité sera assurée." Nous connaissons la suite, rien n'a été fait, deux sarcophages sans leurs ossements ont été mis en exposition sous un arbre dans l'enceinte de l'usine, puis lors de l'achat de Socata par Daher dans un coin prêts à partir à la benne. Alerté par l'association archéologique de l'usine, nous avons tout fait pour les sauver au plus vite en prenant à nos frais leur transport leur réparation et leur stockage dans l’enceinte du château d'Arras en attendant une décision administrative. La solution administrative a été retenue, dont acte, mais à la lecture de la réponse de la Drac en date du 29 mai, nous ne pouvons qu être inquiet : "il est dit : "La question de la propriété de ces éléments sera examinée dans les jours prochains..." Comme si depuis 1992 aucune recherche n'avait été faite ! A suivre avec attention et détermination.


Socata0017 2

Socata 3                                                                      Nouvelle République du 8 janvier 1992.


Eviers, abreuvoirs ..
 
Mais ces carrières de pierre servaient également, nous l’avons vu, d’extraction d’évier, auges et abreuvoirs. Les éviers les plus anciens peu profonds, ont une évacuation en rigole qui s’encastrait dans le mur de la ferme et qui sortait sur l’extérieur. Les plus récents, plus profonds, ont leur évacuation au fond de la vasque. Du trou, par le tuyau d’évacuation.


evier ancien    Evier de pierre  
                     Ancien évier                                        Evier plus récent en réemploi. Photos  J.Omnès


augecochons   Sarcophage   
                          Auge à cochons                                        Sarcophage.Coll. privée. Photos J.Omnès

Sortie évier pierre        Evier de pierre
       Sortie d'évier de pierre. Photo J.Omnès         Bel évier (château fort de Lourdes). Photo J. Omnès   

Souin église 12                               Proche  de celui du château de Lourdes à l'église de Souin (Artalens-Souin)

Evier St savin évacuation eau
Évier à Saint-Savin, propriété privée. À droite, réceptacle d'eaux pluviales au Musée pyrénéen   Photos J. Omnès

Evier 2 Ousté plaque
Evier du Bergons, la sortie en S est bien visible. Autre utilisation à Ousté. Photo J. Omnès

Argelès

Bel évier à l'ornementation florale, Argelès villa Victoria. Photo J. Omnès

 B-  Les carrières de marbre                                                

Les Pyrénées sont riches, très riches en marbre, le plus connu étant le cipolin vert mandolato de Campan  (près de Bagnères-de-Bigorre). Son fond est blanc et rouge foncé,  rempli de veines vertes embrouillées entre lesquelles ressort les couleurs du fond. Mais la plupart de ces carrières pyrénéennes  se trouvent à l’est du pays de Lourdes, à l’extérieur du Lavedan concerné par ce site Les plus réputées étant les carrières de Campan (Espiadet), Sarrancolin (Sercade, Beyrède, Antin), Asté, Montoussé, Sost, Ilhet, Médous-Baudéan, Payolle, Troubat…
Bien qu'hors du périmètre étudié, il est utile de savoir que les Romains, déjà, suite aux campagnes de César, avaient apprécié le marbre du plateau de Payolle près de Bagnères Il sera transporté jusqu'à Pompéi. Ce fut surtout à la fin du XVIIe siècle et au XVIIIe siècle que les intendants des Bâtiments du roi, dont Colbert, Louvois et d’Antin encouragèrent la production du marbre, surtout celui de Payolle dont le site était devenu carrière du Roy. Des chantiers royaux des Invalides au salon Hercule de Versailles, les marbres de ce site  furent à l’honneur. Mais aucune carrière ne fut alors exploitée en Lavedan.
Le marbre de Payolle de teinte pastel vert et rose a été utilisé de 1950 à 1954 pour la réalisation de salles de bains. L'extraction a cessé en 1981. L'Association Marbres de l'Espiadet assure la continuité de sa mémoire.
Le marbre de Campan peux être vert, rose, griolle ou grand mélange, parfois rubané comme celui des colonnes de l'église paroissiale de Lourdes.

Une petite vidéo sur le marbre de Sarrancolin : 
http://www.dailymotion.com/video/xdd2lu_carriere-de-marbre-sarrancolin_creation

Marbre vert de CampanMarbre de Sarrancolin Opera fantasticoMarbre Campan
 Marbre vert de Campan                        Marbre rouge de Sarrancolin      Carrière de Campan, proche du Pays des Vallées des Gaves. Photos J. Omnès

Dans la zone qui nous concerne, nous avons surtout du marbre rose ou blanc veiné de rose et du marbre noir tirant sur le gris et blanc. Tous ces marbres sont exposés au musée du marbre de Bagnères-de-Bigorre.

Cordée
 Descente de blocs, musée du marbre de Bagnères

Les carrières  étaient attaquées par le haut et l'on descendait par gradins de trois mètres environ, en exécutant des banquettes et en évacuant les déblais.

Les principales carrières du Pays des vallées des Gaves sont :

 

                                                          EN VAL d'AZUN
                                                        Arras-en-Lavedan



La carrière du Cassin (Cassiet). Elle  est évoquée dans l’inventaire de Ph. Debete en 1853. Elle se trouve au bas de la ligne de crête montant vers le pic d’Arragnat, en bordure de la Pene d’era Lit. .Il faut se diriger vers Bernicaze. Arrivé au lieu de stockage des poubelles, tournez à gauche en montant jusqu’au parc à bestiaux, le traverser, et, arrivé à l’abreuvoir, prendre à gauche, dans des chemins à vaches plus ou moins dessinés dans une végétation dense de fougères. Les blocs (un très visible) reposent  dans un vallon au pied de la montagne.
Ce marbre a été exploité en 1844, par des locaux tailleurs de pierre, à la suite d’une convention signée avec la commune d’Arras.  En 1853, c’est au tour d’un marbrier de Tarbes, d’obtenir une concession. Il faudra attendre 1900 pour qu’une troisième concession englobant les carrières de marbre, de pierre de taille et ardoisières soit accordée à un habitant d’Arras, Jules Maisonnave. L’exploitation s’est arrêtée en 1930.

Carte IGN 01
Carte indiquant approximativement les deux carrières (encart jaune) .  Réalisation Emmanuel Custodero

Carrière 2 Carrière marbre
La carrière Cassin, en haut de la montagne, blocs épars à ses pieds. photos J. Omnès

Boc marbre Cassin3
échantillon du marbre.                   Marie-Bernard Hourtané sur un bloc de marbre. Photos J. Omnès

La carrière de Gez
Vers le quartier des Gerbets (Gerbes), au pied du mont de Gez, au nord du village, se trouve une seconde carrière de marbre blanc veiné de rose. Il n’existe cependant aucune documentation sur ce site, seul un bloc équarri de 0, 80 X0, 80 X 1, 30 m se trouve abandonné le long du chemin. Par contre la maison Lardemey-Rodet, au-dessus de la maison d’hôtes les Gerbes, datant de 1665, possède une imposte gravée peu et paix, devise du philosophe Pierre Charron (1643-1718), qui vient certainement de ladite carrière.
D'après le compte rendu de la société académique des H.-P. de 1859, le curé de Gez, M. Laffont précise que la carrière "renferme du marbre blanc, du marbre rouge, du marbre blanc  veiné de gris et de rose, du marbre vert et du marbre commun très fin. Il précise : "On croit  généralement dans le pays que les colonnes de la cathédrale de Tarbes  sont sorties de cette carrière". On montrait même  à l'époque l'endroit  où on les fit descendre ! Et pour mieux situer le site il y aurait  à côté un trou fort profond qu'on appelle lou Hourat deras encantadas, lieu habité par des fées  qui serait une mine de plomb argentière exploitée jadis par les Maures.  Ce serait proche de l'excavation lou Castet Sarazzi, au-dessus du mot Gez sur le plan ci-dessus.



 Sur le chemin de la pierre  Vues depuis le Mont de Gez 10 
Arras : panneau d'information sur le chemin de la pierrre. Photos J. Omnès         Mont de Gez
 
 

                                                                                                     Hautacam

Le marbre du Hautacam, marbre rose violacé ou calcaire marmoréen, connu par les Romains, mais réexploité récemment en 1997. La carrière est située sur la commune de Vier-Bordes. Son accès est par ailleurs parsemé de blocs abandonnés en 2001, par le dernier exploitant, mis en liquidation judiciaire, Les marbres du Hautacam  avaient le siège basé  à Saint-Afrique-les-Montagnes dans le Tarn. La concession sera reprise prochainement par les frères Rivieri qui exploitent les carrières de Sarancolin. C’est un marbre réputé, avec quelques inclusions de fossiles goniatites sur les tranches, mais très difficile à travailler.
De belles sculptures ont été réalisées avec ce marbre par des artistes à l'occasion des 3eme rencontres de la pierre, de mai 2010, organisées par la mairie d’Arras-en-Lavedan, en association avec les bénévoles de l’Abbadiale et de la Bibliothèque. L’une, « Pulsation » de Gilbert Frizon se trouve à Arras pour compléter la collection déjà engagée avec J.-J. Abdallah, lors des deux précédentes rencontres de la pierre. Une autre, « La cascade » de Faustin Tougma se trouve à Ferrières, à proximité d’une cascade d’eau. Le « Ressourcement » de Rob Kirkels, se trouve sur la place d’Estaing.

       marbre vilet de Vier-Bordres   Vier-Bordes marbre ivoire    
                       Marbre du Hautacam : violet ,                                                   ivoire

Hautacam carrières Hautacam 2 

Après le village d'Artalens -Souin, prendre le second chemin à gauche, au panneau, plaque de marbre du Hautacam, à demi effacé et peu lisible. A 100 m, garer sa voiture sur le parking des parapentistes. C'est à trois quart d'heure de marche. De nombreux blocs abandonnés jonchent le chemin accessible aux 4X4.


Marbre Hauttacam clé     Marbre Hautacam 1
                   Marbre rose violacé du Hautacam à Ayros-Arbouix, route du Hautacam, réalisation Serge Sallan. Photos J. Omnès

     Oeuvre de marbre
     Pulsation de  Gilbert Frizon, visible à Arras-en-Lavedan, le village de la pierre. Ici le palan n'est pas suffisant.

Hautacam violet
Marbres
  Photo musée du marbre à Bagnères.      Marbres divers, richesse du pays. Thermes Argelès-Gazost. Photo J. Omnès                                                                    
                                                           Arrens

Arrens carrière
En préparation                                                      

                                                    LOURDES
et ses environs

La ville de Lourdes et ses environs étaient recouverts de pierres de toutes sortes, dont le "marbre" gris dit pierre de Lourdes de couleur  blanc, noir, et rouge orangé. le calcaire aptien était utilisé surtout comme pierre à chaux.
.

La pierre de Lourdes appelée aussi lumachelle est un calcaire avec fossiles dont la couleur est mêlée de taches blanches, noires, grises et orangées, formées en coquilles de limaçon, d'où il tire son nom. Il était exploité jusqu'aux années 50, surtout aux Bescuns (Forêt de Subercarrère) et à la carrière Sentis à Lourdes. C'est un marbre compact, dont les blocs forment des masses importantes et de grandes dimensions. Il a été très utilisé dans la région. Les coquilles sont surtout visibles quand la pierre est  polie.

A lire Les tailleurs de pierre et les carrières de Lourdes de Roger Mézaille

Lumachelle
Lumachelle, derrière l'hôtel Mercure-Impérial (parking privé)

Carrière des Bescuns (parcelle G2-289)

Sur la route de Batsurguère, après la forêt de Subercarrère, en face des grottes du Roy. Carrière de pierre lumachelle ouverte par M. Cazaux-Debat suite à une autorisation préfectorale de mars 1899. Avec un problème, celui de la proximité de la route et des explosions, qui par ses projections gênaient l'exploitation en contrebas, des grottes du Roy, gérées par M.Abadie. Le fils Cazaux-Debat reprendra l'exploitation après un laps de temps d'abandon. Puis, en 1931, à la nouvelle mise en adjudication, ce sera M. Louis-Philippe, et en 1937, Jean Marin,  à qui succèdera la Société pyrénéenne du béton avec MM Cuyeu et Gaye et la Société pyrénéenne des transports. Puis, au renouvellement de bail en 1965,  la Société des carrières lourdaises Socarl fondée par MM Cuyeu et Gaye. Elle sera exploitée jusqu'en 1972, puis rachetée par M. Raujol de cette société, qui l'exploitera jusqu'en 1975, date à laquelle, la carrière sera fermée et le matériel sera transporté à la carrière du Pibeste, toujours en activité.

Bescuns Carrière des Bescuns. Photo J. Omnès


marbre Lumachelle Lourdes 
Marbre lumachelle rouge violacé, photo prise au musée du marbre de Bagnères-de-Bigorre. Photo J. Omnès

Lumachelle non poli Lumachelle non poli, fronton pour un temple protestant.  Musée du marbre Bagnères. Photo J. Omnès


Carrière Sentis. L’éperon central est situé sous le cimetière. C'est la dernière carrière exploitée en pleine ville. C'était une exploitation exemplaire qui a utilisé très tôt pour débiter les blocs, le fil hélicoïdal et le cric" pendule" pour les soulever. Voir photo d'Eugène Trutot datée de 1925. Très belles lumachelles que l'on peut admirer sur la fresque, face aux Clarisses dans la cour intérieure de l'hôtel Astoria-Vatican. Une partie de cette carrière peut être visible  dans la cour arrière de l'hôtel Impérial- Mercure (parking privé de l'hôtel). Le socle de la statue de Mgr Peyramale devant l'église paroissiale, place Saint-Pierre, vient probablement de cette carrière. A l'arrêt de son exploitation en 1927, trois hôtels furent construits à son emplacement : l'Impérial devenu Mercure, l'Astoria-Vatican et le Lavallière.

Lourdes Bloc  3 Carrière Sentis face aux Clarisses, photo E.Trutot, 1925



Clarisse  Lumachelle 3
Carrière dans Lourdes vers 1900, en face des Clarisses (clocher), Eugène Trutot, 1925. A droite lumachelle, carrière Sentis

Carriere Lourdes Sentis

sentis Fresque sur la façade de la carrière Sentis. L'auteur et la date en sont inconnus, probablement vers 1910, sûrement avant l'édification de l'hôtel, car la partie droite de la fresque est cachée par la partie arrière de l'hôtel Astoria-Vatican. C'est sur cette paroi que nous avons réalisé la photo de  lumachelle rouge, en haut à droite.

Fresque détail Détail : on voit la carrière où se trouve la grue, probablement en train de construire l'hôtel Astoria-Vatican. En face, les deux clochers des Clarisses. Fresque faite à partir d'une photo ancienne
de Viron (sur plaque de verre), probablement de 1908.

Parking hôtel Mercure Queue de la carrière Sentis derrière le parking du personnel de l'hôtel Mercure-Impérial (zone privée);

La carrière de l'Arberet. C'est l'une des plus anciennes de la ville. Elle est située chemin du Paradis, derrière l'emplacement de l'ancienne usine à gaz, sur la zone sud du cimetière de l'Egalité. Un parking a été créé à sa place, derrière les apparts-hôtel de l'avenue du Paradis

Arberet

La carrière du Baous, de la porte du Baous, rue de la Grotte, au niveau du Victoria Garden à la tour du Garnavie, en passant par l'actuel hôtel de Rome.  Elle sera exploitée à partir de 1898.

Baous


La carrière des Rochers. Rue des Rochers, à côté du four à chaux Cazaux-Moutou. Dangereuse par des chutes potentielles de blocs son exploitation s'arrêta de 1915 environ, pour être reprise en 1931 par Etienne Cazaux.

Les Rochers
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Les carrières du Caoutchiou et du chemin d'Aspin (cadastre C2 section 508 et 518). en fait en devrait écrire du Gaoutchiou à cause du bras du gave contourné, déformé, gauche. Elle se trouve le long du chemin de Saint-Jacques et des anciens jardins  municipaux de l'Arrouza. Mais elle est en partie recouverte de végétation et peu visible. Sa création date de février 1849. Cette lumachelle sera exploitée par J.-L. Fourcade, puis en 1864 jusqu'en 1903 par J.-L. Claverie. Puis par MM Pécoste et Bénaben. Et à partir de 1911, par MM. Lalane et C.Clos qui remplaceront en 1912, le câble et la nacelle qui traversaient le Gave, par une passerelle avec une voie Decauville (rails et wagonnets). Celle-ci sera remplacée par un pont en 1962 qui restera en place jusqu'à la crue de 1975. L'exploitation se terminera suite à un litige d'augmentation du loyer démesurée par la ville, en mars 1926. Il reste de rares vestiges des assises du pont.

Caoutchiou 2  Pont du Caoutchiou
Carrière de lumachelle le long du chemin jacquaire, une grande partie est recouverte d'arbres et de végétation -Photo de droite : rives de l'implantation de la passerelle du Caoutchiou, au fond à droite : la base du départ du pont.
Derrière cette carrière se trouve une autre carrière accessible en prenant le chemin GR101 au fond en prenant les marches de pierre de l' ancien chemin pour Aspin, puis au niveau d'un vaste champ sur un replat, sur la droite, prendre au départ d'un grand chêne qui a été abattu et dont il reste la base pour une future table, le sentier aménagé pour du trial, sentier qui arrive au pied de la falaise de la carrière. Un bloc de pierre taillé git encore au sol. Il ressemble à un bloc pour un sarcophage. Très beau site. Cette falaise sert actuellement pour la pratique de l'escalade.

Les carrières Peyramale, carrières privées, situées vers le quartier de la Merlasse, rue des Carrières Peyramale, ont servi à la construction de Sanctuaires. Jean Théas en était l'un des principaux propriétaires (Procès gagné contre la ville en 1818).

Peyramale

La carrière de Soum-de-Lanne
(parcelle C2-562), ou carrière Bégarie. Y a travaillé lors des Apparitions,Louis Bouriette, le premier miraculé. Les droits d'exploitation furent accordés successivement à Messieurs Fanlou,  Duplaa (1913) et Cazaux-Moutou (1925) et en dernier à Jules Vilon qui acheta l'emplacement à la ville en 1931, pour son commerce de marbrerie.

La carrière de l'Arrouza située sur la gauche du chemin de l'Arrouza, en descendant vers l'emplacement où se trouvait le pont du Caoutchiou. Nous savons qu'elle a été exploitée dès 1874 et que Monsieur Simonet a eu une autorisation d'exploitation en 1930, avec une contrainte de fournir un certain cubage de pierre à la ville, puis de prendre toutes les précautions pour protéger le boulevard nouvellement construit au-dessus. Le bail sera renouvelé en 1933, mais suite à des démêlés avec la ville, l'exploitation cessera en 1939 après condamnation de M. Simonet.

lArrouza  Ancienne carrière de l'Arrouza

Arrouza 2Après la démolition du mur pour transformer le site en Parkings. Photo J. Omnès, juin 2017


Les carrières Darre Espoueys (Darrespouey), de la cité Rotchild aux grottes des Sarrasins. Elles comprenaient quatre principales carrières :
1) La carrière Lindro (parcelle C2, 582) c'était la plus grande.
2) La carrière Baylac près des grottes des Sarrasins.
3) La carrière Cazaux-Troubat à l'emplacement de l'école maternelle actuelle
4)  et la carrière Sarrat, face à la précédente.


Carrière Soum
carrière Darré Espoueys -Lindro

Les carrières Mouniquet- Ménigou, au Béout, au-dessus de la cité Saint-Pierre, au quartier Barraou, au-dessus de la ferme Mouniquet (4 bâtiments). Cette carrière municipale sera affermée par la ville. Les principaux bénéficiaires furent Antoine Sajous vers 1840, Jean-Louis Claverie en 1858, Espérou en 1864 et Dussert en 1867. Elle servit également pour fournir les pierres aux Sanctuaires, en cours de construction. Il semblerait que quelques sarcophages en furent extraits

Mouniquet  Carrière Mouniquet
Les bâtiments Mouniquet vu de la carrière. Au fond, le sommet du Béout. En face les carrières, Marie-Josée Pomès grimpant vers la carrière Mouniquet. Photos J. Omnès

Une carrière  au-dessus de la cité secours au niveau de la salle Padre Pio. Façade ouest du Béout. Je n'ai pas trouvé de document sur cette importante carrière aux nombreuses haldes.


Béout

Carrières de la Couradette à Anclades

Ancladres carrieres
                                                                           Plan d'Emmanuel Custodero.

Le site de la Couradette se trouve à l'entrée du hameau d’Anclades, côté ouest, à la base du Pic du Ger, à l'écart de la route qui traverse l'agglomération en direction de Jarret, en face du beau pigeonnier. Les carrières permettaient d'exploiter du marbre, de la pierre à bâtir et de la pierre calcaire servant à la fabrication de la chaux.  De l'exploitation, il reste une cheminée d'un four en moellons. C’est l’une des dernières exploitations de la région. L’historique de cette carrière étudiée par M Mézaille, permet de comprendre les problèmes inhérents à ce genre d’exploitation.

Pierre à chaux, gravier, ciment
La grande carrière 16 b bien visible, face au four à chaux sert actuellement de "dépotoir" à la ville de Lourdes. Elle fournissait sur un front de 40 mètres, probablement de la pierre à chaux et du gravier, alors que celle l'exploitation du marbre était plus à l'ouest, face au parking de l'église au 16 c. Il existait également une troisième exploitation à 16 a vers le carrefour des deux routes, qui est en fait un groupe de différentes carrières anciennes à flanc de colline. Elle a conservé son plateau de chargement


Carières Anclades 1  Carrières Anlades 3 
Carrière 6b sur le plan  Photo J. Omnès                   En face, cheminée de l'ancienne exploitation. Photo J. Omnès 

Débris carrières Anclades
Débris de la carrière. Photo J.Omnès, juillet 2012
    

Marbre




anclades marbre 4
La carrière de marbre gris-noir et blanc (élément noirs reliés par de la calcite blanche)  du 16 c ci-dessus, plus proche du parking de l'église est visible en regardant les parties hautes de la montagne en face ; le front lui-même est sur la partie droite de photo, au-dessus et à droite du container blanc. Si on zoome on voit nettement les traces de l’exploitation : forages contigus... L'entrée et l'accès se trouvaient à l'emplacement d'un poteau Ville de Lourdes, à l'extrémité de la photo ci-dessus. Elle est actuellement recouverte de végétation.

Anclades marbre 2  Anclades citerne deau
Traces d'exploitation du marbre du 16c. La citerne sur la hauteur servait de réservoir d'eau pour la découpe des blocs.
Anclades entrée Entrée de la carrière de marbre recouverte de végétation.

Tout venant

anclades carriere
Les carrières 6a de pierre  se trouvaient  à droite de ce terrre plein, sur une pente actuellement  très boisée et recouverte de déchets pierreux, route de Jarret, direction Anclades. Est visible encore, le quai de chargement des camions.

D'après des locaux, l'exploitation de la grande carrière de chaux (16b) aurait été arrêtée en 1964 par l'entreprise Cayeux et celle du marbre(16c) en 1969.

Texte de M  Mézaille sur l'historique des exploitations

a) Une adjudication de mai 1876 concédée à J. Marie Fourcade sera résiliée un mois après, car l'exploitant ne peut effectuer des tirs de mine, le voisin ayant fait défense d'envoyer des pierres dans son pré, distant de la carrière de 6 mètres seulement.

b) En septembre 1912, le Préfet Canal autorise les époux Arquié d'ouvrir un four à chaux. En février 1914, Mme Vve Arquié désire mettre en exploitation la carrière à ciel ouvert.

c) Le 1er janvier 1926, la reprise du chantier de la Couradette se fait par la concession des terrains communaux accordée à Clément Capdevielle, jusqu'au 31 décembre 1955.

Le 26 septembre 1928, Clément Capdevielle crée la "Société des Fours à chaux, marbres et graviers du Pic du Ger. Mais M. Capdevielle ne remplit pas ses obligations vis-à-vis de la Ville qui l'assigne en février 1928, en résiliation de bail. Le 18 avril 1930 est prononcé le jugement qui résilie le bail et notifie l'expulsion de l'adjudicataire. La Société des Fours à chaux se substitue à lui jusqu'en 1933 pour le règlement du litige.

En mai 1931, est réalisée l'expertise des biens de la carrière qui se composent de : un hangar en maçonnerie, c'est l'entrepôt de la chaux et le quai de chargement des véhicules ; une maison d'habitation du contremaître ; deux fours à chaux; une passerelle avec voie Decauville et wagonnets; la grande cheminée en moellon ; la salle du compresseur, bâtiment en maçonnerie avec station d'air comprimé ; la carrière de marbre, nettement séparée ; trois camions.
Cet inventaire prouve l'importance de la carrière. La résiliation effective du bail interviendra deux ans après. 

Un autre carrier, Auguste Capdevielle, demande de prendre la carrière. Il obtiendra l'autorisation en octobre 1935, mais "à ses risques et périls". En juin 1936, l'adjudication en Mairie lui sera accordée pour 3 ans sur la carrière de pierre à chaux  et sur la carrière de marbre. En fin de bail, Auguste Capdevielle se dirigera vers Ger Mayou.
En août 1938, lors du renouvellement du bail, aucun candidat ne se présente. Puis se dessine une offre de la Société industrielle des Pyrénées de Bagnères, mais en décembre, la Mairie donne une réponse négative, car les tirs de mine exigés ne peuvent être accordés.

d) Dernier exploitant : le 17 décembre 1940, l’entrepreneur Antoine Béguère (ancien maire de Lourdes 1953-1960) va occuper la carrière.
Le 11 août 1942, M. Béguère informe le Conseil municipal qu'il va installer une ligne électrique pour ses compresseurs depuis la route de Bagnères, par suite de la pénurie de carburant liquide.
Le 1er septembre 1942, le bail d'exploitation est prolongé jusqu'au 30 juin 1960.
Depuis cette date, la carrière et les fours à chaux sont abandonnés. Ils présentent un état de non entretien regrettable, car de nombreux randonneurs partent de cet emplacement pour l'ascension du petit Ger."

L’ophite

(de ophidien = serpent) : sa couleur rappelle celle de la peau d'un serpent, d'un vert brun, mêlé de quelques taches vert pâle et de veines jaunes. Il est très dur et assez rare. Sa carrière exploitée après la première guerre mondiale est située au petit Ger, côté ouest, tout près de la route d'Argelès. Il en reste l’immense falaise de 60 m de haut et de 800 m de long, derrière  les immeubles HLM de l’Ophite. Cette roche de peu d’importance décorative était concassée pour réaliser les ballasts des voies ferrées qui avaient souffert pendant la guerre. Les particules servaient à la fabrication d’agglomérés sur place.

La compsition (texte de )
L'ophite est composée d'augite diallage englobant poécilitiquement des baguettes allongées de plagioclases (oligoclases à labrador). Ces minéraux sont accompagnés de sphène, ilménite , biotise et magnétite. L'altération de la roche conduit à la formation d'ouralite, de serpentine et d'épidote. Les plagoclases sont exposés à la "saussuritisation" et à l'albitisation.

Minéralogie (texte de )
Il seblerait qu'un système de fissures minéralisées soit apparu dans le massif d'ophite au cours de son altération ultérieure notammant à cause du phénomnè de saussuritisation.
Ce système de fissures évoque le type de fentes alpines ou fentes à cristaux avec présence de quartz fréquent inhabituel pour une roche dite basique ainsi que du chlorite.
Au cours de l'exploitation et jusqu'àprès sa fermeture, de nombreuses minéralisations ont été réxcoltées par les collectionneurs locaux avec différents minéraux.

Liste des différents minéraux :
- Epidote : très fréquente, souvent en gerbes de cristaux inclus dans la calcite, parfois en évental libres dans les géodes et fréquemment associés au quartz
- Quartz : en cristaux allongés de type alpin, parfois de taille décimétriques ou en larges druses de cristaux.
- Hématite : souvent altérée en enduits rougeâtres recouvrant les autres minéraux et parfois en lames brillantes.
- Pyrite : en cristaux brillants dans la calcite ou le quartz et parfis en masse importantes.
- Chlorite : en recouvrement des terminations de quartz.
- Calcite : en remplissage de fentes et recouvre souvent l'épidote.
- Préhnite : rarement en éventail de cristaux (2cm pour les plus grands).

 Calcite Ophite 1
Calcite                                                                      Ophite



Veines de quartz dans de lophite   Epidote
Filon de calcite dans ophite massive                                             Epidote en cristaux dans la calcite


               Epidote ophite
                              Epidote en filonnet en place

Ophite 2
Devant avec sa tour, la cité de l'Ophite



Ophite 3 1
Carrière Blavet. Photo J. Omnès

Ophite 8 1                                                                         La carrière Blavet

Historique :  (textes tirés de documents Mézaille).

Le 24 octobre 1916, M. Blavet de Dax, expoitant la carrière de Gaujacq-Amou (Landes) demande d'exploiter une carrière au Nord de l'Ophite, sur la zone où s'est trouvé un temps, le siège de l'Edf et ou a été édifiée la  résidence Chanteclair. En 1922, la carrière au summum de son exploitation extrait 16 796 m3 de pierre (40 000 tonnes). En 1933, elle prend le nom de Société des Grandes Carrières de Lourdes. En 1955, la Mairie informe M. Blavet qu'elle désire construire un logement collectif à usage d'habitation devant la carrière. Ce sera Chantecler. En avril 1964, M. Blavet obtient la résiliation du bail avant terme et remet le terrain à la ville. Cette carrière gardera la nom de cariière Blavet

En mai 1919 M. Cazaux-Debat avait sollicité auprès de la mairie l’exploitation d’une carrière de pierre ophite au pied du petit Ger (Jer), à droite de la carrière Blavet quand on regarde les anciennes exploitations.  La parcelle convoitée était bordée au sud, par les carrières Camps et Bordedebat.et à l’ouest, par les propriétés Vilon et Barrère. Un contrat de concession  a été signé en juillet 1920, entre MM Pierre Cazaux-Debat, Delphin Camps, Alphonse Clos et la mairie de Lourdes. Une société anonyme sera créée sous le nom de L’Ophite des Pyrénées, avec siège à Pau. Les administrateurs seront Edmond Rigaud, Edmond Daniel et Sébastien Pourxet. Après plusieurs problèmes de bornage réglés, l’électricité sera distribuée en 1933. La majorité des ouvriers viendront d’Espagne, 95 sur 110 en 1928. Des baraques pour les loger seront construites sur place dès 1920, puis en 1928-1930. Vers 1950, la demande de ballast par la SNCF ayant beaucoup baissé l’exploitation deviendra moins rentable. La carrière cessera son activité fin septembre 1958. Quelques ouvriers resteront sur place pour procéder au démantèlement et au nettoyage du site où la municipalité avait décidé d’installer une cité de logements sociaux.

Le fonctionnement de la carrière Celui-ci est bien décrit dans le petit ouvrage de Monique Alonso Il était une fois les Carrières…, édition Livres en Bigorre. : « À huit heures du matin la sirène annonçait le commencement du travail. Ce sont les mineurs qui commençaient toute la chaîne de processus d’extraction et de broyage de la pierre. Leur travail était très dangereux et ils employaient des cordes pour se hisser jusqu’à leur poste de travail sur la paroi de la montagne et pour se déplacer par cette dernière, été comme hiver. Ils foraient  à l’aide de leurs marteaux piqueurs des trous de 3 à 4 mètres. En bas, sur le tas il y avait d’autres mineurs dont le travail n’était pas aussi dangereux et qui minaient les blocs qui étaient trop gros pour le concasseur. Le chef mineur s‘appelait Isidore. Il chargeait les volées, c’est-à-dire qu’il remplissait les trous de dynamite et plaçait un détonateur dans chaque trou. Les pétards étaient préparés dans une petite baraque qui servait aussi d’abri. Les mèches des pétards étaient allumées avant la volée et les deux mineurs chargés de ce travail devaient vite partir se mettre à l’abri. Quand tout était prêt, Isidore enclenchait le courant d’une ligne très rudimentaire et le coup de mine partait. Un grand nuage de poussière ne laissait plus rien voir et le bruit ne lassait rien entendre d’autre. Quand le silence revenait Isidore sonnait la fin du tir. […] Cette opération se faisait le matin et l’après-midi, à la reprise du travail, dès 13 h 30. Puis, la pelle mécanique sur chenilles, entourée de manœuvres qui dégageaient son accès pour arriver au tas, chargeait les wagonnets tirés par une locomotive amenant les blocs au concasseur qui travaillait toute la journée dans un bruit assourdissant. Cette pierre était transportée par tapis roulants à d’autres concasseurs plus petits, puis à tout un système de cribles que l’on appelait trommels. Les agrégats étaient bien répartis dans les trémies de différentes tailles d’où sortaient le gravier, les agrégats, le ballast etc…qui servaient à la construction de routes ou de voies ferrées. Matin et soir deux ouvriers descendaient dans chacune des trémies pour nettoyer le fond et ils en ressortaient tout blanc. À l’époque, ils ne portaient aucun masque, ni protection… »
Ce texte est également mis dans le dossier patrimoine industriel.



                                                         Sur la VALLEE DE BATSURGUERE

L'Arboucau : avant d'arriver au village d'Omex, sur la gauche en venant de Lourdes. Carrière de pierre de Lourdes. C'est, avec le schiste aptien, la pierre la plus commune et la plus fréquente du bassin de Lourdes souvent appelée pierre de Lourdes. D’un gris tournant parfois au noir veiné de blanc, cette pierre est facile à travailler et constituait le principal de la pierre à chaux. Nombreux étaient les sites d’extraction dans la ville elle-même et dans ses proches alentours. Ce site de l'Arboucau  conserve encore son palan de béton. 

marbre noir    Carrière Arboucau
   Pierre de Lourdes                                       Carrière de l'Arboucau (Omex) Photo J.Omnès

Carrière de lArboucau  arboucau 1
Carrière de l'Arboucau, palan. A droite, après l'aménagement des abords et réalisation d'un parking. Photo J. Omnès


Alors que la salle des marbres du Musée pyrénéen de Lourdes est fermée depuis des années et qu'il est nécessaire de monter au donjon jusqu'au sommet pour voir quelques morceaux, à Bagnères en 2015, dans le cadre d'une réorganisation du musée du marbre, un projet de guide numérique dont l'objectif est de créer une application mobile géolocalisée pour la valorisation de ce patrimoine est en cours. Il s'agit d'une recherche de doctorat sur la valorisation du patrimoine minéral et marbrier des Pyrénées menée par Valentine Châtelet. Musée du marbre de Bagnères : 05 62 91 07 26


Aspin

Aspin carrière 3 Aspin carrière1

Carrière ancienne à Aspin près des ruines de la chapelle Saint-Georges. Le long de l'ancien chemin d'Aspin à Lourdes, sur le monticule, à droite, après le petit pont. A droite, bloc brut . Photos J. Omnès
Il s'agit de la carrière de marbre noir veiné de spath mentionnée dans le guide Joanne de 1858 et appelé marbre d'Aspin.

Aspin chemin
Chemin des carrières


Carrière Béout
Carte d'Emmanuel Custodero. D'après lui, il yaurait deux autres sites d'extraction, le 07 a et le 07 b. Le site du marbre mentionné ci- dessus, mais non répertorié sur le plan, se trouve au sud ouest de la côté 439 (mont Saint-Georges) sur le chemin qui donne accès au petit mont.

Pour le site 7a prendre le chemin GR (piste mauve) au carrefour 439, on longe en contrebas, le champ de la ferme de M. Blanc et on bifurque à gauche  par une piste non mentionnée sur la carte qui monte sur la carrière. Elle est noyée maintenant dans la végétation. Cette carrière de pierre dite de Lourdes à servi à la construction de la ferme.
Aspin entrée  
Aspin 1
Départ du chemin, bloc de la carrière à la ferme Blanc (marche d'entrée)
Aspin8 En montant le chemin, sur la droite


La petite carrière 7b se trouve à droite de la piste qui rejoint le GR (piste mauve). Sa présence se remarque par des déchets au bord du chemin. Son importance est assez réduite. Elle est recouvette de végétation.

Aspin 6 Carrière 7b à droite du chemin.

Cheust 
Da
ns le compte rendu de l'Académie  des H-P de 1859, d'après l'instituteur M. Hourcade, Cheust possèderait des carrières de marbre blanc abandonnées. Nous n'avons  rien trouvé sur place (février 2015). Mais le géologue Jean Knobel nous annonce un affleurement à 150 m au nord de l'église en descendant vers le ruisseau.

Agos-(Vidalos)
Carrière de marbre à Agos mentionnée dans le  bulletin de l'Académie des H-P  de 1858, selon l'information de l'instituteur Beauxis. Nous venons de redécouvrir grâce à l'aide d'Hubert Mathieu, ancien maire, cette carrière de marbre jaune cachée sous de nombreuses ronces, au fond à l'extrême droite du camping La Châtaigneraie. Il s'agit d'une petite exploitation.

Flanc de la carrière Geu

Ancienne carrière

Huber et Marie José  Agos   Geu morceaux 2
    Hubert Mathieu à l'oeuvre                                                                                              Bloc de marbre jaune poli

(Agos)- Vidalos
Carrière  à Vidalos de marbre blanc, de marbre gris et de schiste rose, à flanc de montagne du Pibeste, couverte d'arbres. Pour y accéder on longe un champ cultivé, à l'entrée du village sur la gauche en venant d'Ayzac-Ost ; et à mi-chemin, à droite de la montée raide, on trouve une vieille cabane de tôle à flanc de la carrière qui s'élève des deux côtés. Restent quelques câbles de fer au sol  semble t'il de l'ancienne exploitation. 

Vidaloos carrière Vidalos cables

Vidalos cabane Vidalos
Toit de la cabane, falaise de marbre. Photo J. Omnès

 Marbre blanc
    Bloc de marbre blanc, Photo J. Omnès  

NB : les deux blocs de marbre poli  par Lucie Voldoire ont été déposés à la mairie d'Agos-Vidalos en juin 2015    
                                                              



La pierre dite de Lourdes a été utilisée :
Colonne pont Napoléon    Pic du Jer entrée    
   Colonne du pont Napoléon, entrée du Pic du Jer. Photos J. Omnès                                                             
  • pour la construction des grands hôtels de Lourdes et de Cauterets (les plus anciens) avant l'utilisation de la pierre d'Angoulême.
  • De nombreuses tombes des vallées,
  • les deux colonnes à l'entrée du pic du Jer, ainsi que la gare,
  • les quatre ponts de Tarbes,
  • les casernes de Tarbes en 1828,
  • Les Sanctuaires et l’hôpital N-D des 7 douleurs de Lourdes 1887-1900
  • le parterre monolithe en forme d'amphithéâtre de la chapelle de Poueylaün d'Arrens, en 1890,
  • les pierres apparentes du Pont Napoléon à Saint-Sauveur et la colonne du souvenir, faite de 14 disques en 1859,
  • la façade du Palais de Justice de Tarbes,
  • les ponts de Bordères et d'Ossun, construits avec les pierres de la carrière de Ger Mayou.
  • Symposium 1972Cauterets, aigle en pierre dite de Lourdes. J-J Abdallah Symposium de la pierre 1972. Photo J. Omnès


                                                     Saint-Pé-de-Bigorre


La petite ville possédait depuis les temps les plus anciens, deux carrières, qui, durant des siècles, ont fourni la pierre dure locale. Ce sont :
 
La carrière de Castera

Située à 200 m de la place du village sur le chemin des Serres, la carrière a été exploitée de 1857 à 1936, par la Société Industrielle des Pyrénées à Bagnères-de-Bigorre. Elle produisait un marbre de qualité. Le monument aux morts, la fontaine et le bénitier de l’église proviennent de cette carrière, de même que certains châpiteaux  du cloître de l'abbaye. Aujourd’hui, elle connaît une seconde vie par la création d’un parcours d'escalade. Sur la droite du mur d'escalade, présence de grottes.

Castera Carrière de Castéra 2
Carrière de Castera, mur d'escalade. Photos J. Omnès                                            


La carrière de Peyras

Située environ à 2 km du village sur la route qui mène au Monastère de Bethléem. Le chemin d'accès se trouve en face de la porte principale du Monastère. La descente jusqu'au gave est assez pentue et glissante. Après avoir traversé un pont rustique, on remonte le ruisseau au milieu d'une végétation luxuriante, aux arbres couverts de lichens.
C'est à 200 mètres que se cache cette carrière. Le marbre est veiné de rose. Il fut exploité jusqu’en 1930 par la marbrerie  Fontan de Tarbes. Elle occupait une trentaine d’ouvriers et son marbre était très réputé. Les arcades  et les encadrements des portes et les chaînages de nombreuses  maisons de la petite ville en sont issus. Mais le plus étonnant est la présence de la marbrerie face à la carrière et  dont il ne reste que de superbes ruines, toutes en...blocs de marbre

 Carrière Peyras 1  Carrière de Perras 0
Marbrerie, ce qu il en reste.  Photos J.Omnès

Carrière Peyras 3 Carrière Peyras 2
Carrière de Peyras, le marbre est caché par la mousse et la végétation. Photos J. Omnès 

Il existe une troisième carrière, celle dite des Tourettes





                                                     C -  Les outils du carrier et du tailleur de pierre :

Le carrier emploie depuis des siècles des outils simples que sont :
Les coins : ils  sont de deux sortes. Ceux tranchants qui servent à pratiquer les entailles entre deux bancs de pierre. Les autres sont  obtus et plus gros pour entrer à grands coups de mail (marteau) dans ces entailles. Les marteaux utilisés, différents de forme, prennent le nom de mails, mailloches, pics et massettes. Après sont utilisées les  barres de fer. Elles pèsent de 25 à 35 Kg. Le carrier enfonce la barre de fer dans le vide créé par le coin: il pèse fortement sur l'extrémité de la barre, le bloc de pierre se sépare du filon. Pour l’extraction de blocs difficiles il est alors fait appel à la barre à mine. Avec celle-ci, le carrier perfore dans la pierre, un trou de un mètre de profondeur. Il y  introduit alors deux centimètres de poudre noire, puis la mèche jusqu'au fond avec une pince à embout de cuivre (pour éviter les étincelles), et rajoute dix centimètres de poudre. Pour obturer le trou, il tasse un coulis de plâtre ou de l'ardoise en poudre. L'allumage de la mèche provoque l'explosion et la projection du bloc, alors détaché du filon.
Le tailleur de pierre, dont l’un des derniers se trouve à Arras-en-Lavedan utilise les instruments suivants :
Le marteau, pour faire sauter les éclats de pierre, pour creuser des sillons. Ceux-ci ont des formes différentes. Leur masse en fer présente, soit un redent (double saillant), soit un côté étroit tranchant uni, l'autre côté étant denté, soit deux pointes pour la pierre dure. Les pinces longues ou courtes, lui servent de levier pour soulever les blocs. Elles ont une moitié de tige ronde, l'autre moitié carrée passe sous la pierre. Le fer de tire-terre ressemble à une pioche : il sert à dégager les terres qui cachent et entourent le filon à exploiter. Au final, pour façonner la pierre, il utilise des ciseaux et un maillet,  ainsi que diverses bouchardes pour les moulures fines et le travail de précision.
Pour lever les blocs pesants, le tailleur actionne un cric qui  permet de glisser des rouleaux de fer sous le bloc que l'on peut déplacer par simple poussée quand il pèse peu. Pour déplacer un bloc trop lourd, il s’aide de treuils à chaînes et de palans qui démultiplient la force du manipulateur.                                                                 
                                                                                                           
Le tailleur de pierre et son oeuvre     Chemin de la pierre
                         J-J Abdallah                                                             Sculpture chemin de la pierre à Arras. Photo J.Omnès

Sur la première photo, le tailleur de pierre, son treuil et son oeuvre. J-J Abdallah à Arras-en -Lavedan. En arrière-plan les blocs de pierre et de marbre. Arras-en-Lavedan pour honorer son passé  voué au marbre, a créé le chemin de la pierre avec une série de sculptures sur marbre ,ou pierre échelonnées le long de chemins.
La Ville de Lourdes a connu un célèbre sculpteur : François Vilon. Le dernier actuellement en activité se trouve à Arras-en-Lavedan, il s‘agit de Jean-Jacques Abdallah. (Voir dossier patrimoine artistique).
Ces carrières lourdaises étaient soumises au paiement d’un affermage, payable au début par tête d’employés sur le chantier, puis en 1863 au m3 extrait. En 1872, les pierres extraites pour la commune furent exonérées de charge. En 1875, fut instaurée une redevance pour les pierres étrangères. C’est dans ce contexte de contrôle qui se faisait à l’Octroi de la ville, qu’est née la fameuse controverse de 1887-1889, entre l’Octroi et les Sanctuaires. Ces derniers n’auraient payé, par différentes manipulations, qu’une partie infime des droits d’extraction. Malgré les conclusions du rapport Lacaze de la commission d’enquête faisant état d’une perte par la commune de 12 000 francs, le maire Lacadé ne voulant pas  de conflit avec les bons pères des Sanctuaires, alors tout puissants, fit rejeter le rapport par le conseil municipal, par 15 voix contre 3.

                                                                                      Les cessations d’exploitation

De nos jours, plus aucune de ces carrières n’est exploitée.

Lentement, les sites ont été fermés les uns après les autres. Et ce, pour divers motifs. Les premiers étant l’épuisement du filon et l’insolvabilité des exploitants. On peut y ajouter ponctuellement la pression urbanistique comme à l’Ophite ou à Blavet en 1950.

Des motifs secondaires sont venus s’ajouter, tels que les conséquences des intempéries provoquant inondations et éboulements bloquant les voies d’accès et parfois les demandes des Eaux et forêts refusant toute exploitation dangereuse ou mal entretenue.

Il faut dire que la cherté de la pierre par rapport aux parpaings, plus légers et moins chers, a définitivement condamné les carrières lourdaises.

Maison sur anciennes carrières    Fresque sur parois dune ancienne carrière  
Maison sur une ancienne carrière de Lourdes       Fresque sur la paroi d’une ancienne carrière à Lourdes. Photos J. Omnès

                                        Carrières en activité

L'une des rares carrières de pierre en activité se trouve sur le flanc est du Pibeste, le long  de la deux fois deux voies, près de l'ancienne gare du téléphérique du Pibeste.
La carrière de marbre du Hautacam peut reprendre du service d'un jour à l'autre.

Carrière Pibeste 2 Carrière du Pibeste juillet 2012. Photo J. Omnès.