www.patrimoines-lourdes-gavarnie.fr

4 - La flore et les arbres

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La flore pyrénéenne est un enchantement. Son isolement par rapport aux autres chaînes de montagnes d’Europe a permis à plus de 160 plantes et fleurs endémiques (propres à la région) de se développer.
En gros, on peut distinguer trois étages de végétation en fonction de l’altitude.


Chardon bleu Wikipédia        iris pyrenees jude lock     pavot      

 

- Jusqu'à 900 mètres,  étage collinéen, forêts de chênes.
- De 900 à 1 800 mètres, étage des estives ou étage montagnard, frais et humide. C’est là que poussent les forêts de hêtres et de sapins surtout sur les versants nord, et de pins sylvestres sur les versants sud. Y abondent la cardamine à feuilles larges et la valériane.

- De 1 800 à 2 400 mètres, étage subalpin avec les forêts de pins à crochets (endémiques), de bouleaux et de sorbiers. C’est là que nous rencontrons les rhododendrons, l’iris, le lis et le chardon bleu, le gispet.
- Et enfin, de 2 400 à 2 900 mètres, l’étage alpin. C’est le royaume des plantes robustes. Courtes et rases, mais de couleurs vives comme la saxifrage (d’Irat), le pavot parfumé et le silène sans tige. Elles se développent souvent près des saules nains.
E = endémique

 


                                                                                  Historique                          

Les botanistes pyrénéistes

Les Pyrénées centrales, et la Haute-Bigorre, ont fait l’objet d’une attention particulière par nombre de botanistes, dont Jean Prévost (1600 -1660), Gui Crescent Fagon (1638-1718), Louis -Guillaume Le Monnnier (1717-1799), Jacques–François de Borda d’Oro (17189-1804), et Pierre-Bernard Palassou (1745-1830). Mais c’est surtout avec Philippe-Thérèse Picot de Lapeyrouse et sa Description de quelques plantes des Pyrénées, éditée en 1782, que la connaissance de la flore locale eut ses lettres de noblesse. Les planches furent gravées par un certain Jacques  Lavalée de Toulouse. Ce tome fut suivi en 1795, lorsque Lapeyrouse fut nommé inspecteur des mines de la République, par un superbe ouvrage, de nos jours fort rare : Figures de la flore des Pyrénées. Les aquarelles sont de Laferrerie et les gravures de F. Duruisseau.

les botanistes -La Peyrouse 001Picot de Lapeyrouse. Musée des Augustins, Toulouse

Picot de Lapeyrouse fut suivit par nombre de botanistes dont l’un des plus connu est Ramond de Carbonnières (1) et sa célèbre Ramonda, venu se réfugier dans les Pyrénées lors de la Terreur révolutionnaire. Puis suivirent :

Pierre-Joseph Redouté (1759-1840), surnommé le Raphaël des fleurs. C’est lui qui peignit pour de Lapeyrouse la planche des saxifrages pour le catalogue de 1795. Il édita entre 1802 et 1816, huit tomes de 486 planches illustrées  sur Les Liliacées, dont les tomes de 1 à 4 concernent les Hautes-Pyrénées.

Claude-Mathieu Fessart  (1740-1803), collaborateur de l’Encyclopédie à qui l’on doit l’illustration de Plantes des Alpes et des Pyrénées  d’un mystérieux MV, un noble pourchassé par les Révolutionnaires.

Augustin Pyramus de Candolle, auteur d’Icones plantarum Galliae rariorum, édité en 1808 ;

Jean-Charles-Marie Grenier (1808-1875) avec son ami Henri Bordère, instituteur botaniste de Gèdre. Il découvrit dans les cirques de Gavarnie et d’Estaubé, une Dioscorea appelée par la suite Dioscorea pyrenaica.

Alfred Sain-Yves (1855-1933), militaire à Tarbes, étudia spécialement le genre Festuca dont la Festuca (Fétuque-graminée) ochroleuca, endémique de la vallée des Gaves, entre Lourdes et Luz-Saint-Sauveur.

Louise Bissonnet (1879-1979)  herborisa à Héas et à Gavarnie avec nombre de botanistes, dont l’abbé Hippolyte Coste, l’abbé Joseph Soulié,  Charles Flahault directeur de l’institut botanique de Montpellier et Paul Klincksieck suivi de Léon Lhomme, éditeurs. Cette myriade d’érudits assista entre 1907 et 1911 à la préparation de la session extraordinaire de la Société botanique de France tenue à Gavarnie.

 Il en sortira de 1907 à 1912, Flores de France de H. Coste, dont le troisième volume est consacré à la flore pyrénéenne. Et en 1912, Nouvelle flore colorié de poche des Alpes et des Pyrénées avec 144 planches coloriées de Ch.  Flahault.

Le docteur Poucel (1878-1971), chirurgien à Marseille et passionné par les orchidées séjourna plusieurs fois à Gavarnie, d’où il réalisa nombre d’aquarelles d’androsaces de saxifrages, de gentianes de grassettes et de la Ramonda.

Le professeur Pierre Chouard (1903-1983) est connu entre autres, pour son étude génétique de la gentiane hybride cueillie dans la réserve naturelle du Néouvielle.

Jean Bouchard (1910-1997) éminent spécialiste des saxifrages du groupe des dactyloïdes des Alpes et des Pyrénées dont les travaux furent publiés dans le Bulletin de la Société botanique de France. La réalisation d’un saxifragum au Pic du Midi avait été évoquée ; le projet est resté sans suite. Il réalisa cependant pour le Bulletin : Observations sur la végétation du Pic du Midi de Bigorre, Hautes Pyrénées, un inventaire des quinze espèces de saxifrages du Pic, avec six hybrides.

Jean Vivant (1923-2010) un de nos plus grands naturalistes. Il étudia surtout la flore cryptogamique, les hybrides de saxifrages avec son ami Jean Bouchard et la flore phanérogamique (2). Il prospecta le Pic du Midi,  le massif de Cauterets, le chaînon Pibeste-Estibette et les forêts de Saint-Pé-de-Bigorre. Son herbier a été déposé au Conservatoire botanique national des Pyrénées et de Midi-Pyrénées.

Pierre Saule (1929- ) Botaniste illustrateur de la faune pyrénéenne, il collabora au Guide du naturaliste dans les Pyrénées occidentales de Claude Dendaletche. Puis, publia La Grande Flore illustrée des Pyrénées avec 374 planches, édition Milan. Il a été secondé par la suite, par sa fille Hélène, pour la réalisation de la Flore des Pyrénées et de leur piémont avec 520 planches.

(1) Voir patrimoine humain : les Pyrénéistes
(2) Qui a des organes de fructification apparents dans la fleur et se reproduit par des graines.

Une étude complète de ces botanistes avec de nombreuses planches d’illustration a été réalisée par Guy Dussaussois, dans le bulletin de la SESV de 2013. 

                                                                                            Quelques fleurs

Étage collinéen, jusqu'à 900 mètres

L’ail des ours ou  allium ursinum
est un ail sauvage de la famille des Liliacées et depuis peu des Alliacés, du genre allium. Il  est très proche au niveau odeur et saveur de l’ail cultivé. La première question que l’on se pose est de savoir s’il y a un lien entre ce végétal et l’animal, entre autres, emblème des Pyrénées ? Est-il friand de la bulbille ou des feuilles à la sortie de sa tanière pour se purifier ? Aucune constatation n’a été effectuée à ce jour. Il faut, semble-t-il, plutôt se pencher sur la superstition  des hommes qui voyaient dans le Môssu, son cousin lointain, une force mythique dont il pensait que la plante cueillie dans bois était susceptible de leur fournir ? Cueillir l’ail des ours a été dans nombre de population un rite, un acte initiatique au cours duquel l’homme pouvait  s’accaparer, s’approprier des forces régénératrices d e la nature. Dans cette démarche on retrouve l’idée d’une communion avec l’élément sauvage et naturel, réminiscence des cultes anciens, enfouis au fond de notre mémoire.

Cette plante pousse en colonie dans les endroits sombres et humides jusqu’à 1500 m. Elle est repérable de loin par son odeur piquante et pénétrante et par la nappe blanche que forme les fleurs des colonies.

Au-dessus de son bulbe enfoui dans la terre, une tige à section triangulaire rarement feuillées pouvant atteindre 30 cm  est entourées de 2 ou 3 feuilles de 3 à 5 cm de large et de 20 à 25 cm de haut lancéolées (1) et pétiolées (2). Celles-ci poussent de février à mars assumant la fonction chlorophyllienne. La tige supporte dès le printemps une inflorescence en ombrelle plus ou moins sphérique composées d’une trentaine de petites fleurs blanches à six tépales dites pétaloïdes (3) encadrant 6 étamines et son pistil. Le fruit se présente sous la forme d'une capsule contenant plusieurs graines.
   

 (1)  En forme de lance
 (2) Porté sur un pétiole (petit pied)
 (3) C’est-à-dire que les pétales et les sépales ne peuvent être distinguées

ail des ours 001  ail des ours


ail des ours
    Sur la colline du château de Geu, ail sauvage ou oignon aillé ? Photo J. Omnès

Les propriétés (en préparation)

Une recette :
http://www.aromatherapie-huiles-essentielles.com/ail-des-ours-recette-de-macerat/
 


L’asphodèle blanc ou asphodelus albus est une  plante vivace appartenant à la famille des  Liliacées. Comme la plupart des plantes de cette famille, elle pousse sur des sols calcaires ou argilo-calcaires, collines et moyennes montagnes en étage, au piémont de nos hauts sommets. Comme sur les pentes du Béout qu’il a tendance à colonise.
Le feuillage se présente sous la forme d'une rosette de feuilles radicales (1) d’un vert brillant, étroites et linéaires, à extrémité pointue. De cette rosette émerge une tige nue de fort diamètre, couronnée d’une grosse hampe florale plus ou moins ramifiée.
Les fleurs sont groupées en grappes autour de la hampe Elles sont composées par six tépales c’est à dire trois sépales et trois pétales de même forme et même couleur. Blanches, poussant vers le ciel, chaque pétale porte une strie centrale plus ou moins brune. Les six longues étamines, à filet blanc, portent des anthères (2) d’un brun orangé.
Les fruits tout ronds et rouge ressemblent à des petites cerises ou tomates naines. On peut trouver sur la même hampe fruits et fleurs. La racine, tubéreuse (3), est comestible.

Dans l’Antiquité, les asphodèles étaient  utilisés pour fleurir les tombes. Fleur des Enfers dans la mythologie grecque  elle a donné naissance à la légende du Pré de l'Asphodèle. L’au-delà grec était divisé en trois lieux: les Champs Elysées, le Pré de l'Asphodèle et le Tartare, où les âmes allaient en fonction de leurs bonnes ou mauvaises actions.
Les Grecs et les Romains le considéraient comme une plante magique : ils croyaient qu'il guérissait les morsures de serpent et les maladies de la femme.
Les Asphodèles ont bien des vertus médicinales : tous ont une action diurétique et certaines espèces, une action antiseptique...

(1) Qui naissent si près de la racine, qu'elles semblent en provenir.
(2) Partie supérieure renflée qui renferme les loges polliniques.
(3) Qui présente des tubercules.

Asphodèles 5
          Champ d'asphodèles blanc au soum d'Ech-Béout, Batsurguère. Photo J. Omnès               

asphodèle tige    Asphodèle fruit
                                 La tige, les fruits.Clichés site M-H Valentin



 Les liens culturels. L’asphodèle a inspiré nombre de nos poètes dont:

Victor Hugo dans Booz endormi
Booz ne savait point qu'une femme était là,
Et Ruth ne savait point ce que Dieu voulait d'elle.
Un frais parfum sortait des touffes d'asphodèle,
Les souffles de la nuit flottaient sur Galgala.

Verlaine dans Les Amies :
Et toutes deux, avec des langueurs d'asphodèles,
Tandis qu'au ciel montait la lune molle et ronde,
Savouraient à longs traits l'émotion profonde
Du soir et le bonheur triste des cœurs fidèles.

Rappelons-nous que Marie Laforêt avait chanté  en 1969 Les bouquets d'asphodèles.

 

asphodele 1     asphodele fleur 3
Fleurs asphodèle. Cliché M-H Valentin

Asphodèle   Asphodele 2
Asphodèle du col d'Ech (au dessus d'Omex). Photos J. Omnès

La digitale

Toutes les parties de la digitale sont toxiques. Digitale provient du latin digitus qui signifie « doigt » car on peut enfoncer son doigt dans la fleur.  C'est une plante extrêmement toxique dont on extrait la digitaline ou digitoxine, utilisée comme tonicardiaque. Ces substances sont des glycosides cardiotoniques utilisés dans le traitement de la tachycardie et de l'arythmie cardiaque.

Digitale Photo J. Omnès


L'hellebore ou ,
rencontrées souvent dans les sous-bois


hellebore
Photo J. Omnès



Étage montagnard

La cardamine à larges feuilles :
(raphanifolia) est  aussi appelée cardamine à feuilles de radis .Elle se trouve près des sources et des ruisseaux d'eaux claires et fraîches à courant rapide. Elle est présente jusqu'à la base de l'étage alpin. Plante vivace et glabre,  ses feuilles alternes, sont peu nombreuses mais très grandes. Elles sont imparipennées (1), et portent de 3 à 9 grandes folioles opposées, ovales à lancéolées, à limbe denté. Les folioles (2) sont parfois si rapprochées qu'on a l'impression que la feuille est palmée.Les fleurs mauves, parfois blanches à étamines jaunes possèdent quatre pétales et six étamines Elles s'épanouissent d'avril à début juillet. 
(1) feuilles pennées à folioles impaires.
(2) Chacune des petites feuilles qui forment une feuille composée. Exp les trois  folioles du trèfle.

cardamine raphanifolia2       cardamine
                                                         
Clichés eric.dronet.fr et jean tosti



La drosera ou rossolis à feuilles rondes (drosera rotundifolia). C’est une petite plante carnivore d’environ 5 cm. Elle pousse en milieux humides sur les sphaignes (mousses) des tourbières acides, entre 600 m et 2000 m. Ses feuilles arrondies de couleur rougeâtre, placées en raquette autour de la tige sont hérissées de poils à tête ronde, visqueux à leur extrémité. Poils qui se referment sur l’insecte prisonnier, tels des tentacules Ces insectes apportent des éléments nutritionnels complémentaires. Ses petites fleurs blanchâtres se réunissent en grappe au bout de leur tige naissant verticalement du centre de la rosette. La floraison a lieu de juin à septembre. Cette plante rare est protégée. On en trouve à la tourbière du lac de Lourdes et celle du col d'Ech.
C’est également une plante médicinale : les feuilles fraîches ont des propriétés antitussives. Elles sont très utilisées en homéopathie contre la coqueluche et l'asthme. Elles sont irritantes à haute dose. Dessin de Gaétan de Chatenet.

drasera 001  Lac Drosera

                                                                                                               Tourbière du lac de Lourdes



 La grassette à feuilles allongées (Pinguicula longifolia) : plante vivace de la famille des Lentibularoiaceae. C’est une plante des montagnes pyrénéennes qui poussent sur des rochers calcaires  ombragés et humides sur les murs calcaires. Elle a la particularité d’être carnivore. Ses  proies se collent sur ses longues feuilles radicales (prenant naissance aux racines), brillantes, gluantes des deux côtés, et allongées sur le sol. Au bout d’une longue tige, une petite fleur de couleur  violette.
Le Pinguicula  produit un bactéricide puissant, qui empêche les insectes capturés de pourrir, alors que la digestion se produit. Cette propriété de bactéricide sert à la guérison des plaies du bétail.

 

P longifolia aniscloLR  Grassette à feuilles allongées. Cliché J.F. Fougère



La linaigrette à feuilles étroites (Eriophorum angustifolium). Cette plante de la famille des Cypéracées pousse à tous les étages. Elle s’est particulièrement adaptée aux zones marécageuses et aux tourbières. Ses feuilles longues et étroites en gouttière, entourent de de fines et lisses pédoncules au bout desquelles se balancent au grès du vent, des touffes cotonneuses d’un blanc immaculé. Ces épillets duveteux sont rassemblés par groupes de trois à cinq. La floraison a lieu d’avril à juillet.

linaigrette vache   Linaigrette 001
 Clichés partance.org et Wikipédia



L'ossifrage des tourbières ou Narthétie des marais, au nom latin Narthétium ossifragum.
Visible dans les tourbières de Lourdes et du col d'Ech

Ossifage tourbières
Ici en fleur

 Le marisque (Caldium mariscus)
avec ses feuilles coupantes peut atteindre deux mètres et forme de vastes bouquets dans les périphérie des tourbières ou les zones gorgées d'eau.















Le Raisin d’Ours ou Arctostaphyllos uva-ursi
de la famille des Ericacée

Cet arbrisseau tapisse d’une façon rampante, sous forme de landes compactes de 600 m à 2400 m, les lieux ensoleillés ou soulanes. Et ce, sur terrain de préférence calcaire, dans les clairières, landes, éboulis et rochers, parfois dans les sous-bois de pins.
Ses feuilles persistantes obovales (1) sont coriaces (2). Elles sont utilisées dans certains pays comme herbe à fumer Les Amérindiens s’en servaient comme médicaments pour traiter des maladies des voies urinaires et les colons américains contre les néphrites.
Des fleurs en grelot blanc et rosé s’épanouissant au printemps. Elles ont très mellifères.
 À maturité, les rameaux portent de petites baies rouges comestibles, à la consistance farineuse et à la saveur âpre. En revanche, la plante avec ses boules rouges est très décorative. Etonnamment, l’auteur de la plaquette éditée par le parc, ignore si les ours se nourrissent de ces baies. Il précise que le nom a été donné du fait que le territoire de l’ours est souvent proche de cette espèce de plante. Wikipédia est plus affirmatif et considère que les ours apprécient ces baies. Dans certaines régions on les utilise pour faire de la confiture

(1) Partie supérieure plus large que la partie inférieure
(2) À l’épaisseur et la consistance du cuir.


Raisin dours Planche Wikipédia




Les sphaignes.
Ce sont des mousses qui agissent comme de véritables éponges, elles sont capables de stocker jusqu'à 30 fois leur propre poids en eau de pluie et maintiennent en permanence le milieu humide. En libérant des composés acides qui bloquent l'activité des micro-organismes, décomposeurs des végétaux morts, elles jouent un rôle clé dans la formationde la tourbe.On en trouve dans la tourbière du lac glaciaire de Lourdes.

Lac sphaigne 2
Photo J. Omnès, lac de Lourdes

L
a valériane des Pyrénées (valeriana pyrenaica)
de la famille des Valérianacées est une grande plante vivace pouvant dépasser un mètre de hauteur, à souche épaisse et tige robuste, sillonnée, creuse, cannelée et velue aux nœuds. Nous la rencontrons, souvent en colonies aux bords des chemins, des bois et dans les prairies humides et ombragées entre 900 et 2400 mètres d'altitude de juin à août. Ses feuilles radicales ovales, en forme de cœur à la base, dentées brillantes sont longuement pétiolées (1). Elles sont juxtaposées. Ses fleurs roses de 2,5 à3 mm sont bisexuées à 5 lobes ovales, en larges corymbes (2) denses. Son fruit glabre, allongé, orné de côtes fines est surmonté d'une aigrette plumeuse. Plante sédative, elle est utilisée en médecine.
Elle est appelée aussi herbe-aux-chats, expression regroupant indistinctement les plantes dont la valériane qui provoquent un effet euphorisant ou excitant sur certains félins, principalement les chats. Wiki nous demande de distinguer l'herbe-aux- chats de l'herbe à chat vendue dans le commerce.

(1) Pourvu d'un pétiole, partie rétrécie qui unit le limbe à la feuille.
(2) Inflorescence dans laquelle les pédicelles d’inégales longueurs s’élèvent en divergeant de sorte que les fleurs se trouvent sur un même plan.


valeriane des pyrenees 1
Valériane des Pyrénées. Cliché jpdugene.com 

 

 

Étage subalpin, de 1800 à 2400 mètres

L’aconit napel (aconitum napellus) 
La plante s’appelle selon les lieux : casque-de-Jupiter, capuche de moine, gueule de loup, pistolet, sabot du pape, tue-loup bleu…
De la famille des renonculacées, la plante pousse jusqu’à 2800 m, près des cabanes de bergers aux bords de sentiers rudéralisés (formés de décombres), des berges humides des torrents et des reposoirs à bestiaux. Visible de loin, grâce à sa haute tige entre 0, 50 m et 1,50 m, elle possède des feuilles étroites d’un vert sombre profondément découpées.
Ses fleurs bleues ou violettes en forme de casque sont agglutinées en longues grappes dressées. C’est une plante très toxique dans sa totalité, pouvant facilement entraîner la mort.
Il existe trois autres espèces d'aconit dans les Pyrénées, dont deux possèdent des fleurs de couleur jaune également toxiques.
En Lavedan, on la trouve en quantité au cirque de Troumouse et au-dessus d'Aucun, au col des Braoucounès.
Elle a toujours été considérée comme une plante à pouvoir magique. Les loups garous, les vampires, les mauvais esprits et la peste la craignaient. Bien que toxique, elle était conseillée par les rebouteux-sorciers pour éloigner les maléfices des loups garous. .


Pied dalouette 3    Pied dallouette 2  .
                      
   Aconit napel. Plateau de Troumouse. Photos J. Omnès


L’ancolie des Pyrénées ou Aquilegia pyrenaica
de la faille des Renonculacées est une plante endémique des Pyrénées et de la Cantabrique. Elle pousse entre 1600 et 2600 m sur des sols calcaires, des rochers ou éboulis, sur des pâturages rocailleux. On en rencontre de plus en plus en plus basse altitude, vers Ousté, Gazost, Vizos, Aspin...
De 10 à 35 cm sa tige supporte de fines et petites feuilles découpées réunies à leur base.
Les fleurs plus grandes de couleur bleue se développent de une à trois comme au bout de leur tige comme sur les photos jointes. Elles sont caractérisées par des éperons grêles, dressés un peu arqués avec des pétales dépassant les étamines.
Elle mériterait une protection.
Pour certains le nom scientifique, Aquilegia, vient probablement du terme latin aquila (aigle), car la base de la fleur ressemble aux serres de cet oiseau ; d’autres, préfèrent en voir l'origine dans aquilegium (récipient d'eau), du fait que les feuilles de la plante retiennent une goutte d'eau en leur centre. C'est probablement la forme bizarre de ses fleurs, aux clochettes renversées surmontées de longs éperons légèrement recourbées qui vaut à l'Ancolie le curieux privilège d'être devenue l'emblème de la folie. Elle fut d'ailleurs, pendant très longtemps, celui des fous du roi. Les feuilles trilobées rappelle la Sainte Trinité  et sa fleur au cinq pétales représentent  cinq colombes, d’où le nom anglais de colombine. Elle est très présente dans les jardins de la Vierge, dans de nombreuses peintures des XVe-XVIe siècles.  Son nom de l’époque était Gant de la Vierge. Ses fruits diurétiques et dépuratifs étaient portés en amulettes au Moyen-Âge.
Shakespeare, versé dans le langage des fleurs, a placé l'Ancolie dans le bouquet d'amoureuse délaissé d'Ophélie, lorsqu'elle est gagnée par la folie.


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Ancolie à la cité Saint-Pierre de Lourdes, photo J. Omnès

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Près de la Grange aux Marmottes à Vizos, à la cité Saint Pierre-Lourdes 

E
Le chardon bleu (Eryngium bourgatii) : plante endémique qui pousse sur les terrains secs et pierreux. Sa fleur de belle couleur bleue violacée, entourée de grandes folioles d’un vert bleu en fait une plante de décoration par excellence. Très appréciée pour les bouquets séchés. Bien qu’il ne soit pas officiellement protégé comme son cousin des Alpes, il mériterait une protection, car ses feuilles épineuses ne dissuadent en rien ses amateurs.

Chardon bleu Wikipédia
Chardon bleu. Cliché Wikipédia


L’edelweiss (Leontopodium alpinum) : ou immortelle des neiges.
Ses autres noms usuels sont pied-de-lion et étoile d’argent. C’était la plante emblématique des Pyrénées. Son image servit un temps, avant la tête d’isard, à délimiter le Parc National. Originaire des Alpes (d’où son nom allemand), c’est une plante de haute montagne (au-dessus de 1 700 m), dont le duvet blanc et laineux des feuilles disposées en couronne la protège du froid et lui donne l’aspect d’une fleur. Pour les botanistes, elle fait partie des composées. Elle pousse sur les sols calcaires et les crêtes rocheuses. Très recherchée du fait de sa facile conservation entre les pages des livres (c’est un marque-page idéal), c’est, dit-on, aussi un porte-bonheur du fait que l’on risque sa vie pour aller la chercher sur les hauteurs escarpées. Elle est actuellement protégée.

edelweiss               edelweiss        
                    
L'édelweiss                                                     Cliché Guy Trouselle                                                                               

 



La gentiane
Nous avons répertorié sixe types de gentianes : la gentiane de Koch (gentiana kochiabna), celle des Alpes (gentiana alpina), celle des Pyrénées (gentiana pyreneica) la printanière (gentiana verna), la jaune (gentiana tutea) et la gentiane de Burser (gentiana burseri).

La gentiane printanière ou gentiana verna est une plante vivace qui pousse en touffe gazonnante dès la fonte des neiges, dans les praires et les pâturages humides à sol calcaire ou siliceux. Et ce, à partir de 300 mètres jusqu'à 2500 mètres. Ses fleurs bleues de petites tailles de 2 à 5 cm, possèdent cinq pétales allongées d'un bleu tendre reliés par un pistil ou une étamine d'un blanc immaculé. Elles attirent les papillons et les abeilles (surtout les bourdons).
La tige courte comporte jusqu'à trois paires opposées de feuilles lancéolées (1) d’un vert vif.
C'est l'une des gentianes les plus répandues, mais sa rareté dans certains pays européens a entraîné sa protection comme espèce menacée.
Elle est le symbole des chasseurs alpins 
Des superstitions lui sont associées  : comme cueillir une Gentiane, pour la mettre dans une maison, porterait malchance, car l'individu risquerait d'être frappé par la foudre.
(1) En forme de fer de lance

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              Gentiane printanière. Cliché Cécile Lemoine

 

La gentiana acaule ou de Koch (gentiana kochiana). La gentiane acaule ou de Koch (gentiana kochiana) de la famille des Gentianacées.
C’est une plante herbacée vivace de la famille des Gentianacées. Elle pousse dans les sols siliceux entre 1000 et  3000 mètres. Afin de présenter le moins possible de surface à l’air glacé, la tige supportant la fleur est très courte, pratiquement nulle (acaule). Sa racine contient des glucides nécessaires à son développement.
Les feuilles longues et fines se transforment en altitude en feuilles courtes et arrondies, mais nous avons alors affaire à des gentianes alpines que l’on confond souvent avec celles de Koch.
La gentiane est représentée à ce jour par 362 espèces et les confusions sont nombreuses. Wikipédia distingue même la gentiane acaule de celle de Koch. Ce qui est sûr c’est que chaque espèce venant probablement d’une souche commune est vicariante c’est-à-dire qu’elle rejette tourte autre espèce. Dans un secteur où se trouve une espèce, l’autre disparaît.
Les fleurs, grandes et d’un bleu foncé dus aux ultraviolets du soleil à la forme de clochettes sont parfois tachées de vert olive à la gorge. Elles se développent de juin à septembre.
Son nom est dû au roi d’Illyrie, Gentius, vers 150 avant notre ère qui fut le premier à l’utiliser à des fins médicinale pour lutter contre la peste. Elle est le symbole de l’injustice.


Gentiane8636 527624750607822 388601496 n       Gentiane acaule 1        
            
Gentiane de Koch.                            Dessin de Gaétan de Chatenet  pour la plaquette du PN.



La gentiane jaune  ou gentiana lutae

La gentiane jaune ou grande gentiane (gentiana lutae) de la famille des gentianacées est aussi appelée gentiane officinale, du fait de son utilisation dans de nombreux usages médicaux ou aromatiques.
Cette fleur très visible de loin, vu la hauteur de sa tige, pousse dans les étages montagnards, dans les prairies non fauchées, les landes les pâturages en voie d’abandon.
  Elle est envahissante. Sa tige creuse peut atteindre 1, 50 m.
Les feuilles nervurées pétiolées (1) à la base et sessiles (2) embrassantes sur la tige sont opposées par deux.
Les fleurs jaunes nombreuses, groupées aux nœuds supérieurs sont pédonculées (3) à corolle étalée en étoile. Elles apparaissent après dix années environ de la naissance de la plante.
Cette gentiane est parfois confondue avec le vérâtre blanc dont les fleurs sont blanches et les feuilles alternées, alors que les fleurs de la gentiane sont jaunes et les feuilles opposées.
Dans les Pyrénées, elle s'hybride avec la gentiane de Burser (endémique) pour former la gentiane gentiane de Marcailhou. (Article à créer sur Wikipédia). En Lavedan on la rencontre entre autres, au- dessus d'Aucun, vers le col des Braoucounès.

(1) Pétiole : partie rétrécie de la feuille la unissant le limbe (partie large de la feuille) à la tige.
(2)  Sessile : attaché directement sur la tige sans pédoncule (queue).
(3)  Pédonculée : avec queue.

gentiane jaune DV      290px-Illustration Gentiana lutea0 clean                              

 

  Usages

La gentiane est l’une des trois premières plantes médicinales et aromatiques utilisées en France et ses applications sont nombreuses (pharmacie et médecine humaine et vétérinaire, boissons et spiritueux, cosmétique, fabrication d'arômes et d'extraits, gastronomie…).
Les apéritifs et alcools les plus connus à base de racines de gentiane sont nombreux, nous avons la gentiane Avèze, Couderc, Diège, La Fourche du diable, Salers, Suze, etc.), la bière de Fleurac, et le Picon, auxquels elles apportent leur amertume.
Il faut attendre sept à dix ans avant de pouvoir les récolter. La récolte est surtout réalisée dans le Massif central. À l'aide d'une fourche spéciale appelée « fourche du diable », on peut extraire près de 200 kg de racines par jour, de mai à octobre.
Entre 1 000 à 1 500 tonnes sont utilisées chaque année pour assurer les besoins de l'artisanat et l'industrie.
En pharmacopée, elle est un tonique  digestif, un antiseptique, un vermifuge, elle soulage la fatigue, les diarrhées.
Une association européenne, le Cercle européen d'étude des gentianacées, regroupe l'ensemble des professionnels et des particuliers autour de la filière gentiane en France. Il existe également une revue éditée par cette association.

180px-Photo Ambiance Salers 1433549 220px-Expo 1931 Suze Gentiane
 Photos Wikipédia. A droite, il ne s'agit pas d'une Gentiane bretonne, mais de celle servie chez Momo au bar des PTT à Lourdes

Gentiane la Salers
Cette liqueur a été créée par un certain Alfred Labounoux dans les années 1880. Il avait laissé macérer des racines de gentiane dans du vin blanc.

CROYANCES EN BATSURGUERE
Un texte de N. Rosapelly au sujet de la gentiane. "Du XVIe au XIXe siècle, on a cru qu’on ne pouvait arracher la gentiane « sans que l’air s’obscurcisse dépesses nuées d’où vient un terrible meslange de pluyes et de resle en plus grande ou moindre quantité, selon qu’on arrache plus ou moins cette herbe : les végétaux possèdent des qualités propres et participent à la puissance sacrée de la nature. »"




E
Le gispet (Festuca eskia)
est une espèce endémique de la haute montagne pyrénéenne siliceuse. De la famille des Poaceae, c’’est une graminée qui  forme de vastes pelouses fermées ou en gradins sur l’ensemble de la chaîne. Sa répartition mondiale se limite aux Pyrénées et aux Monts Cantabriques. 
Elle se développe en touffes denses formées de feuilles fines très piquantes dépassant rarement 50 centimètres. 
C’est Ramond de Carbonnières qui a nommé cette plante en reprenant le terme gascon « esquià », utilisé à l’époque par les bergers de la vallée de Barèges pour désigner cette graminée caractéristique de leur paysage.

C’est une plante vivace de 50 cm de haut, cespiteuse sociale. Sa floraison a lieu en juillet et aout. Sa souche courte, rameuse est fibreuse. Ses feuilles d'un vert brillant à glauque, sont enroulées à la manière des joncs,  épaisses (1 à 1,5 mm) et piquantes. Les feuilles basales sont très longues, souvent arquées, lisses et glabres.  Leur ligule est très longue (4 à 7 mm) et souvent fripée. Ses fleurs sont panachées de vert, de jaune et de violet et dressées en panicule dont la tige est fixée isolément ou par binôme. Les épillets (1) ont  8 à 10 mm de longueur et contiennent 5 à 8 fleurs. Les glumes (2) sont de tailles inégales et aiguës.

(1) Chacun des petits épis secondaires régulièrement groupés sur l’axe central d’un épi composé.
(2) Enveloppe des fleurs de graminées.


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Gispet. Cliché Henri Brisse-Wikipédia



L’iris des Pyrénées ( Iris latifolia) : 
C'est certainement la plus belle fleur de la flore locale. Elle se développe dans les prairies et sur les pelouses rocailleuses bien exposées. C’est une plante endémique pyrénéo-cantabrique. Sa grande fleur, d’un bleu vif ou violacé  pousse au sommet de hautes tiges entourées de longues feuilles étroites. Son épanouissement a lieu entre juillet et août. Espèce vivace, un bulbe solide se reconstitue durant l'été, grâce aux feuilles qui permettent la synthèse et l'accumulation de réserves.

iris pyrenees jude lock    Iris
                                                 
  Iris des Pyrérées. Cliché Jude Lock


Le lis des Pyrénées (Lilium pyrenaicum) : 
fleur remarquable  des Pyrénées qui croissent dans les clairières, les prairies humides et les landes Sa tige est pourvue de feuilles allongées sur toute sa hauteur, très rapprochées les unes des autres. À plus d’un mètre de haut, elle donne naissance à plusieurs grandes fleurs pendantes d'un jaune vif ponctuées de brun, à six pétales tachées de noir, d’où sortent de longues étamines rouges. Elle s'épanouit en juin. Elle mériterait d'être officiellement protégée.


lis Pyrenees  Lys
lis 2
Le lis des Pyrénées, rencontré aux mines de Palouma (Gazost)


E La pédiculaire des Pyrénées (
Pedicularis pyrenaica)
appartient à la famille des Scrophulariacées. On la rencontre dans les éboulis et les prairies rocailleuses entre 1500 et 2800 m. Sur des sols siliceux ou calcaires. C’est une petite plante vivace de 20cm au plus, aux tiges étalées, arrondies à la base, puis redressées, pourvues de 2 lignes de poils.
Les feuilles à limbe glabre, découpé en segments dentés sur 2 rangs de part et d'autre de l'axe, à pétiole velu, sont presque toutes disposées en rosette au collet de la plante.
Les fleurs de 15 à 25mm, sont d’un rose vif. Leurs têtes arrondies comptent environ 10 fleurs. Le calice à lobes entiers ou dentés comme les lobes des feuilles est peu velu. La lèvre supérieure de la corolle, courbée en casque, est prolongée en long bec étroit et tronqué au bout.
La floraison a lieu entre juin et août

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Pédiculaire des Pyrénées. Cliché gilbertjac.com
  

                                                                 
E La ramonde (Ramonda myconi) : du nom d’un célèbre Pyrénéiste Ramond de Carbonnières, elle vit sur les rochers calcaires. Ses fleurs bleues ou violettes à étamines jaune d’or, ont des feuilles larges et crénelées, velues sur la face supérieure qui est vert foncé. Cette caractéristique lui permet de lutter contre le froid et le dessèchement. Fleur d’origine tropicale, c’est une cousine de la violette du Cap.

La ramonda                  Ramonda 2 001
Ramonda myconi, dessin d'Edwards Sydenham, gravé sur cuivre par Francis Sansom et punblié par William Curtis dans son Botical magazine en 1794. Bibliothèque universitaire de Montpellier  Les fleurs paraissent un peu pale semble-t-il. Quant aux feuilles, elles sont en fait plus vertes. Pb de reproduction je pense.

La  rose de Lourdes (cas exceptionnel)

Rose Lourdes 3
Inauguration en 2015 de la rose de Lourdes sur le parvis de la mairie avec Madame le Maire et Georges Delbard

Rose Lourdes 2 2  Rose Lourdes 2 1
Fleur réalisé en 2015 par les ateliers de Delbard grâce à la tenacité d'une conseillère municipale, Annick Baléri. qui a su imposer son idée.
Après une vente en pots aux serres de la ville, on peut acheter la fleur avec ses racines prête à voyager directement à l'Office de tourisme de la ville.


De la grande famille des saxifrages (brise roche) 
seule,  celle à longues feuilles est endémique.

E La saxifrage à longues feuilles (Saxifraga longifolia)   Elle pousse dans les Pyrénées centrales dans les  failles de falaises calcaires, appelée en Espagne jusqu'au Leon, corona del rey (couronne du roi). Durant des années, elle possède une longue hampe formée de longues feuilles linéaires denses et légèrement élargies en spatule au sommet.  La rosette formée comme une couronne  peut atteindre 20 cm de diamètre pour 80 cm de longueur. À maturité cette plante développe 
une inflorescence pyramidale de grappes de petites fleurs blanches, jusqu'à 100 fleurs par hampe. Elles sont si lourdes qu'elles font plier leurs supports. La floraison a lieu une seule fois, de juin à août. Puis, la plante meurt, laissant échapper de nombreuses graines.
C’est une plante endémique, assez rare et heureusement difficile d'accès. Elle est également très toxique.



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Saxifrage à longues feuilles. Cliché Cécile Lemoine                                 Cliché pyrene-randos
 

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Cliché balades-pyrenees.com (Azemard)                               La hampe, vue de dessus.Wikipédia


saxifara longifolia 001Saxifraga longifolia de Picot de Lapeyrouse. Aquarelle de Larrieu, gravure de Duruisseau. Bibliothèque de Toulouse.



E La saxifrage d'Irat mis sur l'étage alpin

   Saxifrage
                        Saxigrage
 



 Étage alpin, à partir de 2400 mètres

La végétation devient courte et rase, les plantes s'abritent dans la moindre anfractuosité et optent pour le nanisme pour survivre. Mais les couleurs sont vives. 

La campanule  fluette ou naine (campanula pusilla).
Cette campanule pousse de préférence dans les éboulis en altitude, jusqu'à 3400 mètres.
Elle pousse en larges groupes. Elle se reconnaît à ses feuilles basales légèrement cordiformes(en forme de cœur) et dentées, les fleurs caulinaires (portés par la tige) sont lancéolées (en forme de fer de lance étroit et rétréci en pointe).


Campanile fluette
     
Campanule fluette. Cliché la flore des pyrenees

Le pavot parfumé (Papaver pyrenaicum)  :
au départ de l’étage alpin pousse le pavot parfumé ou pavot orange des Pyrénées. Il appartient à la famille des papavéracées et mesure de 5 à 20 cm. Au sommet de sa tige velue et rougeâtre pousse une fleur solitaire composée de 4 pétales de couleur orange. Cette fleur pousse sur des lieux rocheux, éboulis et moraines calcaires.


  pavot 
Le pavot parfumé, cliché J.-M. L


Pétrocalle des Pyrénées (petrocallis pyrenaica). Cette plante vivace, de la famille des Brassicaceae, pousse dans les éboulis et parfois les pâturages, de 1700 à 2900 m d’altitude, sous forme de coussinet gazonnant. Sa floraison a lieu de juin à août. Les feuilles en rosettes radicales denses sont coriaces, nervées et courtes. Palmées en coin, elles ont 3 à 5 lobes ciliés (couverts de poils) aux bords. Les tiges dressées sont simples et nues,avec les sépales égaux à la base portant de petites  fleurs à quatre pétales lilacés (couleur lilas).
On la rencontre également dans les Alpes  et dans les Carpates.


Pétrocalle

                     Pétrocalle. Cliché françois bres.free


E Saxifrage d’Irat ou saxifraga iritiana de la nombreuse famille des Saxifragacées
C’est une plante vivace naine (10 cm maxi) endémique des Pyrénées qui se développe jusqu’à 3300 mètres d’altitude sur des sols siliceux, éboulis et rochers. Elle forme avec ses petites feuilles persistantes (environ 10 mm) des rosettes sous forme de coussinets verts-sombres cylindriques et densément velus de poils glanduleux (surmontés d’une petite glande ou glandule). Leur limbe (partie large de la feuille) obovale (1) possède 3 à 5 divisions obtuses (2) qui se rétrécissent en un pétiole court à nervures peu marquées.
Ces plantes se couvrent de juin à août, de petites fleurs solitaires blanches sur de courtes panicules. Les cinq pétales larges et obovales, rapprochés et à nervures rouges sont deux fois plus longues que les sépales (3).

(1) Ovale dont la partie supérieure est plus large que la partie inférieure.
(2) Sommet arrondi non aigu.
(3) Un des éléments foliacés, généralement verts, dont la réunion compose le calice et supporte la corolle de la fleur.

Saxifrage dIrat 3    saxifrage d irat P Dugene 03 
Fleurs Cliché grande montagne.cool                               Cliché jpdugene.com au Vignemale 3200 m (2009)

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Cliché Paul Magni       

 


 

Le silène acaule (Silene acaulis) : petite fleur rose aux feuilles d’un vert vif, poussant en touffes sur des rochers ou des pâturages rocailleux. Il ressemble à de la mousse fleurie. C'est une plante très décorative avec ses nombreuses petites fleurs.

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Silène acaule. Cliché P. Lacour




                                                                      Les herbes lavedanaises

En plus de la flore abondante, la Haute-Bigorre est riche en herbes diverses dont les propriétés médicinales  et bienfaitrices ont disparues de la mémoire des hommes. Mais qui à la fin du XVIIIe siècle, elles leur servaient de pharmacopée. Ainsi, dans l’ouvrage de Robert Arnaut Les corneilles blanches, Pierre, le berger, l’un des protagonistes de l’histoire qui se passe en Val d’Azun, indique à son apprenti toutes les herbes utiles qui entourent son troupeau : «… Toutes les herbes que tu piétines, sans connaître leur nom : l’herbe de la Vierge, l’herbe des cailles, l’herbe de la gale, l’herbe de Notre-Dame, l’herbe de la Pentecôte, l’herbe du serpent, l’herbe contre les poux qu’on met dans la paillasse, l’herbe à éternuer, le Sceau de Salomon pour les cataplasmes,  la scolopendre pour le mal de la rate, l’herbe des yeux, l’herbe du poumon, l’herbe de tous les maux. Tu vois, tout s’ordonne et tout se mélange. » J’ignore si l’un des nombreux botanistes qui ont traversé notre région a laissé une étude scientifique sur cette nature bienfaitrice.





Vous pouvez admirer la plupart de ces fleurs, au jardin botanique sauvage de Noel Canivenq à Gavarnie

Jardin botanique

 

 



 Pour ceux qui sont intéressé par la flore de la vallée de Batsurguère, un excelent site celui du Marie-Hélène Valentin-Labrousse : http://florebatsurguere.canalblog.com/

 
   

                    
                       Quelques arbres remarquables (en préparation)
Certains sont répertoriés par la maison de la Nature et de l'Environnement65 -http://maisondela natute65.com/images/ArbreetPaysage65
Les arbres sont remarquables pour de nombreuses raisons. Les critères définis pour l'apprécier sont :
  • les dimensions (diamètre, hauteur)
  • l'âge
  • le port
  • la forme du tronc et des frondaisons
  • la rareté de l'essence
  • des curiosités botaniques
  • la situation vis-à-vis de l'environnement extérieur
  • l'existence de coutumes, légendes ou pratiques religieuses associées.

Le platane de Lourdes

Il est un patrimoine rarement évoqué, c’est celui de nos arbres remarquables. Il y a deux ans, la maison de la nature 65 avait procédé à un concours de recherche des plus beaux arbres du département. J’avais participé à celui-ci, en évoquant bien naturellement, le platane de l’école publique et le séquoia de sanctuaires de Lourdes. Les résultats avaient été présentés lors d’une journée patrimoniale à Bagnères-de Bigorre, sous l’égide du maire de l’époque.
Le platane de Lourdes
C’est l’énorme platane de la rue de Langelle qui se trouve sur le trottoir devant l’école publique. Il  a été classé en août 1937, parmi les sites et monuments naturels de caractère artistique, historique, scientifique, légendaire ou pittoresque.
Ses coordonnées sont imposantes : hauteur, dans les 40 mètres, sa circonférence est de 5, 60 m à 1, 40 de hauteur, et son diamètre de 1, 80 m. Il aurait dans les 200 ans. Symbole de la fécondité et de la régénération il peut vivre jusqu’à  1 000 ans. 
Ce platane a connu une histoire tourmentée jusqu’à son classement.

Historique
C'est en 1882, lors de la construction de l'école, que ce platane entre dans le domaine public. Il appartenait à un certain Mr Larrieu. Les riverains de la rue de Langelle n'apprécient guère ce voisinage qui fait de l'ombre, et demandent qu'il soit abattu ! Il ne sera qu'élagué en 1898. Mais, en 1922, une pétition circule, elle demande l'abattage pur et simple. Le désamour des Lourdais avec leur environnement naturel ne date pas d'aujourd'hui. Monsieur Seyrès, l'architecte de la ville à qui l'on doit de nombreuses mises au jour de sarcophages, prend sa défense et rédige une lettre qui précise que "c'est l'un des plus anciens arbres de Lourdes et le plus beau de l'arrondissement." Le conseil municipal se range derrière cet avis éclairé. Mais en 1927, le nouveau maire, Mr Latapie propose son abattage. Cette décision est combattue par un membre de la municipalité qui fait intervenir un ingénieur forestier. Malgré son rapport favorable, l'arbre suscite toujours autant d'animosité. Le maire se retranche derrière le nouvel avis de l'ancien l'ingénieur forestier devenu inspecteur des eaux et forêts. Un conseiller exige  la conservation de "ce vieux souvenir de nos ancêtres. L'arbre est vigoureux et par sa belle ramure, constitue, pour les amis du Beau, un souvenir que l'on aime à conserver." Et c'est une fois de plus, grâce à l'intervention de M. Le Bondidier, conservateur du château fort, le 21 novembre 1936, que la conservation du platane reçoit un avis favorable du conseil municipal. Aussi le 25 août 1937, il sera inscrit aux sites des monuments naturels. Mais est-il sauvé pour autant. "
Texte inspiré par les propos d'un ancien élève de l'école.



platane 1    Platane 4


Platane 3
Photos G. Trouselle janvier 2013

Les sequoias du lacet de la grotte
Ceux-ci proviennent de la pépinière de Placide Massey, auteur du jardin Massey de Tarbes.

Lourdes sequoia
Photo J. Omnès


ADE

Le CPIE dans son inventaire de 1999,  a jugé remarquables 5 chênes situés à Adé,  dans le bois de Tougayas. Appelés chênes de la buse, ils représenteraient les 12 apôtres (?). Peut-être que les 7 autres ont été décimés. Départ de l'hôtel Adéen, sur la droite dans le village en venant de Lourdes. Photos Guy Trousselle.

 Chène 1 Chene 2

Chene 3 Chene 5
Tronc détail
 Chène 8 Chène 7

ANCLADES

Chataignier
Magnifique châtaignier à Anclades, il a servi d'image de fond de la publicité du Porc noir. Photo J. Omnès

ARGELES-GAZOST

L'arbre de Judé
Il se trouve à Argelès-Gazost, derrière les thermes, face à la villa René. Il est situé en bordure d'un chemin médiéval, à côté d'une allée de châtaigniers remarquable. Cet arbre malade et vieux, variqueux est en partie câblé et les creux cimentés. On estime son âge à 150 ans. Sa circonférence est de 4,35 m à 1, 30 m. Sa hauteur est de 10 m. Cette essence qui possède des fleurs sucrées a été rapportée du Moyen-Orient quand le sucre était rare (Blocus continental sous Napoléon). Il offre en mars-mai des fleurs roses et ses feuilles sont caduques. Il a la particularité d'être monoïque, c'est à dire que les fleurs mâles et femelles sont présentes sur le même arbre.

Arbre Judé

Le châtaignier d'Argelès-Gazost
Il se trouve dans le jardin de la résidence des petites soeurs des pauvres de Saint-Vincent-de-Paul à Argelès-Gazost

 Les soeurs chataignier

                                                                chataignier soeurs

L'allée des châtaigniers
À Argelès-Gazost, derrière les thermes, on découvre les restes d'un ancien chemin médiéval longeant une villa au nom de René. De cette allée
dont il ne reste qu'un tronçon, cinq vieux châtaigniers majustueux offrent aux passants une ombre bienveillante l'été. Bordés par des labasses, ils sont âgé de 175 ans, d'après leur fiche technique et ont une circonférence de 5, 50 m à 1, 30 m avec une hauteur de 10 à 16 m. Les châtaigniers étaient très nombreux dans la région, car en plus de leurs fruits, ils fournissaient du bois pour la menuiserie, les poteaux de jardin et la tonnellerie.

Chataignier René 3 Allée chataigniers 1

Glycine Argelès
La glycine d'Argelès-Gazost
HAUTACAM

Hautacam sapin Sapin Cliché J-L Laplagne

PIERREFITTE-NESTALAS

Pierrefitte arbre
Un hêtre remarquable dans le jardin de la ville. Photo J. Omnès

PRÉCHAC

Le châtaignier Ramond de Préchac
Il se trouve en fait au château d'Areit (Areyt) à la sortie de Préchac, chemin de droite sur la D913, qui monte au château. L'arbre est situé à 20 m du chemin sur la gauche dans le champ. Son nom vient du fait que Louis Ramond se Carbonnières à logé au château en 1792. Cet arbre est extraordinaire par son âge que l'on subodore à 400 -500 ans ! Les châtaigniers atteignent généralement 200 ans, quand ils ne sont pas attaqués par plusieurs pathologies comme le cynips, le chancre ou l'encre. Celui-ci a été touché par l'encre qui assèche le tronc. Il s'en est sorti avec une grande partie de l'arbre morte et sèche. Il en ressort un tronc variqueux trapu et penché. Sa circonférence de 8 mètres à 1, 30 m supporte un tronc de 10 m de haut.


 Chataigner Ramon 2

Le robinier (faux accacia - Robinia pseudoacacia) de Préchac
En fait, une fois à Préchac, il faut prendre la route de Boô Silhen, la D913 ; à la sortie du village, tourner à droite au panneau Areit (Areyt), en montant au château du XVIIIe siècle, dans le parc, sur la gauche, près de l'entrée. D'une circonférence de 4, 60 m (à 1, 30 m), il atteint 18 m malgré, le fait qu' il ait été écimé. Le tronc variqueux présente quelques nodosités. Le nom de robinier vient de l'importateur de cette essence, Jean Robin, botaniste d'Henri IV, qui l'a ramené à Paris, au début du XVIIe siècle, des Appalaches américains.


Robinier

SAINT-SAVIN

Houx
  Un arbre peu remarquable : l’arbre dit de  Napoléon.

Il s’agit en fait, faute d’être remarquable, d’un arbre historique que se trouverait près de l’abbaye, tertre de Taine dans l’ancien jardin des moines. Ce serait un houx planté en 1808 pour honorer la naissance du fils de la reine Hortense, le futur empereur Napoléon III. Le tronc  a été à une époque scié, mais un rameau a poussé depuis. Le nouveau tronc atteind 5 mètres. L’arbre a servi de prétexte pour le desservant de l‘abbatiale pour demander une aide financière à l’impératrice Eugénie pour restaurer le bâtiment endommagé par le tremblement de terre de 1854. Il n'ya aucune plaque commémorative.

                                                                    
                                           Arbres divers


Le cerisier d'Arras


cerisier 3   cerisier

cerisier 2 Arras arbre

                                                                                  Exposé dans les jardins de l'abbadiale

Un arbre étonnant à Arcizans -Avant

Arcizans

banc ours Banc ours sur les rives du Gave, à Argelès-Gazost. Cliché de

Lourdes-Cité secours

Cité secours 7
Sculpture sur tronc à la cité secours. Photo J. Omnès


Arbre remarquaqble 1     Lourdes Platane

         Platane atteint d'une maladie au château fort de Lourdes. Photo J. Omnès



Platane
Platanes n'aimant pas les panneaux d'interdiction de stationnement, à Lourdes, rue de Pau

Les châtaigniers centenaires
Ils sont très nombreux entre Ayzac et Argeles, au-dessus d'Anclades et à Lourdes près du lac, à la ferme Baloum.

Chataignier Châtaignier XVIIe siècle