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6 Les mines

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En préparation, une partie du dossier se trouve dans Patrimoine naturel : les mines.

Ici nous avons mis les principales mines, celles qui possèdent encore de beaux restes industriels ou une histoire riche.
Par ordre alphabétique

Les mines d'Arrens

Extrait tiré du livret d'André Fourcade Échos d'Azun 1985.

" Après avoir travaillé du 4 avril 1920 au 30 septembre1924 à l'ardoisière d'Estaing, exploitée par M. Joseph ELLISSALDE, Maître ardoisier, d'Arrens, mon père Joseph, a été mineur aux Mines d'Arrens du 13 octobre 1924 au 26 mars 1926, puis chef de poste du 5 décembre 1928 au 28 octobre 1929 . D'après lui, les métaux importés de Pologne étaient meilleur marché que ceux découlant des mines du pays . Et pour appâter les financiers, on disposait dans les galeries de la mine, des minerais polonais, beaucoup plus riches en teneur que le nôtre . Ainsi, les échantillons prélevés lors de leurs visites attiraient les investisseurs, subtil subterfuge qui ne pouvait honnêtement durer.


En 1930, 126 ouvriers étaient occupés à la mine : cette période fut en tout cas un temps d'euphorie pour Arrens et son commerce. Mais douloureux revers de la médaille : la plupart des ouvriers de la vallée sont morts encore jeunes, atteints par la silicose et la tuberculose, maladie contagieuse qui a également frappé beaucoup de jeunes . Ainsi ont disparu les ouvriers basques qui s'étaient mariés avec des jeunes filles du pays, et l'on retrouve à Arrens, leurs descendants dans les familles Berroa, Arribillaga, Gainza.
Tandis que restent, témoins de ce passé, les ruines des installations, laveries, cantine etc... sur la route d'Aste à 2 Kms à l'amont d'Arrens. Et sur la rive droite du gave, entre Arrens et Argelès, subsistent quelques squelettes des pylônes qui devaient supporter le fameux câble transporteur ... "



Les mines de Chèze

Filons et mines sulfure de zinc (blende ZnS) et sulfure de plomb (galène PbS) et un mélange de pyrite de fer.

§ Le site des mines de Chèze est situé sur six secteurs, cinq sur le versant de la montagne de Chèze et un sur le versant de l'autre côté du Gave. Ce sont les mines de : 

1)    L'Ecole, stratiforme et filonien à entre 1065 et 1120 m d'altitude, coordonnées Lambert 2 : X 406509 Y 1769580
2)    Méyabat, amas de substitution dans les schistes, entre 601 et 658 m , coordonnées Lambert 2 : X 405510 ; Y 1771686
3)    Hèches filonien à 1080 m, coordonnées Lambert 2 : X 406210, Y 171133
4)    Trappes, filonien à 1100 m, coordonnées Lambert 2  : 406261, Y 1771284
5)    L'Arrouyes,  stratiforme et filonien à 1100 m coordonnées Lambert 2 : 406260, Y 1770783
et de l'autre côté aux lieux dits 
6)    l' Ayrus, filonien à 980 m, coordonnées Lambert 2 : X 404959 , Y 1771736
La partie rive droite du Gave, appelée concession Chèze couvre 882 ha. Elle est limitée par la surface reliant le pic d'Aube, le Soum de Nère, le pont de Saligos, le pont de la Reine et le ruisseau de l'Escale.


Cheze carte 2


Historique 
Ces filons ont été découverts par des Anglais. Par des concessions successives, renouvelées par la Commission syndicale mixte de la vallée de Barèges, nous avons eu comme proprétaires de droits de recherches, puis d'exploitation :
1) 1905-1906 Monsieur Chamberaud
2) 1906 -1909 cession des droits à Bernard Fourcade
3) 1909-1913 renouvellement pour 4 ans des droits à Monsieur Savary, président du comité de Direction de la Société Civile  d'Etudes et d'Exploitation des Gisements Miniers du Canton de Luz-Saint-Sauveur, dont le siège était à Roubaix.
4) 1913-1917 Concession à la Société Anonyme des Gisements Miniers de Luz Saint-Sauveur ex Société Civile. La mine prendra le nom de Concession de Chèze.
5) 1918-1923 Renouvellement du bail. La société belge Vieille Montagne en prend la dection technique ; mais à la fin du bail elle devient maison mère et la Société anonyme, filiale
6) 1923-1929 Vieille Montagne, propriétaire de la concession, dirige les opérations mais arrête l'exploitation en 1929, suite à la baisse brutale du cours du zinc.
7) 1962 Mise  en liquidation de la Société Anonyme des Gisements Miniers de Luz-Saint-Sauveur, filiale de Vieille Montagne.
8) 1965 Recherches conjointes de la Compagnie Asturienne des mines et du BRGM  en vue de l'étude de viabilité des mines. Résultat : mines nos viables
9) 1998 Fermeture officielle par arrêté ministériel des mines de Chèze.
Il est à noter qu'entre 1946 et 1951, il a été engagé le démantèlement complet de la mine.  

Les machines
Dans la laverie étaient présent jusqu'en 1926 :
-un concasseur à mâchoire,
-des broyeurs à cylindres,
-des vibro-classeurs à 10 cribles,
-deux tables Wifley, 
-des lits filtrants,
-des murex.
En 1926, le concessionnaire obtient l'autorisation de capter une source au niveau du pont d'Enfer par une condute de 1200 mètres. L'eau est amenée en hauteur pour tomber dans un conduit à 180 mètres. Cette eau fournit alors une force de 225 cv. Elle actionnait alors :
-un compresseur  d'air permettant de faire fonctionner 8 perforatrices,
-une grosse turbne qui fait travailler les concasseurs, les broyeurs  et au-dessous les hydro-tamis, les bacs à pistons, les tables de classement,
-une petite turbine Pelton faisant fonctionner une dynamo pour l'éclairage de la laverie, les machines -outils de l'atelier de réparation.

Les productions
Les principaux filons : ceux de Hèches ont produit  37 000 tonnes de minerai à 10 % de zinc ; les sulfures étaient épanchées entre les cotes 1100 et 1160. Chiffres BRGM.
Plus bas, à l'altitude 660 m, ceux de Meyabat ont produit 15 000 tonnes de minerai à 10 % de zinc. Chiffres BRGM.

L'Usine de traitement (le long de la route) : 
Nous trouvons à cet endroit les ruines et restes de laverie, turbine, canalisation forcée, station d'arrivée et dynamitière.
Le minerai, avant d'être chargé dans les wagons du train de la ligne Pierrefitte-Luz, au niveau du pont d'Enfer, était broyé, concassé, trié et lavé dans l'usine de traitement dont on voit les ruines, souvent prises pour celles d'un château médiéval  en bord de la route de Luz, au lieu-dit du pont d'Enfer. Au fond du site de traitement se trouvait la maison du directeur Pierre Massoure transformée en résidence secondaire, peut -être celle après la grange rénovée. D'après l'écrivain J-L Massoure, il s'agissait de grand-père et non de son oncle Louis comme il est parfois écrit. 

Description de l'usine en question dans le livre d'Eugène Sinturel « Au cœur des Pyrénées » page 40 : « Avant-guerre (39-45 ajout MC), j'ai visité les bâtiments d'exploitation groupés au bord de la route de Pierrefitte. Le minerai, sulfure de plomb (galène) ou sulfure de zinc (blende), mélangé de pyrite de fer, est extrait des galeries souterraines ouvertes à plusieurs étages, au flanc de la montagne, à 500 mètres au-dessus de la laverie, près de laquelle il est amené dans des bennes par câble aérien, avec poste de relai visible d'en bas. La source, captée au-dessus du Pont d'Enfer, conduite sur une distance de 1200 mètres, avec pente de 1 millimètre par mètre, puis tombant de 180 mètres par un gros tuyau, fournit une force de 200 à 225 chevaux qui actionnent : 1° un compresseur d'air (l'air comprimé à 6 atmosphères, arrivant dans la mine par un petit tuyau, fait fonctionner huit perforatrices montées sur affûts dont les marteaux peuvent frapper en tous sens) : 2° une grosse turbine (la courroie, entrainée par l'arbre, fait travailler, à l'étage au-dessous les hydro-tamis, les bacs à pistons, les tables de classement, les vibro-classeurs) : 3° une petite turbine Pelton, faisant fonctionner une dynamo pour l'éclairage de la galerie et pour les machines-outils de réparations. Versé dans les gros concasseurs (une mâchoire mobile et une mâchoire fixe), le minerai tombe dans les broyeurs : des cylindres, tournant en sens inverses, écrasent les morceaux, qui glissent sur les hydro-tamis, percés de trous de diamètre de plus en plus réduits (11 millimètres jusqu'à 1/2 millimètres). Ces tamis horizontaux sont animés de mouvements de va-et-vient continuels dans le sens de la longueur, pendant qu'une pluie d'eau les arrose pour détacher les plus fines particules de minerai qui se classent en traversant successivement la série. Les morceaux qui n'ont pu traverser le premier tamis sont amenés à la table de triage, sur laquelle des ouvrières choisissent au passage le minerai riche et les débris presque complètement stériles (quartz, schistes....). Seuls continuent leur trajet les morceaux ordinaires ayant besoin d'un nouveau concassage (par un petit concasseur annexe). Après le classement en volume (huit grosseurs) et en qualité (pur, mixte et stérile), vient le classement en densité, suivant la nature du minerai (galène, blende, pyrite). Ce dernier classement se fait dans les bacs à secousses pour les plus grosses particules et sur les tables planes ou vibro-classeurs pour les boues. Dans le courant d'eau du bac, des toiles métalliques soulèvent et laissent retomber le minerai à des niveaux différents, grâce au mouvement alternatif vertical de pistons de longueurs inégales, qui sont reliées par des excentriques au même arbre de rotation. Les plus lourdes particules (galène) restent sur la toile la plus élevée, tandis que les blendes, les pyrites et les roches de la gangue, de plus en plus légères, descendent le courant. Chaque bac traite une grosseur : à mesure que le grain devient plus fin, l'amplitude du mouvement diminue et sa vitesse augmente. Enfin les boues sont déversées sur de grandes tables à faible inclinaison, secouées lentement et arrosées régulièrement par un tuyau percé de petits trous. Les galènes, les blendes et les pyrites s'y disposent en lits de colorations distinctes. La boue de blende est séchée à l'air puis expédiée en même temps que les morceaux de minerai pur (41 à 47% de zinc). Les résidus de laverie à 10%, ou schlamms, sont enrichis par un broyage plus fin et un nouveau classement. Depuis quelques années, l'exploitation est interrompue. »
Ruines mine Chèze ruines 1   
Visible de la route.

Cheze mines 6  Trou d'évacuation du minerai traité sur la route en contrebas ?

Chèze mines 7     Ruines de la station de lavage, route de Luz, au pont d'Enfer. Photos J.Omnès

Mines de Meyabat
Les galeries de Meyabat se trouvent à 500 m  de la station de lavage, vers le parapet anti-avalanche, après le pont d'Enfer, le minerai arrivait à la station par wagonnet sur un chemin en bord de falaise, le chemin dit de Louis XIV (François Pujo). La galerie la plus basse est à la cote 616, la plus haute à la cote 658, entre les deux nous avons les niveaux  632 et 650. A la cote 635, en retrait, a été creusée une poudrière le long de la cascade, au niveau du pont d'Arsimpe.
Lors de l'étude des galeries par "Mission mines" dirigée par J-M Poudevigne, il a été calculé 1443 m de réseaux sur un dénivelé de 61 mètres. Un plan en trois dimensions  a été réalisé.
La consistance de la mine :
"De type amas de substitution dans les schistes, sa direction générale est de N140°E et le pendange (1) redressé. L'ouverture de l'amas à parfois atteint plusieurs mètres mais toujours avec des intercalations schisteuses. La minéralisation suit le contact schiste gris-schistes carburés à peu de distance au mur de ce dernier qui aurait joué un rôle d'écran. Les galeries sont en direction. C'est de là que vient la majeure partie du tout-venant traité à la laverie. " Définition de la revue En Baretyo, mine de Chèze.

(1) Pente d'une strate, d'une couche, d'un filon, d'un plan de faille, qui se mesure, d'après l'angle formé par la ligne de plus grande pente et l'horizontale, en degrés ou en grade

 Photo mines de Meyabat :                 
Meyabat 1 Les premières galeries sur toute la droite du chemin  sont obturées. Photo J. Omnès

Meyabat 2
Nous avons trouvé une galerie ouverte sur la gauche du chemin au bas d'une halde. Une longe sera nécessaire. Photo J. Omnès

Meyabat 3b
Le site est parsemé de très nombreuses galeries superposées et parallèles et  de puits qui rejoignent ces galeries. Le minerai était jeté dans ces puits pour arriver à la galerie la plus basse pour faciliter le transport par charriots sur rail jusqu'à l'extérieur. Pas de reste d'installation d'électricité, ni d'aération, à part quelques tubes rouillés.


Cheze Meyabat 3
                      Reste de wagonnet, descente décembre 2017 galerie basse. Photo J. Omnès

Cheze arsenic
Arsenic ? Lors de notre passage en décembre 2017 il y avait une chauve-souris morte.


Chèze galeries 2De nombreuses galeries sont parallèles et souvent proches les unes des autres ; parfois des fenêtres donnent une idée de la faible épaisseur des "cloisons".


Chèze puits                Un puits qui communique avec les galeries inférieures. Le minerai était jeté par le puits et récupéré plus bas dans un charriot sur rail. Photo J. Omnès


Meyabat plan
                       Meyabat en 3 dimensions Carte J-M Poudevigne décembre 2017

Meyabat 4Une seconde galerie de Meyabat a été découverte en septembre 2017, proche de la route, par J-M Poudevigne, mais elle a été murée. Altitude 601 m. N : 42 55.368' W OOO 02.416'

1367954850 pierrefitte 1                 Le minerai était évacué par tram sur Pierrefitte qui passe au pied de la mine Meyabat. Carte postale ancienne.



Meyabat 001

Plus haut, au village, un panneau sans explication, ni précision du nom de la galerie mentionnée.

                  
Mines de l'Ecole : Les galeries de l'Ecole, mine la plus proche du village sont obturées. Elles se situent entre la cote 1065 et 1120 m.  La mine est d'origine stratiforme et filonien. 
1924 démarrage du  chantier  par deux travers-bancs (1), celui de Massourre et celui dit de Saligos à 21 mètres en contrebas à droite du premier, à la limite des champs Massourre et Tarrière.
1925 réalisation à 26 mètres en contrebas du précédent, du travers-banc Prissé
Mars 1927, le site est abandonné au profit des sites plus haut
Les travers-bancs ont recoupé un filon quartzeux avec veine de blende. La formation est peu nette et le tout -venant était sans valeur. En mars 1930, le site, surtout au niveau du travers-banc Prissé a été très endommagé suite à des éboulements de terre et de pierres consécutifs à des pluies diluviennes.

(1) Galerie entre deux chantiers horizontaux.


ecole0001

Mines de Trappes
À 1030 m d'altitude, le site proche du câble aérien s'étend sur 100 m vers le sud et 80 m vers l'est, les galeries sont desservies par trois chemins sur terrasses respectivement à  1082 m 1105 m et 1119 m. Ces trois terrassse ont pour nom : filon Sud ou Jean, filon Marie (l'intermédiaire) et filon Nord ou Paul. Les galeries suivent en direction trois fractures quartzeuses  où la minéralisation n'a que quelques cm de puissance réduite.

Comment y aller 
d'après Jean-Marc Poudevigne.  Prendre le chemin indiqué par le panneau, c'est fléché en jaune, ça grimpe fort et le chemin est très empierré
Au premier carrefour au panneau Natura 2000 (alt 775m), montez à gauche en laissant à droite le panneau Mudet. 
Au deuxième carrefour (alt 840 m) se trouve un abreuvoir en béton, continuez en laissant à nouveau le chemin Mudet.
Au troisième carrefour (923 m) col de Pan continuez en face au balisage Le Plaa. Un faux plat  descendant nous amène devant un captage d'eau vanne+abreuvoir.
Dans un carrefour en Y, continuer à droite balisage le Plaa, ne pas prendre à gauche le sentier Maytiaou.
Après l'Y comptez au maximum 5-8 minutes : dans un bosquet de buis se trouve à droite, l'ancien chemin muletier dégagé récemment par Jean-Marc Poudevigne. Il s'agit d'un sentier en zig zag où chaque tournant est marqué d'une rubalise. Il y a 20 rubalises avant d'arriver à la zone minière matérialisée par deux murs de soutènement, l'un derrière l'autre. Ne pas le fréquenter quand le sol est humide, de nombreuses feuilles jonchent le sol et le sol est pentu entrecoupé parfois de passages difficiles.
Sur le premier plateau  à l'altitude 1065 m N 42°55.014 ; W 0000°01.913'W, la première galerie est murée.
Les trois autres terrasses sont plus hautes, respectivement à 1082 m, 1105 m et 1119 m. Il faut bien compter deux heures pour arriver au sommet.

Attention ne pas dépasser les 5-8 minutes après le carrefour en Y. La première rubalise sur la droite dans le bosquet étant peu visible, un peu en arrière. Nous ne l'avons vu qu'en redescendant de notre randonnée qui s'est prolongée en vain jusqu'à une bergerie en ruine sur la gauche, puis sur un pont traversé d'une conduite d'eau. Ne trouvant rien, après avoir contourné en partie la montagne, nous sommes redescendus et c'est alors que nous avons aperçu après une heure de marche de descente, la première rubalise.

Chèze

Cheze Trappes Début de la zone minière , premier mur de soutènement. J'ignore à quoi sert le poteau. Photo J. Omnès


Mines de Hèches
Le gisement filonien se transforme en profondeur en un gîte de substitution dans les schistes verdâtres au voisinage du carburé. Ce site abrite trois fractions :
1) une colonne inclinée sur trois niveaux dans un fracture avec une direction Est-Ouest. Du niveau 1105 au niveau 1159 en passant par le niveau 1126. Le dépilage sur 3580 m3 a offert une production de 3300 tonnes de blende.
2) La seconde fraction est un amas dans une fracture de 3m de muissance, au contact des schistes carburés.
3) La troisième, au niveau le plus bas, entre 1030 et 1080 m, à l'allure d'un filon-couche et prend aussi  la direction Est-Ouest, de 30 c/m de puissance et de 10 c/m de puissance réduite, sa minéralisation est pyriteuse.
Informatons  En Baretyo.

Mines d'Arrouyes

Mines d'Ayrus, de l'autre côté du gave, elles ont  été obstruées


Chèze mines 2

Le personnel et son évolution entre 1916 et 1921 :

1916 : 63 personnes travaillent sur les sites dont 28 à la mine et 35 à la laverie
1920 : 109 personnes dont 74 à la mine, 25 à la laverie et 10 trieurs
1921 :  61 personnes, dont 32 à la mine, 25 à la laverie et 10 trieurs
Je n'ai pas trouvé d'autres statistiques.

Les mines de Gavarnie-Couret

En 2018 Sur la route de Gavarnie, à  quelques kilomètres du village, le gisement se trouve sur la falaise, en face du camping. Un énorme rocher tombé de la montagne récemment dans un champ  en est le point le plus visible de départ. Il faut contourner la ferme ancienne et son moulin transformés en gite et monter sur le chaos. C’est assez physique, après les énormes rochers on arrive sur la halde où l’on peut recueillir nombre de minerais. De nombreux vestiges jonchent le sol. La première galerie  a une majorité de poteaux de soutènement de bois effondrés et sert d’échappatoire à l’eau d’une source qui ne cesse de couler, prévoir des bottes. La seconde galerie au-dessus est moins gorgée d’eau. Quatre autres galeries se succèdent au- dessus, mais il semble que les chemins initiaux parfois suspendus sur des petits ponts de fer ont disparu, probablement détruits lors du démembrement des installations. Pénétrer en profondeur dans ces cavités semble assez dangereux à cause des chutes de blocs. Pour plus d'information voir le dossier patrimoines naturel, les mines.

Couret déchét 3


Couret déchét 3

Couret déchets

Couret déchet 4
Couret déchet 5

Les mines d'Estaing

Estaing-Arrouy
Filons et mines de zinc, plomb et fer

Il s’agit de filons de plomb et de zinc dispersés  sur le flanc ouest du mont Cabaliros. Ils sont situés sur les territoires au sud d’Arras et de Siriex, près d’Estaing et de son lac.

Dans ce secteur d’Estaing, les principaux filons ont pour nom : Arrouyes, bois de la Tasque, bois de Castet-Merdet, Bergouey, Larrode, Labat-d’Aucun, Turon, Madu, Puyos, Cazanove, Couret et Picou.

Les  principaux filons exploités sont situés autour du bois de la Tasque. Ces exploitations ont pour nom les mines de :

§ Ringadis : à l’ouest du bois de la Tasque, à 400 m environ au-dessus du gave de Bun. Le gîte se compose d’un filon et amas épais de 6 mètres à l’affleurement, riches en blende et galène. La plupart des galeries de 1, 50 m de largeur, d'après Ph. Debette étaient effondrées en 1853.

Exploitée dès le XVIIIe siècle, cette mine a fait l‘objet d’une délibération du conseil municipal d’Arras en date du 19 juillet 1846, interdisant à des Béarnais de continuer leur exploitation sans autorisation, vu… que cette mine qu’ils exploitaient contenait de l’argent et du plomb. D'après Debette, vu sa bonne exposition pour l'exploitation et le transport et sa richesse en blende, cette mine mériterait quelques travaux en partant du niveau inférieur.

NB : la galène est une espèce minérale composée de sulfure de plomb de formule PbS avec des traces : AgBiSeTeCuZnCdFeAsSbMoAu.
La blende ou sulfure de zinc, également appelée sphalérite, présente de nombreuses couleurs selon les quantités de fer, de manganèse, de cadmium ou de galium qu'elle contient dans son réseau cristallin. Les variétés qui renferment le plus de fer – la christophite et la marmatite – sont brunes à noires.


§ Espujos, à l’est du bois de la Tasque, ou mines du Port Dessus, sur les communes de Sireix et Arras, aussi  dites mines d’Estaing. Situés entre 1500 et 1700 mètres d’altitude sur le filon d’Arrouyes, les gîtes exploités dès le XVIIIe siècle, se trouvent sur les pentes et la crête du mont Puyos (1734 m). Ils ont nécessité de nombreuses galeries pour extraire le minerai dont le filon atteignait 2 à 3 m de largeur.
Ph Debette évoque en 1853 dans sa notice " d'anciennes excavations considérables, partie à ciel ouvert, partie en galaries." Il n'a pu les visiter.
 La roche étant dure, peu de ces galeries étaient étayées sur toute leur profondeur. Ces gîtes étaient riches en galène argentifère associée à une grande proportion de blende. Aussi, furent-ils acquis par la compagnie anglaise, la Cie de Pierrefitte. Celle-ci moyennant redevance aux communes d’Arras et de Sireix, industrialisa l’exploitation et édifia en 1906, un transport par câble de 6, 6 km du minerai sur Pierrefitte. Voir plus avant (1). 

Estaing 12

L’exploitation se faisait dans de rudes conditions climatiques et d’accès. Très peu de locaux travaillaient sur ces mines Ce furent surtout des Espagnols, dont 350 vivaient dans des baraquements édifiés autour des mines. La Compagnie employa dans sa période de croissance 700 ouvriers dont 500 Espagnols. La compagnie anglaise ferma les sites dits d'Estaing et de Pierrefitte en 1914. La concession fut reprise par la Société minière et métallurgique de Peñarroya en 1918. Seul le site de Pierrefitte sera à nouveau exploité jusqu'en décembre 1927, avec 44 mineurs et 36 ouvriers. Entre 1925 et 1927, les travaux portent essentiellement sur des sondages en vue de l’édification d’une nouvelle laverie au niveau 700. Puis l'exploitation reprend jusqu'à la fermeture définitive en 1969. D’après Christian Parrou (Société d’Etudes des Sept Vallées) les vestiges métalliques de la mine d'Estaing (station de chargement, pylônes, stations d'angle..) ont été démontés en 1998, seuls restent, les dépôts de roches stériles devant les galeries ou haldes.

Les sondages faits en 1985 n’ont pas été suivis d’effet. La production totale a été de 250 000 tonnes de minerai. Ces haldes ou déblais permettent de constater la variété des minerais extraits, de par la couleur des différentes pierres. Nous trouvons ici surtout du sulfure de zinc (brun violacé) et du quartz (roches vertes).


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   Avant la démolition des installations. Photo de  ?

La Galène


Pour plus d’information, voir l’article de G. Peyruc., "Regards sur le patrimoine minier de nos vallées ; le calcaire de Viger et son utilisation dans les engrais chimiques à Soulom (1920-1985)", Revue Lavedan et Pays toy 41-2010, pp. 135-146 .

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                                                Mine de Port-Dessus-Estaing

La production totale des zones Estaing-Pierrefitte  a été de 2 6000 000 tonnes de minerai dont 150 tonnes d’argent.

Courriel reçu « Dans mon jeune âge (1943), avec deux amis ingénieurs chimistes, j'avais trouvé un pic en bronze dans une galerie de mine de plomb datant d'environ 700 ans avant l'ère chrétienne, plus exactement entre Pierrefitte-Nestalas et Cauterets. Ces galeries, alors obstruées par quelques broussailles étaient encore accessibles. Depuis les travaux publics se sont fait un devoir de les obstruer. Nous avions d'ailleurs remis cet objet a un musée local où j'ai vérifié quelques années plus tard que notre trouvaille n'avait pas été enregistrée et avait disparu, sans doute pas perdue pour tout le monde.
Nous avions, avant de la remettre, prélevé un échantillon de métal et procédé à une analyse. Notre prof de chimie analytique de l'époque nous avait dit que la composition correspondait à celle de bronzes trouvés également en Egypte pharaonique. »


Historique de ces mines

Les premières mines découvertes dès l’époque romaine, furent celles de plomb argentifère qui appartenaient à l’abbaye de Saint-Savin. Leur emplacement exact n’est pas connu, mais on pense communément qu’elles se trouvaient vers Pierrefitte. Le seigneur de Beaucens, le Sénéchal de Bigorre au nom du roi (Philippe le Bel) et le père abbé s’en répartissaient les revenus. En 1722, la part royale était envoyée à l’Hôtel des Monnaies de Pau et de Bayonne. En 1789, la concession fut accordée aux Rohan Rochefort (château de Beaucens) jusqu’à leur départ lors de la Révolution. Leur successeur, le marquis de Querrieu, obtint de Napoléon III, en 1856, la concession sous le nom Concession de Pierrefitte. Il l’exploitera jusqu’en 1866, puis,  il la louera, à la société belge, la Compagnie Royale Asturienne des Mines (CRAM). Il la cèdera enfin, en 1879, à la société  britannique The Pierrefitte Mining C° Ltd, dirigée par Georges Rickard. L’exploitation durera jusqu’en 1914. Cette dernière société agrandira son territoire d’exploitation en ouvrant de nouveaux chantiers sur le flanc ouest du Cabaliros (avec les mines dites d’Estaing). Voir ci-dessus. Les gisements couvraient alors 2411 hectares.

Après la guerre, en 1918, les mines seront reprises par la société française la Société Minière et Métallurgique de Peñarroya (1). Les banques d’affaires françaises avec les banques Rothschild et Mirabau, étaient très dynamiques sur ce secteur d’activité et leur  intérêt pour les investissements miniers étaient alors importants. Jusqu’en 1927, la S.M.M.P. entreprit d’importants travaux de traçages et d'équipements évalués à une dizaine de millions de francs. La production reprit au début des années quarante après la construction d’une nouvelle laverie commencée en 1939. Le minerai étant extrêmement dur, l'ingénieur de fond de la mine de l’époque, M. Bruté de Remur, dut utiliser pour le tir, de l’air liquide qu’il faisait venir des Phosphates tunisiens. Peñarroya termina l’exploitation en 1969, suite à une diminution des réserves.

En 1983, des sondages furent effectués par le Bureau de Recherches Géologiques et Minières (BRGM), sans suite.

(1) L’école des Mines y joua aussi un grand rôle. L'école nationale supérieure des mines de Paris, fut fondée le 19 mars 1783, sur ordonnance du roi Louis XVI, dans le but de former des « directeurs intelligents » pour les mines du royaume. C'est l'une des plus anciennes écoles d'ingénieurs françaises. En 1881, ce fut un Français, Charles Ledoux, sorti de cette Ecole qui fut le fondateur de la Société Peñarroya  en Espagne qui acheta et exploita par la suite les mines de Pierrefitte jusqu’à 1969. 

L’abattage et  le transport

L'abattage se faisait par des marteaux actionnés par air comprimé, alimentés par une centrale électrique dont l’énergie était fournie par une usine génératrice, située en amont du pont de Méyabat, sur la rive droite du Gave. Cette usine remplaçait la turbine d’origine de 37 chevaux.

Le dynamitage se faisait pendant les périodes de repos. Les postes miniers se trouvaient à 90 minutes à pied de Pierrefitte.

En 1906, "The Mine de Pierrefitte Limited" équipa l’exploitation d’Estaing d’un téléphérique de type bi-câble de 6 608 mètres, véritable prouesse technique et humaine passant par deux cols, comportant trois changements de directions et  trois stations d’angle : la première en amont immédiat de la mine, la seconde à Garaoulère et la dernière à Coutres. Les bennes étaient fixées au câble tracteur par une pince automatique débrayable dans les stations. Elles pouvaient transporter jusqu’à 200 tonnes de minerai par jour.

Mais ces câbles, leurs poteaux et  les tronçons de pylônes transportés à dos de mulet et d’homme étaient situés sur plusieurs communes. Elles en profitèrent pour augmenter la redevance sur les concessions : "sommes importantes pour l’époque d’où de grandes discussions avant d’obtenir une autorisation de passage" (Michel  Parrou). Tout ce travail de transport était fort pénible, les ouvriers étaient payés à la tâche. Une journée de transport était considérée comme une journée et demie.
La ligne arrivait au niveau 860 où fut installée une nouvelle laverie. Après traitement, le minerai était descendu à Soussu par un plan incliné.

La laverie de la Peñarroya était alimentée en minerai par trois moyens : une voie ferrée établie au niveau 1154 qui desservait Vieille-Mine, un camion-benne faisant la navette avec Coulédous et un transbordeur aérien de 1200 m descendant de l’exploitation de Garaoulère. Les condensés résultant du traitement du brut en laverie étaient ensuite chargés dans les bennes d’un autre transbordeur long de 1700 m qui descendait à Soussu.
Voir aussi : Philippe Vivez., "Le chemin de fer aérien de mines de Pierrefitte (Hautes-Pyrénées)", Lavedan et Pays toy 2001, pp. 89-100.
Michel C. Dupont Mines de Pierrefitte : un curieux plan incliné. Voie Etroite, 236 et Mines de Pierrefitte : les plans inclinés intérieurs Voie Etroite,  248.   

 Le traitement du minerai.
Du temps de l’exploitation de la mine d’Estaing, le travail à la laverie consistait à séparer le minerai de sa gangue stérile par broyage et lavage. Le premier éclatement se faisait dans les concasseurs. Puis, après un passage dans un crible tournant, les blocs arrivaient calibrés au broyeur. Les morceaux trop gros étaient ramenés au concassage par une roue à godets. Puis « le minerai broyé était amené dans des caisses garnies de tamis de différentes grosseurs et animés d’un continuel mouvement de va-et-vient, pendant qu’il était arrosé par de l’eau diffusée en pluie pour détacher les plus fines particules de minerai. » Michel Parrou.

La rentabilité.
Les gisements de Pierrefitte et d’Estaing ont fourni près de 2 600 000 tonnes dont 2 200 000 pour Pierrefitte. La production moyenne vers 1960 était de 7 000 tonnes par mois, pour descendre à 6000 vers 1968. À ce niveau, les mines n’étaient plus rentables, bien que les veines ne fussent pas toutes épuisées. Celles restant étant trop irrégulières, l’exploitation a dû être abandonnée. D’après Michel Parrou, la production aurait dû être deux fois plus importante pour être rentable à l’époque. De nos jours, on doit aussi tenir compte du fait  que le plomb a une moindre valeur depuis qu’il est considéré comme toxique. 



Les mines d'Uz-Peñarroya


Dans le secteur de Pierrefitte, sur le flanc nord-est du même Cabaliros, se trouvent les principales mines de la Bigorre .
La concession regroupait plusieurs secteurs miniers et s'étendait de Beaucens à Estaing.
Sur le site évoqué se trouve les mines de Vieille-Mine, Barbazan, Couledous, Garaoulère, Filon du ravin, Cudonat.....
La plus importante est Vieille mine.


Uz mines 2

Pierrefitte Passage du Rioutou                                    
 Passage du Rioutou, passerelle. Photo J. Omnès

Pierrefitte
Devant deux excavations de Vieille mine. Elles sont situées à gauche de la gare haute du "funiculaire"
Photo J. Omnès


Uz mine
Vu du parking de Pouey Aspé

 Vieille-Mine  : sur le flanc Nord-Est du Cabaliros. Le filon est présent sous la forme d’amas stratiformes et filoniens. Le gisement est situé à 1200-1300 mètres d'altitude ; sa production a été de  2 000 000 tonnes  de minerais de Pb et de Zn. Mais la teneur en plomb de cette mine était cependant moins importante que celle d’Estaing.
Le minerai
Les principaux minerais extraits consistaient en : sphalérite, galène, chalcopyrite, magnétite, pyrrhotite et arsénopyrite. Le dépôt était constitué de deux filons de fracture pouvant porter la puissance du gite à 30 mètres. La galène et la blende souillée parfois par du fer, formaient parfois, d'après Georges Jorré des amas dont la hauteur avait pu excéder 200 mètres. La teneur moyenne à la tonne était de 70 kg de plomb, 140 à 180 kg de zinc et 150 grammes d'argent.
Histoire
Après avoir appartenu sous Napoléon III au marquis  de Querrien qui possédait d'autres concessions dans la vallée et y perdit une fortune il a fallu attendre l'arrivée du chemin de fer (ligne Pierrefitte-Cauterets) pour rendre les gisements plus attractifs et intéresser la société anglaise The Pierrefitte Mining Co Ld. Mais leur réussite n'était qu'à éclipses, vu les difficultés du traitement du minerai. Il a fallut attendre l'arrivée en 1918 de la Penarroya, ses recherches et ses capacités d'investissement pour envisager une meilleure extraction et une avancé technique dans le traitement, voir ci-dessous le dossier sur La Galène. C'était la principale mine de la concession.
Accès
Par le chemin de la chapelle Pouey Aspé, au-dessus de Uz, puis prendre le chemin à gauche, Coutres. 2 h de marche à partir du parking de la chapelle. On passe d'un versant de montagne à un  autre : l'Arrouyes en enjambant un pont de bois qui traverse le Rioutou.  La mine principale et les bâtiments attenants au-dessous,  sont visibles de loin, à flanc de montagne (voir photo). En fait, ce sont une multitude de cavités  qui se succèdent, 16 sur le plan Ign et dont le minerai était descendu pour traitement par wagonnets  sur un double rail genre funiculaire, d'une pente dépassant 50 % , accédant sur la route au sud de Soulom au lieu-dit la Galène, où ils étaient traités ; d'autres minerais partaient  aussi sur des rails horizontaux pour traitement à Coutres, sur le chemin d'accès. De nombreux vestiges sont encore visibles, mais la visite des lieux d'extraction est assez dangereuse, vu les nombreux puits et matériaux rouillés. Plusieurs panneaux interdisent par précaution l'accès aux anciens lieux d'extraction.


Estaing 2 Sebastien LouisPhoto Sébastien Louis


charriot

Ce wagonnet de minerai situé à Uz, provient de la mine au-dessus du village

Penarroya lampe Lampe
Lampe de mineur (Bun) Photo J.Omnès. Lampe à acétylène de la mine d'Estaing. Petit musée de Bernard Héraut à Uz.


                                                                                          

Penaroya 2 Penaroya 4
Peñarroya du côté de Uz;  Photos de Bernard Veyssère. Octobre 2014.

estaing mine estaing mine 5

Estaing mine 3
Photos de Sébastien Louis.
Penaroya1 
Uz gare supérieur     Gare supérieure, système de soutien par câble des charriots. Photos J. Omnès

Uz rails  Uz 7
Rails de descente sur le poste de lavage triage La Galène. Intérieur de la gare supérieure, conductrice Patricia Larroque. Photos J. Omnès
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La gare supérieure, les câbles passaient par la fente horizontale. Photo J. Omnès

Uz 23 Copie 

Uz 26                                                                   Photos J.Omnès


Les usines de traitement de Coutres et de la Galène : stockage, lavage et triage des minerais de Vieille mine,  de plomb argentifère (galène), de zinc (blende) et sur le tard d’oxyde de fer (magnétite).

Si à Coutres il ne reste pas grand-chose, il n’en est pas de même à la Galène. C’est le lieu-dit, sur la droite de la route menant à Cauterets, à la sortie de Soulom, sur la pente dominant l’ancienne ligne de chemin de fer Pierrefitte-Cauterets réalisée en 1898 et fermée en avril 1949 et devenue depuis 2012 ? à vérifier la Voie verte. Cette ligne amenait les ouvriers sur le secteur des traitements. 
Les structures des ateliers de triage-lavage  ont été assez tardives. Il a fallu la reprise de la mine par la Peñarroya en 1918, après the Pierrefitte Mining Co Ld pour mieux analyser la teneur des deux filons de fracture, composés de blende et de galène parfois souillés de fer. De sulfure complexe et de texture très fine, les minerais extraits résistaient obstinément, d’après Georges Jorré, à tous les procédés de séparation mécanique, même à la flottation. Il a fallu attendre 1925 après la fin de la construction de toutes les installations d’extraction pour envisager la réalisation des unités de triage-lavage, malheureusement au moment où les cours s’effondraient.
Le lieu abrite encore quelques restes de bâtiments industriels un transformateur électrique et nombre de constructions : remodelées semble t’il en bâtiments de maisons d’hôtes. Celles-ci ont appartenu à Madame Fernande Jacquot. Le tout ressemble à un important camp de jeunes.  Plus ou moins abandonné mais en bon état. De-ci, de-là  nous découvrons encore des restes de l’ancienne activité de lavage et de triage abandonnés, des zones de stockage du minerai, des wagonnets rouillés, murets de soutènement, poteaux de fer ayant soutenu les câbles de convoyage. Le plus long jusqu’au sommet des entrées des mines mesurait  6, 6 km. Un funiculaire, dont il ne semble plus rien rester amenait le personnel et le matériel lourd au sommet de l’exploitation. L’activité menée par la Peñarroya  devenue Metaleurop s’est arrêtée en 1969. En 2017, la société Recyclex a été chargée de terminer le nettoyage du site. 


galène                         Station de lavage à la Galène. Carte postale Loucrup65


Galène

Galène 10

Galène 6  Galène transfo



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Galène wagonet                                                 Cimetière des wagonnets. Photos J. Omnès


Les mines de Ferrière

Sur le flanc nord-est du Cabaliros, minerai de plomb


                                                         Conclusion

À Michel C. Dupont, historien des techniques minières (1)  passionné de d'archéologie industrielle de conclure la partie mine :

L’histoire des mines de Pierrefitte, et plus généralement de ses voisines du département, s’inscrit comme une entreprise hasardeuse ponctuée d’échecs et de reprises, imputables aussi bien, au contexte économique de l’époque (chutes des cours des métaux), qu’aux difficultés financières des compagnies exploitantes. Certaines, comme l’aventure des mines d’Arrens, relèvent de ce que nous qualifierions aujourd’hui de filouterie. Un relief accidenté et de rudes conditions climatiques ne facilitèrent pas leur exploitation mais devant ces dernières difficultés, les premiers exploitants belges puis anglais montrèrent leur capacité à les surmonter grâce à l’apport de techniques nouvelles, particulièrement dans le domaine de l’extraction, avec l’installation de transbordeurs aériens de plus en plus performants.

Seule la "Compagnie Minière et Métallurgique de Peñarroya" (C.M.M.P.), après une période d’hésitations et de recherches (1918-1927), quant à l’implantation d’une nouvelle laverie et au procédé de traitement du minerai brut, connut une période d’activité relativement sereine jusqu’à sa fermeture en 1969, pour cause d’épuisement du gisement, selon les dires de l’exploitant.

  Si des premières installations des exploitants étrangers, il ne reste que peu de traces, les importants équipements en matière d’extraction au jour de la C.M.M.P. mis en place entre les deux guerres sont encore visibles : plans inclinés n°2 (qualifié à tort par certains de "funiculaire") et son complément le n°1 (fonctionnement des deux en série), voie ferrée à traction électrique de Coutres et plan incliné n°3.(2)

 Ces apports de l’art des mines témoignent pour les générations actuelles et futures, d’un des métiers spécifiques de la montagne, aujourd’hui disparu de notre pays.

Vouloir à tout jamais rayer du paysage ces derniers vestiges, allègue d’une volonté d’ignorer une partie de l’aventure industrielle de notre département et du manque d’intérêt de certains "responsables" pour la sauvegarde de notre patrimoine.

Une mise en valeur de celui-ci pourrait être effectuée, avec dans un premier temps, le traçage d’un sentier-découverte jalonné de panneaux explicatifs qui partirait du pont de la Hoze sur le Rioutou et emprunterait l’ancien "chemin des mines".

À plus long terme, une mise en valeur plus lourde, mais non utopique, pourrait être envisagée avec la réhabilitation de quelques galeries à partir d’un travers-banc aujourd’hui fermé, mais non foudroyé, pour permettre des visites du grand public.

En plus de l'intérêt de l’archéologie industrielle, la mine pourrait être un lieu privilégié pour faire de la géologie appliquée : observation du filon en place et explications de sa genèse.

Cette valorisation répondrait aussi au développement du tourisme culturel et en particulier minier, tel qu’il est pratiqué dans les autres départements ayant connu une activité minière, sensibilisés à la conservation d’une mémoire qui s’étiole avec la disparition des derniers mineurs.

(1) Auteur de nombreuses publications sur le sujet.
(2) Entre 1918 et 1927, plusieurs plans inclinés tous équipés de voie ferrée furent établis au jour pour le transport du minerai et des matériels. Ils furent numérotés de 1 à 4. Le plus important étant le n°2 appelé à tort par les mineurs "funiculaire."