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5 Les carrières, les ardoisières

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CARRIERE DE L'OPHITE (fermée en 1958)

L’ophite (de ophidien = serpent) : sa couleur rappelle celle de la peau d'un serpent, d'un vert brun, mêlé de quelques taches vert pâle et de veines jaunes. Il est très dur et assez rare. Sa carrière exploitée après la première guerre mondiale est située au petit Ger (Jer), côté ouest, tout près de la route d'Argelès. Il en reste l’immense falaise de 60 m de haut et de 800 m de long, derrière  les immeubles HLM de l’Ophite. Cette roche de peu d’importance décorative était concassée pour réaliser les ballasts des voies ferrées qui avaient souffert pendant la guerre. Les particules servaient à la fabrication d’agglomérés sur place.
La carrière, en 1936 avait fourni 175 000 tonnes de pierre, débris et sable pour descendre en  1957 à 19 300 tonnes.
Historique : En mai 1919 un certain Cazaux-Debat avait sollicité auprès de la mairie l’exploitation d’une carrière de pierre ophite au pied du petit Ger (Jer). La parcelle convoitée était bordée au sud, par les carrières Camps et Bordedebat.et à l’ouest, par les propriétés Vilon et Barrère. Un contrat de concession  a été signé en juillet 1920, entre MM Pierre Cazaux-Debat, Delphin Camps, Alphonse Clos et la mairie de Lourdes. Une société anonyme sera créée sous le nom de L’Ophite des Pyrénées, avec siège à Pau. Les administrateurs seront Edmond Rigaud, Edmond Daniel et Sébastien Pourxet. Après plusieurs problèmes de bornage réglés, l’électricité sera distribuée en 1933. La majorité des ouvriers viendront d’Espagne, 95 sur 110 en 1928. Des baraques pour les loger seront construites sur place dès 1920, puis en 1928-1930. Vers 1950, la demande de ballast par la SNCF ayant beaucoup baissé l’exploitation deviendra moins rentable. La carrière cessera son activité fin septembre 1958. Quelques ouvriers resteront sur place pour procéder au démantèlement et au nettoyage du site où la municipalité avait décidé d’installer une cité de logements sociaux.

Le fonctionnement de la carrière Celui-ci est bien décrit dans le petit ouvrage de Monique Alonso Il était une fois les Carrières…, édition Livres en Bigorre. : « À huit heures du matin la sirène annonçait le commencement du travail. Ce sont les mineurs qui commençaient toute la chaîne de processus d’extraction et de broyage de la pierre. Leur travail était très dangereux et ils employaient des cordes pour se hisser jusqu’à leur poste de travail sur la paroi de la montagne et pour se déplacer par cette dernière, été comme hiver. Ils foraient à l’aide de leurs marteaux piqueurs des trous de 3 à 4 mètres. En bas, sur le tas il y avait d’autres mineurs dont le travail n’était pas aussi dangereux et qui minaient les blocs qui étaient trop gros pour le concasseur. Le chef mineur s‘appelait Isidore. Il chargeait les volées, c’est-à-dire qu’il remplissait les trous de dynamite et plaçait un détonateur dans chaque trou. Les pétards étaient préparés dans une petite baraque qui servait aussi d’abri. Les mèches des pétards étaient allumées avant la volée et les deux mineurs chargés de ce travail devaient vite partir se mettre à l’abri. Quand tout était prêt, Isidore enclenchait le courant d’une ligne très rudimentaire et le coup de mine partait. Un grand nuage de poussière ne laissait plus rien voir et le bruit ne lassait rien entendre d’autre. Quand le silence revenait Isidore sonnait la fin du tir. […] Cette opération se faisait le matin et l’après-midi, à la reprise du travail, dès 13 h 30. Puis, la pelle mécanique sur chenilles, entourée de manœuvres qui dégageaient son accès pour arriver au tas, chargeait les wagonnets tirés par une locomotive amenant les blocs au concasseur qui travaillait toute la journée dans un bruit assourdissant. Cette pierre était transportée par tapis roulants à d’autres concasseurs plus petits, puis à tout un système de cribles que l’on appelait trommels. Les agrégats étaient bien répartis dans les trémies de différentes tailles d’où sortaient le gravier, les agrégats, le ballast etc…qui servaient à la construction de routes ou de voies ferrées. Matin et soir deux ouvriers descendaient dans chacune des trémies pour nettoyer le fond et ils en ressortaient tut blanc. À l’époque, ils ne portaient aucun masque ni protection… »



                                                          
LE MARBRE DU HAUTACAM (carrière en suspens)

C'est un marbre rose violacé ou calcaire marmoréen est d’exploitation récente, 1997. La carrière est située sur la commune de Vier-Bordes. Son accès est par ailleurs parsemé de blocs abandonnés en 2001, par le dernier exploitant, mis en liquidation judiciaire, Les Marbres du Hautacam ont leur siège  basé à Saint-Afrique-les-Montagnes dans le Tarn. La concession devrait être a reprise prochainement par les frères Rivieri qui exploitent les carrières de Sarancolin. C’est un marbre réputé, avec quelques inclusions de fossiles goniatites sur les tranches, mais très difficile à travailler. En attendant une nouvelle exploitation, quelques carcasses de l'ancienne exploitation jonchent le sol.

Hautacam carrières Hautacam 2


 
Hatacam citerne Hautacam 1


 CARRIERE DE GER-GEU

Carrière Daniel, toujours en activité comme sa voisine en face, au Pibeste. Elle est à cheval sur les deux communes, avec le siège à Ger.
Elle fournit des gravats et du tout-venant.


Château de Geu              
                                                  
CARRIERE DU PIBESTE (En préparation)


                                      Les ardoisières


L'un des derniers ardoisiers de la région (Ossen-Lugagnan)

Il s’agit de Louis Terrieux (1902-1990) 
Originaire de Corrèze, où il travaillait dans une mine, dont les puits pouvaient attendre 70 à 80 mètres de profondeur, il est appelé vers 1930, par son oncle Laroze pour l’aider à exploiter sa carrière d’Ossen (Le Lynch ?). Il vient donc s’installer à Ossen avec épouse et enfant.
Par la suite, Louis décide vers 1937, de se mettre à son compte et s’installe à Lugagnan au lieu-dit Bentadé.
En 1942 Mr Laroze est dénoncé comme résistant à la Gestapo et envoyé Mauthausen via Lourdes et Toulouse. Il y décèdera. Sa veuve continue l’exploitation.
Un second filon, le Toustar est exploité de 1950 à 1957 (environ) par Louis Terrieux de retour dans le secteur, après son départ de Lugagnan.

Ossen
Cette ardoisière Le Lynch, non accessible aux camions, mais équipée de voies ferrés Décauville descendaient les pièces par téléphérique jusqu’au bord de la route, avant le bourg en venant du pont Neuf.   

Ossen ardoisière 001Ardoisière d'Ossen vers 1930. Louis Terrieux en chemise blanche

Lugagnan
Situation
Cette carrière est située à gauche de la route nationale menant de la gare au village, parallèle à la forte côte, au lieu-dit Bentabé. On peut encore voir le remblaie et les murs de soutènement, alors que le lieu d’extraction (le trou) a été en grande partie remblayé. Là où est située la maison neuve, se trouvaient les cabanes du moteur Bernard et du compresseur et l’abri pour les mauvais temps.
Après un arrêt pour mobilisation entre septembre 1939 et octobre 1940, l’exploitation reprend jusqu’en 1948-1949. Pour être abandonné définitivement et être remplacée par une nouvelle exploitation, plus en hauteur. Les restes actuels (compresseurs, murs de cabane) proviennent de cette dernière exploitation.

Le personnel
Les ouvriers aux nombre de deux ou trois, selon les périodes travaillaient de 80 à 102 heures par quinzaine. Un impôt cédulaire était payé par l’exploitant ( Voir le document ci-joint). Le bon filon en extinction, la carrière sera abandonnée vers 1950.

Renseignements donnés par Gérard Terrieux , fils de Louis.

Ossen compresseur 001 Compresseur