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3 L'hydroélectricité

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St pé cenrale    Pragnères 3    Pragnères conduite  
Le patrimoine industriel pourrait devenir dans des temps proches, l’une des curiosités touristiques locales, tant de nombreuses et  différentes installations ont marqué  le paysage du Pays des sept vallées. Nous n’évoquerons pas ici les mines ardoisières et carrières qui sont décrites dans le dossier du patrimoine naturel, mais nous évoquerons les infrastructures  liées à l’hydroélectricité et au transport y compris celui des minerais. La plaquette touristique du  S.M.R.D.A. Guide patrimoine culturel ne s’est pas trompée sur l’importance grandissante de ce nouveau  tourisme basé sur un patrimoine longtemps ignoré ou connu des seuls  intervenants, en évoquant  les nombreux ouvrages qui ont permis à la Bigorre de se hisser parmi les régions qui ont bénéficié en premier, des bienfaits de la fée électricité. 
 
L'exploitation de l'énergie d'origine hydraulique est une tradition ancienne dans la région pyrénéenne. En effet, son utilisation s'est tout d'abord effectuée dans le cadre de transformations simples en énergie mécanique.  Des forges, scieries, moulins... ont pu fonctionner très tôt, grâce à la puissance des eaux des Gaves et des torrents. L'histoire locale veut que saint Orens au Ve siècle, ait été le premier à avoir édifié un moulin. Puis, dès la fin du XIXe siècle, ces établissements au fil de l'eau ont pu fournir ou utiliser de l'énergie électrique, symbolisant ainsi la naissance d'une activité industrielle significative.
Et, dès le début du XXe siècle, les grandes potentialités énergétiques offertes par les lacs pyrénéens ont favorisé les premiers aménagements de hautes chutes d'eau, notament sous l'impulsion de quelques pionniers, dont Monsieur Paul. Cette étape a été décisive dans l'apparition et surtout le développement de l'électricité régionale, tant pour le développement industriel que dans les premières électrifications des villes et les débuts du chemin de fer électrique".
Lire Pierre Crausse L'eau des Pyrénées, un siècle d'énergie hydroélectrique, éditions Capaduès

Monsieur Paul
                                                                                          Monsieur Paul. Photo Google


Les différentes unités de production  :

Année

Nom

Cours d’eau

Puissance

installée MW

Energie produite/an

GWh

Société d’origine

Exploitant actuel

1898

Calypso

Gave Cauterets

0,7

?

Chemins fer PCL

Cie Gle d'entreprise hydroélectrique (C. Maurès)
PEM
1902

Villelongue

Gave Isaby

1,7

?

Sté Pyrénéenne Silico manganèse

?

1903

Pont de la Reine

Gave Pau

0,6

?

Chemins fer PCL

EDF

1910

Arras

Gave d’Azun

0,7

?

Force et Lumière des Pyrénées

Arrêt

1913

Soulom

Gave de Pau

8

40

Cie chemin fer Midi

SHEM

1917

Peyrouse

Gave de  Pau

1

1,56

Cie Tramways Lourdes

EDF

1927

Luz I

Gave Gavarnie

26

140

Forces motrices Vallée Gavarnie

EDF

1931

Esterre

Le Bastan

15

64

Sté Hydroélectrique la Cère

EDF

1933

Lau-Balagnas

Gave d’Azun

16 81

Sté Forces motrices Arrens

EDF

1935

Le Tech

Le Tech

4

13

Sté Forces hydrauliques du Sud

EDF

1942

Soulom II

Gave Cauterets

10

57

SNCF

SHEM

1947

Artigues

Adour Garet

5

18

Force et Lumière des Pyrénées

EDF

1948

Nouaux

Gave d’Arrens

17

90

Union électrique Sud

EDF

1949

Pont de la Reine

Gave de Pau

14

60

Forces motrices Vallée Gavarnie

EDF

1950

Luz

Le Bastan

2,50

10

EDF

EDF

1950

Migouléou

Gave d’Arrens

?

?

EDF

EDF

1950

Tucoy

Gave d’Arrens

22+0,3
(Suyen)
?

EDF

EDF

1951

Arrens

Gave d’Arrens

24

89

Sté Forces motrices Arrens

EDF

1952

Gèdre

Gave d’Héas

24

100

EDF

EDF

1954

Pragnères

Lac Cap de Long

150

221

EDF

EDF

1956

Luz II

Gave de Pau

40

120

EDF

EDF

1958

Soulom II

Gave de Pau

30

156

SNCF

SHEM

1959

Lau- Balagnas II

Gave d’Azun

31

102

Sté Forces motrices Arrens

EDF

1960

Aucun

Gave d’Arrens

6

23

EDF

EDF

1971

Plan du Tech

Gave d’Arrens

2,4

9

EDF

EDF

1979

Pragnères II

Gave de  Pau

180

326

EDF

EDF

1993

Agos-Vidalos

Gave de Pau

1

7

Sté Hydroélectrique du Midi

SHEM

1994

Beaucens

Gave de Pau

1, 6

10, 60

Sté Hydroélectrique du Midi

SHEM

1995

Préchac

Gave de Pau

1,2

5,8

Sté Hydroélectrique du Midi

SHEM

1997

Isaby

Lac d' Isaby

2

8

Sté Hydroélectrique du Midi

SHEM

             

                              LES PRINCIPALES CENTRALES DU PAYS DES VALLÉES DES GAVES
                                                                 HAUTE MONTAGNE

La plupart des centrales hydroélectriques importantes sont gérées par le Groupe d'Exploitation Hydraulique (GEH). Il exploite 37 centrales, réparties entre les Hautes-Pyrénées et les Pyrénées-Atlantiques. Appelé GEH Adour et Gaves, sa production moyenne annuelle pour les deux départements est de 1700 millions de Kw/h, ce qui représente une consommation hors industrie d'une ville de 725 000 habitants (Chiffres EDF).
Le siège social d'Argelès-Gazost pilote cinq GEH, dont deux groupes concernent notre région :
l'un se trouve à son siège à Gèdre et le second à Arrens-Marsous. Le premier exploite les centrales de : Gèdre, Pragnères, Esterre, Luz I, Luz II, Saint-Sauveur et Pont de la Reine et le second Migouëlou, Tucoy, Plan du Tech, Arrens, Aucun, Nouaux Lau-Balagnas et Peyrouse.
Pour réaliser cette production, 16 barrages ont été nécessaires dont neuf pour notre région. Ce sont les suivants : Migouëlou, Le Tech, Escoubous, Gréziolles, Aumar, Aubert, Cap de Long, Orédon et Gloriettes. La totalité des 16 barrages peuvent stocker 110 millions de m3, celui de Cap de Long, 70 millions à lui seul.

                                                                    LE GEH DE LUZ-PRAGNERES

LA CENTRALE DE GÈDRE

En amont de Pragnères, une usine sera construite à Gèdre en 1952, au confluent du gave de Gavarnie et de Héas. Alimentée par la régularisation du barrage du lac des Gloriettes d’une capacité de 3Mm3, l’usine produit 100 GWh avec une puissance de 24 MW.
Cette centrale recevra en 1956, les groupes de l’usine de Luz II qui fonctionnera avec les eaux de restitution de la Centrale de Pragnères. Elle produira alors annuellement 120 GWh
                                                            
LA CENTRALE DE PRAGNÈRES, un ouvrage exceptionnel


En 1947, après la guerre, un important chantier de production d’hydroélectricité consécutif au plan Monnet va voir le jour dans le pays toy et la vallée d'Aure. L’un des plus prestigieux chantiers d’EDF en altitude. L’idée maîtresse est d’utiliser le lac Cap de Long du massif du Néouvielle, situé à 2160 m, comme pièce centrale du projet. Ses eaux se versaient naturellement vers la Neste d’Aure. Qu’à cela ne tienne, un immense barrage permettra de détourner les eaux vers le Gave de Pau où existait déjà une chute à Pragnères à 10 km. Ce détournement d’une eau destinée à l’agriculture ne se fera pas sans heurt. Une fois le projet accepté, Cap de Long servira de réservoir principal en recevant par pompage les eaux des lacs d'Ossoue et d'Escoubous et par gravité celles du lac d'Aubert en contrebas à 2148 m, relié par une conduite souterraine, puis d’Aumar au-dessus d'Aubert. Un réseau de 30 prises d'eau vient compléter le dispositif de collecte d'eau.  Le barrage principal de 100 m de haut, du type voûte semi-épaisse, pourra stocker jusqu’à 68 Mm3. Les deux stations de pompage rive droite, celle de la Glaire ou Glère des zones lacustres inférieures  et la principale à 1700 m au-dessus de la centrale qui servira à pomper les eaux de la rive gauche pour les faire accéder à Cap de Long compléteront le système. Une galerie percée dans le massif du Néouvielle sur 10 km reliera le barrage à la conduite forcée. Celle-ci, avec sa longueur de 2036 m, et son dénivelé 1250 m obtiendra le record mondial jusqu’en 1952.

plan 001

Un barrage historique
Le barrage de Cap de Long a été édifié sur un verrou glaciaire. Barrage voûte-poids, il a été complété par une digue. Il a nécessité 270 000 m3 de béton réalisé par deux centrales. Les matériaux provenaient d'une carrière de granit situé à 1200 m et étaient expédiés aux centrales à béton par des tapis roulants, après concassage sur place par deux concasseurs de 79 et 85 tonnes. Ce barrage peut stocker à lui seul 67 millions de m3 d'eau, sur les 72 millions de la Centrale.

Le fonctionnement
La centrale est un apporteur d'énergie de saison. L'hiver, la neige s'accumule et l'eau des torrents se transforme en glace. Celle du barrage de Cap long est donc prélevée et alimente la centrale. Au printemps, à la fonte des neiges, les eaux des torrents viennent alimenter le lac Cap Long grâce aux deux stations de pompage et aux nombreuses vannes. 


Capde Long barrage EDF Capde Long mulets
Chantier du barrage. Matériel acheminé par des mulets. Clichés EDF

Cap de Long chemin                                                                      La route d'accès. Cliché EDF.

Les stations de pompage
La principale, à 1700 m, est desservie par deux téléphériques, dont un téléphérique de chantier, le Blondi. Il peut monter jusqu'à 15 t. Cette station est équipée de deux pompes (11 000kW et 6 000 kW) d'un débit nominal de 6,5 m3/s sous une hauteur de refoulement de 325 m. Plusieurs vannes, dont la principale sur la conduite forcée et qui pèse 37 tonnes, permettent différentes connexions. La station est alimentée par deux lignes électriques venant de la Centrale.
La seconde pompe dite de la Glaire (Glère) moins importante est équipée aussi de deux pompes, mais de 2000 kW chacune avec un débit de 2m3/s pour une hauteur de refoulement de 140m. Elles sont alimentées en électricité par l'usine électrique d'Esterre.

Les turbines
La Centrale est équipée de deux groupes de turbines ; l'une de 80 000 kW et l'autre de 35 000 kW. Ce dernier groupe est branché directement sur la conduite forcée et peut fonctionner d'une façon autonome.

Les eaux récoltées
Les différents lacs sont alimentés pour la rive droite du Gave de Pau, par les torrents du Boulou, du Rabiet, de Maucapéra, d'Aygue-Cluses d'Escoubous, de la Glaire (Glère), et d'Oeil-Nègre. Et pour la rive gauche, par les eaux de Holle, Saousse (1860 m), Canaou, Tapou, Ossoue (1835m), d'Aspe, de Oule, Male, Cestrède, et de l'Itouèse (Massif de l'Ardiden).

Un chantier hors norme
Pratiquement isolé du monde, où l’hiver, seuls les  skieurs pouvaient alimenter les ouvriers, ainsi que quelques bennes de téléphérique, ce complexe gigantesque sera endeuillé par quelques accidents mortels. Il n’en demeure pas moins que malgré toutes les difficultés : froid, glace, vent, falaises, la prouesse fut totale. Ainsi furent réalisés, après sept années de travail acharné par 3000 ouvriers, essentiellement d'origine espagnole, italienne et nord- africaine, 33 km de route, 20 téléphériques, 40 km de galeries, 30 barrages et prises d'eau, une usine, deux stations de pompage, deux puits, trois turbines Pelton.
L'accès au barrage de Cap de Long a nécessité la création d'une route à flanc de montagne de 5 m de large et de 13, 5 km de long, avec une pente qui ne devait pas excéder 5% pour l'accès des camions de 10 t qui apportaient le ciment.
Parmi les téléphériques construits, certains relevaient d'une prouesse inégalée. Ainsi le téléphérique de la station de pompage de Pragnères à 1700 m d'altitude a été réalisé sur des parois rocheuses, souvent à la verticale. Il a nécessité un sentier muletier de 10 km pour accéder au chantier. Le téléphérique pratiquement horizontal de la Glaire (Glère) raccordé au funiculaire de l'Ayré à Barèges, possède une portée de 2500 m.
Quant aux logements des ouvriers, c'étaient le plus souvent des baraquements en bois, dont les éléments étaient montés à dos de mulets. Seul le cantonnement de la Glaire (Glère) disposait de bâtiments en dur.

L’énergie électrique fournie
La centrale terminée en 1952 et agrandie en 1956,  fournira  grâce à des alternateurs Alsthom,un courant transporté en 220 kV vers trois directions :
- Toulouse via Lannemezan
- Bordeaux via Lau Balagnas
- Sabiñanigo en Espagne.
Cette centrale est la centrale la plus puissante des Pyrénées, avec une puissance installée de  185 Mw avec une production annuelle de  360 GWh.
Elle est complétée par quatre autres usines situées sur le gave de Pau : Gèdre, Luz-Saint-Sauveur, Esterre et Pont-de-la-Reine.
Un ouvrage : Cap de Long, un barrage pour deux vallées, d'Alexandre Pau et Étienne Follet, éditions Privat.

La centrale de Pragnères
Centrales de Pragnères
Dessin EDF, la coupe est dans le  sens de vision quand on vient du Sud (Gèdre) sens inversé du dessin ci-dessus.

Un petit film sur la centrale par FR3
 

Pragnères 3Pragnères
Visite de la centrale. Photo Edf.

Turbines Pragnères turbine2
              Salle des turbines                                                                 Roue Pelton à godets Photos J. Omnès
Cap de Long  Pragnère tube
Barrage Cap de Long, le plus important. Photo Google Tuyau de conduite forcée, environ, 1, 70 m de diamètre.


 Pragnères conduite
Conduite forcée à Arrens. A droite à Pragnères, avec station de pompage à mi-chemin. Photos J. Omnès

Pragnères pompage
Station de pompage au-dessus de la centrale de Pragnères Photo J. Omnès

Station pompage la Glère
Station de pompage de la Glère ou Glaire (Barèges)

LA CENTRALE D'ESTERRE

L'usine électrique d'Esterre alimente le pompage de la Glère par une ligne dont on voit le premier pylône sur la gauche de la photo, au premier plan, cette ligne suit le Bastan, monte à l'Ayré et poursuit jusqu'à la Glère.
L'usine de pompage est au fond de la vallée d'en face, à la Glère (juste en dessous du refuge CAF).
Hydrauliquement, Esterre est alimentée par quelques prises d'eau (Cabadur à la sortie de Barèges, Bolou (avec le siphon), Laguès sans réservoir (elle turbine "au fil de l'eau"), et au bout de la galerie, il y a cette conduite forcée que l'on voit à droite ! (Information de Puech)


Esterre                                  
Au pied du château Sainte-Marie. Photo J. Omnès

Esterre 2

LA CENTRALE DE LUZ I

LA CENTRALE DE LUZ II

LA CENTRALE DE SAINT- SAUVEUR


LA CENTRALE DU PONT-DE-LA-REINE
En 1949, l’usine du Pont-de-la-Reine, sur la commune de Viscos, produira, grâce à une chute de 76 m, 60 GWh pour une puissance de 14 MW, avec deux groupes dotés de turbines Francis.

Centrale Sia 2

Centrale Sia 3

                                                                      LE GEH  VAL D'AZUN

les centrales0010 2
Toutes ces usines GEH Arrens dégagent une puissance de  128, 60 MW pour une production annuelle de 378 GWh.

Dans les années 1950, quatre usines seront édifiées le long du gave d'Arrens : Arrens (1951-52) Migouëlou et  Tucoy (1958-59) et Aucun (1960). En amont des usines de Nouaux et Lau Balagnas, toutes alimentées par la régularisation du lac naturel de Migouëlou à 2278 m, de 48 ha, grâce à un barrage de 274 m de 31 m de haut avec 9 voûtes et une chute de 1800 m ; les 17 millions de m3 du lac fourniront 70 GWh. De cette côte à la côte 444 (usine de Lau-Balagnas), tous ces ouvrages : barrages, conduites forcées, pylônes, superbes usines de pierre, lignes... seront l'oeuvre d'une importante main d'oeuvre étrangère, surtout espagnole et italienne. Ces réalisations apporteront une manne importante, appelée localement "manne céleste" aux communes traversées par les redevances payées par EDF.

LA CENTRALE DE MIGOUËLOU
À 1802 m, elle dégage une puissance de 33, 9 MW

Migouléou Roland Dard
Barrage Migouëlou. Cliché Roland Dard.

         
LA CENTRALE D'ARRENS
À 907 m, elle dégage une puissance de 26 MW.

Pragnères 2
Conduite forcée d'Arrens

Centrale Arrens

Centrale Arrens 2


LA CENTRALE DU PLAN DU TECH
À 1211m, elle sera réalisée en 1971, suite à la construction en 1949-50 du barrage du Tech. Situé à 1207 m, de type voûte en béton, de 166 m de long et 33 m de haut , il retiendra un lac artificiel de 9,5 ha avec une capacité de 1,3 millions de m3. Elle dégage une puissance de 2,3 MW


Barrage Tech                                            Barrage du Tech, le chantier. Photo Alix

Barrage du Tech 1 Barrage Tech 3


Centrale Pla Tech

LA CENTRALE DE TUCOY
  À 1 263 m, elle dégage une puissance de 11,1 MW


Tucoy


Centrale Tucoy

Tucoy descente  
Descente vers la centrale du plan du Tech.  Tucoy conduite forcée, photo J. Omnès

LA CENTRALE DE NOUAUX

À Arras, à 638 m, réalisée dès 1908, sur le Gave d’Azun par la Société pyrénéenne d'électricité, par la De Beers, pour l'ingénieur Henri Léon Lemoine qui devait réaliser la transformation de carbone en diamant et qui s'avèra être un escroc. L'usine dite Usine Lemoine, rénovée en 1948 par EDF, utilisera les eaux du Gave d’Arrens par une prise d’eau et du Gave d’Estaing par dérivation. Elle produira, grâce à une chute de 200 m, une production annuelle de 90 GWh, pour une puissance de 17 MW, grâce à deux turbines Francis.

Arras Moulin Lemoine Centrale Lemoine en cosbtruction. Carte postale ancienne de Loucrup65.

L'affaire Lemoine. "Un soir de première au théâtre des Nouveautés de Tarbes, durant l'entracte, Lemoine et Dazet, un avocat tarbais agent des relations publiques de Lemoine, jettent des louis d'or dans la foule : " Nous savons faire des diamants, nous aurons autant d'or que nous voudrons" (1) Et d'informer les journalistes présents que l'ingénieur Henri Léon Lemoine venait de découvrir le moyen de transformer de vulgaires charbons en magnifiques diamants, grâce à l'énergie électrique. La nouvelle se répandit comme une trainée de poudre, de Tarbes à Toulouse, de Toulouse à Paris puis en Afrique du Sud au Cap. Là, la De Beers, importante entreprise mondiale de l'industrie du diamant fut tellement intéressée par le cette incroyable découverte, qu'elle envoya une délégation d'abord à Paris (Quartier latin) pour assister à la première expérience, puis à Argelès où, un site avait été choisi pour la réalisation d'une centrale au bas d'Arras, financée par le diamantaire. La transformation eut lieu devant les yeux médusés des spectateurs, la nouvelle fit le tour du monde, les actions de la De Beers s'effondrèrent. Elles furent rachetées en masse à Londres, par un mystérieux acheteur, ami des deux Français. Les achats cessèrent par manque de liquidités des deux comparses. La De Beers proposa une somme colossale contre le brevet qui fut déposé dans un coffre.Mais, une rumeur commença à s'installer, et si l'expérience était du bluff ? Tout le monde présent lors de l’expérience avait pourtant bien vu le diamant dans le creuset, apparaître sous l'effet de la luminosité et de la fumée provoquées par le courant, confirmant les expériences parisiennes. Et s'il avait été déposé avant l'expérience ? L'ingénieur Lemoine effectivement avait joué de ses dons d’illusionniste. Lemoine en profita pour annoncer son canular : six ans de prison ferme pour escroquerie, mais l'argent déposé dans le coffre ne fut jamais retrouvé.

(1) J. Lefrère, Le visage de de Lautréamont, Paris, Horay, 1970.

Nouaux 3v

Nouaux 1

Nouaux 2 Barrage-écluse


Nouaux 5

LA CENTRALE D'AUCUN
Située à 837 m, elle dégage une puissance de 6,1 MW

LA CENTRALE DE LAU -BALAGNAS
Elle a été construite en 1933, par la société des Forces Motrices d'Arrens. À 444 m , elle dégage une puissance de 31,3 MW.

Lau Balagnas  Lau Balagnas 2

Lau Balagnas6

LA CENTRALE DE PEYROUSE
Au fil de l'eau (343m), elle dégage une puisance de 0,9 MW.

Peyrouse centrale 1   Peyrouse 3

Peyrouse cenrales 2    
                                           

                                                                   
                                                               LES CENTRALES DE SHEM (SNCF)

La SNCF via la SHEM gère plusieurs centrales, dont le siège social se trouve à Soulom  : les centrales de Soulom I et II, celles d'Isaby, de Beaucens, de Préchac et d'Agos-Vidalos.

Par centrale, nous avons les chiffres suivants :
années construction                   puissance   production/an
1913 Soulom I                                8  MW   40   GWh           
1958 Soulom II                              30 MW   156 GWh
1992 Soulom II                             10 MW    57   GWh Total Soulom : 48 MW et 253 GWh
1993 Agos -Vidalos                        1 MW    8     GWh
1994 Beaucens                          1, 6 MW    10, 60 GWh
1995 Préchac                                 2 MW     8     GWh
1997 Isaby                                      2 MW    8     GWh
La puissance globale serait de 54, 60 MW et la production annuelle de 287, 60 GWh. A vérifier
Ce qui correspond à la consommation annuelle d'une ville de 55 000 foyers.

Historique
La compagnie des chemins de fer du Midi devenue SNCF en 1938, se devait dès que possible changer la traction à vapeur par la traction électrique, plus souple et évitant les coups de collier. A cet effet elle créa la Société Hydro Electrique du Midi ou SHEM et celle-ci engagea des travaux importants à Soulom, Eget et près d’Eaux-Chaudes où se trouvait une forte potentialité hydraulique.

Première étape
Les travaux commencèrent en 1911 à Soulom, au confluent des gaves de Pau et de Cauterets, avec une réalisation de groupes de production de basses chutes sur le Gave de Pau.

Après une prise d’eau en amont, au Pont de la Reine et la réalisation d’une galerie à écoulement libre de 6 300 m, d’une chambre d’eau de 2 000 m3 et de trois groupes équipés de turbine Francis avec alternateurs monophasés (qui deviendront triphasé en 1915) la centrale put être opérationnelle en 1913. Très vite à cause de la guerre,  l’électricité produite dut servir à alimenter des usines d’armement (poudreries de Toulouse et Angoulème)

Seconde étape
C’est celle de la réalisation de groupes de production de hautes chutes sur le Gave de Cauterets.
Après une prise d’eau en sortie de l’usine de Calypso (route de Cauterets) et la réalisation d’une galerie à écoulement libre de 3 000 m, d’une chambre d’eau de 22 000 m3 et de trois groupe équipés de turbines Pelton avec un alternateur monophasé et deux triphasés pour alimenter l’usine d’armement de la Nitratière, cette partie de la centrale fut activé dès 1915.

Prise deau Calypso  Prise deau pont
Prise d'eau au Calypso et au Pont de la Reine

Soulom                                                 Soulom en 1913


usine shem 2 2
      L'usine en 1913. Photos anciennes, plaquette 100 ans d'énergie renouvelable. 1913-2013

carte shem
En rouge, les stations SHEM en jaune celle de l'EDF, manquent à gauche la station d'Isaby, à droite le Lac des gaves correspond à la station de Beaucens, manquent Préchac et Agos-Vidalos le long du gave de Pau, après le Lac des Gaves, plan trop large.

Les modernisations 

Au fur et à mesure de l’évolution  technique, il sera procédé à l’augmentation des puissances, à la modernisation des bâtiments, aux changements des machines et des équipements. Ainsi en :

1937 : il a fallu, suite aux crues importantes,  modifier le système de protection des murs de défense du gave.
1942 : remplacer des groupes de production basses chutes, les groupes de type horizontal ont été remplacés par des groupes verticaux (turbines Francis de 5,2 MW).
1956 : agrandir l’usine par les locaux en  béton que l’on peut voir actuellement.
1958 : construire un groupe de production de basses chutes en sous-sol : le BC4 avec une turbine Francis et un alternateur de 17 000 kW.
1985 : modifier des groupes des hautes chutes.
1987 : remplacer des conduites forcées des hautes chutes. Les turbines Pelton sont remplacées par des Francis et il est rajouté deux groupes de 10 500 kW dans une fosse pour augmenter de 5 mètres la hauteur des chutes.

shem 6 2               Agrandissement des bâtiments en 1956. Photos plaquette 100 ans d'énergie renouvelable

En 2005, le groupe SNCF a cédé 40 % du capital de la SHEM.
Depuis janvier 2007, la SHEM est devenue partie intégrante d'Electrabel qui détient alors 99,6 % de son capital. Cet accord a permis à Electrabel France de disposer d'une base industrielle dans le marché français de l'électricité à partir d'énergie hydroélectrique comme avec la Compagnie nationale du Rhône (CNR).
Lors d'une rencontre en avril 2007 avec le personnel de la SHEM, le PDG de Suez, Gérard Mestrallet a qualifié la SHEM de « superbe entreprise, unique par son histoire » : « Notre volonté est que la SHEM puisse se développer en toute sérénité. Nous avons de l'ambition pour la SHEM. Le groupe Suez est là pour l'aider ».
Depuis la fusion de Suez avec GDF pour devenir GDF Suez en juillet 2008, la SHEM a rejoint les filiales de la Branche Énergie France (BEF) pour devenir avec la CNR, le pôle d'expertise de l'hydroélectricité du groupe qui participe directement à son mixte énergétique.
Et maintenant la SHEM est filiale de "ENGIE"



Soulom 2                                                                       
             Le site de Soulom

Soulom 1
Les conduites forcées arrivant à la centrale de Soulom

Soulom Barrage 1
Barrage en amont de la centrale de Soulom, l'eau provient du Calypso par une galerie de 3000 mètres

Soulom barrage 3                                                Conduite forcée. Photo J. Omnès

Soulom barrage 4

Soulom barrage 2
La source de Lor proche captée par ?. Photos J. Omnès


nh 5                    Emplacement de l'usine , du barrage-réservoir et de la source. Plan IGN 1647ET

LA CENTRALE D'ISABY

Construite en 1997, en pierre apparente sous la forme d'une grange à penàus (redents)en pierre apparente, elle a une puissance de 2MW et dégage une énergie annnuelle de 8GWh. Elle est alimentée par une prise d'eau sur l'Isaby, en amont de la cascade de Pradets

Shem isaby
En face de la centrale, les bâtiments correspondent à une prises d'eau qui alimente avec celle de la cascade de Paspich en aval, l'usine Ferro Pem de Villelongue.

Prises 2 Isaby


                                              LES PETITES CENTRALES PRIVÉES AU FIL DE L'EAU

À la fin du XIXe siècle, l’équipement d’usines hydroélectriques à chutes étant pratiquement terminé, les centrales de petite hydroélectricité sur des cours d’eau continueront à se développer. On dénombrera en 1996, 300 centrales de ce type au fil de l’eau dans les Pyrénées, totalisant une puissance installée de 300 MW. Elles fonctionnent en continu alors que les centrales type lac-barrage fonctionnent de manière intermittente afin de subvenir le plus souvent aux demandes lors de pointes de consommation journalière.

La plupart des centrales appartiennent à des producteurs privés autonomes qui vendent leur électricité à EDF.

Tels les centrales  de Lourdes, Ouzous,  Saint Créac, Saint-Pé...
                                                   
Lourdes Latour
La rampe du funiculaire de Lourdes a pu être rapidement construite grâce aux carrières de pierres locales et a pu fonctionner grâce à l’énergie hydroélectrique de la centrale (210 cv) de Lugagnan, au confluent du Gave de Pau et du Néez, proche, et de celle de Vizens (260 cv) à 4 km du Funiculaire. Puis, en 1935, de celle de la microcentrale complémentaire, érigée au moulin  Latour à Soum de Lanne.

Funiculaire Lourdes1 Lourdes usine

Lourdes Latour 2   Lourdes Latour 5


Lourdes Vizens



Lourdes Sanctuaires

Le bâtiment a été réalisé par l'architecte Jean-Marie Lacrampe en 1894.
Il a été restauré en 1937, date marquée sur la façade.

 

Centrale Grotte 4

Centrale Grotte 1 2 Centrale grotte 3 3
Photos J. Omnès



Ouzous
Une micro-centrale a été réalisée en 1925 pour alimenter en électricité une maison. Puis, en 1927 fut créée la société Force et Lumière des Pyrénées dont le but était la mise en éclairage des villages d’Ouzous, de Gez, de Salles et de Sère. Le travail fut terminé en 1930. Mais nombreux furent les villageois qui refusaient l’électricité par atavisme et peur de mettre le feu à leur maison, préférant l’ancestrale chandelle de résine (candela d’arriosia), la lampe à huile ou à pétrole. Les volontaires, eux, exigeaient que les poteaux soient plantés devant leur maison par fierté de leur train de vie à montrer aux passants. L’électricité était mise en marche la nuit par un ingénieux système. Une vanne du moulin était soulevé à partir d’une maison proche, la maison Lavinha,  à l’aide d’un câble tendu à partir d’un enrouleur à manivelle et supporté par quelques poteaux de transport de l’électricité. Comme les chutes d’eau subissaient des variations qui se transmettaient à la dynamo du moulin, les pertes et chutes de tensions étaient fréquentes. Ce qui faisait comparer la lumière produite   à celle d’un ver luisant : lutzencrampa. Source : Sentier de découverte du massif du Pibeste

                                                                   
   Ouzous micro centrale
 Ouzous micro centale 2

Saint-Créac
À l'entrée du village venant de Lugagnan
Dès 1885, Benoite Soubirous fait à la préfecture une demande d'autorisation d'installer une ligne électrique qui part de son moulin pour alimenter son hôtel rue de La Grotte, l'hôtel Moderne. L'usine est passée entre plusieurs mains. Sur la porte de la maison, un nom, Chez Benjamin. Maintenant le propriétaire LBH vend de l'électricité à EDF.


St Créac usine 9
La maison d'habitation est à droite, l'usine au fond, le canal de dérivation passe dessous


St Créac usine 3 St Créac usine
Canal de dérivation, au fond, l'usine. Le Neez et à gauche l'écluse du canal de dérivation


St Créac 4 St Créac 5
St Créac machine
Machine abandonnée sur le site


Saint-Pé
Centrale hydroélectrique privée du Bout du Pont à Saint-Pé-de-Bigorre.
D'après l'inventaire du CPIE de 2000, le projet de création de la centrale hydroélectrique pour remplacer la carderie arrêtée en 1970, nécessita une véritable enquête historique. Il fallait s'assurer que le droit d'eau existait à cet endroit. M. Toustard, le propriétaire des lieux, dut chercher des textes anciens chez le notaire de Saint-Pé, Maître Desmales. Un document daté de 1724, et venant de l'abbaye, confirmait que les moines avaient bien vendu à un certain Barthélemy Garet, un corps de logis ayant servi de martinet  à  étirer du fer pour fabriquer des faux. Il y a bien eu donc,  vente d'eau. Forte de cette révélation, la famille Toustard avait toute la légitimité pour commencer les travaux. Ils furent engagés en 1979. L'usine fut opérationnelle fin 1980, début 1981.

La SARL TEDELEC exploite cette centrale du Bout du Pont de Saint-Pé-de-Bigorre depuis 1981, date de sa mise en service. Créée par Jean Toustard, elle est maintenant dirigée par 2 cogérants : Pierre et Jean-Yves Toustard.
Caractéristiques de la centrale :
Autorisation : arrêté préfectoral du 11 juin 1969  jusqu’en 2044 (75 ans).
Turbinage au fil de l’eau.
Puissance maximale brute : 677 kW dont 177 kW fondée en titre .
o Débit maximal de dérivation : 24 m3/s.
o Hauteur de chute brute : 3,75 m.
o Débit réservé : 4,50 m3/s.
Située sur le gave de Pau, la centrale hydroélectrique « au fil de l’eau » produit une énergie propre (pas d’émission de CO2), une énergie renouvelable qui ne consomme pas d'autres ressources (l’intégralité de l’eau est restituée à la rivière).
La production annuelle est de 4,5 Millions de kWh qui permettent de subvenir au besoin en électricité domestique de 700 foyers (équivalent à la population de la commune de Saint-Pé-de-Bigorre plus celle de Peyrouse, sa voisine). De nombreux travaux de modernisation ont été réalisés en 2013, suite aux crues dévastatrices.




St pé cenrale                                                                                                                                     
  La centrale de Saint-Pé. Cliché Guy Trousselle

St Pé centrale  St Pé centrale 2
Clichés Guy Trousselle
                                                                  

St Pé centrale 4 Photo J. Omnès