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2 - Les Pyrénéistes - Liste des auteurs d'ouvrages sur la Bigorre

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Ci-dessous, la plaque de la salle d'honneur du Pyrénéisme du château fort de Lourdes, où malheureusement il est  traité à minima. Dans cette salle, on ne peut que constater l'absence de toute photo et de tout  instrument (jumelles, piolet, crampons). Les noms de ceux qui ont fait l’histoire de cette saga ne sont pas non plus mentionnés, exception faite des officiers géodésiens. Tous les dons des pionniers et des guides de montagne ont disparu dans les archives et les réserves. Voir à la fin du dossier, la bibliothèque du musée pyrénéen.

                                         
                                                                             Photo J. Omnès

Le Pyrénéisme est une conception bien spécifique de l'approche de la montagne qui n’a rien à voir avec l’alpinisme ou les ascensions de hauts sommets.  Il ne s’agit nullement de vaincre des hauteurs pour le seul plaisir de la compétition, mais d’aborder la montagne dans son environnement global, dans un but purement culturel ou scientifique. C’est une démarche qui s’adresse plus à des amoureux de l'altitude qu’à des « professionnels du vide ». Une ascension des Pyrénées ne peut se concevoir sans un objectif botanique, scientifique, géologique, cartographique… L’observation est la qualité du grimpeur.

Cette démarche a été mise à l’honneur au tout début de l’époque romantique. La référence de base est l’ouvrage de l’historien Henri Beraldi : Cent ans aux Pyrénées, où la définition du terme est ainsi résumée : « le Pyrénéisme c’est savoir à la fois ascensionner, écrire et sentir ». L’innovateur sera Ramond de Carbonnières avec son ouvrage : Observations faites dans les Pyrénées et son ascension du Mont Perdu en 1802.

 Les officiers géodésiens. Dès 1825, afin d’établir la carte d’état-major des Pyrénées, deux officiers géodésiens furent envoyés au Balaïtous dans le Val d’Azun. Le mont fut gravi par messieurs Peytier et Hossard le 3 août 1825 ; ils furent les pionniers discrets de ce qui allait s’appeler plus tard le Pyrénéisme. De nombreux amoureux de la montagne les suivirent par la suite, avant le déferlement des touristes du XXe siècle.

Un petit monument géodésien, genre tourelle de signalisation, commémore le centenaire de cette ascension. Il se trouve au-dessus d’Argelès, sur la D918, vers Arras sur la gauche, après la D102 (Gez). C'est la reproduction de la tourelle que les officiers géodésiens Peytier et Hossard  élevèrent au sommet du Balaïtous en 1825.

                                   Borne géodésien
                 Monument souvenir aux géodésiens, bornes de géodésiens au château fort de Lourdes. Photos J. Omnès

 

Petite histoire 

En 1864, un avocat anglais Charles Packe veut être le premier à franchir les 3 144 m du Balaïtous ; il découvre au sommet des piquets de tente !  Le mystère demeure entier pendant de nombreuses années. Ce n’est que bien plus tard que l’historien des Pyrénées, Henri Beraldi, apprendra par les archives que Peytier et Hossard avaient fait la triangulation du massif en 1825. 

Les Pyrénéistes. Les premiers sont naturellement les bergers et les chasseurs anonymes, puis vinrent les scientifiques poussés par les idées nouvelles des encyclopédistes. L’astronome Vidal et le chimiste Reboul vainquirent le premier 3 000, en 1787. Puis, ce fut au tour de Ramond de Carbonnières avec le Pic du Midi. Voir ci-dessous. À la fin du XIXe siècle, pratiquement tous les sommets étaient conquis.

Louis-Ferdinand Ramond de Carbonnières (1755-1827) : originaire de Strasbourg, où il est avocat, il se met en 1781 au service du cardinal de Rohan (cardinal qui fut emprisonné suite à l’affaire du collier de la Reine).

En 1787, Ramond accompagne le cardinal aux eaux de Barèges. Il découvre alors l’envoûtement des Pyrénées auxquelles il consacrera une activité sans limites. À la fois homme de terrain, grand pyrénéiste avant la lettre et homme d’études avec de nombreuses publications toujours dignes d’intérêt, il édite en 1789, ses Observations faites dans les Pyrénées. Deux ans auparavant, il avait atteint le sommet du Pic du Midi, et découvert le Mont Perdu dont il atteindra le sommet en 1802, après plusieurs essais infructueux. Quelque peu inquiété pendant la Révolution (incarcéré pendant un an), il est nommé en 1796, professeur de sciences physiques et naturelles à l’école centrale de Tarbes. Élu député des Hautes-Pyrénées en 1802, préfet du Puy-de-Dôme en 1806, il finit maître des requêtes au Conseil d’État. Il meurt à Paris à 72 ans.

Sa connaissance approfondie des Pyrénées et sa curiosité scientifique en ont fait l’exemple même du Pyrénéiste moderne : la Société Ramond, société savante de Bagnères-de-Bigorre fondée en 1866 se veut sa digne héritière. 


                                                                                    Louis Ramond de Carbonnières

On ne peut parler de Ramond sans mentionner Jean -Pierre Piqué, médecin, député maire de Lourdes, conventionnel qui fut l'un des premiers à étudier la botanique locale et à la comparer avec le versant espagnol, du côté de l'Aragon. Il accusa par la suite Carbonnières d'avoir pillé ses recherches. Pour plus d'informations, voir le dossier hommes célèbres.

Anne Lister (1791-1840). Si Anne Lister, riche héritière, née en 1791 à Halifax (Grande-Bretagne) est connue dans son pays comme personnalité du monde homosexuel et littéraire, elle est surtout connue en France pour ses ascensions de pics pyrénéens. Ses 24 volumes décrivant, parfois sous forme de code, ses aventures tant sexuelles que ses voyages, ont été en partie édités. C’est avec Anne Walker, une autre riche héritière qu’elle a « épousée » en 1832, qu’elle continuera ses exploits sportifs ; après avoir auparavant visité Paris (1819) et les Pyrénées, avec l’ascension en 1830, du Mont Perdu par la Brèche de Roland. En 1838, en accompagnant son amie à Luz-Saint-Sauveur, elle profitera de son séjour pour réaliser une première : l’ascension du mythique Vignemale (3298 m)… Puis, de longues pérégrinations l’amèneront dans le Caucase où elle décèdera de fièvre en 1840, auprès de son amie. Cette dernière ramènera son corps embaumé en Grande-Bretagne.

220px-Lister anne  Cabanon Carbonnières
Anne Lister peint par Joshna Homer. Gèdre, cabanon de Ramond d'où il partait pour ses promenades, rénovée  et transformée en Maison du Géologue. Journée de l'ouverture avec Jean Knobel, octobre 2016. Photo Guy Trousselle.

L’aventure tumultueuse de la conquête du Vignemale.

Le 24 juillet avec ses guides habituels Jean-Pierre Charles et Jean-Pierre Sajous, Anne Lister monte au Pïménée. De là, elle envisage la conquête du Vignemale jugée inaccessible à cause du glacier d’Ossoue. Elle s’informe auprès de guides expérimentés : Cazaux et Guillembet. Elle apprend que ce dernier a été engagé par Napoléon Joseph Ney, le prince de la Moskowa pour faire la même ascension. Elle précipite son départ et le 6 août, c’est une colonne de plus de 25 personnes qui se dirige vers la cabane de Saoussat-Debat. Elle  repart en direction du versant espagnol, franchit le col entre le pic de Cerbillonna et le pic Central, nommé depuis col Lady Lister. À 13 heures, elle atteint  le sommet de la Pique-Longue. Après avoir écrit son nom et celui de ses guides sur un papier glissé dans une bouteille, l'expédition reprend la descente. Le 11, le prince et les mêmes Cazaux et Guillembet partent à la conquête du même sommet et font disparaître ladite bouteille.

L’affaire se terminera devant un avocat tarbais au bénéfice d’Anne. Elle avait 47 ans.
Anne Lister figure dans un film tourné par René Dreuil (premier volet : Les découvreurs).
Pour en savoir plus sur Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/Anne_Lister

Vignemale
                                                           Photo de Topo Guide

Comte Henry Russel :
singulier personnage que ce comte né à Toulouse en 1834, d’un père irlandais et d’une mère gersoise. Après avoir parcouru pratiquement le tour du monde, surtout l’Asie et l’Océanie, il s’installe dans les Pyrénées et tombe follement amoureux des montagnes du Lavedan : « Quand j’arrive auprès d’elles, elles me reconnaissent » aime-t-il à dire. Son massif de prédilection est le Vignemale, au sommet duquel il creuse des grottes-abris. On lui doit la hauteur actuelle de ce sommet : 3 300 m. Le géodésien Peytier l’ayant calculé à 3 298 m, il le surélève artificiellement de 2 mètres. Acte administratif insolite, le syndicat des vallées de Barèges lui accorde une concession qui part de janvier 1889, pour 200 ha entre 2300 m et 3300 m et pour 99 ans. Il peut ainsi s’installer dans sa montagne et recevoir ses amis et relations comme à la maison, lors de ses trente-trois ascensions. Il monte pour la trente-troisième et dernière fois au sommet du Vignemale le 8 août 1904. Il a contribué grandement à la renommée du Pyrénéisme dans le monde. Il décède à Biarritz en 1909 et est enterré au cimetière municipal de Pau.  Un des grands sommets pyrénéens, dont il a réalisé la première ascension en 1865, situé à l'extrémité est du massif de la Maladeta (point culminant : l'Aneto), porte son nom : le pic Russell (3 205 m).

Il est l’auteur de Souvenirs d’un montagnard. Éd. Librairie des Pyrénées/PyréMonde, Pau. Ses excursions sont relatées dans le Bulletin pyrénéen de Pau et le Bulletin Ramond de Bagnères.


                                                                             Henry Russel à Gavarnie. Photo J. Omnès

À  propos des grottes :

"Il fait creuser sept grottes de 1881 à 1893. Le 1er août 1882 la première grotte est achevée; c'est la villa Russell, située à 3205 m d'altitude, au col de Cerbillonna (3 m de long, 2,5 m de large et 2 m de haut). Russell habite sa grotte pendant trois jours. Le 12 août 1884, il la fait bénir ainsi que le Vignemale.
En 1885, il fait creuser la seconde grotte (celle des Guides) puis en 1886 la troisième, celle des Dames. Il y reçoit ses amis et de nombreux visiteurs, avec libéralité mais un confort relatif. Une visite de ses amis Brulle et Bazillac, qui dressent une tente sur le glacier, avec des tapis d'orient et une profusion inaccoutumée d'accessoires (« il y avait même des vaporisateurs »), lui vaut une réputation de luxe extravagant qu'il ne mérite pas tout à fait.
Le 5 décembre 1888, il demande au préfet des Hautes-Pyrénées de lui accorder la concession du Vignemale (200 ha entre 2300 et 3300 m). La location annuelle est fixée à 1 franc sur 99 ans et débute en janvier 1889.
Le glacier recouvrant ses grottes, trois autres seront creusées 800 m plus bas, à la base du glacier (2400 m) : les grottes Bellevue. La dernière, la grotte du Paradis, est creusée à quelques mètres sous le sommet de la Pique-Longue."
Texte d'Alain Paulia sur le site les Amis du Lavedan et du pays toy.

photo russel par Meys13042014 Chambre Russell
Russel dans son sac de couchage en peau de mouton. Chambre de Russel à l'Hôtel des voyageurs avant l'incendie. Photo P. Lavantès
Cliché de Meys.


henry russell centenaire       Russel grotte
Plaquette de  L. Le Bondidier pour le centenaire de sa naissance.     H. Russel et l'une de ses grottes

Général Charles Champion de Nansouty (1815-1895) : fils d’une famille de militaires, il s’engage dans la cavalerie en 1837, fait des campagnes en Afrique où il apprend à survivre sous un climat rude. Après un voyage dans les Pyrénées vers 1860, il s’éprend de la région et s’installe à Bagnères-de-Bigorre. Se passionnant pour les pierres, il parcourt, son marteau de géologue à la main, non seulement les chaînes des Pyrénées, mais également la vallée du gave. Fondateur de la Société Ramond (société savante) en 1866, avec le pasteur Émilien Frossard, il en devient plus tard président. Il s’associe avec Vaussenat pour réaliser l’Observatoire du Pic du Midi. Malheureusement, en 1870, il est obligé d’aller se battre contre la Prusse. Après la défaite de Sedan, il revient à Bagnères fatigué et malade. Ce qui ne l’empêche pas, en 1872, avec la Société Ramond, Frossard et Vaussenat de créer la station météorologique du Pic du Midi. Pendant les travaux (véritable prouesse technique), il passe l’été, de nombreuses journées en ermite, au-dessus des nuages (2 877 m), souvent rejoint par Vaussenat. Puis, il s’installe à demeure à l’hôtellerie Sencours (2 366 m), dont il était à l’origine de la construction quelques années auparavant. Il décède à Dax en 1895.

                    plaque nansouty  



Nansouty                   
Charles Champion de Nansouty au pic du Midi. Photo J. Omnès

Jean Florimond Boudon de Saint-Amans dit Saint-Amans (1748-1831) : né à Agen, fondateur de l'académie de la ville, ami de Ramond de Carbonières, c'était un botaniste réputé. Installé à Barèges lors de sa venue dans les Pyrénées, il est l'auteur de Fragments d'un voyage sentimental et pittoresque dans les Pyrénées.

Saint Amans


Franz Schrader : né à Bordeaux en 1844, il est l’inventeur de l’olographe, appareil qui servait à mesurer les sommets, puis du tachéographe, appareil destiné à réaliser plans et cartes avec leurs courbes de niveau. Ceux-ci sont au Musée pyrénéen de Lourdes. Son sommet préféré était le Piméné (2 801 m), face à la vallée d’Ossoue, à l’est de Gavarnie. C’est là qu’il réalisa le document connu sous le nom de panorama Schrader : dessin à 360° du paysage vu du sommet. Président du Club alpin français de Bordeaux, il décéda à Paris en 1924. Il est enterré à Gavarnie sur le turon de la Courade, face au Cirque à côté de Louis et Margalide Le Bondidier.Tous les  trois, protestants, préférèrent être enterrés hors du cimetière catholique, à côté de l'église.

     Schrader horographe
Franz Schrader et son olographe (appareil qui sert à mesurer les sommets, musée du château fort de Lourdes. Photo J. Omnès
  

Henri Brulle (1854-1936) : issu d’une famille de notaires bordelais, sa fortune  et ses nombreux loisirs lui donnent la possibilité de consacrer une partie de sa longue vie à la montagne. Partisan des difficultés, il fait de nombreuses courses dans les Pyrénées, surtout vers le Pic du Midi, le Vignemale, le couloir de Gaube, soit près de 274 courses. Ce couloir, fissure glacée sur la face nord, fut sa plus grande performance (1889). Il faudra attendre près de 50 ans pour qu’elle soit rééditée. Il meurt à Chamonix en 1936 à la suite de sa cinquième ascension du Mont Blanc. Il a 82 ans. Il ne laisse à ses successeurs qu’un « petit carnet » qui n’a jamais été publié.


Henri Brulle
 

Louis et Margalide Le Bondidier (1878-1945 et 1880-1960) : avec le Touring-Club de France, dont ils étaient membres, ils purent devenir, en 1920, les conservateurs-fondateurs du Musée pyrénéen. Ils en ont fait l’un des principaux musées d’arts et de traditions populaires de France. Mais leurs carrières commencèrent dès 1905, date à laquelle Louis organisa la Fédération des Sociétés pyrénéistes, puis en 1907, l’hôtellerie (hostellerie) du Pic du Midi, et en 1908, le premier concours de ski dans les Pyrénées.  Il est également l’initiateur du téléphérique du Pic du Midi et du premier téléski de La Mongie. Membre du Conseil supérieur du tourisme au ministère des Travaux publics en 1935, écolo avant la lettre, on lui doit de nombreux ouvrages, souvent militants, toujours courageux sur la défense de la montagne contre les appétits des affairistes ; tout comme la protection par classement d’un certain nombre de châteaux et d’édifices.

       Margalide
Louis et Margalide, revue des Pyrénées           et son bronze au château fort de Lourdes.

Il existe le Pic Le Bondidier (3 200 m) et le Pic Margalide (3 258 m). Louis et Margalide sont inhumés à Gavarnie sur le versant méridional du Turon, face au Cirque. Deux plaques de bronze commémorent leur foi : « Quand la montagne vous a pris le cœur, tout vient d’elle et tout vous y ramène ». Citation attribuée à F. Schrader.
Louis Le Bondidier 2 Louis Le Bondidier par Gabard. Musée pyrénéen de Lourdes. Photo  J. Omnès

 Célestin Passet : né à Gavarnie (1845-1917). Guide de montagne réputé, il accompagna Russel et Schrader, Bazillac, Brulle et De Monts. Il fit la première du mur de la Cascade en 1887 et du couloir de Gaube en 1889.


celestin passet    henri Passet guide
Célestin Passet                                                               Plaque de guide

Les Meillon

A
lfred Meillon (docteur)


Meillon     
  Docteur Alfred Meillon, bronze au château fort de Lourdes. Photo J. Omnès

Alphonse Meillon (1862-1933)

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Monument à Alphonse Meillon à Cauterets au pont d'Espagne. Photos J. Omnès

Château fort de Lourdes, galerie des Pyrénéistes. C’est Louis Le Bondidier, fonctionnaire à Campan et amoureux de la montagne pyrénéenne qui, en compagnie de son épouse, Margalide, avec l’accord de la municipalité de Lourdes et du Touring-Club de France, créa le Musée pyrénéen dans l’enceinte du château fort en 1920. Le couple sut prévoir, avant tous, le spectaculaire développement des sports de montagne, auprès des masses populaires et la curiosité croissante des visiteurs de Lourdes pour un des tout premiers musées d’arts et de traditions populaires en France. Louis et Margalide reçurent très rapidement en dons « toutes les reliques de la brillante épopée du pyrénéisme ». Le Bulletin Pyrénéen qui fut remplacé par la suite par la Revue Pyrénées des Amis du Musée, en fit à l’époque l’inventaire : « Ce fut vertigineux de voir accourir et se rassembler en un clin d’œil, les éperons de Nansouty, les piquets de tente de Peytier, le daguerréotype d’Hossard, le marteau de Vaussenat, la gourde et le sac de Russel, la carte qui lui servit à traverser l’Asie et la minute de l’acte de concession du Vignemale… la canne baromètre de Ramond et l' olographe de Schrader… ». On peut y ajouter le fonds Ledormeur : plus de 7 000 photos de la chaîne pyrénéenne.

C’est la seule salle actuellement rénovée, mais la plupart des dons mentionnés y compris ceux des guides de montagne ont pris la direction des archives. C’est devenu la salle des géodésiens avec de nombreuses cartes et peu d’instruments.  

GAVARNIE HAUT LIEU DES PYRENEISTES

 La statue du comte Henry Russel : elle se trouve à l’entrée du village à gauche, avant le pont. Au-dessous, une plaque commémorative : « Russell 1834. Toulouse. Biarritz 1909. 16 000 lieues à travers l’Asie et l’Océanie, les grandes ascensions des Pyrénées. Souvenirs d’un montagnard ». Voir la photo ci-dessus.
Le cimetière : à côté de l’église. Un peu triste et laissé à l’abandon, malgré le nombre important de personnalités qui y reposent. Les grands guides de Gavarnie : les Passet dont Laurent (1810-1864), Hippolyte (1813-1884), Henri (1845-1920) et le plus connu Célestin (1845-1917).

Quelques tombes de Pyrénéistes : en sortant de l’église, au fond, à droite, celle du Savoyard Jean Arlaud (1896-1938), médecin montagnard, fondateur en 1920 du groupe des « Jeunes » (GDJ), il participe en tant que médecin à l'expédition française au Karrakoran dans  l'Himalaya ; à côté, un rocher commémoratif aux nombreuses victimes de la montagne.
Plus avant, la sépulture de l’abbé Ludovic Gaurier (1873-1931), grand spécialiste des lacs et des eaux, initiateur du barrage d’Artouste, la plaque de bronze est due au sculpteur béarnais Gabard et celle de Diego Calvet (1898-1922) avec hommage du C.A.F. (1) et l’épitaphe : « Des plus purs sommets, des montagnes les plus ardues dont il aimait les grands horizons et les dangers, il est parti vers les sommets éternels, n’ayant pas connu dans la vie, l’ombre de la vallée ».
Celle de Georges Ledormeur (1867-1952), employé dans un cabinet d'architecte à Tarbes, il a près de 1 500 sommets, dont 120 au-dessus de 3 000 mètres à son actif. Il est à l'origine des plans de  la construction du refuge qui porte son nom au Balaïtous et d'un guide richement documenté avec cartes qui servira plus tard, pour organiser les passages en Espagne (1943-1944).

Ourout table dorientation Table d'orientation au château d'Ourout, réalisée par G. Ledormeur en 1925.

Ledormeur
Table de Ledormeur offerte par le comte Roquette-Buisson à la ville d'Argelès, sur la terrasse de l'Office de tourisme. Photo J. Omnès

Un lieu si empreint d’histoire mériterait une meilleure présentation.

(1) Club Alpin Français

 
Cimetière des Pyrénéistes. Photo  J.Omnès

  Margalide
         Tombe de Georges Ledormeur. Photo J. Omnès. Plaque, tombe des Le Bondidier. Cliché Loucrup65-Barragué

Vestiges du passé : curieusement, les derniers vestiges qui ont fait la réputation du hameau ont tendance à disparaître ou être laissés à l’abandon : la maison d’Henri Passet, célèbre guide, se trouve toujours à l’entrée du village, sur la gauche (pas de plaque), alors qu’il ne reste particulièrement plus rien des maisons de ses cousins.

L’hôtel des Voyageurs de la famille Vergez-Bellou, fondé au XVIIIe siècle, se voit transformé en appartements de luxe.
C'est sur cet emplacement que se trouvait l'hospitalet ou "ausmnone"  de l'Ordre des hospitaliers de Saint-Jean. Il a été transformé en 1783, en Auberge des Voyageurs  par un sieur Belou, pour loger chaque année, la veille de la Ste Madeleine, les syndics de Barèges et de Broto. Puis le bâtiment à côté  fut construit  en 1881, par Pierre Vergez-Belou, lors de la restauration de l'Auberge des voyageurs. L'ensemble prendra alors le nom d'Hôtel des Voyageurs. C'est en 1864, dans l'auberge que naîtra la société Ramond. Le premier bulletin pyrénéiste paraîtra en 1866.
Cette maison a accueilli pléthore de randonneurs illustres dont V. Hugo, A. de Vigny, G. Sand, G. Flaubert, Chevalier, alias P. Gavarni, Swan et pratiquement tous les Pyrénéistes de renommée. Espérons que la chambre de  Henry Russel sera conservée ou pourquoi pas, transformée en musée. Malheureusement, en 2010, un incendie important à ravagé en partie l’immeuble.

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L'hôtel au début du XXe siècle, carte postale.

L’hôtel du Vignemale : il a été inauguré en 1905 par Henry Russel en personne ; il devait recevoir dans un maximum de confort, tous les grands de ce monde qui fréquentaient, surtout à la Belle Époque, cette région. Tombé en désuétude pendant quelque temps, il a été repris et modernisé en 1989, mais n’a jamais retrouvé son prestige d’antan. La barrière souvent fermée qui contrôle son accès avec le pont « privé », n’est guère propice à une visite d’estime.

 
Hôtel Vignemale. Photo J. Omnès

                                                                                La bibliothèque pyrénéenne

Le pyrénéisme a un fleuron peu connu du grand public : la bibliothèque du Musée du château de Lourdes.

En son temps le conservateur Jean Robert en avait fait un bref inventaire : nous pouvons lire dans l’un de ses ouvrages (1) : «  A côté du Musée, s’accroit la riche bibliothèque, formée à l’origine par les 2000 volumes ou environ de la bibliothèque personnelle des Le Bondidier, auxquels vinrent se joindre les 480 volumes dont 220 titres, de la bibliothèque du naturaliste et pyrénéiste Ramond de Carbonnières acquise avec ses manuscrits en 1921. Puis, plus près de nous se situe l’acquisition du fonds Bacquerisse qui totalise près de 800 ouvrages en gascon, languedocien et provençal et qui réunit peu à peu tout ce qui a été rédigé en langue d’Oc, de la Renaissance à 1854, accompagne des œuvres imprimées, moins complètes de 1854 à 1938. […]

Pour le présent, sans compter les périodiques, la bibliothèque compte un peu plus de 20 000 volumes et aligne pour le total 912 m de rayonnages. Pyrénéisme et thermalisme y sont particulièrement bien présentés. L’ethnographie ouvre un large éventail sur la chaîne pyrénéenne, permettant des études comparatives…. […] Le fonds manuscrits volumineux, qui s’adjoint à la Bibliothèque, s’intègre peu à peu dans l‘ordre qui lui convient, accompagné des nécessaires analyses.

On ne saurait oublier le département des estampes qui totalise environ 3600 pièces, dont 87 albums de lithographies, de dessins originaux ou d’aquarelles, albums de lithographies français  et anglais signés Bacler d’Albe, de Basterot, Ciceri, Gorse, Marianne Colston, albums d’originaux signés  Deveria, Gelibet, John Nattes, Charles  Jouas… De ce dernier, il faut noter au passage les 24 dessins et pastels acquis en 1969 et représentant presque tous des paysages des Pyrénées centrales. »

Nous ignorons l’état actuel de cette bibliothèque spécialisée hors norme. Ne mériterait-elle pas un endroit particulier, facilement  accessible à tous et une mise en fichier informatique accessible par Internet ?

(1) Château de Lourdes et musée pyrénéen, édition Art et tourisme, non daté (entre 1965 et 1985).




Les auteurs ayant eu Lourdes et les Pyrénées (Bigorre) pour centre d’intérêt : naissance –décès ; principal ouvrage
G : Gastronomie
H : Historien
L : Lourdes.
P : Pyrénéiste
Po Poète
V :Voyageur

A
P : Abadie Bernard, abbé (1900-1989) Le sanglier du Picharrot
H : Avezac Macaya (d') Pierre (1790-1875) Essais historiques sur la Bigorre
B
H : Balancie Gaston (1843- ) Publications à la Société Académique
L : Barrès Maurice Une visite à Lourdes
P : Beraldi Henri (1849-1931) Cent ans aux Pyrénées
H : Bourdette Jean (1818-1911) Annales du Lavedan
P : Brulle Henri (1854-1936) Ascensions
C
P : Cabidoche Michel (1929-1979) Faune du réseau de la Pierre Saint-Martin
P : Cadier Charles Au pays des Isards
Po : Camelat (de) Miquêu (1871-1962) Béline
P : Carbonnières (de) Ramond Louis (1755-1827) Observatoires faites dans les Pyrénées
P : Casteret Norbert (1897-1987) Dix ans sous terre
H : Cenac-Moncaud (176--1871) Voyage archéologique et historique dans l'ancien comté de Bigorre
P : Charpentier (de) Jean Essai sur la constitution géognostique des Pyrénées 
P : Clot André (1943-1991) Art graphique préhistorique des Hautes-Pyrénées
H : Cordier Eugène (1823-1870) Les Légendes des Hautes-Pyrénées
P : Coquerel Roland (1909-1991) Communications sur les mottes féodales
D
Po : Despourrins Cyprien (1698-1759) Dus pastors à l'ombreta
H : Deville J-M (1787-1853) Annales de Bigorre
P : Dietritch Frédéric (1748-1793) description des gites de minerai des forges. 
H : Duhourcau Bernard Les Pyrénées mystérieuses.
H : Duviau Eugène Histoire du château et la ville de Lourdes
E
H : Escoula René Petite Histoire de Bigorre et des quatre vallées
F
P : Fontan Amédée (1800-1853) Recherche sur les eaux minérales des Pyrénées
H : Francez Jean (abbé) (1901-1973) Monographies sur les Hautes Pyrénées (500)
H : Frossard Emilien (1801-1881) Vues prises dans les Pyrénées
H : Froidour (de) Louis (1620-1685) Sommaire description des Païs de Bigorre
P : Gaurier Ludovic, abbé (1875-1931) Etude glaciaire dans les Pyrénées françaises et espagnoles de 1900 à 1909
V : Hugo Victor (1802-1885) Voyages vers les Pyrénées
L : Jammes Francis (1866-1938) Le Pèlerin de Lourdes
H
L : Huysmans (1848-1907) Les foules de Lourdes
L
H : La Boulinière (de) Pierre Toussaint  (1779-1827) : Itinéraire descriptif et pitoresque des Hautes- Pyrénées françoises
H : Larcher Jean (1697-1776) Glanages
L : Laurentin René (1917- ) Lourdes, documents authentiques
P : Le Bondidier Margalide et Louis (1879-1960 ; 1878-1945) Articles dans le bulletin pyrénéen
P : Ledormeur Georges (1867-1952) Guide des itinéraires de montagne
H : Le Nail Jean-François ( ) Bigorre et quatre vallées
M
H : Marès Georges ( 1832-1910) Le Pays de Lourdes
H : Marsan François, chanoine (1862-1944) 482 articles dans une vingtaine de revues
H : Mauran Guillaume (1571-1640) Sommaire, description du Païs et comté de Bigorre
L : Mauriac François (1885-1970) Pèlerins de Lourdes
P : Meillon Alphonse (1862-1933) Esquisse toponymique de la vallée de Cauterets
N
P : Nansouty (de) Charles Champion Dubois (1815-1895) Observatoire du pic du Midi.
H : Nelli Léon (1860-1948) Les Espélugues
O
H : Omnès Jacques ( 1952- 2015) Inventaire préhistorique des Pyrénées
L : Omnès Jean (1942-  )  L'autre Lourdes
H : Osmin
P
H : Palay Maximin, dit Simin (1874-1965) Dictionnaire gascon- français
P : Packe Charles (1826-1896) Guide des Pyrénées
Po : Philadelphe de Gerde (1802-1845) Eux... ou la Bigorre en ces temps là
P : Perret Paul (1746-1834) les Pyrénées françaises
V: Picqué Jean-Pierre (1746-1835) Voyage dans les Pyrénées françoises dirigé principalement vers le Bigorre et les Vallées, suivi de quelques vérités nouvelles et importantes sur les Eaux de Barège et de Bagnères.
R
H : Record Michel Lourdes et les sept vallées
H : Ricaud Louis (chanoine) (1863-1914) Les suspects des Hautes-Pyrénées
H : Ricaud Osmin (1892-1978) Histoire des Cagots 
H : Ritter Raymond (1894-1974) Solitudes de Marguerite de Navarre
H : Rosapelly Norbert (1853-1931) La cité de Bigorre
P: Russell, comte Henry (1834-1909) Pyrénaica
S
V : Saint Amans (de) Florimond (1748-1831) Voyage sentimental et pittoresque dans les Pyrénées
V : Sand Georges (1804-1876) Lelia
P : Schrader Franz (1844-1924) Atlas de Géographie Historique
H : Soulet Jean-François ( ) La vie quotidienne dans les Pyrénées sous l'ancien régime
H : Soutras Frédéric (1815-1884) Les Pyrénéennes
T
V : Taine Hippolyte (1828-1893) Voyage aux Pyrénées
V : Taylor Isidore, baron ( 1789-1879) Voyage romantiques dans les Pyrénées.
H : Thomas Jean-Pierre ( ) Lourdes avant Lourdes
V
P : Vallot Jacques ( ) Flore glaciaire des Hautes-Pyrénées
Victor Roland (1918-1984) La terre à lézards
V : Viollet le Duc Emmanuel (1781-1857) Six mois de la vie d'un jeune homme
V : Viollet le Duc Eugene (1814-1879) Voyage dans les Pyrénées, aquarelles-dessins
Z
L : Zola Emile (1840-1902) Lourdes
W
P : Wallon Edouard (1821-1895) Panorama des Pyrénées centrales
P : Weld Charles Richard (  ) Les Pyrénées d'Ouest en Est.
L : Werfel Franz (1890-1945) Le chant de Bernadette

Bien sûr liste à compléter.