www.patrimoines-lourdes-gavarnie.fr

3 - Les personnages célèbres du pays

Imprimer
Personnages issus du Pays des Vallées des Gaves ou nés ailleurs, mais ayant eu une influence sur la région. Liste non exhaustive. Quelques noms se trouvent aussi dans le dossier les pyrénéistes. Par ordre alphabétique :



François Abadie 
:
né à Lourdes le 19 juin 1930, il est le premier frère mentionné dans le Dictionnaire des francs-maçons de Michel Godart de Soulage et d’Hubert Lamant. Initié à 21 ans (1951) par la loge La Propagation de la Vraie Lumière de Tarbes, il devient suppléant à Paris à 28 ans, de l’ancien préfet devenu député (1) et dignitaire franc-maçon (G.O.D.F. puis G.N.L.F.), Jean Baylot. Il devient conseiller général des Hautes-Pyrénées en 1970. Maire de Lourdes de 1971 à 1989. Curieusement, cette fonction n’est pas précisée dans ledit dictionnaire. Président des jeunesses radicales, il est élu député radical des Hautes-Pyrénées de 1973 à 1983. Secrétaire d’État au tourisme sous le gouvernement Mauroy de 1981 à 1983, sa fonction ministérielle est de courte durée. Mais elle lui donne le temps de lancer Pyrénées, frontières sauvages. Ce Clemenceau municipal malgré sa filiation laïque, sait habilement s’intégrer au socle local, obtenir la complicité bienveillante du clergé et la complicité passive des commerçants et des hôteliers. On lui doit le rayonnement de la cité et malgré son anticléricalisme (bien rose), de bon aloi chez un radsoc, il reçoit le pape Jean-Paul II en 1983, avec tous les honneurs. Il prend cependant l’astucieuse précaution de l’accueillir aux portes de la ville et non à la mairie, sous un dais. Après la remise de la médaille d’or de la ville, le cortège pontifical n’a qu’à descendre le boulevard, classé voie nationale, pour atteindre la basilique et la Grotte. En bon démocrate, il prête la salle des fêtes de la ville à Jean-Marie le Pen, venu en « simple pèlerin » malgré les protestations de la plupart des partis et associations de gauche. Sa passion humaniste de frère trois points (2), fera passer l’action sociale au premier plan de son mandat, puis le développement touristique de la ville avec la création d’un Office de tourisme, place du Champ Commun. Il construira sa puissance politique sur de nombreuses associations sportives, culturelles et éducatives. Les Lourdais lui doivent la salle des fêtes, le palais des congrès, la bibliothèque, les foyers de l’Ophite et de Lannedarré, la piscine couverte, les courts de tennis, le terrain de football de Lannedarré et la station de ski du Hautacam… Il est élu sénateur en 1983.

Cependant, il est battu, à la stupéfaction générale, aux élections municipales de 1989, par un jeune loup de centre droit : Philippe Douste-Blazy. Son assurance hautaine, sa conception patrimoniale de la gestion municipale, ses écarts de langage, souvent tonitruants, ne sont pas étrangers à son échec. Il avait le titre de Vénérable de la loge L’Internationale et de la loge La Renaissance de Paris. On peut dire que sa gestion n’a pas été marquée par une préférence à l’égard des entreprises « fraternelles. » Il n’en sera pas de même par la suite, après son départ.

En 2000, il déclare au Nouvel Observateur : " Je ne peux pas être favorable à ceux que j’appelle les fossoyeurs de l’humanité, ceux qui n’assurent pas l’avenir : les homosexuels. C’est contraire à la normale et il y a un danger permanent, pour les garçons, de pédophilie. La normale, c’est faire des gosses." Il sera, suite à ces déclarations, exclu des radicaux de gauche.
Il décède à Paris en 2001, ses cendres sont rapatriées à Lourdes.

PS : Je lui dois le vote par le conseil municipal en 1965,  d’une subvention pour l’élaboration de mon mémoire de fin d’études «  Incidences économiques du fait de Lourdes.» Mémoire qui a été dédicacé par Pierre Lafourcade, alors archiviste de la ville.
(1) Préfet des Basses-Pyrénées, de Haute-Garonne puis des Bouches-du-Rhône et de police de Paris. Député en 1958 sur la liste des Indépendants et paysans d’action sociale
(2) Surnom des franc- maçons.
francois abadie
François Abadie, sénateur



Henry d’Agrain (1878- 1937), une personnalité d’Argelès-Gazost.
Le vicomte Henry d’Agrain né en  en Côtes d’Or à Bressey en 1878, fait ses études à Dijon, chez les Jésuites du collège Saint-Ignace. Féru de médecine et de chimie, il s’installe à Paris, mais passe une partie de sa jeunesse à voyager à travers l’Europe, l’Algérie et la Palestine. Il s’installe à Argelès-Gazost en 1911, suite à son mariage avec Edith Girard de Langlade. Il investit sa fortune dans  l'immobilier en lotissant près des thermes, un terrain avec cinq superbes villas. (Voir patrimoine architectural). Il devient membre de la Société Académique des Hautes-Pyrénées et commence à collectionner tous les ouvrages évoquant la région qu’il chérit par-dessus tout.  D’esprit curieux, ce Bourguignon complète ses connaissances livresques  par de nombreuses visites de villages et d’églises. Ce qui l’amène à écrire nombre d’articles et de livres vantant les richesses de sa « patrie » d’accueil. Dont Argelès et ses vallées et des notices sur Pouey Laün, Saint-Savin et l’église de Luz. Il a été enterré au cimetière d'Argelès-Gazost en juillet 1937.


dAgrain





Bertrand Barère de Vieuzac : né à Tarbes en 1755, est issu d’une famille d’Argelès (où se trouve toujours le château paternel). Avocat, conseiller auprès du sénéchal de Bigorre, il est élu député du tiers-état avec un certain Dupont, avocat de Luz, pour présenter à Paris le cahier des doléances. Il « monte » à la capitale où il s’initie à la loge maçonnique l’Encyclopédique. Il oublie bien vite son serment d’allégeance sur l’Évangile et ses odes poétiques adressées au roi Louis XVI. Député girondin, et président de la commission de découpage administratif sous la Constituante, il crée en 1790 le département des Hautes-Pyrénées. Il devient montagnard et siège au Comité de salut public, où il approuve les lois d’exception ; organise les massacres « guerre d’extermination » de Vendée avec la création des célèbres « colonnes infernales », demande le jugement de la Reine et la destruction des tombeaux royaux de Saint-Denis. Pourvoyeur des suppliciés vers la guillotine, il préside la Convention lors du procès de Louis XVI. Il passe à travers toutes les purges grâce à ses nombreuses relations dans tous les milieux (dont Philippe Égalité, cousin du roi et Grand Maître de la maçonnerie). Il est cependant emprisonné après le 9 Thermidor. Par la suite, il devient bonapartiste. Son éloquence (il est l’inventeur des carmagnoles) le fait de nouveau devenir député sous les Cent jours (1815). À la Restauration, il est proscrit comme régicide. Mais il réapparaît en 1830, pour devenir conseiller de la municipalité de Tarbes et conseiller général.
Très curieusement, la ville a érigé une statue de Danton, devant la mairie. En fait, on a voulu faire honneur au sculpteur plus qu’à son modèle. Cette statue a été exécutée par un Bigourdan de Vic-Bigorre, Edmond Desca (elle reçut le deuxième prix du Concours de la ville de Paris en 1889). Bertrand Barère (le nom de Vieuzac a été supprimé par les municipalités de gauche !) lui, n’a droit qu’à une simple avenue dans sa ville natale.

bertrand barere
Bertrand Barère 1793, peint par Jean-Louis Laneuville

Ceux qui veulent en savoir plus : http://fr.wikipedia.org/wiki/Bertrand_Bar%C3%A8re




Antoine Béguère (1901-1960) : entrepreneur de travaux publics, maire de Lourdes en 1953 et sénateur en 1959. C’est lui qui porta le club de rugby (F.C.L.) dont il était président (1946-1960), au sommet de sa gloire ; juste reconnaissance, le stade porte son nom. Fin tacticien, il a su allier la gloire de sa cité aux intérêts de son entreprise : il obtint une partie de la maîtrise d’œuvre du formidable chantier qu’était la Basilique souterraine. Il avait, bien auparavant, participé aux aménagements de la centrale hydroélectrique de Pragnères. Il décéda le 23 octobre 1960, d’un infarctus lors d’un match du F.C.L., contre l’US Agen. Son éloge funèbre est prononcé par Gaston Monnerville, quatre jours plus tard. Deux ans après, était créé, à sa mémoire, le challenge Béguère. Son nom a été donné au stade municipal de la ville ainsi qu'à sa principale avenue.
Il était le grand-père du ministre Philippe Douste-Blazy, ancien député-maire de la ville, devenu maire de Toulouse en 2001.
antoine beguere
Antoine Béguère, sénateur. Cliché Wikipédia

 

Famille de Béarn : impossible d’écrire un guide sur le Lavedan, sans parler des descendants de la lignée Gaston Fébus (Phœbus) dont les premiers, Pierre-Arnaud et Jean de Béarn, furent gouverneurs du château de Lourdes à l’époque de la domination anglaise. Lourdes a une grande importance aussi pour les derniers descendants de ces princes de Béarn, de Chalais, marquis et comtes de Brassac. L’un des derniers : Gilles de Béarn, qui était libraire en ouvrages d’histoire à Paris, a eu pour grand-père, Gaston, qui en 1873 offrit quatre cloches et six vitraux à la Basilique Supérieure de Lourdes (de l’Immaculée Conception). En remerciement, la famille reçut semble- t-il, une concession perpétuelle au cimetière de l’Égalité. Voir le chapitre « À visiter ». Son père Henry, aujourd’hui décédé, est né à Argelès-Gazost en 1931.

Princes de Béarn
 
Tombe de la famille de Béarn au cimetière de l’Egalité. Photo J. Omnès

René Billères en préparation                                                                                                                                                                   




Jean Bourdette : né à Argelès en 1818, c’est l’historien du Lavedan. Auteur connu d’ouvrages régionaux et historiques, il est surtout réputé pour ses « Annales du Labéda ». Elles ont été réalisées grâce au cartulaire du XVIIe siècle possédé par le notaire d’Arras-en-Lavedan, Maître Noalis. Il est aussi l’auteur de Le château et la ville de Lourde(s) (1899). Il décède à Toulouse en 1911, après avoir enseigné à Paris.
Sa tombe se trouve au cimetière d'Argelès-Gazost. Voir la rubrique cimetières dans Petit patrimoine architectural

jean bourdette
Jean Bourdette, écrivain-historien. Cliché Wikipédia

Pour ceux qui veulent en savoir plus : http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Bourdette




Jean-François Calot : Né à Arrens en 1861, cinquième enfant de cultivateurs assez aisés, Dominique Calot et Jeanne-Marie Merceré. Reçu au baccalauréat en 1880, il monte faire médecine à Paris en 1881 et travaille comme répétiteur à l’école Fénelon pour payer ses études. Élève brillant de la faculté de médecine, il étudie l’anatomie et la dissection sous la direction d’un chef des travaux pratiques novateur, Louis-Hubert Farabeuf (1841-1910). Il est reçu 9e sur 52 au concours d’internat en 1887. Après ses études de médecine, il inventa des prothèses de la hanche et fut à l’origine des centres hélio-marins de Berck plage. Il est mort en 1944, au château d’Adast, l’actuelle propriété de Jacques Chancel

.


francois calot
Docteur François Calot. Cliché Wikipédia

Pour en savoir plus, la vie et l’œuvre de Jean-François Calot :
http://www.archivespasdecalais.fr/Anniversaires/1er-mars-1944-deces-de-Francois-Calot-le-chirurgien-orthopediste-qui-fit-la-renommee-internationale-de-Berck-sur-Mer




Michel (Miquèu de) Camelat : poète, est également né à Arrens, en 1871. Devenu  félibre (adhérent au mouvement littéraire promulgué par Mistral, Aubanel et leurs amis pour la défense des langues d’Oc), il créa l’Escole Gastou Febus pour la sauvegarde linguistique du parler gascon. Ses poèmes les plus connus sont Béline (1899), véritable chant bucolique et Mourte e Bibe (1892) plus engagé. Mort en 1962, sa statue se trouve dans le petit jardin en face de l’école. Sa  belle maison au centre du village a été transformée en gîte.
Pour en savoir plus : http://fr.wikipedia.org/wiki/Michel_Cam%C3%A9lat


Camelat 2    Camelat bronze      
                                     Miqueu Camelat à Arrens. Photos J. Omnès

Maison Camelat Fébus
Maison de Camelat devenu gite à Arrens. Plaque sur l'ancienne école Gaston Fébus.  Photos J. Omnès


Arrens Camelat
 



Louis Capdevielle (1849-1905) : peintre lourdais, fils d’un modeste ardoisier est pris très jeune sous la protection d’un magistrat de la ville, subjugué par son talent en dessin. La municipalité lui offre une bourse d’études lui permettant de se perfectionner à Paris, à l’atelier de François Millet. Il devient ensuite l’élève de Cabanel et de Bonat. Il obtient un premier prix au salon des artistes français. Admirateur de Courbet et de son réalisme, il se lance, après une série de portraits, dans les scènes de genre qui nous valent Le rémouleur et La fin de Nana. Les Pyrénées lui manquent, il revient à Lourdes en 1890, après 24 ans d'absence. Puis, ce sont les grandes compositions où les petites gens sont mises à l’honneur : Une noce à Laruns, Le pèle porc, Le repas du tailleur de pierre et surtout L’accident dans une carrière qui décore la billetterie du château fort. Ami de Zola, dont il fait le portrait, il est attiré par le réalisme et le socialisme naissants. Peintre « mal pensant » pour certaines autorités locales de l’époque, il décède d’une tuberculose, dans la pauvreté, à l’âge de 56 ans. Son fils Raoul peintre aussi, vend la maison familiale de Lourdes et s'installe à Toulouse, où il décède en 1910.
Sa modeste tombe se trouve au cimetière ancien de la ville. Le buste la surmontant est celui de son père Jean-Marie, également enterré là. Pour le centième anniversaire de sa mort, l’hôtel de ville a exposé en septembre 2005, dans son hall d’entrée, le célèbre tableau Les Miracles. Le tableau réalisé à Paris en 1887, a été restauré pour cette occasion par le Rotary club (et Magendie de Pau). Ce n’est pas sa seule œuvre empreinte de spiritualité : la couverture de l’ouvrage de Pierre Pène, Lourdes, les secrets est illustrée d’une toile méconnue de l’artiste. Elle représente Bernadette en extase. Enfant (9 ans), Louis Capdevielle avait assisté, avec son père, à une des Apparitions de la sainte. Deux toiles de ce peintre émérite sont exposées au musée des Beaux-Arts de Pau. Afin d’honorer dignement le centenaire de sa mort, un très bel ouvrage vient d’être réalisé par Jean Cassou, aidé de Geneviève Marsan. Éditions de la Société académique des Hautes-Pyrénées et du Musée pyrénéen. Pour d'autres toiles, voir le dossier patrimoine artistique.


mariage ossalois                       explosion carriere
Mariage ossalois, Musée B-A Pau.  Photo J. Omnès     Explosion dans une carrière, château fort de Lourdes. Photos J. Omnès
 
buste capdevielle
Buste de L. Capdevielle par son fils, Cimetière de l’Egalité. Photo J. Omnès




Urbain Cazaux : né à Barèges (pays toy) en 1899. Il a démarré sa vie professionnelle comme instituteur dans son village et obtint la transformation administrative de celui-ci en commune en 1946, puis en devint maire de 1946 à 1979. C’est « l’homme aux 35 présidences ». Parmi ses casquettes, il fut conseiller général en 1937 jusqu’à sa mort, président de la Commission syndicale après 1958, fut président du club de ski local l'Avalanche, du comité régional de ski, de la Fédération française de ski (F.F.S.) de 1952 à 1966, de la Chambre de commerce et d’Industrie des Hautes-Pyrénées de 1954 à 1967, et de la Fédération française de plein air, etc. etc. Il ne put atteindre le Sénat en 1958, son parti, le parti radical-socialiste, lui préférant l’avocat Pierre Bourda. On peut voir en lui, l’archétype du hobereau provincial.
Il réussit à organiser trois fois les chamionnats de ski à Barèges, en 1954, 1959 et 1962. On lui doit la création de l'aérogare de Tarbes-Ossun-Lourdes (T-O-) et  la Maison des Pyrénées à Paris. Il fut avec Jean CoIlat-Parros l'artisan de la connexion des remontées de Barèges et La Mongie, et durant les années de1960, de la promotion des gîtes ruraux et des campings à la ferme, dans la région de Luz. Moins connu, il a été cofondateur avec Raymond Ritter de la revue Pyrénées
Une plaque commémorative rappelant son souvenir a été apposée sur la façade de la mairie. Il est décédé à Bordeaux en 1979.
En 1997, un ouvrage écrit par Eric Sabathié  sous le titre « Une figure pyrénéenne », lui est consacré.


 
urbain cazaux
Urbain Cazaux. Cliché Wikipédia



Jacques Chancel : de son vrai nom Joseph Crampes, est né en 1928 près d’Argelès-Gazost à Ayzac-Ost. Bien connu du grand public pour ses émissions de radio (Radioscopie) et de télévision (le Gand Échiquier et le Grand Amphi). Les locaux lui doivent surtout la création du Rallye des Gaves en 1957, lorsqu’il revient d’Indochine où il était journaliste. Chaque année, cette course attirait une foule importante de participants et de curieux qui dépassait le cadre départemental. La dernière a eu lieu en 1975. Il est également l’auteur de Giboulée de mars, et du Guetteur de rives. Son dernier ouvrage:  La nuit attendra chez Flammarion, 2013. Sa grande et belle propriété se trouve vers Saint-Savin, au-dessus d’Adast, C’est l‘ancien château XVIIIe siècle de Cyprien Despourins.

jacques chancel
Jacques Chancel, 50 ans de carrière

Pour ceux qui veulent en savoir plus : http://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Chancel



Cyprien d’Espourrins (Despourins ou Despourri) : poète montagnard (1698-1759). Tout Bigourdan ou Béarnais qui se respecte connaît au moins les premières strophes de la chanson Là-haut sur la Montagne. Elle est entonnée à tous les mariages ou anniversaires locaux, ainsi qu’à toutes les manifestations culturelles ou folkloriques. Si les paroles sont connues, par contre leur auteur l’est moins. Né d’un père béarnais et d’une mère lavedanaise, dans la vallée d’Aspe où il passa toute son enfance, le chevalier d’Espourrins, après des études au collège de Lescar, se maria avec une jeune fille d’Adast en Lavedan. Il habita alors la demeure familiale maternelle : le château Miramont au-dessus du dit village (actuellement propriété de Jacques Chancel). Il transforma à partir de 1729, cette vieille demeure féodale en partie en ruine, en grande maison bourgeoise. Amoureux de la nature et doué pour la poésie, il ne cessa de mettre en pastorales, bergers et bergères, ruisseaux et forêts. Ses poèmes et chansons bucoliques, écrits en béarnais, furent mis plus tard au goût du jour par un certain Alfred Roland. Là-Haut sur la montagne, son chef d’œuvre, nous est parvenu, admirablement interprété par les Chanteurs montagnards de Bagnères et de Lourdes. Son poème le plus populaire chez les Béarnais est sans conteste : Dus pastous à l’oumbrèto.
Mais, ce poète, proche des encyclopédistes, avait aussi les pieds bien sur terre. Syndic de la noblesse et subdélégué de l’intendant d’Étigny, il était responsable des routes de la région et c’est à ce titre qu’il combattit sa vie durant, la mainmise des moines de Saint-Savin sur les propriétés communales des vallées jusqu’à Cauterets, estimant qu‘elles devaient revenir aux communautés villageoises. Un petit monument érigé à sa gloire se trouve en bord de route, derrière le château Miramont. Son petit-fils, Cyprien Joseph Despourins est élu en 1790, administrateur du département nouvellement créé par son voisin d’Argelès, Bertrand Barère de Vieuzac.

despourins
Monument Despourins. Photo J. Omnès

Cyprien 2
                                 Statue de Cyprien sur la place de la mairie à Argelès-Gazost avant son remplacement par le monument aux morts.



Comte Jean (Dauzat) Dembarrère : bien que né à Tarbes en 1747, sa famille est bien implantée à Lourdes, rue du Bourg. Elle a même donné son nom à l’une des portes de la ville près de laquelle se trouve la maison parentale. Cette porte a été démolie en 1810, à la demande de la famille. Admirateur de Vauban, il obtient grâce à son cousin, le conventionnel Bertrand Barère de Vieuzac, le poste de général de brigade de l’Armée du Nord et participe à la défense de Valenciennes. Chef de brigade il participe à la campagne de Vendée (bataille de Doué). Puis, c’est l’ascension avec Bonaparte, lors de la campagne d’Italie, où il est commandant en chef de l'armée du génie. Napoléon le nomme plus tard Directeur puis Inspecteur général des Fortifications, sénateur et enfin comte. Pair de France à la Restauration, il s'abstient de voter dans le procès du Maréchal Ney. Il décède à Lourdes en 1828. Son nom est gravé sur l’Arc de Triomphe à Paris, côté Nord. 
Sa tombe au cimetière de l'Egalité est la 29ème, à droite contre le mur, entrée côté gardien (rue Arberet). Entre les tombes de la famille Brenjot-Larrive-Fourcade et la famille Ponnau.

Sans postérité, son descendant indirect (petit-neveu par un de ses frères), Pierre Benoit né en 1809,  est à l’origine de la réalisation d’une importante ferme-école avec une bien curieuse bergerie octogonale sur la colline de Vizens, au-dessus du gave, à côté du camping Arrouach. Sous Louis-Philippe l'armée  installa sur le domaine, au quartier de Nemours, un dépôt de remonte remplacé plus tard par escadron d'artilerie.  Le quartier de  Nemours vendu et déclassé passa par la suite dans le domaine public. Il ne reste qu’une bien curieuse bergerie octogonale, qui,  avec le "château" deviendra propriété des soeurs de l'auxilium. Pierre-Benoit deviendra l’un des 613 députés du second Empire en 1852 (1852-1863) et sera nommé consul à Dantzig. Il aidera Mgr Laurence qui se heurtait auprès du gouvernement à des difficultés pour réaliser sa "chapelle" à Massabielle, grâce à ses nombreuses connaissances bien placées. Ce qui ne l’empêcha pas par la suite d’être ruiné et de mettre en vente la propriété de Vizens. Elle sera en partie achetée en 1874 par le rentier Milhet. Personnage lourdais, dont l’épouse sera l’une des premières femmes à aller à la Grotte avec Bernadette, voir la Dame. 

Ce qui est moins connu, c’est qu’il y a eu un second Pierre-Benoit, son fils. Entraîné dans la chute financière de son père, il n’eut de cesse de réclamer réparation auprès des auteurs supposés de la déchéance familiale… Les pères de Garaison des Sanctuaires de Lourdes. Dans son petit  livre, édité en 1890, par l’éditeur Cazaux de Tarbes, sous le titre Des origines politiques de la grotte de Lourdes, il étale sur 48 pages, toute l’amertume qu’ il éprouve à l’égard des missionnaires. Ils avaient  acheté, selon lui « à vil prix aux enchères » et par des « moyens détournés » l’hôtel de famille qui était situé 10-12 rue des Pyrénées à Tarbes. L’achat des terrains et de la grotte pour construire la fameuse « chapelle » de monseigneur Laurence a été en partie dû par l’entregent de son père auprès de nombreux membres du gouvernement de l’époque. Toutes ses démarches ont été mentionnées dans un petit ouvrage édité en 1872, en partie repris par l’abbé Laurentin. Si je me souviens bien, la future chapelle se trouvait dans l’angle de tir du château et ne pouvait avoir d’autorisation de construire du ministère des Armées (à vérifier). Les sanctuaires donnèrent deux mois à Pierre-Benoit et à sa sœur pour quitter la maison de leurs ancêtres. Il mourut seul et dans la misère. Se trouvent maintenant à l'emplacement, le Centre d'éducation spécialisé pour enfants et familles en difficulté (et la chapelle), il remplace l'Institut religieux Joseph Forgues.
Le Lourdais Jean-Pierre Thomas est auteur d’une plaquette sur la saga Dembarrère. Et le bulletin de la société académique des H-P a édité la page suivante : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6535087q/f33.image

Vizens La bergerie de Vizens. Photos Claude Heintz

Vizens 2 Vizens 3


Bulletin de la Société académique des Hautes-Pyrénées

Voir aussi  : http://encyclo.voila.fr/wiki/Jean_Dembarr%C3%A8re

armes dembarrere
Armes du comte Jean Dembarrère




Philippe Douste-Blazy : né à Lourdes en 1953, (certains auteurs locaux et non des moindres le font naître à Toulouse ?) petit-fils d’Antoine Béguère, ancien maire de Lourdes. Professeur de cardiologie à Toulouse, Il détrône en 1989, à la surprise générale, le tonitruant maire François Abadie. Ses relations toulousaines et parisiennes devaient, pensait-on, attirer sur la ville la manne promise. En fait, elles le servirent surtout personnellement : ascension exceptionnelle, en quatre ans il devient successivement maire, député européen, conseiller général, député, et ministre de la Santé (1993). Puis, ministre de la Culture en 1995. Et Lourdes dans tout ça ? De la Culture, la ville attendait entre autres choses, une médiathèque et de la Santé, un analyseur à balayage (scanner ou scanneur).  Seul apport notable, le classement  Monument historique, en 1995, du château fort, mais surtout celui des principaux édifices des Sanctuaires. Le seul aménagement concret est le parc de stationnement souterrain, qui fut controversé. Quant aux projets grandioses d’aménagement du bas de la ville et du lac de Lourdes, ils n’ont jamais été concrétisés. Tout cela, en laissant à son successeur nommé le soin d’éponger les dettes.
 Attiré par des fonctions plus prestigieuses, Ph. Douste-Blazy remplaça en 2001, son ami Dominique Baudis à la mairie de Toulouse. Après avoir quitté l’U.D.F. de François Bayrou pour les élections présidentielles de 2002, il sera nommé secrétaire général de l’U.M.P. Puis, il quittera ce poste en mars 2004, quand il sera nommé ministre de la santé et de la Protection sociale. Il y réalisera la réforme de l’assurance maladie. Il devient en 2005, suite au non pour la Constitution européenne, ministre des Affaires étrangères. Il y multiplie les bévues mais défend la diplomatie humanitaire, ce qui le portera en 2007, au poste de président du conseil d'administration d’Unitaid, organisme chargé de gérer la taxe Chirac. La même année, il est nommé conseiller, chargé de mission auprès du président de la République française. En février 2008, il lance un programme humanitaire dans le cadre des Nations-Unies Missive Good  par lequel les voyageurs peuvent faire des micro-contributions à Unitaid lors de la réservation d'un billet d'avion ou d'autres moyens de transports sur Internet. C’est l’échec total. Le programme est arrêté.
En 2012, il se range sous la bannière de François Bayrou pour les élections présidentielles.

philippe douste-blazy

Pour en savoir plus : http://fr.wikipedia.org/wiki/Philippe_Douste-Blazy




Baron Jean-Pierre Duprat : né à Lourdes en 1769, 4 ans après son voisin Maransin. Après des études à Tarbes, il débute dans l'administration militaire (Adjoint aux commissaires de guerre) Lors de la mission d’Égypte de Bonaparte, il est chargé par ce dernier de faire évacuer les troupes après l’échec de l’aventure. Son nouveau poste de Commissaire ordonnateur de la Grande Armée l’oblige à suivre son chef dans toutes ses campagnes : Iéna, Eylau, Friedland... Fait prisonnier lors de la retraite de Russie, à Gumbinem (Prusse Orientale), il revient avec le grade de lieutenant-général .Mais, c’est Louis XVIII qui lui accordera en 1822, la pension du titre de baron accordé par l'Empereur.. Il décède à Paris en 1839. Sa maison à Lourdes (4, place Peyramale), proche de la rue qui porte son nom, est toujours occupée par ses descendants, les Dupoy. Napoléon qui lui légua par testament 50 000 francs écrivit à son sujet : « C’est le plus intègre de mes intendants généraux ».

Maison Duprat La maison Duprat à Lourdes, avec sa plaque commémorative.. Photo J. Omnès.

 


Famille Ferrère : lignée d’ébénistes esthètes. Bien qu’originaires de la Barousse, les Ferrère ont marqué le Pays de Lourdes et le Lavedan par leurs nombreuses œuvres en bois travaillé (comme les Nelli avec la pierre sculptée ou taillée). Bon nombre d’églises romanes de la région possèdent soit un retable soit une statue en bois polychrome provenant de leur atelier. Partisan de la Contre-Réforme qui a donné le style baroque (celui-ci devait faire revenir les fidèles dans les églises désertées), les Ferrère ont magnifié leurs sculptures par d’abondantes dorures et de fastueuses décorations. Ils ont appliqué à la lettre les consignes du Concile de Trente : rendre attractif les lieux de culte.
Le fondateur de la dynastie, originaire de la Barousse, Jean, né en 1620, se lança très tôt dans la réalisation de retables triptyques à quatre colonnes torses. Père de neuf enfants, c’est surtout le dernier qui laissa un nom dans le travail du bois : Marc (1674-1758). Ses deux enfants : Jean (1718-1795) et Dominique (1723-1808) continuèrent l’œuvre du père et du grand-père. Dominique cependant travailla également le marbre, suite à son passage aux cours de Pigalle à Paris. Il collabora parfois avec l’atelier Claverie de Lourdes pour certains travaux dans les églises. Dominique eut également neuf enfants. Aucun ne s’intéressa à la sculpture.
Philippe (1767-1815), le plus connu, fut un partisan farouche de Napoléon, adjoint au maire de Bordeaux. Une rue près des Quinconces porte son nom.
Voir les superbes retables dans le dossier églises.



Ferdinand Foch (1851-1929) et la Haute-Bigorre

Maréchal de France,  de Grande- Bretagne et de Pologne, il assuma la coordination des forces françaises et anglaises durant la Grande guerre qui mena à une contre-offensive entrainant la victoire des troupes alliées contre l’Allemagne en 1918.  Ces faits sont connus, ce qui l’est moins c’est son implantation locale. Son grand-père épousa en 1790, une fille d’Arreau et son père, Napoléon, épousa en 1832, une fille d’Argelès, Sophie Dupré dont le père, Germain, était président du conseil général des Hautes-Pyrénées. Napoléon  fut secrétaire (trésorier-payeur général) à la préfecture de Tarbes avant d’être muté à Rodez, suivi dans ses différentes mutations par son fils Ferdinand né à Tarbes. Après le collège de Tarbes, il continua ses études au collège Saint-Etienne des jésuites de Metz. Après Polytechnique, il  devint professeur de stratégie à l’école de guerre en 1895, avant de commander le 35e d’artillerie de Vannes, et en 1914, le 20e de Nancy. Durant la guerre, chef de la 9e armée il mena les offensives de la Marne, qui jusqu’à celles de 1916 dans l’Artois, contribuèrent à desserrer l’emprise de l’ennemie, surtout à la périphérie de Verdun. En 1918, il sut arrêter l’offensive de Ludendorff grâce à sa nomination commandant suprême interalliée. Sa pensée la plus célèbre fut «  Ma droite est enfoncée, ma gauche cède, tout va bien, j’attaque ». Après la Conférence de paix de Paris, il revint dans son pays natal.  Ce retour en septembre 1918, fut parsemé de discours et de visites triomphales à Tarbes et Lourdes, avant d’aller visiter sa parenté d’Argelès-Gazost. Il prononça dans un enthousiasme populaire sans égal un discours sur le perron de l’immeuble de la place Marcadal de Lourdes qui appartenait à sa tante Normande, d’Omex, où jeune il allait passer ses vacances. Cet immeuble qui devenu la brasserie Leffe,  abrite la plaque rappelant cet évènement.  Le perron du discours, avec ses escaliers a été démoli pour l’aménagement de la brasserie. Après un détour à la Grotte et au Palais épiscopal, il se rendit à Argelès-Gazost. Le discours a eu lieu à la maison Ducor (1) où était née son épouse. Une plaque commémorative a également été apposée. Plaque de marbre blanc de 90X 60 cm, qui a disparue depuis.
Sa maison natale  a été classée Monument historique en 1939. Il a été inhumé aux Invalides en 1929.

(1)    Devenue boulangerie Rodé-Daléas
(2)    Photo à Lourdes Loucrup65. Ce site est à la recherche de photos retraçant l’évènement à Argelès.

Foch Lourdes 4 Le maréchal Foch par Louis Bombled 1920
Foule à Lourdes Place Marcadal. Photo Loucrup65                                       Foch en 1920
Château dOmex

Château Normande à Omex
Marcadal 2


Maison Foch  

 

Foch plaque

Argelès-Gazost. Maison du grand père maternel de Foch, plaque commémorative



Achille Fould : né à Paris en 1800. Fils d’un grand banquier d’origine allemande (Hesse), il décide sur le tard de faire carrière politique dans les Pyrénées. Il les connaissait bien, car de santé chancelante, il dut venir à plusieurs reprises en cure, en particulier aux Eaux-Bonnes. Il est élu député des Hautes-Pyrénées en 1842, devient président du Conseil général (1847-1867), ministre des Finances (1849-1852 et 1861-1867) et ministre d’État (1851-1860). En 1852, il fonde avec les frères Pereire le Crédit Mobilier. Il est l’un des chantres du libéralisme économique, développe les banques et le crédit sous le Second Empire. S’il contribue par son influence à la signature du traité commercial de 1860 avec l’Angleterre, il n’en oublie pas moins les Hautes-Pyrénées où il possède d’importantes propriétés : entre autres, le ‘’château’’ de Mourle (qui sera, un temps, propriété du ministre Douste-Blazy qui le baptisera Bergerie !), avec 200 hectares autour du lac de Lourdes et les ruines du château de Beaucens. C’est en partie A. Fould qui  (avec ses conseils avisés et intéressés auprès de l’Empereur) a fait dévier la ligne de chemin de fer Tarbes-Pau vers Lourdes. Il meurt à Laloubère, près de Tarbes, en 1867.
Pour en savoir plus : http://fr.wikipedia.org/wiki/Achille_Fould 

achille fould
Achille  Fould. Cliché Wikipédia




Christian Gion : né à Lourdes en 1940 (1). Diplômé d’H.E.C., il est devenu sur le tard, metteur en scène. On lui doit de nombreux films « commerciaux » à tendance humoristique. Dont : C’est dur pour tout le monde (1975) avec Claude Piéplu, Le pion (1978) avec Michel Galabru, J’ai rencontré le Père Noël (1983), Le Gagnant avec Michel Galabru et Stéphane Audran, Le Provincial (1990) avec Roland Giraud, dont l’action se passe en partie dans le Lavedan, Les Insaisissables (2000) avec Daniel Prévost. Le plus connu et qui passe de temps en temps à la télévision est sans conteste Pétrole, pétrole (1981) avec J.-P. Marielle, B. Blier et H. Guybet ; le gag de l’avion avec le terrain de tennis sur lequel jouent des Arabes coiffés de leur keffieh et qui s’ouvre brusquement pour faire place à une piscine est restée dans de nombreuses mémoires ; comme la scène de la prière sur des tapis qui se tournent en permanence vers la Mecque, selon les directions que prenait l’avion. Il avait projeté en 1993, de faire un film sur la vie de Bernadette en Omnimax.
A ses débuts, il a réalisé un petit film sur les Sanctuaires de Lourdes. Il a été projeté lors des journées du cinéma à Lourdes (Lourdes au Cinéma, 2010). Il a été nommé un certain temps président de l’équipe de rugby de Lourdes (F.C.L.). Il est président de Lapaca production (film).
http://fr.wikipedia.org/wiki/Christian_Gion
(1) Certaines « bios » le font naître à Tarbes.

christian gion
 Christian Gion. Cliché Wikipédia



Jean-Marie Lacrampe architecte de la ville de Lourdes est né dans la cité mariale en mai 1855, pour y décéder en mars 1917. Père de quatre enfants avec Jeanne Pérez, il suivit des cours d'architecture avec  Hippolyte Durand pour être nommé architecte de la ville en 1883. Il deviendra directeur de l'école de dessin en 1901. Pour la ville, il réalisa les égouts et l'abattoir municipal de Darrespoueys et l'école publique de la rue de Langelle.
Nous lui devons un certain nombre de bâtiments privés prestigieux, facile à reconnaître de par leur style dit villa balnéaire et la couleur rouge dominante. Les plus belles villas ont pour nom villa Roques, Rachel, Cazagne  (l'hôtel de ville actuel),   Fourneau dit château de Soum (ancien tribunal) et Campbell. Cette dernière était en fait sa propre maison, avenue de la Gare. Elle a appartenu par la suite au notaire Canone. Mais, son plus beau fleuron est certainement l'hôtel Moderne de Benoite Soubirous. Voir le dossier Patrimoine architectural, les hôtels. En Haute- Bigorre, nous lui devons un hôtel à Barèges et les plans de l'hôtel du Parc de Cauterets.
Ses travaux ne l'empêchèrent pas de travailler aussi pour les Sanctuaires et des organisations religieuses. Il dirigea l'agrandissement de l'école Masssabielle et de l'Hospice municipal, construisit l'école Sain-Joseph des frères de Ploërmel (rue de Bagnères) et oeuvra sur le chantier de la grotte en édifiant les rampes d'accès à la basilique supérieure, et perçant le couloir central de la crypte de ladite basilique. On lui doit également le bâtiment de l'imprimerie de la Grotte et la plupart, en construction ou agrandissement, des couvents ceinturant la ville.
Oeuvre peu connue est le cénotaphe à la mémoire des pèlerins belges morts en terre lourdaise qui se trouve au cimetière de l'Egalité.
Voir aussi Petit patrimoine architectural, cimetière et aussi Patrimoine architectural : villas balnéaires et hôtels.                                  

Louis Capdevielle a réalisé en 1900, son portrait, une huile de 95 X 72cm qui se trouve à l'hôtel de ville.
En décembre 2016, à la demande d'un de ses arrières petit-fils, Michel Sarrat, a été inauguré le parvis de la mairie,  qui a pris le nom de J-M Lacrampe en présence de trois de ses descendants.

Lacrampe 3  JM Lacrampe
Dicours avec biographie complète de l'architecte par Anjelika Omnès, déléguée au patrimoine de la ville. Photo J. Onès

Son fils, Adrien sculpteur est à l'origine de la statue de Bernadette qui se trouve dans le hall d'entrée de la mairie et de  nombreux chapiteaux de l'église paroissiale. Voir le dossier Patrimoine artistique.
Ce sera l'architecte Seyrès à qui nous devons tant de belles trouvailles romaines et médiévales qui le remplacera à la tête de l'architecture municipale. C'était son neveu.

 
Lacrampe 3  Lacrampe 2
Portrait par Louis Capdevielle, 1900. L'auteur du site, à droite,  avec deux descendants de J-M Lacrampe , le 9-12-2016. Photos J. Omnès, dans les couloirs de la mairie.

Son arrière petit-fils Michel Sarrat, a, avec la complicité de Jean-François Labourie, archiviste de la ville de Lourdes, réalisé un blog sur J-M Lacrampe, http://ubac.eklablog.com
Le Wikipédia sur l'architecte :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Marie_Lacrampe

TEXTE DE L'INAUGURATION DU PARVIS Jean-Marie LACRAMPE
Lu par la déléguée au patrimoine, Anjélika Omnès. Texte de l'archivite J-F Labourie

Merci à toutes et à tous d’être présents ici en cette fin d’après-midi pour rendre hommage à l’architecte Jean-Marie Lacrampe, qui fut un grand Lourdais.
Au cours de son immense carrière, il supervisa l’urbanisme du Nouveau Lourdes, celui d’après les Apparitions ; Jean-Marie Lacrampe fut également l’architecte de bâtiments publics et privés qui font encore partis de notre quotidien.
Cependant, il eut l’infortune de mourir pendant l’année 1917, année terrible de la Grande Guerre, et sa mémoire tomba dans l’oubli pendant des décennies.
Bien que nous nous approchons du centenaire de son décès, je suis particulièrement heureuse au nom de Madame le Maire et du Conseil Municipal, de réparer une injustice aujourd’hui, et d’inaugurer cette plaque qui restera apposée sur un bâtiment conçu par Jean-Marie Lacrampe, cette villa Roques qui est aujourd’hui le cœur battant de la démocratie lourdaise.
Né à Lourdes en 1855 dans une famille de petits commerçants, Jean-Marie Lacrampe est élève de l’Ecole des Frères de Lourdes où, brillant élève,  il se distingue  par ses aptitudes au dessin. Vers l’âge de 16 ans, il entre en apprentissage auprès de son premier maître, l’architecte Louis Soulas, qui deviendra en 1878 l’architecte municipal d’Argelès-Gazost.
 Puis, le jeune Lacrampe monte à Paris. Il poursuit son apprentissage auprès du prestigieux Paul Selmershein, architecte des Monuments historique de Paris.
A l’âge de 20 ans, en 1875, il est appelé sous les drapeaux et se trouve affecté au 2ième Régiment du Génie de Montpellier. Au cours d’une manœuvre de construction de pont, il est victime d’un accident : il est réformé.
Il rentre à Lourdes et achève sa formation au service de l’architecte Hyppolyte Durand, spécialiste de l’architecture médiévale. Durand est le bâtisseur de la basilique supérieure. Durand est aussi l’architecte de la villa Eugénie à Biarritz et de l’éblouissant château de Monte-Cristo, la demeure rêvée de son propriétaire, Alexandre Dumas.
En 1879, âgé de 24 ans, Jean-Marie Lacrampe s’installe à son compte à Lourdes.
Ainsi débute une carrière prolifique qui dure 38 ans.
Jean-Marie Lacrampe est un architecte aux multiples facettes :
D’abord,
1 > Architecte municipal
Il est nommé en tant que tel en 1881, à l’âge de 26 ans et le restera jusqu’à sa mort en 1917. Il travaille pour cinq maires tout au long de neuf mandats. Son travail consiste à accompagner la construction du « Nouveau Lourdes », et de transformer une petite ville en cité internationale de pèlerinage.
Il dirige des travaux de génie civil, comme les égouts, et conçoit de grands monuments publics : l’école des garçons en 1893 (actuelle école Honoré Auzon), les abattoirs, la halle dont il dessine les bâtiments d’angle, le kiosque, l’hôtel des Postes et sa coupole en 1913, qui sera détruit en 1957 pour la construction de l’actuel bâtiment.
Il règle les grands dossiers de l’urbanisme, comme l’alignement des rues. Il réalise également en 1911 l’architecture des « bancs de la Grotte. Bel exemple d’architecture commerciale.
Mais Jean-Marie Lacrampe s’investit non seulement pour sa ville, mais encore plus pour ses compatriotes. Ayant bénéficié de l’apprentissage auprès de ses maîtres, son but est d’améliorer à son tour la formation professionnelle des jeunes Lourdais. Il obtient de la mairie la création d’une école de dessin et d’art décoratif, dont la mission est de former les tailleurs de pierre de Lourdes (on en dénombre plus de 300 à la fin du XIXe siècle). L’idée est de leur transmettre « l’art du dessin », conforme aux nouvelles techniques issues de la géométrie descriptive. Les tailleurs de pierre lourdais n’oublieront jamais les bienfaits prodigués par Lacrampe à leur corporation.
Puis,
2 > Architecte de l’Œuvre de la Grotte
En 1892, il devient le collaborateur de Léopold Hardy, l’architecte de la basilique du Rosaire qui fut aussi l’architecte en chef des Exposition Universelle de Paris, en 1867 et 1878. Puis lui succédera en tant qu’architecte de l’Œuvre de la Grotte en 1894, et le restera jusqu’à sa mort. Il est le seul exemple de haut responsable travaillant à la fois pour la commune et le sanctuaire de Lourdes.
Il réalise notamment pour le Sanctuaire  l’aménagement de chutes d’eau sur le Gave, la construction de la première centrale électrique et de l’Imprimerie en 1894 (aujourd’hui la librairie), le percement du couloir central de la crypte en 1903, les deux clochetons pour le jubilé du Cinquantenaire des Apparitions en 1907, le nouvel Abri des pèlerins en 1911, le passage souterrain entre la crypte et la maison des Chapelains.
Au cours de ces travaux, Jean-Marie Lacrampe, l’homme de la pierre de taille, n’hésite pas à utiliser le béton armé, ce qui démontre son ouverture d’esprit ; il est vrai qu’il s’était déjà adapté à l’architecture en fer, avec les halles.  La revue Le béton armé, créée en 1898 et vouée à répandre les bienfaits de cette technique novatrice, pointe les travaux de Lacrampe dans le domaine du Sanctuaire, et ce dès 1902.
3 > Architecte des maisons religieuses de Lourdes
Il agrandit le Carmel de Lourdes et construit sa chapelle. Il achève le couvent des Sœurs Bleues commencé par Simian. Il agrandit l’hôpital saint-Frai et construit l’école des garçons Saint-Joseph.
4 > Architecte décorateur
Jean-Marie Lacrampe dessine beaucoup. Son travail au Rosaire connait une certaine notoriété, notamment auprès des familles fortunées qui font des dons pour l’accomplissement des travaux. Ainsi dessine-t-il un vitrail destiné à un hôtel particulier de Neuilly ; ou des monuments funéraires destinés au cimetière de l’Egalité, pour de grandes familles. Dans ce même cimetière, fin 2015, a été exhumé un monument oublié, le cénotaphe belge, et dont la plaque de bronze porte la signature de l’architecte.
5 > Architecte civil
Il construit des hôtels somptueux.
À Lourdes : l'hôtel Moderne, son chef d’œuvre, commandé par Benoite Soubirous née Toulet, figure typique de ces femmes qui construisirent Lourdes ; l’hôtel Gallia et Londres ; l’hôtel Chapelle & Parc ; l’hôtel Beauséjour.
À Cauterets, il bâtit l’hôtel du Parc.
Il travaille également pour une clientèle privée. Lacrampe est l’architecte des grands hôteliers lourdais du début du XXe siècle : Benoite Soubirous, encore elle, lui fait construire la villa privée qui prendra le nom de son gendre, la villa Roques, siège de l’actuelle mairie devant laquelle nous nous trouvons. Somptueuse villa construite en quatre pierres de taille différentes, dans un style néo Louis XIII, fidèle à l’éclectisme architectural de l’époque. Les villas Gazagne et Rachel, où sont aujourd’hui répartis les services de la commune, sont également signés Lacrampe.
Jules Fourneau, propriétaire de l’hôtel d’Angleterre, lui commande également sa villa privée, aujourd’hui dénommé château de Soum, autre bâtiment municipal.
 Ajoutons  sa propre résidence au  21 avenue de la Gare.
Enfin, Benjamin Dulau, président du Syndicat des Entrepreneurs de Travaux Publics de France, lui commande son château, à Castandet dans les Landes, près d’Aire-sur-l’Adour. Pour Lacrampe, il s’agit d’une sorte de consécration, car son architecture est ici « exportée » : le château est construit en pierre de Lourdes, transportée par train jusqu’à Aire-sur-l’Adour.
Voilà un bilan non exhaustif de l’œuvre architecturale de Jean-Marie Lacrampe
Jean-Marie Lacrampe s’est marié en 1881 avec Jeanne Pérez, ils ont eu quatre enfants. Son fils Adrien est devenu sculpteur ; on lui doit la maquette sculptée de la grotte de Massabielle qui servira pour la construction de la réplique dans les jardins du Vatican en 1902, ainsi que de nombreux chapiteaux de l’église paroissiale du Sacré-Cœur.
Dans les dernières années de sa vie, il est secondé par son neveu, Ernest Seyrès, qui lui succédera comme architecte municipal. Jean-Marie Lacrampe décède à Lourdes, à hôtel de l'Univers, le 5 mars 1917. Le jour de son enterrement, dans l’église comble, tous les tailleurs de pierre pleuraient leur bienfaiteur.
L'importance de l’œuvre architecturale de Jean-Marie Lacrampe est évidente : il a quelque part façonné le Lourdes d’aujourd’hui. Je suis donc particulièrement heureuse de donner son nom à ce parvis de la mairie, à cette agora qui donne accès à notre maison commune, à notre magnifique mairie qui porte en elle tout le génie de Jean-Marie Lacrampe
Je tiens à remercier :
-l’arrière-petite-fille de l’architecte, Mme Madeleine Sarrat-Bonnasse, qui a fait don à la commune des archives de l’architecte,
- ainsi que Michel Sarrat, son arrière-petit-fils, qui a œuvré pour restaurer sa mémoire.
- Jean-François Labourie, archiviste de la ville, qui a participé pour la reconnaissance de Jean-Marie Lacampe, notamment au cours des Journées du Patrimoine en 2015 ;
- M. Roland Darré, maire de Bourréac, qui milite lui aussi pour la cause de Jean-Marie Lacrampe en mettant en ligne une notice complète sur une encyclopédie numérique ; il est l’initiateur de la présente cérémonie ;
- M. Jean Omnès, auteur du site Patrimoines-Lourdes-Gavarnie, pour sa  curiosité, son attachement et l’incessant travail consacré à la divulgation de notre patrimoine local.



Famille de La Fitte (en préparation)

Louis
Jean-Paul
André-Joseph



Louis Lareng
 : 
né en 1923, à Ayzac-Ost dont il devint maire. Après des études de médecine au CHU de Purpan (Toulouse),  il créa le S.A.M.U. (Secours automobiles médicalisés d’urgence). Il est aussi président de la Société Européenne de Télémédecine et e-S@nté, directeur de l'Institut européen de télémédecine et membre du comité exécutif de la Société internationale de télémédecine2. Il fut également président de la F.N.P.C. ( Fédération Nationale de Protection Civile pendant 18 ans.

louis lareng
Louis Lareng, président de la F.N.P.C. Cliché Wikipédia

http://www.ladepeche.fr/article/2012/09/23/1446813-louis-lareng-l-inventeur-du-samu.html





Bertrand-Sévère Laurence : né à Oroix, près de Tarbes, en 1790. Il est connu sous le nom de Mgr Laurence. Bien que d’origine modeste, onzième enfant d’une famille de paysans et simple barbier à Juncalas, puis prêtre de diocèse après des études aux collèges de Bétharram et d’Aire, il est intronisé en 1844, évêque de Tarbes. Les recommandations de Madame de Lafitte (riche Lourdaise) à son ami Achille Fould (ministre) ont certainement contribué à sa nomination. Il avait également été auparavant enseignant à Bétharram où il eut comme élève le futur saint Michel Garicoïts (1818-1919). Il avait aussi été promu en 1833, vicaire général de Saint-Pé où il avait créé le Petit séminaire. Il est à l’origine de la création de la congrégation des Pères de Garaison, des Sœurs de Cantaous et de Saint-Frai. De 1845 à 1870, il fut la figure emblématique de Lourdes lors des Apparitions. C’est lui qui obtint, contre l’avis du préfet, l’autorisation par l’Empereur d’enlever les palissades qui fermaient l’accès à la Grotte. C’est également lui qui reconnut officiellement les Apparitions, en 1862.

mgr laurence
Mgr B-S Laurence. Cliché Wikipédia



Les frères Larrieu : Jean-Marie et Arnaud sont nés à Lourdes respectivement en 1965 et 1966. Avec une maîtrise de cinéma pour le premier et un passage à la Villa Médicis pour le second, ils se lancèrent avec passion et détermination dans le court métrage. Ces autodidactes se firent rapidement une place au soleil du 7e Art. Dix ans après leur première réalisation (1988) et une suite ininterrompue de moyens, courts et longs métrages ainsi que des documentaires produits par Arcadia, PNJ3, MGI…, ils réalisèrent en 1999, La Brèche de Roland, moyen métrage produit par Elena Films. Présentée dans une vingtaine de Festivals et à la Quinzaine des réalisateurs de Cannes en 2000, cette tragi-comédie montagnarde a obtenu les louanges de toute la presse, tant française qu’internationale. Un des derniers films parus : Un homme, un vrai, a été tourné en partie dans le Parc des Pyrénées et au Hautacam. Belles et rares vues sur les amours de coqs de bruyère. Lors du 58e festival de Cannes en mai 2005, la fratrie a présenté pour la France, Peindre ou faire l’amour. Acteurs principaux Sabine Azema et Daniel Auteuil.
Depuis, les frères ont réalisé en 2008, Le Voyage aux Pyrénées et en 2009, Les Derniers Jours du monde. Précisons pour être complets que les frères ont baigné dès leur enfance dans un milieu familial de cinéastes amateurs : le grand-père, connu dans la ville pour ses courts métrages sur la montagne et l’oncle Christian Ringeval, ancien garde au Parc National, à qui l‘on doit de nombreux et excellents documentaires sur les animaux pyrénéens.
Pour en savoir plus : http://fr.wikipedia.org/wiki/Arnaud_et_Jean-Marie_Larrieu

freres larrieu
Arnaud et Jean-Marie Larrieu, cliché Abaca

Pour en savoir plus : 
Jean-Marie Larrieu à contre-courant - Vidéo Dailymotion► 4:37► 4:37
www.dailymotion.com/.../xa5xs2_jean-marie-larrieu

  



Henri Lassère de Monzie : né en 1828, à Carlux près de Sarlat. Il est à l’origine de la célébrité de Lourdes à travers le monde grâce à son ouvrage N-D de Lourdes. Après une rencontre avec l’abbé Ader, lors d’une de ses retraites religieuses, il fait connaissance avec l’abbé Peyramale. Celui-ci lui demande de mettre sa foi et son talent d’écrivain au service des Apparitions de Lourdes. Son œuvre maîtresse, N-D de Lourdes sera publié entre 1869 et 1892, en 200 éditions et dans 56 langues et dialectes ! il décède en 1900, au château des Bretoux en Dordogne, près de Sarlat. Son corps est inhumé à Coux.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_Lasserre
henri lassere-de-monzie
H. Lassère de Monzie. Cliché Wikipédia




Abbé René Laurentin : bien que natif de Tours (1918), ce professeur de théologie est le grand historien spécialiste des événements de Lourdes, comme des Apparitions de la Vierge dans le monde. C’est lui qui a donné à la cité mariale ses lettres de noblesse, sinon sa légitimité. C’est lui que l’Église a choisi en 1955 pour analyser les Apparitions de Lourdes. Docteur ès lettres, licencié de philosophie et frère… de Ménie Grégoire, il a écrit plus de 25 volumes sur la question des Apparitions.  Son Sens de Lourdes et surtout son Histoire authentique et critique des Apparitions restent toujours les ouvrages de référence. Actuellement, il est à la retraite dans une communauté à Evry. Il s’intéresse de près à une autre apparition, celle de Medjugorje en Bosnie. Croix de guerre, chevalier de la Légion d’honneur en 1966, il a été élevé au grade d’officier en 2002.
http://www.wat.tv/audio/abbe-rene-laurentin-1ere-partie-mdbd_2fy63_.html



Malespine :  créateur de la pastille de Vichy à l’eau de Lourdes en 1888. Sa valeur prophylactique est complétée par une représentation de la Vierge. Ainsi chaque bonbon peut devenir un petit miracle. La fabrique a été rachetée  il y a quelques années par la société lourdaise S.E.R.AL. Elle a appartenu un certain temps à Madame Le Ster (commerçante rue de la Grotte) et se trouvait avec sa boutique,  avenue de la gare. Les pastilles sont vendues en sachet ou dans des boites bleues, couleur de la Vierge. De nombreuses imitations sont venues perturber le monopole. Trois parfums : anis, citron, menthe. Ci-dessous, sa tombe au cimetière de la rue de l’Egalité.
Nous n’avons pas retrouvé l’ancienne presse, une pièce de musée, qui a disparu lors de la vente Le Ster.

tombe malespine Photo J. Omnès
Tombe Malespine au cimetière de l’Égalité                          



Baron Jean-Pierre Maransin : général et baron d’Empire. Il est né à Lourdes en 1770. La ville lui dédia en 1843, sa plus belle avenue. Maransin profita de la défaillance des officiers nobles partis en exil à la Révolution, pour s’engager à 22 ans, dans le bataillon des volontaires des Hautes-Pyrénées, avec un grade de capitaine. Il participa à côté du « petit tondu » à presque toutes les campagnes, surtout celles d’Allemagne, du Portugal et d’Espagne. Après la prise de Huelva, il devint gouverneur de Málaga. Nommé général de brigade le 8 novemnre 1808, puis de division en 1814, après avoir été nommé baron en 1810, il fut chargé par l’Empereur d’organiser la résistance aux troupes anglo-hispano-portugaises de Wellington, qui, parties de Bayonne, devaient se rendre à Toulouse. Ce fut un échec faute de combattants. En 1814, il se rallie à Louis XVIII qui le fait chevalier de l’Ordre de Saint-Louis, mais le jette en prison lorsqu’il rejoint Napoléon, lors des Cent-Jours. Puis l’écarte de l’armée. Il meurt à Paris le 15 mai 1828 et est inhumé au Père Lachaise.  Sa tombe a été restaurée en 1986, sur l'instigation de Jean Cambon et de la Société Académique des Hautes-Pyrénées

De son séjour à Lourdes, il reste sa maison natale, rue du Bourg, au 5. C’est l’ancien relais de poste dont l’annexe, au numéro 4, a été loué à des Anglais pour être transformée en hôtel. Insolite revers de l’histoire pour quelqu’un qui a passé sa vie à combattre les Britons. Le bâtiment, propriétaire d'un Lourdais, après rénovation a été  transformé en 2014, en appartements.
Il reste également sa belle cantine militaire en loupe d’orme, aux encoignures en cuivre, son sabre et ses décorations (que nous n'avons pas trouvées) ainsi qu'un tableau portrait  peint par Chevry. Ces objets sont conservés (en réserve) par le Musée pyrénéen. Une stèle  avec son portrait  en bronze  a été inauguré le 28 septembte 1986, devant l'ancien presbytère, actuellement maison de l'Europe.


plaque maransin
Plaque 5, rue du Bourg. apposée en 1929  sur la façade de la maison natale  

Maison Maransin    
Sa maison natale au 5 rue du Bourg qui possède un beau départ d'escalier.

Maransin écurie  L'écurie en face

Armes
Son blason de général-baron  à l'annexe, en face au 4 rue du Bourg. Ecartelé au premier d'azur à la tour d'argent, au deuxième des Barons tirés de l'armée (de gueules à l'épée haute d'argent), au troisième d'or au pin terrassé de sinopia, au quatrième bandé d'argent et d'azur de dix pièces.
Ornements extérieurs : toque de velours noir retroussée de contre-vair avec porte-aigrette d'argent, surmontée de trois plumes, accompagnée de deux lambrequins d'argent.

TABLEAU DE MARANSIN PAR CHERY
Un mystère  restait encore en suspens fin 2015. C'est celui du tableau de Maransin qui se trouvait dans la cage d'escalier de la mairie au moins encore en 1991, et qui se trouverait par la suite, dans les réserves du musée pyrénéen. Il a été peint en 1821, par Philippe Chery (1759-1838), peintre républicain, élève de Vien, mais il n'est pas répertorié dans les registres, alors que l'ancien conservateur Jean Robert en fait un descriptif dans son catalogue des achats et dons du Musée.
Une copie du Chery dont l'original est également présenté par Jean Cambon dans le même ouvrage a été réalisée par L. Capdevielle, elle a été achetée par la ville de Lourdes en 2015. Une seconde copie a été réalisée par Raymond Marc Lagarrigue, premier conservateur du musée Massey. Elle se trouve dans les réserves au musée de Bagnères.   Une question s'impose où se trouve l'original du tableau de Philippe Chéry. Une toile du peintre contemporain de David a une valeur moyenne de 30 000 € !  Le Louvre a acquis un dessin du peintre  en mai 2006.
Suite à ma demande auprès du Musée pyrénéen en 2015, des recherches ont été effectuées.
Le 14 décembre 2016, il a été retrouvé derrière de grands panneaux de bois dans une salle attenante à la salle Le Bondidier. J'ai alors pu le photographier grâce à l'autorisation de la directrice du Musée. Qu'elle en soit ici remerciée vivement.
Le tableau ci-desous présenté, lors de ma visite et trouvé dans les réserves est celui d'un auteur inconnu comme le confirme le peintre Jean Cambon, dans son livre sur le général-baron, 1991, Société académique des Hautes-Pyrénées. Il a été offert lors du legs de Mademoiselle Pambrun , descendante de Pétronille Maransin. Jean Cambon le date après 1818.

                   Maransin 3
                  Portrait du général par un auteur inconnu. Réserves du musée pyrénéen. Photo J. Omnès

maransin3        Maransin 6         
Litho ?   du Général baron, auteur inconnu. Copie du tableau de Chery par L. Capdevielle achetée par la mairie en 2015. (coll. Musée des Pyrénées)

Maransin Chevy 2                                             Le fameux tableau peint par Chery en 1821. Dimension : 1, 16 mX 0, 89m. Etonnante main droite qui semble mentionner son appartenance à la francmaçonnerie. À gauche scène de bataille, à droite tente d'état -major. Photos J. Omnès

Maransin détail
Détail, scène de bataille. Photo J. Omnès

SA CANTINE ET CELLE DE MADAME CAMPAN


        Maransin 3         Maransin 1
                  Cantine militaire et sabre du baron.                         Son éventuelle épée. Photos J. Omnès

                                                                                                     Maransin 4                                                                                                                                                        Armes du général sur la cantine militaire. Photos J. Omnès


Sa cantine ou coffre de voyage de 40 cm X 28 cmX et 17,50 cm de hauteur a un intérieur est divisé en 54 compartiments étagés comportant 54 objets. Ils ont été inventoriés par l'ancien conservateur Jean Robert : "huit pièces en argent, deux soucoupes et deux tasses en porcelaine or et blanc, une théière et trois récipients en argent, un nécessaire de toilettes dont deux rasoirs à manche de corne". Mais à notre passage en juin 2016, la clé avait été perdue et il nous a été impossible de voir le contenu du coffre.

Nous nous sommes dirigés au musée de la Légion d’honneur de Paris, où l'on peut admirer entre autres, la cantine de campagne de Madame Campan née Genest et épouse de Berthollet-Campan. Lectrice des filles de Louis XV,  première femme de chambre de Marie-Antoinette, elle fut directrice de la maison de la légion d’honneur de Rouen, d’où la présence de cette cantine en acajou semble-t-il, qui ressemble un peu à celle du général-baron lourdais Maransin. A la différence près qu’ici, elle est ouverte et l’on peut voir la richesse de son contenu qui devrait comprendre 54 pièces. On peut penser et espérer que celle de Maransin, au Musée pyrénéen de Lourdes, une fois la clé trouvée aura le même contenu préservé de l’outrage des hommes.

Maransin coffre 2
                       Cantine de Madame Campan. Photo J. Omnès

Décembre 2016, la clef retrouvée, il nous  a été possible de photographier le contenu de la cantine. Je remercie les responsables du Musée qui m'ont donné l'autorisation de faire ces photos inédites : on peut constater que la glace du fond n'est plus là comme dans la cantine de Madame Campan. Elle contient divers objets en argent, nacre et cristal. Les armoiries du propriétaire sont gravées sur de nombreux d'entre eux. Mais ce qui est étonnant c'est l'absence, entre autres, des soucoupes et tasses en porcelaine et or et blanc et de la théière mentionnées par l'ancien conservateur Jean Robert. À suivre.

Maransin 3 2                                                                          Cantine du général-baron  Maransin. Photos J. Omnès

Maranssin 1                                                                                                       
Maransin 4 2

Maransin6 2
Flacon en cristal et argent

Maransin 5 2


La description de la cantine par l'ancien conservateur :

Robert 2
                                                    

Famille Meillon : grande famille cauterésienne qui fit beaucoup pour le tourisme local. Alfred Meillon (1833-1911) : né à Tarbes, il fut cuisinier à la cour des tsars et son épouse lingère de la reine Victoria. Tous deux furent à l’origine de la réalisation d’un des plus beaux hôtels du Sud de la France de l’époque : l’hôtel d’Angleterre.
Leur fils aîné, Alphonse, né à Cauterets en 1862, continua l’œuvre de ses parents. En plus de l’hôtellerie, Il s’intéressa à la montagne en participant à la triangulation du Vignemale. Auteur de nombreux ouvrages historiques sur la région, il fonda la Confédération pyrénéenne thermale et climatique. Il reprendra à son compte les arguments de d’Espourrins concernant les propriétés communales des moines de Saint-Savin en prouvant que l’acte de donation de la vallée à ceux-ci par le comte de Bigorre, était un faux, établi au XIIe siècle. Un petit monument érigé en son honneur se trouve au Marcadau, derrière l’hostellerie du Pont d’Espagne. Il est à l’origine d’une plaquette sur les Pierres Saint-Martin (Bulletin pyrénéen, Pau).
Le fils cadet, Alfred, médecin, né à Pau en 1871, fut très actif dans le tourisme. Vice-président du Touring-Club de France, il créa le deuxième syndicat d’initiative de France (le premier étant celui de Grenoble). Il fit construire les premiers refuges pyrénéens, celui du Culaous et celui du Marcadau. Adepte des activités de plein air, il créa des camps de vacances thermaux pour les enfants malades. On lui doit également l’asphaltage de certaines portions de routes dans la région ; ce qui lui valut le surnom de « docteur goudron ». Conseiller général d’Argelès-Gazost, il fut élu maire de Cauterets, où il décéda en 1949.

monument meillon
Monument Meillon, près du Marcadau. Photo J. Omnès




François Mengelatte : peintre lourdais à l’extraordinaire talent, né en 1919 et décédé en 2010. Ancien directeur de l’Ecole des arts de Tarbes. On peut admirer deux de ses oeuvres murales à l‘ hôtel Gallia Londres et dans la salle des mariages de la mairie d’Arras en Lavedan.

Mise à sac Tarbes Mise à sac de Tarbes par les troupes de Montgoméry.
Salle des mariages de la mairie de Tarbes. Photo J. Omnès





Gilbert Mimy gendre Omnès : inventeur de la Violette de Toulouse. Célèbre coiffeur de la ville rose au début du XXe siècle, 61, rue Alsace-Lorraine. Il était aussi et surtout chimiste. l’Oréal n’était pas encore là. De son usine de Ramonville, il crée la société Omnia qui est à l’origine de la fabrication de (re)colorant « pour les cheveux, la barbe et les sourcils », et de parfums dont la célèbre Violette de Toulouse. Le brevet vendu à Berdoues, fait la renommée de la ville (avec le cassoulet) et celle de son acquéreur. Suite à la crise de 29, la famille s’installe en 1930, à Lourdes, à la villa Roques (mairie actuelle), au-dessus de l’appartement de la comtesse de Franclieu. Un nouveau salon est installé au 1, av. du Paradis, angle rue de la Grotte. C’est actuellement un magasin de souvenirs. Comme certains bourgeois de l’époque, à ses heures perdues, il est peintre amateur et auteur d’occasion. Il réalise des ouvrages sur la pêche à la mouche, dont il dessine lui-même les différents appâts.

gilbert mimy
L’inventeur de la violette, rue de la Grotte, devant le salon de coiffure (à droite).




Monestier du Puy : « le purificateur de la Terreur ». Les Montagnards de la Commission populaire de Salut Public de Bordeaux, soucieux d'éradiquer les tendances régionalistes des Bigourdans et des Béarnais proches des Girondins nomment en 1793, un certain Jean-Baptiste Monestier du Puy-de-Dôme, délégué près de l'armée des Pyrénées occidentales, avec autorité sur les nouveaux départements des Basses et Hautes-Pyrénées, du Gers et des Landes. Son patriotisme jacobin fera des ravages tant en Bigorre qu’en Béarn. Il menace les différentes assemblées locales soucieuses de paix sociale et peu enclines aux excès révolutionnaires importés de Paris. Il fait installer la guillotine à Tarbes, mais son supérieur, B. Barère, originaire du pays freinera son enthousiasme. Il n'y aura que six suppliciés. À Lourdes, la municipalité n’ayant pas de têtes à couper, se contente d’installer une potence au mont de Justice, au pied du pic du Jer Les églises paroissiales, dont celles de Lourdes, sont transformées en Temples de la Raison. La « purification » des lieux de culte se multiplie. Elle est souvent suivie de mascarades visant à ridiculiser la religion chrétienne. Certaines églises sont transformées en magasins de fourrage, entrepôts ou casernes. Monestier fait raser une grande partie du magnifique chemin de croix tout en marbre du Sanctuaire de Bétharram. Le château, sauvé de la destruction, sert de casernes aux troupes de la Révolution et Monestier, à la demande du maire, se charge de la fourniture de vivres. Mais en 1795, lors de la visite du « purificateur » à Lourdes, le drapeau rouge de la Révolution est brûlé. La population est lasse des restrictions, des excès et des enrôlements obligatoires pour suivre les cours d’instruction révolutionnaire.

monestier du puy
                                                                                                    Monestier du Puy. Cliché Wikipédia




Dynastie des Nelli : quelle famille ! D’origine italienne (Florence), elle s’installe près de Carcassonne et à Tarbes au XVIIIe siècle. Le fils de Dominique Nelli, l’ancêtre, reprend le métier de son père : c'est Etienne (1792- ) le sculpteur . Il s’installe dans les Hautes-Pyrénées, attiré par les carrières de marbre et de pierre. Il est l'auteur de la sculpture représentant le berceau du roi de Rome en pierre, ornant l'un des ponts sur l'Adour de Tarbes. Il a trois fils.  L’aîné, Isidore (1810-1900), né à Tarbes, est membre de la Société des Arts et des Sciences de Carcassonne. Il participe dans cette ville à de nombreux travaux de restauration, sous la direction d’Eugène Viollet-le-Duc. Il ouvre dans cette ville un atelier prospère. De 1878 à 1889, architecte sculpteur, il a la charge d’« Entrepreneur général de la Basilique du Rosaire de Lourdes », qui est une œuvre toute en pierre. Il s’installe au pied du Béout, au domaine de Barau (prononcez Baraou), où se trouve maintenant la Cité Secours. Son manoir aux nombreuses fenêtres Renaissance (d’époque et modernes), a été édifié sur la partie supérieure de la Cité. Une partie aurait été, à l’origine, un pavillon de chasse d’Henri IV. C’est ainsi qu’il est présenté officiellement. On lui doit également la décoration du palais de justice de Tarbes.
C’est son fils, Léon, né en 1860, qui fait des fouilles dans les déblais des Espélugues (grottes), le Calvaire actuel. Il y découvre en 1888, le fameux cheval sculpté dans une défense de mammouth qui est exposé au musée de Saint-Germain-en-Laye. Il date du Paléolithique supérieur (entre 15 000 et 12 000 av. J.-C.). Il lègue à ce musée une collection considérable d’objets préhistoriques. Il a un fils, René, qui n’en est pas moins actif. Pendant un demi-siècle, René fut le spécialiste du catharisme et des troubadours. Son œuvre est poursuivie actuellement par sa veuve qui demeure à Carcassonne. Lire La vie quotidienne des Cathares du Languedoc au XIIIe siècle  Éd. Hachette, 1982 ou Le musée du catharisme  Éd. Privat, 1966.
Le frère d’Isidore, Joseph (1824-1865), travaille à la restauration du Louvre à Paris. Localement, on lui doit la fontaine de la place Marcadal, inaugurée en 1855, les sculptures du Palais de Justice à Tarbes. Il demeurait à Lourdes au domaine de Vizens, sur la route de Saint-Pé, près du passage à niveau.
Le cadet d'Etienne, Édouard, décédé prématurément, était installé à Tarbes dans un quartier qui porte aujourd’hui son nom. Pour l’anecdote, c’est Édouard Nelli qui mit en place la statue de la vierge de Fabish, dans la niche de la Grotte des Apparitions en taillant le « rocher miraculeux ».
Un autre membre de la famille, Henri (1834-1903), avait un atelier célèbre à Tarbes. Il eut comme élève Edmond Desca, sculpteur, né à Vic-Bigorre qui réalisa la statue de Danton de la place de la Mairie à Tarbes et le buste du poète occitan Cyprien Despourins (d’Espourrins) pour Argelès-Gazost. C’est dans son atelier que furent sculptés les lions de la fontaine de la place Montaut de Tarbes.

Henri NelliHenri Nelli, cliché Loucrup65


fontaine dauphins
Fontaine aux Dauphins, Joseph Nelli. Photo J. Omnès



Pailhasson (Mazuel ) : enfant de la célèbre famille d’apothicaires d'Argelès au XVIIe siècle, devenue lourdaise à la veille de la Révolution (1). Durant les Apparitions, Dominique Clément, maître en pharmacie, né en 1816, et ancien élève du Petit séminaire de Saint-Pé de 1832 à 1836, avait sa boutique au 4, place du Porche (actuellement place Peyramale), sur le passage de la diligence des curistes se rendant à Barèges. Il épousa en 1847, à l'âge de 30 ans, Rosella Morisson qui avait 19 ans.  Son fils François Vital prit la succession jusqu'en 1878, date de son décès à 28 ans. Puis se fut le tour du gendre Mazuel de diriger la maison
Les Pailhasson ont été pionniers dans la fabrication et la vente du chocolat en France, alors considéré comme un fortifiant. La maison remonterait, d'après ce que dit la publicité, à 1729. Si la boutique à Lourdes était situé place du Porche, le moulin et l'usine se trouvait  à Saint-Pé-de-Bigorre. Puis, suite aux inondations, les Pailhasson-Mazuel investirent le moulin fortifié du Lapacca à Lourdes (emplacement actuel de l'hôtel de la Tour du moulin). L’entreprise fournissait un excellent chocolat de réputation internationale. Les fèves de cacao venaient de Bayonne. C’était le chocolat préféré de l’impératrice Eugénie et celui de sa Sainteté le Pape Léon XIII. Il obtenait régulièrement les médailles des foires expositions internationales.
 Suite à une récession, la boutique a déménagé de la place du Porche pour se retrouver rue Basse. Et après sa vente, elle s’est déplacée à l’hôtel de la tour du Moulin sur le Lapacca.  Boutique et hôtel qui ont fermé en 2010 pour être vendus à un promoteur de Saint-Lary. Opération immobilière  qui a défrayé la chronique de l’époque et a fait un flop retentissant. La mairie avait accepté subrepticement la destruction de la tour de l’ancien moulin fortifié qui avait été accolée à l’hôtel vers 1957.
Madame Pailhasson née Rosella Morisson, d’une grande beauté, était la référence vestimentaire de la ville, du temps des Apparitions. Elle est le personnage principal du roman de Bernadette Pécassou : La belle chocolatière. Mazuel est le nom du gendre.
Au cimetière de la rue de l'Egalité la famille Pailhasson possède une tombe sous forme de colonne tronquée décorée d'une branche semble-t-il d'acacia. sans aucune référence ou signes religieux. Nous n'avons rien trouvé l'appartenance éventuelle de Clément décédé à l'âge de 79 ans,en 1895, à la franc-maçonnerie.
La marque réputée Pailhasson a été vendue en 2015 à un chocolatier d'Ibos, Monsieur Camps. Ce dernier doit ouvrir une boutique place Peyramale dans les anciens dépots Doucet (Cartes postales).

(1) Du haut en bas , impressions pyrénéennes d'Oscar Comettant , 1868.

 
madame pailhasson  Pailhasson
Madame Pailhasson.              La tombe Pailhasson à Lourdes. Photo Omnès

 


Mazuel Pailhason
 
                                                                                                                   Photo Loucrup65



 Pétronille ou Pérénelle de Bigorre (1184-1251) :
petite-fille de Centulle III, l’un des plus énergiques comtes de Bigorre. Elle naît à Muret où se trouvent ses parents : Bernard IV de Comminges et Béatrix IV), comtesse de Bigorre, fille de Centulle III. Elle épouse à 15 ans Gaston VI de Moncade, et se trouve ainsi du côté des Occitans, dont un certain nombre a embrassé la religion des Albigeois (cathares), et contre lesquels, lutte Simon IV de Montfort avec ses barons du Nord. Gaston meurt. Veuve à 30 ans, elle s’empresse d’épouser le comte de Cerdagne (petit-fils du roi d’Aragon). Ce qui déplaît à Simon IV de Montfort qui vient de remporter une victoire à Muret sur les Occitans. Il impose sa volonté à la comtesse de Bigorre, car il voit, par cette alliance, lui échapper une partie du Sud-Ouest. Il l’oblige (avec l’aide du pape) à annuler son mariage et à épouser son troisième fils, Guy, en 1216. Deux ans plus tard, celui-ci meurt à son tour, au siège de Castelnaudary (encore contre les Albigeois). Elle refait alors sa vie, avec un autre baron du Nord, Aymar de Rancon. Rebelotte, il meurt aussi.
Retour des ‘’sudistes’’, avec l’entrée en lice du seigneur de Cognac, Bozon de Mathas (Boson de Matas). À sa mort en 1251, Pétronille lègue la Bigorre à son petit-fils Esquivat. Problème, il n’a pas de descendant. Il remet donc la couronne comtale à son grand-oncle, Simon V de Montfort, frère de Guy, l’ancien mari de Pétronille. Vous suivez ? Naturellement toutes les têtes couronnées entrent en lice afin de récupérer le comté : la France, l’Angleterre, l’Aragon, la Navarre et les familles de Foix et d’Armagnac. Débute alors un des plus longs procès de l’histoire qui dura cent trente-trois ans. En attendant une solution, le roi de France met la Bigorre sous séquestre. En 1425, le comté de Pétronille est attribué à Jean de Grailly, vicomte de Béarn et comte de Foix. Bigorre et Béarn sont enfin réunis. Pétronille qui, avec ses cinq maris et ses trois filles, a perturbé durant plus d’un siècle le destin de la Bigorre, a été enterrée à l’abbaye d’Escaladieu à l’âge de 65 ans.
Un livre : Pétronille de Bigorre, une comtesse d’oc et d’oil, d’André Delpech. Éd. J et D, 1996.
armes bigorre
Armes supposées  de Pétronille de Bigorre




Abbé Marie-Dominique Peyramale : né en 1811 à Momères, c’est sans grand enthousiasme qu’il accepte sa nomination à la cure de Lourdes, en 1851. Il était auparavant aumônier de l’Hospice civil et militaire de Tarbes. Homme rude et d’une grande générosité, il est le premier à recevoir les révélations de la petite Bernadette. Très sceptique au début, il interdira la Grotte à tout ecclésiastique. Il demandera ensuite à Bernadette  si « aqueró » veut qu’on accède à sa requête (construire une chapelle), qu’elle dise son nom et qu’elle fasse fleurir l’églantier de la Grotte. Voir le chapitre « Histoire, les Apparitions ». Il est évincé par son évêque de la gestion des Sanctuaires en 1866, pour être remplacé par les pères de Garaison (les missionnaires de l’Immaculée Conception), plus au fait de la question. Ces pères seront les premiers chapelains des Sanctuaires.

L’abbé Peyramale fait construire l’église paroissiale actuelle. Il espère, pour répondre aux souhaits de la Sainte Vierge, que les processions partiront de là, comme elles partaient dès 1866, de l’ancienne église paroissiale (démolie, hélas, en 1905). Mais les pères de Garaison en décident autrement. Les processions partiront des Sanctuaires eux-mêmes. L’abbé est très meurtri par cette décision. De plus, selon Alexandre Peyramale, frère du curé : « les pères missionnaires feront tout pour détourner les intentions et les dons vers les Sanctuaires en cours de construction » (l’église nouvelle de Lourdes, circa 1889, imprimerie D. Lasserre Tarbes). Certains pensent qu’Alexandre Peyramale était « une mauvaise langue ». Il n’en demeure pas moins que le premier directeur des chapelains et l’abbé faisaient en même temps appel à la charité publique pour financer leur construction respective. Il décède en 1877, laissant à Mgr Jourdan, évêque de Tarbes, « une satisfaction impie, quand tout le monde pleurait » (toujours selon A. Peyramale) et sans avoir vu la fin de la construction de son église, qui sera abandonnée dès son décès, faute d’argent. Sur sa
tombe située dans la crypte, il fait inscrire par son ami Henri Lasserre : « Heureux ceux qui souffrent de persécution pour la justice. » 


mgr peyramale
                                                                           Mgr Peyramale devant l’église paroissiale. Photo J. Omnès




Jean-Pierre PICQUE (1746-1835) mèdecin, maire, député, pyrénéiste

Texte revisité et résumé de l’étude de Claude Larronde 2001, pour la société académique des H-P.
La famille Picqué, d'origine toulousaine, compte des magistrats ayant exercé dans la cité, certains ayant figuré au Parlement, des notaires et des médecins et occupe une position de notable dans la ville. Lors des guerres de Religion, ils quittent Toulouse. La branche cadette, d'où est issu Jean-Pierre Picqué, vient se fixer à Guchen, dans la vallée d'Aure. Le docteur Jean-Louis Picqué abandonne son village natal de Guchen pour s'installer à Lourdes, vers 1740. Dans son nouveau lieu de résidence, chemin de Bartrès, le docteur Jean-Louis Picqué devient en 1753, l'un des quatre Consuls de la ville, charge qu'il assume encore en 1755 et 1757. De son mariage avec Anne Louise Dansin, il a un fils, né à Lourdes, qui reçoit le prénom de Jean-Pierre. L'abbé Lapeyre, ami de la famille, lui apprend un peu de latin et quelques rudiments de calcul. A neuf ans, Jean-Pierre est pris en charge par un de ses oncles résidant à Tarbes qui le fait entrer au collège des Doctrinaires. Après que l'adolescent eut quitté le collège des Doctrinaires, c’est dans la bibliothèque paternelle, fort bien garnie, qu'il cherche l’érudition qui lui manque. Son père décide de lui faire suivre les cours de médecine de la faculté de Toulouse.
Parallèlement à cette profession médicale, il suit avec le plus grand intérêt la lutte soutenue par le Parlement des Provinces contre l'autorité royale et les privilèges insolents des nobles et du clergé. Il apprend la nouvelle du décès de son père, le 19 décembre 1764, à l'âge de 46 ans. Accablé par cette perte et la nouvelle situation financière qui en découle, Picqué revient à Lourdes.
Un an après la mort de son père, il ira à la faculté de Montpellier terminer sa médecine. Le jeune pyrénéen obtient, le 20 novembre 1766, son baccalauréat, puis le 2 mai de l'année suivante, la licence et, le 4 juillet 1767, il soutient brillamment sa thèse de doctorat. Il revient au pays natal exercer la médecine. 

J-P Piquer   CIMG9752
Maison Picqué devenue maison De Valicourt et son entrée secondaire avec la mention Villa Zulma. Photos J. Omnès

Jean-Pierre Picqué, médecin et maire de Lourdes
La vie à Lourdes n'est pas facile car la concurrence exercée par d'autres confrères est rude. Madame Picqué possède une ferme avec maison de campagne et une petite propriété que cultive un métayer. Jean-Pierre est précédé de la réputation de son père dont la population a conservé le meilleur souvenir. Il va effectuer plusieurs voyages dans les Pyrénées où il accumulera notes et croquis sur une région grandiose mais mal connue. Le pittoresque, encore intact, l'émerveille et exalte son esprit curieux.
Le 13 juillet 1772, il est nommé Substitut au siège Royal et Consulaire de la ville de Lourdes. Cette charge est suivie, le 10 novembre, de son élection au fauteuil de maire de la ville. Le 26 août 1773, il est élu membre correspondant de l'Académie Royale des Sciences, Inscriptions et Belles Lettres de Toulouse. Il exercera sa charge de maire jusqu'en 1777.
Une place de médecin étant vacante à l'hôpital militaire de Barèges, il part aussitôt occuper le poste. Il quitte Barèges pour l'Espagne en compagnie de son ami Doléac et un militaire de ses relations. Les trois amis ont préparé un itinéraire de cheminement afin de comparer les Pyrénées espagnoles aux Pyrénées françaises. Partis de Saint-Sauveur, ils arrivent à l'hôpital de Gavarnie. De là, ils vont à la grande cascade, les hauteurs du Marboré, le port de Boucharo pour arriver à Torla. La résistance des voyageurs est mise à rude épreuve. Après une halte réparatrice, ils atteignent Saragosse, point terminal de leur randonnée. De retour dans la maison familiale, Picqué constate que le climat psychologique n'a pas changé. Il décide alors de quitter Lourdes pour gagner la capitale. 

Jean-Pierre Picqué à Paris 
Arrivé dans la capitale, il est présenté à la duchesse de Valentinois, princesse de Monaco et il ne tarde pas à occuper, auprès d'elle, le poste de secrétaire particulier. Celle-ci aime voyager et la contemplation de la montagne la ravit. Aussi, apprécie-t-elle ce compagnon d'excursions disert et si distingué. Le partage de cet amour de la montagne les emmène en Auvergne, en Suisse et, enfin, dans les Pyrénées. Picqué conduit la duchesse dans la maison de sa mère qui surprend la grande dame par un accueil d'une dignité et d'une profusion dont, nous dit Picqué, "Je ne l'aurais pas cru capable". La duchesse trouva "la villa Picqué" confortable et fort à son goût.
En janvier 1789, il publie, à Paris, "Voyage dans les Pyrénées Françaises". Tout un programme. Bien conçu, attrayant, ce livre de 337 pages obtient, dès sa parution, un vif succès dans les milieux littéraires. Ce livre dont Mirabeau fera l'éloge sera édité quatre fois. Parlant de son livre, Picqué dit : "beaucoup m'ont copié sans faire mention de mes recherches. Ramon (Ramond de Carbonnières) lui-même, le meilleur des écrivains pyrénéens, ajoute peu de choses aux connaissances qu'on avait avant lui des Pyrénées. Je ne fus étonné que des éloges que Mirabeau a faits de mon ouvrage".

 Jean-Pierre Picqué et la politique
Picqué, adepte des philosophes pense qu'il a un rôle national à jouer. Il abandonne la médecine et revient à Lourdes avec l'intention de se lancer dans la politique. Pour ce faire, il doit obligatoirement être élu par son département. C'est fait, le 26 août 1792. Ses concitoyens ont désigné leur ancien maire comme délégué à l'élection des députés de Bigorre. Le 4 septembre, au deuxième tour de scrutin, Jean-Pierre Picqué est élu à l'Assemblée Nationale. Les autres députés sont Bertrand Barère de Vieuzac, Vincent Dupont, de Luz, Brice Gertoux, de Campan, Ferraud, d'Arreau et Lacrampe, d'Argelès. Les suppléants sont Dauphole, de Campan et Guchan, de Bagnères de Bigorre. Le 21 septembre, la République est proclamée. La carrière de Picqué commence. Dès son arrivée à Paris, il s'installe faubourg Saint-Honoré et organise son existence. Il devient membre de la Convention.
Picqué est élu suppléant au Comité du Commerce, lors de la seconde législature - 20 septembre 1792-13 octobre 1793 - mais ne s'y fait guère entendre. Outre les brochures énumérées, on peut noter "Plédoyé pour Louis Seze" écrit par le citoyen Jean-Jacques Liberté - pseudonyme de Picqué - qui utilise le jargon d'un laboureur du département de "Lille et Vilenne" pour développer ses arguments contre la détention et le procès du Roi. Ce document de trente pages est adressé à la Convention Nationale, le 20 décembre 1792, l'An premier de la République. Cette tentative de sauver la tête du monarque déchu, n'empêche pas le député bigourdan, lors du procès du Roi, de voter contre l'appel au peuple avec 422 autres députés et d'être l'un des 387 à prononcer la mort de Louis XVI.
Le Comité de Salut Public, qui a apprécié certaines de ses motions, désigne Picqué comme Représentant en Mission à l'Armée des Pyrénées-Orientales. Cette fonction importante lui est confiée par le Comité qui lui marque sa confiance dans un rôle d'agent extraordinaire du gouvernement muni de pouvoirs illimités. Le 25 ventôse An II - 15 mars 1794, Picqué prétextant son mauvais état de santé et son impossibilité de monter à cheval, refuse cette charge. Loin d'abonder dans les excès qui furent commis, Picqué s'efforce de venir en aide à des gens menacés dans leur existence. Plusieurs aristocrates lui sont redevables, notamment la maréchale de Richelieu et ses deux filles. Aidé par son ami Legendre, il sauve la vie de Ramon de Carbonière bien que celui-ci lui ait emprunté de nombreuses citations de son "Voyage dans les Pyrénées Françaises" en omettant de les mettre entre guillemets, ce que le Conventionnel n'a pas apprécié. Ces gestes humanitaires ne sont pas sans danger pour le député lourdais dont la générosité du cœur lui fait courir un danger personnel. Picqué rapporte d'autres faits et rappelle, avec fierté, ce que lui doivent ses concitoyens.
Dans ses "Mémoires", Barère prétend, au contraire, que les administrateurs inculpés : Darrabiat, Dauphole, Ozun, Gertoux, Sabail, Pigneguy et Desbets, étaient descendus chez lui et que ce fut grâce à son intervention que Georges Antoine Chabot, de l'Allier, rédigea un rapport favorable. Ce fait mentionné à la fois par Picqué et Barère n'est pas contestable mais qui a dit la vérité ? Picqué ne pardonne pas au tribun tarbais de dédaigner ceux de ses collègues qui n'ont pas la chance de posséder le même talent oratoire. Après la réaction thermidorienne qui suit la mort de Robespierre, la Convention tient sa dernière séance, le 26 octobre 1795 et décide le partage de l'exécutif entre cinq Directeurs et le législatif entre deux chambres élues au suffrage censitaire qui prennent le nom de Conseil des Cinq-Cents et de Conseil des Anciens. Le nouveau régime devient le Directoire. Pour services rendus, Picqué est réélu, le 22 Vendémiaire An IV - - 14 octobre 1795 - député des Hautes-Pyrénées au Conseil des Cinq-Cents, il y occupe le poste de Secrétaire et restera membre de cette assemblée jusqu'au 20 mai 1797, date à laquelle un renouvellement partiel l'élimine. Le 19 juillet 1798, il est nommé Commissaire liquidateur de la comptabilité intermédiaire et assure également le commandement de la Garde Nationale du premier arrondissement de Paris.
Cette année-là, Jean-Pierre Picqué décide de se marier. Au cours d'un séjour en Bigorre, Picqué fait la connaissance de Marie-Josèphe Deffis, originaire de Horgues, commune proche de Tarbes, âgée de vingt et un ans. Le 30 brumaire An VII - 20 novembre 1798 - devant la maison commune de Pouzac, au pied de l'arbre de la Liberté, ils font rédiger l'acte de mariage. Rentré à Paris, le couple s'installe à Passy. Le Directoire le charge de la fonction de Chef de bureau du contentieux de la Loterie Nationale. Le poste est modeste mais Picqué s'en contente et peut, tout à son aise, "contenter sa douce paresse".

 L'Empire 
Au Directoire succède la Consulat, puis l'Empire. Picqué, âgé de 58 ans, accepte le nouveau régime qui le maintien en poste malgré son républicanisme affirmé. La conspiration avortée du général Malet lui fait mesurer la fragilité du régime impérial qui s'achèvera à Waterloo. Le 31 mai 1793, s'étant résolument rangé du côté des Girondins, il n'est pas inquiété alors que 73 d'entr'eux sont emprisonnés. Sous le Directoire, il n'est pas compromis pour sa relation avec François Babeuf dit Gracchus, qui a créé "La Société des Égaux" organisation destinée à renverser le pouvoir et qui est guillotiné. Demerville, l’un de ses intimes, est impliqué dans la conspiration dite d'Aréna contre le Premier Consul. Après l'abdication de l'Empereur, la royauté restaurée chasse tous les serviteurs de la Révolution et de l'Empire. Picqué est licencié.
Lors du retour des Bourbons, Picqué n'est pas inquiété comme régicide. Profitant de cette relative tranquillité, l'ancien conventionnel vient en aide aux amis poursuivis par la police. Bertrand Barère écrit dans ses "Mémoires" que Picqué lui procura, à la fin de l'année 1815, un logement sûr, rue des Vieux Augustins. Jaloux du tribun, certainement, mais la solidarité régionale joua à plein.

 L'exil
Picqué devance la loi, promulguée le 12 janvier 1816, bannissant les anciens conventionnels régicides et quitte le territoire français. Par la protection du comte Sarrazin, il réussit à gagner la Belgique où il séjourne près d'une année. Il s'installe à Bruxelles où il rencontre Jean-Baptiste Teste, un avocat qui deviendra ministre sous Louis-Philippe. Picqué est autorisé à rentrer au pays sans être inquiété pour son passé républicain. Il quitte Bruxelles le 27 janvier 1817, et regagne Paris deux jours après.
En 1819, la nostalgie l'incite à revenir à Lourdes avec l'espoir que les années auront adouci le caractère irréductible de sa mère. Hélas, l'entente, tant souhaitée, est irréalisable. Il quitte Lourdes, le cœur gros, et n'y reviendra plus. Sa mère décède cinq années plus tard, le 14 septembre 1824, à l'âge de 96 ans. Son fils Jean-Pierre revient habiter à Passy dans la maison qui abritait son bonheur, vingt ans plus tôt. L'éloignement de Paris lui fait renoncer à ce lieu douillet mais solitaire et il déménage pour le n°10 de la rue Caumartin.
En 1830, la révolution de Juillet a porté Louis-Philippe sur le trône de France. Picqué revoit, avec plaisir, flotter le drapeau tricolore. Il envisage d'apporter quelques corrections à ses mémoires rédigées en 1823. Les marges du manuscrit s'emplissent d'additions d'une extrême violence contre l'Ancien Régime. Il y stigmatisera les erreurs criminelles commises par les monarques, les nobles et les prêtres. En 1832, il éprouve une intense satisfaction de voir paraître la quatrième édition de son ouvrage "Voyage dans les Pyrénées Françaises". Cette publication lui rapporte un peu d'argent et il en ressent une grande fierté.
Il s'éteint dans une sérénité relative, le 24 mai 1835, dans l'appartement de la rue Caumartin.
Comme bien d'autres, l'ancien conventionnel a laissé des mémoires sous le titre "L'Hermite des Pyrénées".

Pour en savoir plus sur L'Hermite des Pyrénées : http://www.facebook.com/l.php?u=http%3A%2F%2Fwww.persee.fr%2Fweb%2Frevues%2Fhome%2Fprescript%2Farticle%2Fanami_0003-4398_1899_num_11_43_3442&h=9AQG0wjsR



Jean Prat : né à Lourdes en 1922, fut « Monsieur Rugby ». Arrière à 16 ans, puis troisième ligne, il participa à son premier match international en 1945, aux côtés de Jacques Chaban-Delmas. Tour à tour troisième ligne, demi de mêlée et demi d’ouverture, il marqua le premier essai de la finale contre Mazamet en 1958 après quarante-cinq secondes de jeu, puis enchaîna trois minutes plus tard par un drop. Il entretenait sa forme physique par des randonnées fréquentes en montagne. Il a été 51 fois international. Son frère, Maurice, 31 fois.
Prédestination, tous deux sont nés près du stade, dans une belle maison qui se trouve dans le parc du terrain de camping de Maurice Prat. Cette maison avait été auparavant la ferme Arriouet, puis la laiterie Simacourbe. Elle appartenait à Madame Milhet, tante du peintre Louis Capdevielle. C’était une partie de l’ancienne propriété du domaine de Vizens de Benoit Dembarrère. Pour les 80 ans de Jean Prat, la route de Pontacq a été rebaptisée avenue Jean Prat, bel hommage de la municipalité à cette figure locale. Jean Prat est décédé à Lourdes,  fin février 2005, à la suite d’une longue maladie. Il avait 81 ans.
Pour ceux qui veulent en savoir plus : http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Prat_(rugby_à_XV)

jean prat
Jean Prat, le buteur et avant. Cliché Wikipédia




Mgr Jean-Baptiste Rodhain : ordonné prêtre en 1924, il s’occupe très rapidement du mouvement jociste (J.O.C.). En 1939, lors de la guerre, il devient aumônier. Prisonnier, il s’évade en 1940. Ses actions en faveur des prisonniers vont donner naissance à l’aumônerie des prisonniers de guerre. De 1965 à 1972, il est nommé Président de Caritas Internationalis. Lors d’un pèlerinage militaire en 1946, à Lourdes, il prend la décision de créer le Secours Catholique afin de venir en aide aux pèlerins pauvres, et d’« allumer le feu de la charité ». Amoureux de la nature, il trouve sur la colline de Barau le site exceptionnel pour édifier les premiers pavillons du Secours Catholique. Il s’installe dans la maison des Nelli (voir ci-dessus), qui aurait été à l’emplacement d’un ancien pavillon de chasse dit d’Henri IV. C’est ainsi qu’elle nous est présentée. Il décède en 1977. Sa pierre tombale se trouve près de la chapelle (copie de la Bergerie de Bartrès).
 
mgr rhodain
Mgr Jean Rodhain. Cliché Wikipédia




Marie de Saint-Frai (Marie Saint-Frai) : née à Tarbes en 1816 et devenue en religion mère Saint-Jean-Baptiste. Elle est cofondatrice en 1866, de la congrégation des filles de N-D des Douleurs pour recevoir les malades à Lourdes, et ce, dès le premier pèlerinage des malades du National en 1873. Elle fonde avec le père Ribes, l’hôpital de Saint-Frai, devenu l’accueil M. de Saint-Frai. La congrégation a ouvert neuf maisons en France et quelques-unes au Liban et en Egypte.
 

Rémy Sempé est né à Lamarque-Pontacq en 1818. Après avoir été professeur au petit séminaire de Saint-Pé, puis secrétaire de Mgr Laurence, il est nommé directeur des missionnaires de Garaison par ce dernier. Puis, après les Apparitions, il est détaché auprès l’abbé Peyramale, curé de Lourdes, afin de l’aider dans son immense tâche d’organisation. Il profite de la fatigue et de la maladie de celui-ci, pour obtenir auprès de son évêque la séparation de la cure de la gestion du « Domaine de la Grotte ». Il est alors nommé premier chapelain des Sanctuaires en 1866. Il se fait aider par quelques pères de Garaison. Ce « fou d’urbanisme » est à l’origine de la plupart des bâtiments des Sanctuaires et de ses environs. Il a fait construire durant 23 ans, le chalet épiscopal, la maison des chapelains, la Basilique du Rosaire, la rampe d’accès, le Bureau des constatations médicales, l’Hospitalité N-D de Lourdes, le pont Saint-Michel et le boulevard de la Grotte. Il a fait élargir également le Pont-Vieux, et aménager la colline du Calvaire, la Grotte et la prairie de Savy (actuelle Esplanade), et enfin a fait rectifier le cours du gave. Ouf ! Un boulevard, au sud de la Basilique souterraine porte son nom. Le père Sempé est mort en 1889, l’année de l’achèvement de la Basilique du Rosaire.


Sim : de son vrai nom Simon Jacques Eugène Berryer, est né en 1926 à Cauterets. Son père, électricien de cinéma à Paris, fait connaissance de sa mère, Marie-Thérèse Bonnemazou lors de prises de vue dans la région pour le film d’Abel Gance, Napoléon. À l’âge de sept ans, le petit Simon s’initie au métier d’acteur en tant que figurant dans un film artisanal d’un de ses oncles, intitulé La Gloire de Lourdes. Son père est devenu directeur de salles de cinéma à Nantes puis à Rennes. Il le suit dans ses déplacements. Après un poste d’opérateur projectionniste, il s’intéresse à la scène et parcourt la Bretagne avec un ami, son chien Boogie et un numéro de clowns parodistes et musicaux. Puis, il s’installe à Montreuil vers 1953, et se produit dans de nombreux cabarets, parfois avec Jacques Brel, son voisin de quartier.

 Chanteur, animateur, fantaisiste et comédien, il s’est rendu célèbre par ses passages répétés à la télévision, dans des émissions de variétés. Ses principales interprétations où la fantaisie la plus décousue se mêle à la drôlerie, restent pour beaucoup de ses fans : Où est ma chemise grise ?, parodie de Crease chantée avec son comparse Patrick Topaloff, l’inénarrable Libellule, Quoi ma gueule ?, parodie d’une chanson de Johnny, J’ai un cheveu sur la langue, C’est pas moi, c’est ma sœur… La chanson Où est ma chemise ? a tout de même obtenu un disque d’or en 1978. La notoriété de Sim s’est confirmée auprès du public de cabaret par la création de son personnage La Baronne de la Tronche en biais. Habitué des Grosses têtes de Bouvard, il savait mettre partout de la gaieté et rendre le ciel moins gris. Michel Audiard disait de lui « c’est le fruit des amours d’un étourneau et d’une pointe bic ». Sim est également l’auteur de plusieurs ouvrages, dont deux romans : Pour l’amour de Dieu et Le président Balta édités chez Flammarion et un essai Le Penseur édité au Cherche Midi éditions, dans la collection Les Pensées.
Certaines dépêches d’Internet le donnaient pour mort, la date était même avancée : 1999. En fait, en 2003, il coulait une retraite heureuse en Normandie. Il décède le dimanche 6 septembre 2009, à l'âge de 83 ans, d'une embolie pulmonaire, à Saint-Raphaël, dans le Var. Il avait été hospitalisé quelques jours auparavant pour une pneumonie.
Ses obsèques ont eu lieu le 11 septembre 2009, en l'Église Saint-Pierre-Saint-Paul de Roquebrune-sur-Argens, commune où il résidait depuis neuf ans et où il fut inhumé. Crématisé à Vidauban (83), ses cendres ont été dispersées au jardin du souvenir du crématorium.

sim
Sim en libellule. Cliché Wikipédia




Marie-Bernarde (dite Bernadette) Soubirous (1844-1879) : prononcez le s final. Personnage mondialement célèbre dont je pense qu’il est inutile ici de rappeler la vie. Voir les nombreux ouvrages et films en DVD. Lire surtout la Petite vie de Bernadette de René Laurentin. Éd. Desclée de Brouwer, 1987. Bonne synthèse sur la sainte.

bernadette soubirous
Bronze de Bernadette devant l’ancien presbytère. Photo J. Omnès

Pierre Soubirous (18 -1931)  : frère et filleul de Bernadette.  Frère aimé de Bernadette qui était allé la voir lorsqu'elle était malade à Nevers .Il avait choisi sa demeure à Lourdes, rue Notre-Dame, face à l'hospice où avait vécu sa soeur un certain temps, afin de pouvoir assister quotidiennement à la messe (1)

   (1) Archive des Soeurs de Nevers à Nevers

   Pierre Soubirous Pierre (avec les moustaches), au milieu, avec un groupe de pèlerins en 1930. Cliché Google



Yves Tabarant : ce Lourdais d’adoption, né en 1949 près de Menton, est un champion peu connu du grand public. Pourtant, il a un palmarès éloquent : quatorze fois champion de France, vétéran du triathlon et deux fois champion du monde (1994 et 1995). On peut souvent le voir s’entraîner dans les rues de la ville. La relève semble assurée par ses enfants.

yves tabarant
Yves Tabarant au triathlon d’Hawaï. Cliché C. Guiard




Mgr Pierre-Marie Théas :
né à Barzun (P.A.) en 1894. Évêque de Montauban au début de la guerre, il fut nommé évêque de Tarbes en 1947. Il restera dans la mémoire des locaux comme un homme courageux, entreprenant et intègre. Il a été un des rares ecclésiastiques, avec l’archevêque de Toulouse Monseigneur Saliège, à s’opposer à l’occupation allemande et surtout à la politique anti-juive de Vichy. Ce qui lui a valu d’être interné à Compiègne. Il sut prévoir l’importance des foules pour le centenaire en faisant construire la Basilique souterraine Saint-Pie X, et il eut le courage de s’opposer à la politique mercantiliste du Cénacle. Il fut également à l’origine de l’édition des travaux de l’abbé Laurentin et de la création de la Cité Saint-Pierre du Secours Catholique. Il fut aussi aux premières loges dans des interventions en faveur des mal-logés et des grévistes. Curieusement, les panneaux d’informations du Musée Trésor des Sanctuaires mentionnent la « réhabilitation » de Mgr Théas, sans qu’aucune explication ne soit fournie sur son éventuelle disgrâce. Monseigneur Théas a été élevé (avec 2 100 de ses compatriotes), par l’organisme israélien Yad-Vashem, au rang de « Juste parmi les Nations » pour son action héroïque pendant la guerre. Il est mort à Pau en 1977. Son corps est inhumé à la cathédrale de Tarbes.
 
mgr theas
Mgr Théas. Cliché Wikipédia




Antoine Tisné :
grand compositeur, né à Lourdes en 1932 d'une mère basque et d'un père bigourdan. Son approche de la musique s’est faite à partir des orgues de l’église paroissiale de la cité. Après Tarbes, il alla se former au Conservatoire National à Paris en 1951.  Élève de Georges Hugon et de Noël Gallon, il eut pour  maître Darius Milhaud et Jean Rivier. Il y obtient le premier prix d'harmonie en 1956, de contrepoint en 1957 et de fugue en 1959. Puis, les prix et distinctions se sont succédés , dont le deuxième prix de Rome, le prix Lili-Boulanger en 1962, et le prix de la fondation Serge-Koussevitski en 1965. Au cours de ses nombreux voyages, il traduit musicalement l'émotion que lui procurent les paysages et monuments rencontrés : la Grèce, le Danemark, l'Italie , l'Egypte. Tout dépaysement devient source d'inspiration. Mais la métaphysique et le cosmos lui fournissent également de nombreux thèmes à l'origine de Soleils Noirs, Arches de Lumière , Chants d'Espace ...  Il atteint les extrêmes limites des possibilités instrumentales tant pour le piano que pour le clavecin. En 1968, il est devenu Inspecteur principal de la Musique au Ministère des Affaires Culturelles. 
Il décède à Paris en 1998.
antoine tisne    Jean Tisnes                                                              
Ouvrage de David Niemann sur Antoine Tisné : « Composer, c’est exister. » Portait dédicacé pour Marie-Bernard Hourtané, créatrice de la Lyre bigourdane à Lourdes.



François Vignole : sportif et résistant. Né à Lau-Balagnas en 1914. L’ « homme aux semelles de vent » fut  élu meilleur skieur international et champion de France de slalom en 1935.
Il obtint la même année la médaille de bronze aux championnats du monde de Mürrren (Suisse). Il fut le principal artisan de la renommée du ski club de Barèges.

francois vignole
                                                                                  F. Vignole, cliché Albert Pfeiffer



François Vilon : « Le sculpteur de Lourdes ». Né en 1902, il passa son enfance dans la maison familiale, rue de l’Égalité, en face du cimetière. Après des études aux Beaux-Arts de Toulouse, il s’inscrivit à la section sculpture, des Beaux-Arts de Paris (1). Élève doué, il obtint rapidement, en 1928, une lettre de recommandation de son professeur, Firmin Michelet (2), auprès de la municipalité lourdaise afin d’obtenir des commandes. Celles-ci ne se firent pas attendre. Après la Jeune fille à la chèvre en 1931, il exécuta en 1932, les sculptures de la façade de l’Hôtel des Postes de Lourdes, toujours visibles, rue Maransin. Puis, La Plénitude, femme nue, qui causa quelques soucis d’emplacement, loin du regard des pèlerins. Il exécuta également un très beau bas-relief, intitulé La transhumance qui représente un berger et son troupeau. Cette œuvre décorait la façade du pavillon Basque-Béarn-Bigorre de l’Exposition de Paris de 1937. Elle devait être placée au monument aux morts de la cité mariale. Elle fut finalement exposée à l’entrée de la ville. Il exécuta le bas-relief de l’école communale, rue de Langelle, en 1951, puis Le Gave situé dans le jardin de l'ancien palais de Justice (actuellement salle de cinéma). Il est également l’auteur de quatre des huit statues de l’église paroissiale représentant les saints bergers. Injustement oublié de l’histoire, ses collections ont été dispersées et son nom est inconnu au répertoire du guide des Hommes et femmes célèbres des Hautes-Pyrénées des Éditions Bonneton.
Sa maison a été un temps, occupée par des squatters. Il est mort à Paris en 1995, dans le XIVe arrondissement, près du cimetière de Montparnasse. Son corps a été discrètement rapatrié dans sa ville natale en 2005.

(1) Il vécut dans la capitale dans le VIe arrondissement, rue Princesse, à côté du célèbre night-club de chez Castel, un autre Bigourdan.
(2) Firmin Michelet est l’auteur de la statue équestre de Foch à Tarbes.

statue bernadette
maison vilon

Bernadette                    Maison de F. Vilon en face du cimetière de l'Égalité. Photos J. Omnès


statue gave            F Vilon     
                                                          Le   Gave                       Les deux bergers   aux jardins de l'You . Photos J. Omnès