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1 - Les animaux domestiques

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Quelques animaux domestiques


  * La vache lourdaise :
se caractérise par une robe froment clair, du mufle à la queue, plus foncée aux parties antérieures, sans aucune trace de pigmentation. Ses cornes sont ouvertes en forme de lyre. La vache lourdaise a une aptitude mixte : animal de trait docile, robuste et apte à la montagne et de production de lait assez crémeux, excellent pour la fabrication du beurre. Mais son rendement laitier est assez faible, environ 15 litres par jour, pour 240 à 300 jours de lactation ; d’où sa disparition progressive (avec la vache auroise). Le rendement économique a totalement sacrifié cette race locale au profit des vaches laitières performantes de type hollandais (pelage blanc et noir). Depuis les années 1980, des instituts spécialisés, comme l’Institut de l’élevage, les Chambres d’agriculture ou le Conservatoire du patrimoine biologique ont réuni leurs efforts afin de sauver le patrimoine génétique de la Lourdaise. C’est pratiquement chose faite depuis peu. En 2 000, le recensement était de 138 vaches (et 5 taureaux) réparties chez 25 propriétaires ; en 2013 elles sont 260, réparties chez 57 exploitants. Elles étaient près de 40 000 en 1920, 30 000 en 1932 et 12 en 1975 !  Les estives sont généralement occupées par des races à viande, comme la Gasconne ou la Blonde d’Aquitaine. Après la mise en place du plan de sauvetage en 1981,  a été créé en 2003, le Syndicat des races bovines des Pyrénées centrales. En 2010, 13 "races bovines en conservation" sont présentées au Salon de l'agriculture. L'expérience a été renouvelée en 2013. L'institut de l'élevage qui anime l'OS de ces races bovines a établi le tableau de l'évolution des effectifs ci-après. La Lourdaise a encore des efforts à faire.
statistiques 2

Il avait été envisagé par la municipalité de Lourdes de réaliser un conservatoire des races endémiques des animaux domestiques, dont la Lourdaise à la ferme Baloum, près du lac de la ville. Malheureusement les travaux coûteux de l’aménagement dudit lac (restaurant et local à kayacs) ont fait déplacer le projet dans le temps. En attendant, on peut toujours visiter la ferme conservatoire de Peré, près de Lannemezan. Dirigée par Milou Giraud, elle est le fer de lance de la sauvegarde de la tradition du monde paysan.

Pour en savoir plus sur la race lourdaise, voir l'article sur wikipédia ci-après, écrit en grande partie par Roland Darré, vétérinaire et maire de Bourréac :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Lourdaise_%28race_bovine%29

vache lourdaise
Vache lourdaise à Luz. Google© Roland Darré

Lourdaise 2    Cornes
Salon de l'agriculture 2013. Vache de race lourdaise de Mr Amaré

INFORMATIONS COMPLEMENTAIRES SUR LA VACHE LOURDAISE

Quelques notes sur la VACHE LOURDAISE - Extraites du livret " Les vaches de Lourdes, une race qui disparait " par le Comte de Roquette-Buisson, ancien Préfet, ancien Trésorier-Payeur Général ( Editions J.A. Lescamela - Tarbes - 1907 ) :
"Les animaux de l'ancien type présentaient les caractères suivants : le dos large, les hanches écartées, l'épine dorsale droite, l'attache de queue horizontale, les oreilles plutôt grandes que petites, velues intérieurement, le pelage allant du rouge fauve au rouge brun, ou gris un peu sombre ; ce dernier pelage était regardé comme l'indice des bonnes laitières.

Au Congrès de l'Industrie Pastorale des Pyrénées, tenu à Toulouse, au mois de mai 1906, M. le sénateur Calvet, dont la compétence en ces matières est indiscutée, faisait remarquer " que ce sont les vaches grises qui sont les meilleures beurrières, ce qui rapproche la race Schwitz (bétail brun de Suisse) des races Pyrénéennes. " 
On attachait, quel que fut le pelage, une grande importance à la présence de poils noirs sur le mufle et dans les oreilles . De très rares exemplaires de ce type existent encore, mais si peu nombreux, qu'à peine en rencontre-t-on quelques-uns dans la vallée d'Argelès.
Ce type avait été obtenu par une sélection longuement poursuivie avec le plus grand soin, la plus judicieuse intelligence ; il était merveilleusement adapté aux conditions de l'organisation de la propriété dans le Lavedan, à celles du sol et du climat.
En 1813, M. de la Boulinière, dans son Manuel de statistique, disait : " On voit un exemple frappant du grand avantage que procure une juste proportion entre les fourrages d'hiver et ceux d'été dans le vallonQuelques notes sur la VACHE LOURDAISE - Extraites du livret " Les vaches de Lourdes, une race qui disparait " par le Comte de Roquette-Buisson, ancien Préfet, ancien Trésorier-Payeur Général ( Editions J.A. Lescamela - Tarbes - 1907 ) :" ... Les  d'Argelès et la vallée de Campan ; le bétail y est mieux nourri ; on y songe moins à la culture des champs qu'à celle des prairies, et c'est ce qui fait la supériorité des vaches de ces deux cantons . " C'est dès cette époque, la constatation des précieuses qualités, de la parfaite adaptation aux nécessités du pays, de la race de Lourdes répandue de tous temps dans les cantons d'Argelès, de Bagnères et de Campan.
Le Lavedan ou pays des sept vallées, appelé aussi la Montagne, pays d'origine de la race de Lourdes, est formé par toute la partie supérieure du Gave, à partir et en amont de Lourdes, Lourdes et son territoire en dehors . Il se compose des sept vallées de Castelloubon, Batsurguère, Extrème de Salles, Azun, Barèges, St-Savin et Davantaygues, ces deux dernières réunies aujourd'hui sous le nom de vallée d'Argelès.
... La conséquence forcée de cette division du sol, entre une énorme propriété communale et de très petites propriétés particulières, était la nécessité d'avoir une race s'adaptant à ces conditions économiques tout à fait spéciales ... Des animaux exclusivement de travail, auraient passé la plus grande partie de l'année à consommer sans travailler. Des animaux exclusivement de production, n'auraient pas permis d'effectuer les transports, de cultiver les terres arables . La vache de l'ancien type, par son aptitude laitière, permettait l'utilisation rémunératrice, des pâturages de la montagne en été, des fourrages à l'étable pendant l'hiver. Son aptitude au travail, son énergie, sa force musculaire, son agilité rendait facile le travail des terres, le transport des bois dans des chemins souvent peu praticables.
Une paire de vaches de ce type transportait aisément, dans les pentes de la montagne, de vingt à vingt-cinq quintaux (cinquante kilos, l'usage local étant de désigner le demi-quintal métrique sous le nom de quintal). Des ardoisières de Lugagnan aux villages de la vallée d'Estrème de Salles et d'Azun, elles trainaient sans difficulté un char renfermant neuf parechs (quantité d'ardoises nécessaires pour couvrir trois mètres carrés de toiture) d'ardoises. Leur aptitude laitière n'était pas moins remarquable que leur force musculaire. " C'était de vaches charolaises et de Lourdes, qu'étaient particulièrement peuplées les quelques vacheries de Toulouse, fournissant le lait aux besoins de la population de la ville. "
D'une santé très robuste, elles résistaient admirablement au séjour de la montagne, y demeuraient de la mi-juin à à la mi-octobre ; souvent, les premières neiges les y surprenaient, sans qu'elles en fussent incommodées " ...

affiche vache lourdaise 2 Dans la vallée de Batsurguère.

 "Quelques noms de l'ancien type :
Haoübine, pour les vaches ayant le poil rouge fauve, la tête fine, les cornes relevées.
Loundrine (Loundri était le nom de l'étoffe avec laquelle on faisait les capulets rouges ), pour celles de couleur rouge.
Castagne, pour celles de couleur rouge brun plus ou moins foncé .
Paloume, pour celles d'un gris un peu sombre.
Barousse pour celles dont le chanfrein était charbonné.
Les noms du nouveau type sont :
Esquirolle, pour celles qui ont la tête fine, les cornes relevées, le poil froment clair .
Bermeille, pour celles de couleur claire, ayant la tête carrée, les cornes écartées .
Poulide, pour celles qui sont les plus claires, les blanches ... "   

la lourdaise

                                                                  



* Le mouton et la brebis :
si l’ouverture des marchés économiques a peu à peu éliminé les races locales au profit d’animaux polyvalents, depuis peu, dans un réflexe de défense contre la mondialisation sans âme, ces races locales sont remises à l’honneur. Comme la race barégeoise qui a obtenu une appellation d’origine contrôlée (AOC) et fait l’objet chaque année à la Saint-Michel (septembre) d’une moutouade à Luz-Saint-Sauveur où l’on peut déguster ses côtelettes au fumet unique. D'après les informations données par les Moutonniers du pays Toy : en "estive, les moutons sont en totale liberté. Le pasteur leur rend visite une fois par semaine pour les regrouper, les soigner et les trier afin de sélectionner ceux qui seront commercialisés". Fin octobre, le cheptel redescend vers les  granges foraines pour y pâturer les repousses d’automne pendant quelques semaines. Enfin, le mois de novembre arrivé, les bêtes réintègrent la bergerie. Tout au long de l’année, sous forme de foin, de regain ou de pâturage, l’herbe constitue le pivot de l’alimentation. Les apports complémentaires se résument à quelques pierres à lécher en hiver et à un mélange de sel et de son en été. « Cette race [la barégeoise] locale et rustique se caractérise par une forte aptitude au désaisonnement.  Les éleveurs ont recours à la lutte naturelle, en liberté, et les agnelages se déroulent essentiellement en automne, pour se poursuivre jusqu’au printemps. » Mais ce type d'élevage en totale liberté, a sa contrepartie, à savoir, le non-respect de la biodiversité tenant compte de la présence de l'ours. Ne pas parquer ces animaux la nuit avec la protection d'un patou, peut avoir une conséquence financière dont peu d'éleveurs locaux veulent tenir compte, malgré les aides administratives. La disparition de l'ours fait souvent partie intégrante du choix de leur mode d'élevage. 
   moutonniers                    .buvette des alpages 2
                                                                                       
Ce type d'exploitation qui ne tient pas compte de la biodiversité des Pyrénées est souvent décrié par un site réputé, où l'humour est souvent présent : la buvette des alpages. 
Le site : http://www.buvettedesalpages.be/pastoralisme_aoc_bareges_gavarnie/
En plus de la race barégeoise, citons la race lourdaise, en voie de disparition (700 à 800 brebis dans le département), et qui est surtout élevée pour sa viande. On la distingue par sa tête très bombée. En septembre 2015 aura lieu près de Viger (vallée de Batsurguère) une fête des vaches et moutons de race lourdaise.

Bélier       Mouton race lourdaise
Bélier et mouton de race lourdaise présentés au salon de l'agriculture 2013 (troupeau venant de Saint-Gaudens).
La production laitière provient essentiellement de races basco-béarnaises ; celles-ci sont surtout cantonnées à l’ouest du Lavedan, là où l’on fabrique les fromages (Arbéost, Ferrières). On peut mentionner qu’aux XVIIIe et XIXe siècles de nombreux troupeaux de moutons étaient utilisés pour leur laine. De qualité médiocre, celle-ci fut améliorée vers 1808, par l’introduction dans la vallée d’Aure, de béliers (80) provenant de l’autre côté des Pyrénées. Ce fut l’une des rares conséquences positives du passage de l’Empereur lors de l’invasion de l’Espagne pour y installer son frère Joseph. Les croisements qui en résultèrent donnèrent naissance à la race Aure-Campan.

Départ pour les estives d'Estaing, juin 2015. Troupeau de race lourdaise. Photos J. Omnès

Le départ 2 La Lourdaise

mouton lourdais Tête mouton race lourdaise. Photo J. Omnès




* La chèvre des Pyrénées :
Chèvre autochtone à poils longs le plus souvent  noirs et blancs, la chèvre de race pyrénéenne peuplait traditionnellement toute la chaîne de la Méditerranée à l’Atlantique. Elle était réputée pour la richesse de son lait et l’aptitude laitière de certaines de ses souches. Présente en petites troupes de 5 ou 6 dans les troupeaux d’ovins à vocation viande, elle constituait, en estive, un apport de lait frais nécessaire pour le berger et ses chiens. Ce lait était également très consommé en ville.  Au 19ème siècle, les chevriers béarnais le vendaient directement à domicile jusqu’à Paris et Bruxelles. À Paris, ils étaient installés le long des anciens remparts de la ville. George Sand et ses amis raffolaient de ce lait frais des chèvres pyrénéennes.
 

Chèvre des Pyrénées
                   Chèvre des Pyrénées 
D’après l’Association de la Chèvre de race Pyrénéenne, leur population est passée de 70 000 caprins en 1852 à 50 000 en 1957. Au cours des 50 dernières années, les effectifs se sont effondrés à cause, entre autres, de la concurrence de races plus performantes, mais moins robustes.  Elle était considérée comme quasiment disparue au début des années 90. Comme pour la vache lourdaise,  un premier inventaire des animaux et des troupeaux a été réalisé, à partir de 1993, conjointement par le Conservatoire du Patrimoine Biologique Régional de Midi-Pyrénées et le Conservatoire des Races d’Aquitaine.  En 2010, 3 000 chèvres et 220 boucs sont recensés dans près de 1190 élevages.
Chèvres- lavoir                         Chèvres lourdaises devant le lavoir du Lapacca (à gauche) à Lourdes. Cliché J. Labourie. Les maires de Lourdes page 76.

En 2004, l’Association de la Chèvre de race pyrénéenne a été créée pour rassembler les éleveurs désireux de défendre, promouvoir et développer la Chèvre des Pyrénées.
Le fromage de chèvre Le lait est transformé en fromages de type crottin ou en tomme des Pyrénées (fromage à pâte pressée non cuite pur chèvre ou en mélange avec du lait de vache ou de brebis). 

Fomage chèvres1 
Au fond, pur chèvre ; devant, mixte chèvre-vache.
Photo J. Omnès chez l'éleveur fromager Cockenpot  à Bordes (Vier-Bordes). Vente au marché d'Argelès.
                                                    
Chevrier en ville 
Chevrier béarnais à Paris. Direct du producteur au consommateur

Pour en savoir plus : http://www.chevredespyrenees.org/la-chevre-pyreneenne/
logo         chevrier 001
La foire aux boucs : http://www.chevredespyrenees.org/foire-aux-boucs/

 
  * L’âne :
jusqu’à la dernière guerre, chaque ferme avait son âne, c’était le valet de ferme ou le tracteur du pauvre. Il rendait de nombreux services aux paysans et aux bergers. Avec son bât, il portait le bois, le lait et le ravitaillement lors des transhumances. C’est lui que l’on attelait à la jardinière pour aller au marché ; quand ce n’était pas à quelque instrument aratoire ! Suite à la multiplication des tracteurs et des routes pastorales, accessibles aux véhicules motorisés, l’animal avait pratiquement disparu des exploitations agricoles. Les derniers se trouvaient à Gavarnie, pour le transport traditionnel des excursionnistes vers le Cirque. Depuis une dizaine d’années, l’âne est très fortement revenu à la mode pour la randonnée, comme pour l’entretien (organisé souvent par des citadins) des anciens terrains agricoles. En 1997, grâce à la volonté de quelques amateurs passionnés, la race dite des Pyrénées a été  officiellement reconnue par le Ministère de l’agriculture. Cet âne pyrénéen, montagnard vigoureux au pied léger, au poil court et luisant, noir ou bai brun, demandant peu de soins, servait aussi autrefois à la production de mules.
De robe sombre, le tour des yeux, du nez et les dessous sont blancs. L’œil est vif les oreilles mobiles et plantées haut sur la tête. On doit distinguer cet âne local trapu, dit aussi Gascon, du Catalan, qui, lui, est plus haut de garrot (plus de 1, 35 m) et d’aspect plus fin.
Une adresse : Association nationale des éleveurs d’ânes pyrénéens (A.N.E.A.P.), Jean-Louis Guyot, Mazères, 65700 Castelnau-Rivière-Basse.  05-62-31-90-56. Fax : 05-62-31-92-88. Voir aussi www.anespyrenees.fr

 
ane                Bidon Lait 001
Martin, âne gascon des Pyrénées. Madame Thomas avec son ânesse Paulette à Barèges. Paulette servait au transport du lait, livré à domicile. Carte 1900. Coll. privée. Photos J. Omnès

                                Lâne et sa représentation dans l’imaginaire des hommes.

J’ai toujours entendu mon frère Jacques me parler de l’intelligence de ses ânes, ânes pyrénéens bien sûr. Dires  confirmés par les nombreux propriétaires de cet animal emblématique de notre région.

Pourtant, sa réputation, depuis fort longtemps fut une réputation de paresse, d’obstination et de stupidité. Qui ne se souvient pas des bonnets d’ânes mis sur la tête des cancres.  Au Moyen Age cet animal né pour travailler au service de l’homme «  incapable de faire autre chose que de braire et de reculer » était souvent l’objet de moqueries. Or, étonnant revers de l’Histoire, l’âne dans les temps les plus reculés et surtout bibliques  était un animal mystique ; dès l’ancien testament où confident du prophète  Balaam, il  lui rapportait la parole divine il tint Jésus au chaud dans la crèche et le porta lors de son entrée à Jérusalem, le jour dit des Rameaux. Symbole de la pauvreté, il fut également la monture de saint François d’Assise et de nombreux prélats.

Que nous vaut alors ce revirement de représentation dans l’esprit des humains ? Il est possible, simple hypothèse personnelle, que lassé du poids de l’Eglise dans les contrées rurales et pauvres, les paysans pour se venger tournaient la monture biblique en dérision, ne criaient-il pas hi !, han !, au passage des cortèges religieux et n’avait-il pas choisi le jour de la fête de l’âne où les défoulements étaient de mise, le même jour de celle de la circoncision de Jésus, le premier janvier ? Depuis, ce poids devenant moins lourd, le pauvre animal récupère ses lettres de noblesse.


* Le porc noir de Bigorre :
cousin du porc gascon (noir et blanc), race très ancienne, a une présence dans le Piémont pyrénéen attestée depuis l’antiquité. 
L'historien grec Strabon, au Ier siècle, assure dans son livre III, que les cochons noirs sont les meilleurs de l'Empire. Au XIIe siècle, l'abbaye cistercienne de l'Escaladieu élevait, selon l'historien Guy Cassagnet, près de 3 000 porcs sur ses 35 000 hectares.
De cet animal très résistant et rustique, Olivier de Serres disait qu’il était « de petit entretien et peu difficile en son vivre ». Son pelage est noir, son corps cylindrique et sa tête pointue est dotée d’un petit groin très mobile.
D'après les monographies des instituteurs des Hautes-Pyrénées de 1887, il est souvent mentionné qu'il "est rare de trouver une maison où l'on ne se livre pas à la reproduction de cet animal". A cette époque, son absence est signe de misère. Il était engraissé avec les déchets, châtaignes, maïs, glands et pommes de terre. Le "glandage"qui consiste à laisser paître les porcs dans les chênaies, sous la conduite d'un gardien public a une grande importance dans les modes de vie des hautes vallées.
Le porc gascon noir et blanc pourtant aussi présent, est moins souvent mentionné, voir plus avant le texte de Roland Darré.
Au XIXe siècle, époque productiviste, le porc noir, lent à la croissance est petit à petit abandonné,  pour être remplacé par des porcs de race anglaise, comme le Landrace, qui atteignent leur maturité en 160 jours, soit trois fois plus vite que les  porcs noirs, ou par des porcs de croisement d'animaux indigènes avec des verrats anglais. En 1981, il ne restait plus dans le pays  que 34 truies et deux verrats de race locale, il yavait 28 000 truies en 1930.

Cette menace d'extinction de la race fut stoppée dès cette date, par quelques éleveurs passionnés, qui créèrent en 1994, une association de défense et de promotion du porc noir de Bigorre. Ces éleveurs, en partenariat avec des artisans charcutiers, des salaisonniers et des conserveurs fondèrent ensuite le Consortium noir de Bigorre (1996), afin d’organiser la production, la transformation, la promotion et la commercialisation des produits.
La filière fut complétée en 2001, par la création de la Société du Porc Noir de Bigorre, qui assure la commercialisation des porcs. Enfin l’Arou, la confrérie du « Noir de Bigorre » créée en 2000, dont le siège se trouve dans la célèbre abbaye de l’Escaladieu, constitue un outil de promotion très important pour la filière.
En 2013, on peut considérer que la race est sauvée. On compte 938 truies et 120 verrats. L’élevage regroupe environ soixante éleveurs locaux. Aujourd'hui, le Porc Noir, produit sentinelle de Slow Food, se positionne parmi les plus grands produits européen.
Il se nourrit en plein air durant au minimum 12 mois, d’herbage, de glands, de céréales (sans O.G.M.) et de châtaignes. Seuls 25 porcs maximum par hectare sont tolérés.  Si cet animal offre des produits d'exception, dont les jambons qui sont parmi  les meilleurs d'Europe, on peut facilement admettre que la qualité a un prix et peut être rentable pour les éleveurs qui se sont lancés dans l'aventure de cette filière porcine. Aujourd'hui, grâce au travail des éleveurs et du consortium (rôle majeur de l'animateur et directeur Armand Touzanne, par ailleurs maire d'Arné), le Noir de Bigorre est une réussite, un fleuron gastronomique de la Bigorre, avec des éleveurs qui ont gardé leur indépendance tout en conservant une dimension artisanale et en bénéficiant d'une bonne rémunération.

Des produits du porc Noir de Bigorre on peut citer le fameux boudin  en verrine, la Vignécoise

 
porc noir      Porc-noir-de-Bigorre-diapo01
Porc noir et ses petits au salon de l'agriculture à Paris en  2012.

LE PORC NOIR PRECISIONS
par Roland Darré (vétérinaire)

les origines et le positionnement ethnologique du porc noir : 

" L'appellation porc noir de Bigorre n'est pas celle de la race, mais celle d'une production IGP en voie d'AOP, à base de porcs gascons, mais pour qu'un éleveur de porcs gascons puisse prétendre vendre des porcs sous l'appellation "porc noir de Bigorre", il faut qu'il ait été agréé par l'association du porc noir (cahier des charges, etc.). 
Je suis très méfiant pour ne pas dire plus, vis à vis des références à des auteurs antiques, genre Collumelle, Strabon, etc, que l'on trouve dans les historiques de diverses races d'élevage, que l'on voudrait bien nées et très anciennes. En fait la réalité est bien plus prosaïque et les connaissances très lacunaires. Il suffit de se reporter à des ouvrages d'agriculture du XVIIIème siècle (tel le dictionnaire d'agriculture de Rozier, 1790) pour voir l'état des populations animales d'alors (les races au sens d'aujourd'hui n'existent pas).
Ce dont on est sûr c'est qu'il existe des types porcins originels auxquels on peut rattacher les races les moins influencées par le croisement avec celles des autres types.
Porc gascon et porc noir et blanc de Bigorre (aujourd'hui basque) appartiennent au type ibérique. Mais le porc gascon, dans son berceau d'origine (Comminges, Nébouzan) a été marqué par des croisements avec des porcs de type celtique (Craonnais, lui-même marqué par des croisements avec des porcs anglais) au début du XXème siècle.
Ces croisements ont été moindres en Bigorre, pour le noir et blanc qui est donc plus proche morphologiquement du type ibérique.
 Tout cela reste du détail au regard de la finalité gastronomique, à laquelle la sélection et le process d'élevage (âge d'abattage, mode d'élevage) contribuent fortement, plus la technique pour les salaisons.

Ce serait trop long de faire ici une histoire de l'élevage. Il faut simplement éviter de prendre au pied de la lettre le marketing des produits et des races qui les fait remonter aux croisades et avant, alors qu'on n'a pas de texte, que les croisements du fait des échanges commerciaux ont toujours existé !
Pour moi, le meilleur argumentaire est la dégustation, et je me livre parfois à l'exercice suivant quand j'invite des amis, je leur propose des assiettes de jambon en tranchettes façon tapas, de noir de Bigorre, d'ibérique espagnol (bellota), et de Bayonne IGP, en leur demandant de les identifier et de les classer..."

 LE PORC NOIR ET BLANC EN PAYS DES VALLEES DES GAVES

Monsieur Roland Darré, vétérinaire, nous rappelle que "la véritable race locale du Pays de Lourdes était le porc noir et blanc qu'autrefois nous avons sans doute vu dans les fermes les plus traditionnelles du Pays de Lourdes. On l'appelait simplement  le "porc du pays", ou "porc de Bagnères", ou "cul noir de Bagnères" pour les zootechniciens distingués. C'était un représentant du porc pyrénéen présent à l'ouest des Hautes-Pyrénées, et aussi dans les Pyrénées Atlantiques où il avait totalement disparu, jusqu'à ce que Pierre Otheiza, le charcutier des Aldudes, ne vienne racheter des sujets bigourdans et reconstituer ainsi le porc basque, avec la fortune que l'on sait ( il suffit d'aller au salon de l'agriculture à Paris pour constater son succès).  

Porc noir et blanc Photo Google

Un petit film : https://www.youtube.com/watch?v=SCDDozcMOVI&feature=youtu.be

La symbolique du porc par Michel Pastoureau :
https://www.youtube.com/watch?v=zxzVZlbFdW4



* Le patou ou Montagne des Pyrénées :
chien de berger à l’allure débonnaire et à l’épaisse fourrure blanche, il est particulièrement réputé depuis que Napoléon III en avait ramené un à la cour. Son nom réel, pastou, est dérivé du mot pâtre. Il est originaire, pense-t-on, d’un croisement d’une race locale avec l’un des chiens venus d’Asie centrale, lors des grandes invasions. Ami fidèle et incontournable des bergers et surtout des moutons, il sert à la protection des troupeaux jusqu’au début du XXe siècle. C’est un excellent chien de dissuasion contre les prédateurs.
Souvent, le berger protégeait son cou des attaques des loups et des ours, par un large collier à grandes pointes. Après une brève disparition, le retour du loup dans le Mercantour et la réintroduction d’ours dans les Pyrénées, ont suscité un regain d’intérêt pour cet animal. Depuis 1999, il est conseillé par l’administration, avec aide financière, pour limiter les dégâts occasionnés par les derniers ours et les chiens errants. Il est aussi devenu un animal de compagnie, un peu encombrant cependant. On peut le voir proposé à la vente, sur les bords des routes de montagnes.
 
Patou
 
Patou anglais

A la fête du chien des Pyrénées d'Argelès-Gazost. Un propriétaire anglais fier de son animal. Photos J. Omnès

Le patou, une protection contre les ours : https://www.youtube.com/watch?v=O1b38Bhiy3E&feature=youtu.be


Le patou chien de garde des troupeaux : https://www.youtube.com/watch?v=2H5DcDRSaAU&sns=fb


 * Le labrit :                                                                                                                                                                                                              
                                                                                                                                                                                       
autre chien de berger. De petite taille et au pelage de couleurs variables (noir, fauve et gris), c’est un animal aux yeux très expressifs. Il est vif, intelligent et dévoué. Il existe trois variétés, celle aux poils longs, demi-longs et courts. Sa tâche principale est de manœuvrer les troupeaux, ce qu’il fait avec sérieux et dextérité. Il est capable de rassembler un troupeau de 700 bêtes. À l’inverse du « patou pataud », le labrit est un chien plein de vie, très attachant, avec lequel on a beaucoup d’échanges.
Mais, il est de plus en plus concurrencé chez les bergers par le border collie, berger écossais des Highlands, petit chien tenace dont l’intelligence n’a d’égale que sa gentillesse et sa docilité. Il dirige son troupeau, dit-on, rien qu’au regard. Mais il a un inconvénient,  il n’aboie pas.
Sur les estives du Tourmalet ont lieu des concours de dressage avec travail sur le troupeau. Depuis 2002, autour du lac d’Estaing, fin juillet, a lieu une démonstration de savoir-faire des chiens de berger sur des moutons (bien sûr) et des canards (plus difficile).
La guerre de 1914 a été faite avec des chevaux, c'est connu, mais aussi avec des chiens, des labrits. Et ça s'est passé comment pour nos petits labrits ? Demandons aux intéressés.
Mr Dhers : "en ma qualité d'ancien officier dresseur du Service des chiens de guerre, il est de mon devoir de proclamer hautement que c'est la race du petit Berger des Pyrénées qui a fourni à l'armée les chiens de liaison les plus intelligents, les plus roublards, les plus rapides et les plus habiles." Monsieur Sénac-Lagrange aussi veut ajouter un mot : "On peut dire justement que nulle autre race n'a payé plus largement la rançon du sang, et c'est là un titre dont il y a lieu de tenir compte."
C'est qu'un sur quatre n'est pas revenu,
(Le Berger des Pyrénées, Joël Herreros, éd. de Vecchi) .
Extrait d'une conversation avec Eth Omi sur Facebook.
* La poule gasconne en préparation











Poule noire