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1b - Les églises - Canton de Lourdes-Ouest

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Adé, Bartrès, Poueyferré, Vallée de Batsurguère : Aspin/Chapelle Saint-Georges, Omex, Ossen, Ségus, Viger


ADÉ
(1866-1880)


Son église a un petit air de famille avec la Basilique Supérieure de Lourdes, c’est le même architecte qui l’a conçue. Cette église à trois nefs est dédiée à saint Hippolyte et  a été construite entre 1866 et 1870, sur l’ancienne motte féodale qui donnait assise au XIe siècle, au château ayant appartenu aux comtes de Bigorre. Il aurait été détruit au XIVe par le parti anglais et ruiné définitivement au XVIe siècle. Lors des fouilles pour construire l’église, on a retrouvé quelques vestiges dont subsistent de nos jours quelques pans de mur, à l’est de l’édifice et dans les jardins du presbytère et quelques coquilles de Saint-Jacques. La cave du presbytère est l’ancienne armurerie du château.

À l’intérieur, un tympan historié représente le martyr de saint Hippolyte, saint patron du village. L'autel est fait de marbre de Sarrancolin.

De l’autre côté de la N21, se trouve la petite chapelle du Rosaire. Reconstruite en 1887 (1787 selon Michel de la Torre) sur l’emplacement d’anciennes chapelles. On a découvert sur le linteau du porche l’inscription à la lecture malaisée : BERNAD COS. A. AEDE. EP COHADE IHS MAR 1006. Ce qui signifierait Bernardo consule, eam oedem extruxit P. Cohape, IHS 1006. L’étude faite par le C.P.I.E. nous précise qu’il faudrait lire 1606, à cause de la présence du IHS. En effet, le monogramme IHS d’influence latine signifiant Jésus-Christ Sauveur, postérieur au monogramme IHC d’origine grecque, n’a fait son apparition que vers le XIIIe siècle.

Le nom de P. Cohape serait, semble-t-il  celui du constructeur. À l’intérieur, visible depuis la grille fermée, une belle Vierge à l’Enfant, en bois doré et peint du XVIIIe siècle. Pierre Pène dans  Lourdes, les secrets fait dire au curé d’Adé qui s’adresse à Bernadette Soubirous : « Elle (la chapelle) a été construite il y a très longtemps contre le château d’Adé, au temps du comte Bernard… puis elle a été reconstruite sous Louis XIV à l’endroit où elle se trouve maintenant. »

Petites précisions historiques :
Le monogramme IHS, utilisé vers le XIIIe siècle par l’Eglise romaine, signifiait Jésus sauveur des hommes. Le I est la première lettre de son nom Iesus (en latin). IHS = Iesus Hominum Salvator. Jésus sauveur des Hommes.
Antérieurement, lorsque l’influence grecque était encore présente, les trois lettres : I, H et S désignaient toutes les trois Jésus (et non le I tout seul). Le I et le H étant les premières lettres et le S la dernière lettre du nom Ih-sous en grec. Il s’agissait à cette époque d’une abréviation en trois parties du nom du Christ. Donc ces trois lettres pouvaient signifier selon l’époque et l’influence grecque ou latine : ou Jésus ou Jésus sauveur des hommes 
Dans les temps encore plus anciens, lorsque l’influence grecque était prépondérante, le monogramme utilisé était IHC-XP., il signifiait Jésus-Christ. IHC pour Jésus et XP pour Christus. De nos jours, l’Église orthodoxe a conservé le IC-XP pour désigner Jésus-Christ.


Ex-salle de garde église dAdé          Eglise dAdé
           Ex-salle des gardes, église d'Adé                                      Église d'Adé. Photo J.Omnès                 


    adé 001    Portail église dAdé       
  Vierge à l'Enfant, chapelle d'Adé.  Portail de l'église d'Adé dédiée à saint Hippolyte.
Photos J. Omnès         

 Adé Saint Hippolyte



                                                                           BARTRÈS

L’église médiévale a été restaurée et reconstruite en partie, au XIXe siècle (1855-1887). L’ancienne église du XIVe siècle, qui était fortifiée à l’origine avec une enceinte, s’affaissait dangereusement. Au chevet, la partie la plus ancienne (gothique) est encastrée une pierre en réemploi, un curieux bas-relief. Il représente peut-être Daniel sur le lion de son martyr. Il n'existe aucune explication sur sa signification. Nombreux contreforts de protection contre les tremblements de terre. Le portail central porte la date de 1748.

 L’intérieur est plus beau que ne le laisse supposer l’extérieur. Chœur du XIVe siècle, derrière lequel se trouve un très beau retable (MHC) du début XVIIIe consacré à saint Jean-Baptiste. Oeuvre de l'atelier lourdais Jean Claverie, il est classé Monument historique. Il a été restauré par l'atelier 32 à Tillac. Au centre, le baptême du Christ par saint Jean, sur le panneau de bois sculpté doré de droite, la décollation du saint par un soldat d'Hérode à la demande de Salomé et sur celui de gauche,  la visitation de Marie à Elisabeth qui attend la naissance de Jean, en présence de Joseph et de Zacharie. Les deux statues latérales représentent, à gauche saint Pierre, et à droite sainte Catherine d'Alexandrie, avec la roue et l'épée de son martyre. Catherine est la sainte patronne des meuniers, d'où son importance dans le pays.
En attique, le panneau central représente  l'Assomption de la Vierge. Il est encadré par deux anges bordés par des médaillons censés représenter le Christ et Marie. Certains y voient les portraits de donateurs.
Les deux clefs de voûte du choeur évoquent le monogramme du Christ IHS (Jésus sauveur des hommes) et l'agneau, symbole de Jean.
L’armoire baptismale semi-circulaire, typique des réalisations  de l'atelier Claverie, date de 1707. Confessionnal baroque aux portes ajourées.

Eglise de Bartrès
Église de Bartrès avec ses trois puissants contreforts .Entre les deux contreforts la pierre en réemploi. Photo .J. Omnès   

Daniel sur un lion                                                                             Au chevet, Daniel sur un lion ? Photo J. Omnès

Retable du maître- autel                                                                              
 Bartres retable                 

Retable du maître-autel Saint-Jean Baptiste. Photos J. Omnès 

Bartres  tabernacle  3

           
      
Bartrès Ste Catherine       Bartrès elisabeth  
Ste Catherine d'Alexandrie, pendant de saint Pierre, les deux statues encadrant le triptyque. Visite de Marie à Elisabeth.
Photos J. Omnès

  
LAssomption église de Bartrès  Bartres clef de voute  2
Chapelle latérale : l'Assomption. Clef de voute avec l'agneau de St Jean Photos J. Omnès   
    

Bartres confessionnal
Confessionnal baroque



                                                                             POUEYFERRÉ

De même facture néo-gothique que celle d'Adé et de Lourdes, elle a été inaugurée en 1887 après de longs travaux, sur les restes de l'ancienne église, déjà noté en 1345, et qui se trouvait sur le chemin de Compostelle. Chapelle du château voisin, cette ancienne église fut entièrement ravagée en 1569, par les troupes huguenotes de Montgomery. Elle possédait  une chapelle dédiée à saint Blaise. Interdite au culte au XVIIIe siècle, les messes seront alors dites à l'église de Saint-Germès voisine. L'église actuelle qui la remplace, car elle était en très mauvais état en 1860,  possède en plus de l'ancienne à nef unique, deux bas-côtés imaginés par l'architecte Vincent Castillon, mais réalisés par Claude Cucherat de Gan. Elle est dédiée à N-D de l'Assomption. Le clocher abrite trois cloches, dont l'une provient de l'ancienne église de Saint- Germès, elle porte l'inscription Sancte Germerie Ora Pro Nobis, Noble Etienne Dangosse 1755. Dencausse. Les deux autres datent de 1880 et 1889. Ces cloches furent électrifiées en 1963.

À l'intérieur, mobilier de la fin du XIXe siècle. La cuve baptismale ainsi que les trois autels ont été réalisés par le sculpteur tarbais Menvielle, le confessionnal par le menuisier Palazo d'Argelès-Gazost. Les statues ont été offertes par l'abbé Lagües-Coulom de Pouyferré. Les vitraux modernes rappelle son rôle sur les chemins de Saint-Jacques. Important mobilier religieux du XIXe siècle.En contrebas,  le renflement de terre pourrait recouvrir un
dolmen ou une motte féodale.
                  église de Poueyferré  Poueyferré chevet
                                                                           É
glise de Poueyferré. Photos J. Omnès

                                                         Ruines de l'église et de l'abbaye laïque de Saint-Germès (1)

Le quartier de Saint-Germès (Sen Germes) situé au Nord-Ouest de Pouyferré était le hameau d'origine de Poueyferré. Il y avait là une église du IXe siècle (1) et son abbaye laïque au Nord de l'église. L'abbé laïque jusqu'à la Révolution appartenait à une famille de Saint-Pé, les d'Esrtournès. Ils prirent ensuite le nom de d'Angosse, dont l'un des membres, Jean, fut le derrnier abbé de l'abbaye bénédictine de Saint-Pé.
L'abbaye possédait maison, granges, jardin, pigeonnier, parc et enceinte de 4 mètres de haut.

Progressivement  l'église de Pouyferré qui se trouvait au début dans le château d'Antin remplaça l'église de Saint-Germès. Les pouvoirs de l'abbé laïque furent transférés à Pouyferré, ainsi que  la cloche qui portait l'inscription Sancte Germeri. Ora pro nobis noble Etienne Dangosse.1755 Dencausse. Dencausse étant le nom du fondeur de Soues. Nous savons que l'église abritait un tabernacle surmonté d'un dôme où trônait une statue de la Vierge , encadrée des deux côtés, par deux statuettes représentant saint Pierre et saint Paul. Ce tabernacle a été réalisé par Joseph de Sarrat d'Orthez en 1677 (2). Nous ignorons ce qui est advenu de ce tabernacle. À partir du chrisme médiéval trouvé sur un mur d'enceinte, route de Peyrouse, de la maison de feu l'abbé Lalaque (photo ci-dessous), nous avons cherché l'emplacement de l'église Saint-Germès, du cimetière et de l'abbaye laïque voisine. Nos démarches nous ont amené sur un promontoire, chemin Sen Germe (et non à la naissance du ruisseau de la Garonne comme mentionné sur un document du C.P.I.E.). C'est là,  sur ce promontoire qui était entouré d'un mur de clôture de 4 mètres de haut, que l'on peut envisager la naissance du premier foyer humain de Pouyferré. On pouvait encore apercevoir  en 1915, nombre de ruines de l'ancien hameau.  Au décès du propriétaire, les terrains ont été divisés entre les sept enfants de la famille et les pierres ont été utilisées pour diverses constructions. Il y avait là, les fonts baptismaux, des colonnes, des sarcophages (un est toujours sur place dans une propriété). Le cimetière au Nord-Ouest de l'église a été transformé en jardin. Il a servi jusqu'en 1836. Le mur de clôture dont il reste quelques pans est en cours de restauration partielle.

Saint Germès 1.
Saint Germes3
Restes du mur d'enceinte, en cours de restauration en novembre 2015.


Saint Germes2  Saint Germes4
Maison chemin Esquerre : pierres de taille chanfreinées des XV-XVIe siècles, venant peut-être de l'abbaye laïque. À droite, ce jardin est sur l'emplacement du cimetière Saint-Germès. Photos J. Omnès
(1) Saint Germier, ancien évêque de Toulouse au VIIe siècle
(2) Fiche de la commune réalisée semble t'il par le C.P.I.E. (Google)

Poueyferre chrisme2 2 Chrisme du IXe siècle de l'ancienne église; Il se trouve sur un mur le long de la D3 accédant à Peyrouse. Ancienne maison du curé Lalaque.

L'abbé Francez a réalisé en 1988, une petite plaquette sur ces deux églises.

                                                                   Vallée  de Batsurguère


                                                                     ASPIN- EN- LAVEDAN (depuis 1962)

 
L’église dédiée à l'Assomption est en pierres apparentes. Église romane reconstruite aux XVIIIe-XIXe siècles, Il ne reste pas grand-chose de l’église primitive, si ce n’est le chrisme du XIIe siècle exposé à l’intérieur et retrouvé dans le jardin du presbytère où il servait de marche pied. Notez que l’alpha et l’oméga sont liés à la croix Saint-André par une flèche. Le bâtiment actuel, à nef unique, a été restauré au cours du siècle dernier. Le clocher possède trois corbeaux sculptés, dont l'un représente une tête et l'autre un animal. 
À l'intérieur, la belle cuve baptismale en pierre du pays, la chaise du desservant et la toile représentant une Vierge aux trois anges à l'étage de la tribune sont du XIXe siècle. La toile est  en mauvais état. Il n'y a pas de retable, le maître-autel est en marbre blanc.  Dans la revue de l'Académie de Lourdes, sur les églises locales, nous avons une photo de l'église avant sa rénovation de façade. Le site lavedan65.fr fait remonter l'origine du site à 672 (?).

                                 Eglise dAspin  
                                                   Église d'Aspin. Photo J. Omnès              
                                                     
    Aspin modillon Aspin
         Détail du clocher. Photo J. Omnès                                                            Carte postale ancienne                             
               

Chrisme de lancienne église     fonts baptismaux 
      Le chrisme de l'ancienne église.  Beaux fonts baptismaux du XIXe siècle  en pierre locale. Photos J.Omnès

       Aspin pêinture murale     Aspin autel 2                    
                 


                                                                          La chapelle Saint-Georges

Au nord d’Aspin, en descendant le chemin devant la villa de Monsieur Béguère, grand père de l’ancien ministre Douste-Blazy nous arrivons dans une zone fort riche en vestiges anciens. Nous sommes sur l’ancien chemin de Lourdes, au point 441 m sur le plan IGN au 1/25000, entre le gave de Pau et le ruisseau Lanusse. Il a été balisé depuis qu’il est devenu l’un des chemins secondaires de Saint Jacques. Sur la butte qui se présente à notre droite, après les restes d’une ancienne carrière se trouvent les fondations de la chapelle sen Yorli ou Yorly (Saint Georges). Ce podio Georgii aurait servi d’après le manuscrit du moine Marfin du XIIIe siècle, à Charlemagne (avec deux autres points, à Pouyferré : podio Ferragut et à Adé : podio Yppoliti), à réaliser son hypothétique siège de Lorda. En fait, l'origine de cette chapelle n'a toujours pas été élucidée. Il peut s’agir de la christianisation d'un ancien temple romain comme d'une construction carolingienne Seule une fouille pourrait nous faire avancer dans cette recherche. Le bâtiment de plan rectangulaire (3mX7m)  dont l'entrée se situe au sud devait probablement servir de lieux de culte aux carriers locaux.
Ce qui est sûr c'est que cette butte était déjà occupée à la protohistoire. Différents chercheurs ont noté la présence d’une forge et des traces d’un habitat  en matériaux légers (nodules de torchis, coupes, urnes  et clous)  probablement de l’âge du Fer  Le censier de 1429, cite un enclos et un four à chaux, dont il ne reste que les fondations et quelques murs de la chapelle dont le soubassement de l’autel.
Par ailleurs, des fragments probablement d’autel votif en marbre de Saint-Béat ont été trouvés  sur place. Tout proche et plus bas, a été mise au jour, la partie supérieure d’un moulin à bras, d’origine gallo-romaine en granit.  Cette butte semble  avoir été occupée jusqu’au XVIe siècle. Un plan ci-joint a été  réalisé par J-L Boudartchouk d'après  des relevés de 1992  et des observations diverses réalisées en 1987 par Jacques Omnès. Ce dernier a également trouvé à la même date des fragments d’amphores et de céramiques antiques sur le chemin du Moulin de Plagnet, champs près du pont. Dans les champs environnants ont été découvertes vers 2013, par un chercheur indépendant, trois pièces d'argent celtibères et une pièce d'or de Charles V.



st georges 001

 

                                        Plan réalisé en 1992 par J-L Boudartchouk

Traces Sen Yorlii
  Tr aces four à chaux et murs de la chapelle. Cliché Sarniguet (?)

Aspin carrière 2Aspin chapelle
Carrière de marbre. Traces de ruines de la chapelle sous les herbes
Aspin pont 1Aspin poddi Jordii
Route ancienne de Lourdes, les ruines se trouvent au sommet de la colline de droite. Photos J. Omnès



                                                                                                 OMEX

L’église Saint-Saturnin : 1769, c’est la date de son déplacement de la grange-chapelle à l’emplacement actuel (voir ci-dessous). Elle est marquée sur le linteau. Église à clocher-tour, avec porche un peu massif, possède une nef unique. Son accès a été récemment  mis en valeur par l’apport d’énormes blocs morainiques de la région. Elle a été rénovée au XIXe siècle. La tradition populaire veut que les jours d'orage menaçant, on sonnait les cloches et on organisait une procession autour de l'église.

À l’intérieur
, beau retable baroque qui occupe toute la largeur de l’édifice. Ce dernier qui vient de l’ancienne chapelle romane (voir ci-dessous), a été restauré par des particuliers. Il représente, en bois polychrome, un Christ en croix, encadré par Marie et  saint Jean. Les parties latérales auraient été rajoutées. Belles statues de bois  représentant sur le volet de gauche, saint Saturnin et sur celui de droite, saint Pierre. L'attique est surmonté d'anges sonnant de la trompète de la renommée.
Le tabernacle représente l’Annonciation. Il est attribué à l'atelier Claverie de Lourdes. Le coffre est décoré du triangle trinitaire en gloire.Surmonté de deux têtes d'angelots il est encadré à gauche par la Vierge en prière et à droite par l'archange Gabriel. 
Une cinquantaine de petits anges de bois sculptés tapissent l'abside couleur bleu ciel. On ne peut pas dire que la restauration de l'ensemble, aux couleurs vives, soit du meilleur effet
L’armoire baptismale semi-circulaire en bois polychrome et aux portes ajourées est typique de l'atelier lourdais de l’époque.  D'après des textes locaux, une faderne (confrérie ou société de prêtres) aurait existé au XIVème siècle. Lors d’orages violents, le curé sonnait les cloches et organisait une procession chantée (litanies) afin d’arrêter les intempéries.

Eglise dOmex
Église d'Omex. Photo J. Omnès

Chevet de léglise dOmex
Chevet de l'église d'Omex. Photo J. Omnès
Omex 0 église Omex 1
Omex retable 2 Omex Christ 2
Omex ange
Détail. Photo J. Omnès 

Saint Saturnin. Photos J. Omnès
Omex tabernacle
Tabernacle de Claverie
Omex 2
Bénitier en marbre veiné noir. Photo J. Omnès
Omex7 fonts
Fonts baptismaux de l'atelier Claverie. Photo J. Omnès


Il est à noter l'existence d'une faderne au XIV e siècle.
   
L’ancienne chapelle romane : elle se trouve à l’entrée du village sur la droite, en venant de Ségus. On aperçoit son chrisme à moitié caché par les herbes. Il s’agit de l’ancienne entrée de la chapelle du château des seigneurs d’Omex, actuellement transformée en grange. Elle appartient avec les bâtiments attenants à la famille Bordère, et jadis appartenait à la famille Doucette, d’où parfois leur nom de maison Doucette (propriété privée). Ces bâtiments ne manquent pas d’intérêt : il s’agit de l’ancien château des seigneurs d’Omex. Ils ont été plus que remaniés au cours des siècles. Le bâtiment haut qui sert de gîte rural, était l’ancienne tour. Tout autour de la propriété subsistent encore les bases des anciens remparts. Le propriétaire actuel, amoureux des pierres, a mis au jour dans sa grange une très belle dalle sculptée. Il s'agit probablement d'un couvercle de cuve sépulcrale romane représentant un évêque avec sa crosse. Certains y voient saint Saturnin, premier évêque de Toulouse. D'après l'inventaire du CPIE, une autre plaque du même style serait en place dans la maçonnerie de la grange. À l’intérieur de la maison, très belle fontaine murale du XVIIIe siècle, en marbre noir. Jusqu’en 1878, le maréchal Foch venait passer ses vacances dans cette belle maison, qui appartenait alors à sa marraine, Mme Normande.
Le chrisme de lancienne église dOmex                                                             Chrisme de l'ancienne église d'Omex
                                                
Saint Saturnin                                                                                Saint Saturnin ? Photo J. Omnès



                                                                                             OSSEN


L’église Saint-Jacques à chevet plat, dont le clocher porche date de 1946 (l'ancien menaçait de s'effondrer), présente malgré son aspect extérieur un peu austère, un intérêt certain. Elle a été restaurée en 1861. Et en 2001, la couverture du toit a été refaite.

                                                           Eglise dOssen

À l'intérieur
, de l'époque romane, il ne subsiste que les deux piliers à l’entrée, avec leur bas-reliefs  respectifs, bordés sur la hauteur par une frise sculptée de modules. Celui de droite, cachée par l’escalier, à mi-hauteur, représente un torse (Adam ou Ève ?) séparé par deux pommes d' un serpent-dragon. La scène est censée représenter le péché originel. Le beau retable à colonnes de marbre et baldaquin du type de celui de Bénac est de l’atelier Jean Claverie. Il est dominé par saint Jacques et a été réalisé en 1750. Le riche tabernacle est antérieur, il provient de l'atelier Soustre de la fin du XVIIe-début XVIIIe siècle : sur la porte, le Christ Bon Pasteur. Il est surmonté par une Vierge à l’Enfant encadrée par deux anges tenant une corne d’abondance servant de porte-flambeau. Son couronnement est représenté par une statuette du Christ ressuscité, posée sur un dôme à godrons de bois doré. Les statuettes du tabernacle sont, en partant de gauche : saint Paul, saint Sébastien, saint Pierre et saint Jacques.
La chapelle Sud est consacrée à saint Sébastien, patron de la confrérie des ardoisiers. Son corps assez tourmenté semble pétri de douleur, pour René Escafre, dans son ouvrage La Peste 1652-1655, page 104 (SESV); les blessures du supplicié souvent invoqué durant les épidémies de peste, rappelerait les bubons de cette terrible maladie.
La chapelle du Nord représente la Vierge des agonisants prête à accueillir le mourant, assisté par un prêtre.  Un retable proche se trouve dans l'église de Ségus. Certains érudits y voient la scène de la Dormition.
Ces retables des chapelles latérales sont attribués à l'atelier Claverie de Lourdes. C'est dans la chapelle Sud que se déroulaient les cérémonies de baptême, d'où la belle cuve baptismale de pierre sculptée.
Les vitraux évoquent saint Dominique, évangélisateur des Pays d’Oc et saint Stanislas, patron de la jeunesse.
Les boiseries du chœur en merisier ont été terminées en 1791, comme cela est indiqué sur l’une d’entre elles. Les bancs et les deux sièges étaient réservés au clergé. C’est dans cette église que le seigneur des lieux, Antoine (Antoni) de Bégole du parti des huguenots, a épousé en janvier 1581, la fille aînée du vicomte du Lavedan, Jeanne de Bourbon. Depuis, les guerres de Religion et les tremblements de terre ont passablement détérioré le bâtiment.

                                       Ossen retable
                                 Le mobilier est classé, il bénéficie d'une protection Ins. Photo J. Omnès

baldaquin Ossen
Retable et son dôme à godrons, présentant saint Jacques. Photos J. Omnès

tabernacle Ossen 1
Superbe tabernacle. Photo J. Omnès

Vierge Ossen
Vierge au lys



La frise à modillons. Photo J. OmnèsOssen frise





Ossen serpent 1


Ossen serpent 2


Ossen fonts 2Ossen fonts 2 2
                                                                   Deux fonts baptismaux ?


                                                                                Les chapelles latérales

Ossen St SébastienSégus ND
                                   St Sébastien                              La Vierge des agonisants. Photos J. Omnès


                                                                               SÉGUS

À l’entrée du cimetière, on est accueilli par une Mélusine aux longs cheveux, et à la tête disproportionnée, les deux mains posées sur son corps. Sont bien visibles la queue de la sirène et les nageoires latérales. Elle semble protégée à l'arrière par une tête humaine énigmatique. Cette pierre sculptée, érodée par le temps, pourrait être d'origine gallo-romaine.


Ségus le clocher
L’église Saint-Pierre du XVIIIe siècle, aurait été construite à l’emplacement d’un ancien château et en partie reconstruite en 1859, après le tremblement de terre de 1854 (voûte effondrée). En réemploi sur les façades de l’église, vous découvrirez six autres sculptures de même facture et toutes aussi étranges : sur un angle de mur, deux pierres représentent une sirène tenant dans la main gauche un miroir, l’autre main posée sur le sein droit ; devant elle un serpent la regarde, tandis que passe un oiseau. Quel récit mythologique ? Mélusine ou Dona d’Aygur ? Sur l’autre face de la pierre, un christ aux longues mains, sur la croix. Dessous, une seconde pierre nous présente un animal composite : un oiseau terminé par une queue en forme de serpent. Sur l’autre face, encore un serpent.    Ce jeu d’énigmes continue sur le clocher avec quatre autres pierres, dont à gauche sur la photo, un cavalier chevauchant un quadrupède avec des pattes à cinq doigts. Lion ou dragon ? Certains y voient Daniel dans la fosse aux lions. Nous laissons vagabonder votre imagination… À droite, saint Pierre. Au-dessus, les deux corbeaux sculptés représentent une tête de loup et celle d’une femme. La porte à double vantail au linteau orné d'une coquille est de 1746.

Ségus Daniel  

Eglise de Ségus pierre dangle
Serpent à pattes et Mélusine. Photos J. Omnès






Ossen St Pierre
Saint Pierre

Ségus le clocher
Ossen tête de loup
Le corbeau de gauche : tête de loup
Ségus tête
Tête de femme.

Ségus mélusine



Eglise de Ségus  la pierre énigmatique







                                                       Ségus retable
                                                                     Retable du maître-autel

À l’intérieur, l'église a trois nefs, le retable central à bas-relief est fin Renaissance classique à six niches (XVIIe siècle).Il a été commandé en 1643 à Pierre Domec d'Arrens, petit-fils d' Assibat, auteur du maître-autel (disparu) de l'ancienne église paroissiale de Lourdes (église Saint-Pierre) (1). La niche du bas, au centre, est occupée par une Vierge à l'Enfant, elle est surmontée dans la niche supérieure, par un christ en croix. Les quatre niches latérales sont réservées aux quatre Évangélistes. En attique, dans une cinquième petite niche, saint Pierre patron de la paroisse domine l'oeuvre.
Dans une chapelle latérale, la chapelle Sud, un beau bas-relief en bois doré représente la Vierge des agonisants : "le salut de l'homme est dans sa fin". Auteur inconnu, mais cette oeuvre est à rapprocher du retable de la chapelle Nord d'Ossen.
La voûte ancienne de pierre, fissurée par le tremblement de terre, a été remplacée par une voûte de bois. Les deux vitraux modernes éclairant le choeur, représentent à gauche, saint Pierre et à droite, Jean-Paul II.
(1) ADHP, minutes Me Domec, 1643. 
 

Ségus retable 2 001  Ségus ND
                                             La Vierge de agonisants :  Ségus et Ossen

Pour ceux qui veulent en savoir plus sur la pierre d'angle :  http://polymathe.over-blog.com/article-16882240.html

S'agit-il d'un morceau de colonne de l'église ? Fonds A. Dole

65 SEGUS 001


                                                                                                
                                                                                VIGER

Toute en hauteur, face aux Pyrénées, cette petite église à clocher porche, d'origine romane, consacrée à saint Martin, était accolée au château, dont elle devait probablement servir de chapelle. Deux sculptures du soubassement d'une colonne témoignent de sa datation. Contrairement à ce qu' indique le panneau d'information, elle ne pouvait servir de tour de guet contre les invasions sarrasines. Il n'y avait pas de tour de pierre au VIIIe siècle dans les Pyrénées et c'était plutôt des attaques de pilleurs aragonais, dont devait se prémunir la population. Et plus tard en 1569, des attaques des huguenots du Béarn.
 
À l'intérieur, face à l’autel, quelques rares éléments romans, dont, à droite du chœur, une base de pilier sculptée pouvant représenter la luxure : un homme au sexe démesuré surmonté de deux serpents s’accouplant. À sa droite, un second personnage vêtu d’un pagne (Ève ?), surmonté de deux oiseaux. Cette sculpture rappelle étrangement celle de l’église de Ségus. Le linteau de la porte de la sacristie en arc en accolade, porte la date de 1656. L’autel en merisier est l’œuvre de l’artiste contemporain Albert Abadie qui habite dans le village. Pour la clef, voir monsieur Joseph, le responsable des cloches, après la mairie, premier portail gris à droite. La restauration intérieure a été réalisée en 1972, celle de l'extérieur en 1995.


Viger        
Viger bas relief   
Eglise de Viger 
La sculpture de gauche représente l'homme aux deux serpents s'accouplant  (ils sont sur la partie supérieure)


 Viger Eve 3
    Viger 4
                         
Eve                                                             Adam


Viger fonts
Fonts



Viger Alain Abadie
Autel moderne en merisier d'Albert Abadie

Viger tabernacle
Tabernacle