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2 - Les tours, maisons nobles, abbayes laïques et châteaux forts

ImprimerArras tour Arcizans5 Aspin Arzaas salle 

                        
                         L’architecture militaire et noble

La région est parsemée de nombreux châteaux médiévaux dont la plupart sont en ruine et certains ne conservent que des amas de pierres à ras de sol. Ces châteaux contrôlaient les entrées des vallées pour protéger les habitants des incursions des pillards aragonais, navarrais ou basques, de la soldatesque des gens d’oïl, venue ravager le pays avec Simon de Montfort, ou de celle des partisans du parti anglais… ou français (quand les Anglais possédaient le Pays, après le traité de Brétigny en 1360). Puis de celle de Jeanne d’Albret avec ses huguenots dirigés par Montgomery. Parfois, ces châteaux étaient édifiés par les comtes de Bigorre pour surveiller leurs paysans souvent prompts à prendre les armes, en révolte contre le paiement des impôts, comme en pays toy (château de Luz). Parfois, ils devaient servir de résidence aux seigneurs et à leur famille, comme à Castelloubon ou à Omex. À l’exception du château de Lourdes, véritable forteresse qui entourait la ville d’une enceinte avec des tours de guet, presque tous ces châteaux étaient de taille modeste.

> LOURDES  : château-fort / tour de Guigne/ tour de la  Bonnette/ tour du Moulin/ tour de Lidrac/ Castet de Bern/ Maisons baron Duprat /baron Maransin/  Pavillon Henri IV.

> CANTON LOURDES-OUEST : Adé, Pouyferré, Mourle. BATSURGUERE : Aspin, Omex, Ossen, Viger.

> CANTON LOURDES-EST : Antalos, Arcizac-ez-Angles, Berberust-Lias, Gazost, Ger, Geu, Julos, Juncalas, Les Angles, Lugagnan, Lézignan, Ourdis-Cotdoussan.

> CANTON DE SAINT-PE : Peyrouse, Saint-Pé

> CANTON D'ARGELES-GAZOST : Adast, Agos-Vidalos, Arcizans-Avant, Argelès-Gazost, Ayzac-Ost, Beaucens/Couhitte, Boô-Silhen, Cauterets, Gez-Argelès, Lau-Balagnas, Lias, Nestalas, Préchac, Saint-Savin, Salles, Sère-en-Lavedan, Soulom, Villelongue.

> CANTON D'AUCUN : Arcizans-Dessus, Arras -en-Lavedan, Aucun, Bun, Gaillagos.

> CANTON DE LUZ-SAINT-SAUVEUR : Gèdre, Luz-Saint-Sauveur-Esterre

Ils étaient souvent composés d’une tour à trois étages dont l’accès se faisait à partir du premier étage. Le rez-de-chaussée, dont la salle était souvent voûtée, servait de lieu de stockage ou de prison. Cette tour était protégée par un mur d’enceinte de pierre. De nombreux bâtiments de bois, aujourd’hui disparus, complétaient le système défensif. Le château de Vidalos en est un parfait exemple. Après le château de Lourdes (appartenant aux comtes de Bigorre), l’un des plus grands châteaux de la région est celui de Beaucens, qui appartenait aux vicomtes du Lavedan. Il possède plusieurs tours et murs d’enceinte. 

Quant à la situation, l’emplacement sur un piton rocheux comme à Lourdes, Luz, Geu (Castet Gelos), Agos, Castelloubon, n’était pas une règle générale. Certains étaient situés sur de simples mamelons comme ceux des Angles, d’Arcizans-Avant, de Poueyferré (Château d’Antin), d’autres sur des terrains plats comme ceux d’Omex (maison Doucet), d’Ossen (maison Jeanne d’Albret) ou d’Adé. Seul le château d'Arras est situé à flanc de montagne. C'est l'un des rares à être ceinturé par des fossés remplis d’eau (douves). Quant aux châteaux disparus, tombés en ruine après les guerres franco-anglaises, les tremblements de terre, la Révolution ou ‘’dépecés’’ par les voleurs de pierres, on peut citer ceux de Bern à Boô-Silhen, d’Abillac à Lau-Balagnas ou celui des vicomtes du Lavedan à Juncalas.

Comme pour les églises, nous évoluerons canton par canton en commençant par ceux de Lourdes.


Historique

Le piton calcaire de 80 m de haut, verrou glaciaire bordé par le gave, fut de tous temps un point stratégique pour les hommes. Verrouillant la vallée d’Argelès et la route venant d’Espagne, il semble déjà fortifié du temps des Romains. Ce probable oppidum fut aussi un lieu de culte (adoration du dieu Mithra).
Peu après l’époque gallo-romaine, nous savons peu de choses, hormis le récit de légende sur le siège de Charlemagne contre le Sarrasin Mirat en 778.

 La première mention sérieuse remonte à 1085, avec un texte relatant que le château fort était la résidence des comtes de Bigorre (XIe et XIIe siècles). Une lettre d’affranchissement de 1163, accordée à la ville, nous confirme la présence du comte Centulle III dans les murs de la citadelle. Le château est complété par une enceinte armée de neuf tours. Le fort subit de nombreux sièges sans succès, celui de Simon de Montfort en 1216, contre les comtes protégeant des Cathares, et celui dit de Du Guesclin, en 1373, contre le parti anglais. En effet, en 1360, le traité de Brétigny avait livré la forteresse comme toute la Bigorre au prince Noir, fils aîné du roi d’Angleterre. Ce dernier en confie la gestion à Pierre-Arnault, cousin de Gaston Fébus. Il est accompagné de six capitaines. Cependant, deux barons rallient le parti français et s’emparent de Tarbes. Pierre-Arnault, ses capitaines et leurs mercenaires, qui seront appelés Compagnons de Lourdes, dévastent et rançonnent la région, « aussi bien les marchands du royaume d’Aragon et de Catalogne que les marchands français, s’ils n’avaient fait aucun pacte avec eux ». Le pillage dure 46 ans « avec si grande foison de bêtes et de prisonniers qu’ils ne savent où les loger ».
Le roi de France ne peut laisser faire sans réagir. Le duc d’Anjou, son frère, assiège en vain la forteresse en 1373. Elle est imprenable. Il brûle alors totalement la ville, protégée par de simples palissades de bois. Il est à la tête de 15 000 hommes dont une grande partie vient des montagnes du Lavedan. Les habitants sont saufs, ils se sont tous réfugiés dans l’enceinte du fort. Fébus essaye de récupérer le château auprès de son cousin Pierre-Arnault. Celui-ci refuse de céder le bien confié par le prince Noir et le roi d’Angleterre, Fébus le tue dans un accès de colère.
Le château est alors gardé par Jean de Béarn, frère de Pierre-Arnault. Il est nommé sénéchal de Bigorre par le roi d’Angleterre, en remerciement de sa loyauté (et de celle de son frère défunt).
Après les prises en 1404, du château Sainte Marie à Esterre et Castet Naü à Arras  par Jean 1er de Bourbon, comte de Clermont, un premier siège a lieu autour du château de Lourdes, en vain. Il faut attendre 1408 (1), pour que le comte, aux ordres du roi de France, aidé des Barégeois et des Azunois, reprenne le fort de Lourdes au parti anglais, après un siège de 18 mois (commencé donc en 1407: octobre 1407). Mais, en fait, les "Anglais", avec les Compagnons de Lourdes, quittent la forteresse contre forte rançon. Le comte Jean, d’après Pierre de la Boulinère ne « força » la garnison anglaise que dix ans plus tard, en 1418, la capitulation aurait eu lieu en 1419 ?  (2) Le comte fut alors nommé capitaine général du Languedoc, d’Auvergne et de Guyenne (Guïenne). Les sénéchaux de Bigorre, Arnaud I et Arnaud II, vassaux du roi de France, l’occupèrent successivement
.

(1) Google chronologie du château de Lourdes et Jean Bourdette.
(2) Davezac donne aussi cette date de 1417 ? 

Jean Ier duc de Bourbon Jean 1er de Bourbon, comte de Clermont. Wikipédia


 
Vue de la rue de Pau. Photo J. Omnès


Chateau fort
Vue de l'hôtel de la Solitude. Photo J. Omnès

 

Des guerres de Religion à 1870

Puis, en 1569, lors des guerres de Religion, les Huguenots de Jeanne d’Albret, reine de Béarn-Navarre et comtesse de Bigorre, en font leur place forte après sa prise par Bernard de Montaut, marquis de Bénac et futur sénéchal de Bigorre.

Peu après, le fort est repris par les catholiques commandés par le capitaine Bonasse, envoyé par le roi de France, Charles IX. En 1573, après la mort de Jeanne d’Albret, les huguenots de Bernard d’Arros, adjoint de Montgomery, essayent désespérément de reprendre le fort ; n’y parvenant pas, ils brûlent et pillent la ville ainsi que toutes ses archives. Les arrières de ses troupes sont cependant défaites au Pont neuf lors de leur retraite vers le Béarn. Après l’accession au trône de France, en 1594, du roi de Navarre, les guerres de religion cessent. Les Albret en profitent pour embellir et moderniser leur forteresse. C’est à cette époque (1593-1630) que sont supprimées les trois tours médiévales (dont une circulaire), trop vulnérables aux assauts de la nouvelle artillerie.                                   
Par la suite, faute de conflits majeurs, l’édifice sert surtout de prison, telle une « Bastille pyrénéenne », pour les victimes des lettres de cachet et les huguenots récalcitrants. Cette affectation n’empêche pas cependant Vauban lui-même de venir à la citadelle en 1689, et de rédiger un important mémoire sur la consolidation et le remodelage des remparts. C’est à cette date qu’est construit le corps de logis des officiers (salle du Pyrénéisme) et reconstruite la chapelle. Y séjournent, le duc de Mazarin, le philosophe Maine de Biran, Bourbaki. Napoléon n’hésite pas à y enfermer l’ambassadeur d’Angleterre en Grèce, en cure à Barèges, Thomas Elgin, connu pour avoir dépouillé le Parthénon de ses frises au bénéfice du British Museum .En 1914-1918, y furent logés une vingtaine de prisonniers allemands.

Chateau plan

   Piton Aigle
Cavalier Sud, au sommet à gauche et ascenseur à droite.    Une forteresse inaccessible   Rocher dlt el Aguila  sur lequel se serait posé l'aigle d e la légende. Il se trouve à gauche de l'ascenseur. Photos J. Omnès 

Façade Ouest Chat. Façade ouest.  Photo J. Omnès

En 1921, le Touring-Club de France, grâce à l’ardente volonté des époux Le Bondidier, le transforme en Musée pyrénéen. Celui-ci devient rapidement le quatrième musée de France après le Louvre, Versailles et Fontainebleau. Depuis 20 ans, malgré son classement en Monument historique en 1995 et la volonté affichée de rénovation, il périclite pour ne devenir que l’ombre de ce qu’il était. Il reçoit moins de 100 000 visiteurs par an contre plus de 200 000 jusqu’en 1980. La ville, qui a repris la gestion du musée depuis la liquidation nationale du Touring Club de France( T.C.F.), n’a pas su ou pu redresser la barre. Elle a envisagé, à plusieurs reprises, de se débarrasser de ce magnifique site touristique, faute de politique culturelle ambitieuse (électoralement, il est plus intéressant de financer les clubs sportifs). Le musée fait partie des musées de France depuis 2002.

(1) son frère, Jean de Béarn, Pierre d’Antin de Bigorre (frère du seigneur d’Antin), Ernauton de Sainte-Colombe, Ernauton de Rostem, le Mongat de Sainte-Bazaille et le bâtard de Carnillac.          
                                                                                                                                                      
   À propos des actions du duc d’Anjou et de ses montagnards lavedanais :

« … Quand le duc et son conseil virent qu’ils n’en auraient autre chose et qu’ils perdaient leur peine, ils se délogèrent de Lourde ; mais à leur délogement, le bourg dessous le châtel fut tellement brûlé qu’il n’y demeura rien à brûler. Dans cet incendie furent consumés les chartes et les titres des privilèges et franchises concédés aux habitants de Lourde. »Froissart

Voir le détail des principaux points d'intérêts à la fin, à la rubrique  1000 ans de fortifications

La visite  ( en résumé)

On commence par une cuisine béarnaise et une chambre bigourdane. On passe devant la citerne de forme elliptique de 8X4 m ; puis curieusement on se trouve devant une exposition temporaire pour revenir à des salles d’ethnographie avec mobilier régional, ustensiles, vaisselle du XVIIIe siècle (faïence de Samadet), vêtements et jeux, dont le jeu de quilles, ancêtre du bowling. On continue par la salle « histoire du château » pour terminer par la salle sur le Pyrénéisme avec l’évocation des grands guides de montagne.

N’oubliez pas un petit tour au donjon (quelques marches). À l’origine, on y accédait par une échelle mobile et non par la porte actuelle. Ce rez-de-chaussée servait de cellier et de cave et ne communiquait nullement avec l’extérieur par une porte. Le toit, de même, est d’origine récente (1805) Il était destiné à protéger les prisonniers des intempéries lors de leur "promenade".
Le sommet était jadis découvert et garni de créneaux et de mâchicoulis. La plateforme servait de "tour à feux" pour les signaux prévenant les tours environnantes, de l'arrivée d'intrus. Seuls, sur les six étages le premier et le denier sont voûtés, les étages intermédiares sont formés de planchers, ce qui donne plus de stabilité au bâtiment.  Une logette reposant sur des corbeaux encore visibles (sur le côté Nord-Est) permettait la présence permanente d’un guetteur.

Visitez l’esplanade avec les belles maquettes de pierre représentant différents types de maisons et d’églises fortifiées des environs. Celles-ci ont été réalisées, au milieu d’un jardin de plantes pyrénéennes, avec talent, par les premiers conservateurs, Louis et Margalide Le Bondidier. Les salles de paléontologie et de zoologie avec de nombreux animaux et oiseaux naturalisés ont été supprimées, de même qu’une collection de poupées représentant les différentes congrégations religieuses.

 

maisons chateau lourdes 2 CopieCes maisons ont été construites de 1926 à 1953, la dernière réalisation au fond du jardin est  celle de Saint Bertrand- de- Comminges.

Cimetière 3

              Petites maisons et villages.                                                                    Cimetière basque reconstitué

Les pièces exposées sont présentées d’une façon un peu vieillotte, sans aucune explication, et en français seulement. Seules, les dernières salles ont été un peu modernisées avec des traductions en langues étrangères. Le tout mériterait plus d’entretien et d’animations pédagogiques. Admirez la herse qui a conservé son treuil de bois et sa chaîne d’origine. N’oubliez pas un petit détour par la chapelle sur l’esplanade. Elle renferme un beau mobilier baroque dû à l’ébéniste lourdais Jean Dauphole. Ses retables, statues et autels proviennent de l’ancienne église paroissiale démolie en 1904. Petite boutique. L’été, sont organisées à heure fixe, trois visites commentées par jour ; en basse saison, sur réservation. Des expositions temporaires viennent régulièrement illustrer la richesse du patrimoine culturel local. En sortant vers la rue du Bourg, vous "tombez" sur le "cimetière" basque. Il expose des copies de pierres tombales discoïdales en béton réalisées par Margalide Le Bondidier.

 
                          

            
 Sarcophage mérovingien. Photo J. Omnès                                                 Matrone romaine. Photo J.Omnès


 

Pour une visite détaillée, il a été prévu en 2015, un panneautage explicatif, vu que la forterese a été l'objet de nombreuses transformations, surtout pour la rendre accessible au public. La lecture architecturale n'est pas évidente pour le premier venu.
 
PANNEAUTAGE DES BATIMENTS  DU FORT DE LOURDES

         MILLE ANS DE FORTIFICATIONS

 de Jacques Omnès

1/Les armes de Lourdes et la légende de Charlemagne et de Mirat

En 778, Charlemagne fut appelé en Espagne par l’émir de Saragosse contre l’émir de Cordoue, souverain de la péninsule ibérique. Passant devant le château de Lourdes tenu par des maures, il tenta de l’enlever, et le prit après un siège assez long. Un document du XIIIème siècle, conte cette histoire :

« Mirat avait été plusieurs fois sommé de se rendre et de devenir chevalier de Charlemagne, après avoir reçu le baptême ; mais il répondit que tant qu’il pourrait se défendre, il ne consentirait à se soumettre à un mortel quelconque. C’est pourquoi, le roi, fatigué des ennuis d’un long siège, songeait à se lever. Or, il arriva qu’un aigle saisissant dans ses serres un énorme poisson du lac, le déposa intact sur un point élevé du château. Mirat se hâta de l’envoyer à Charlemagne, en lui faisant dire qu’aussi longtemps que son vivier lui fournirait de tels poissons, il ne craignait pas d’être pris par famine. Le roi fut déconcerté. Mais l’évêque du Puy-en-Velay, qui l’accompagnait, … alla vers Mirat et lui dit : « Puisque tu ne veux te rendre au roi Charles, qui est le plus illustre des mortels, rends-toi du moins à la plus noble dame qui ne fut jamais, la Mère de Dieu, Notre-Dame du Puy. Je suis son serviteur. Deviens son chevalier ».

A ces mots, Mirat éclairé d’en haut par un rayon de la grâce, répondit : « Je rends les armes, et je me livre avec tout ce qui m’appartiens à la Mère du Seigneur, à Sainte Marie du Puy ; je consens en son honneur à devenir son chevalier, et à me faire chrétien ; mais j’entends m’engager librement, et je veux que mon comté ne relève jamais que d’elle seule, soit pour moi, soit pour mes descendants ».

… Mirat… reçut le baptême, avec le nom de Lorus… Suivant l’usage des gentilshommes, il donna son nom au château, qui depuis lors s’appelle Lorde, au lieu de Mirambel, qui était son premier nom ».

Lourdes vitrail                   100px-Blason de la ville de Lourdes 65 svg

 Vitraux de la chapelle, en mémoire à a prise du château par Charlemagne. Blason de la ville. Photos J. Omnès

Evénement indiscutable, le 15 août 778, l’arrière garde de Charlemagne est attaquée par les Basques alors qu’elle franchit le col de Roncevaux. La chanson de Roland (XIIIème) a immortalisé ce désastre.
 
Charlemagne Charlemagne et Mirat en route pour le Puy. Les cavaliers maures ont une touffe d'herbe de Bigorre au bout de leur lance.

2/ Escalier « sarrasin » et première ligne de défense

Cet escalier n’est en rien lié à la présence sarrasine en Bigorre. Dans son état actuel, son âge doit être rapproché de sa représentation sur le plan de l’ingénieur Vauban, en 1685.

La guérite au-dessus de la porte été déjà édifiée entre 1750 et 1778 ; tandis que le tambour de l’entrée a été construit entre 1828 et 1839. Une petite basse-cour, un bastionnet construit entre 1840 et 1845, desservi par des escaliers, complètent ce dispositif de première ligne de défense (braie). Nous ne connaissons pas la configuration des lieux au Moyen Age : des ouvrages en bois, tels des palissades, pouvaient alors être jugés suffisants pour défendre une poterne à l’accès escarpée.

chateau escalier    escalier

 L'escalier. Photo J. Omnès

Echauguette  Chemin ronde entrée


3/ Pont- levis

Ce pont-levis à bascule, pris entre deux demi-bastions (ouvrage à cornes), qui défend et défile l’ancienne porte de ville médiévale  a pour origine les  préconisations de l’ingénieur Vauban en 1685. L’ouvrage, intégré dans un système bastionné, a été restauré en 1819.

    Pont-levis 2
Le pont-levis encadré par un ouvrage "à cornes", c'est à dire en U. Portes à double battant. Photo J. Omnès

Pont levis 1               Pont levis 3


4/ Entrée piétonne du château roman

Ce corps de bâtiment du XIIIe siècle, traversé par la porte de ville, renferme, en particulier, une vaste citerne (8x4x4 m) endommagée pendant le siège de 1407 et un corps de garde installé en 1592. Il est modifié après 1685, par l’ingénieur Vauban, qui le fait surmonter d’un chemin de ronde, dont on voit les six ouvertures de surveillance ; tandis que l’extrémité  Est a été fortifiée par une échauguette  sur multiples redans, en 1832. De la même époque date la galerie de façade, côté cour.

L’étroite entrée romane (72 cm), élargie vers 1841, se fait par une porte défendue, à l’origine, par des vantaux de bois et par un assommoir. Au Moyen Age, le cheminement jusqu’à cette porte, qui peut être considérée comme une poterne, ou porte secondaire, devait être sans grand aménagement maçonné. Des défenses par des palissades de bois sont probables.

Sur la gauche de ce bâtiment, nous avons la façade Est de l’ancien logis roman, la sala, ou tinel, éclairée par quatre fentes de jour en grès (obturées). Le parement de ce mur, en petit appareil régulier, quasi cubique, est typique des  X-XIe siècles. Nous avons là la plus ancienne sala de Bigorre conservée.

appareil roman Appareil roman X-XIe siècles.

Ce tinel, se prolonge au Sud par un bâtiment en moyen appareil assisé, des XII-XIIIe siècles, que l’on retrouve en soubassement sur la majeure partie du site sur promontoire. Il est  renforcé par un contrefort hémisphérique. À l’extrémité Nord de ce mur a été aménagée une bretèche-latrine. Ce bâtiment se prolonge au Sud par le cavalier Sud (XIIe-XIIIe) que contreforte une tourelle demi-ronde.

Entrée romane  Serrure
Entrée romane agrandie en 1841. Est visible l'arc de la voûte cassée. Beau travail de serrurerie à double clef. Photos  J. Omnès

5/ Entrée avec ascenseur

Le Musée Pyrénéen, propriété du Touring Club de France, inauguré en 1922, est dû à la volonté d’ Ernest Seyrès, architecte de la Ville de Lourdes, du Dr A. Meillon, administrateur du T.C.F. et de Louis Le Bondidier, secrétaire de la Confédération pyrénéenne. Dès 1929, devant le succès grandissant, il fut décidé la création d’un ascenseur permettant l’accès à d’avantage de visiteurs. Ce travail est dû à l’architecte Panieu. Pour ce faire, l’enceinte du fort fut ouverte dans l’axe de l’ascenseur, le chemin de ronde interrompu, le terre-plein sur lequel reposait la chapelle retaillé, faisant disparaître l’escalier d’accès à l’entrée Sud de la chapelle. Artificiellement, une voûte en béton armé fit la jonction entre la chapelle et l’ancien corps de garde.

Le chemin de ronde, dont on voit des consoles de soutènement à droite, derrière la chapelle, se prolongeait côté cour, à gauche de l’actuel passage, jusqu’à la grande échauguette, ouvrage en encorbellement sur multiples redans, construite en 1832.

entrée artificielle Entrée artificielle pour accéder à l'ascenseur, creusée dans la roche. Sur le mur de gauche, traces de l'escalier donnant accès à la chapelle qui est au-dessus 
entrée chapelle Ancienne entrée de la chapelle, murée au fond. Photo J. Omnès

Support chemin de ronde Echauguette ascenseur

 La courtine (chemin de ronde) était supportée par les corbeaux au bas de la chapelle (photo de gauche), la contournait et arrivait au niveau de l'échauguette, photo de droite. Photos J. Omnès

6/ Ancien bâtiment roman avec citerne-Corps de garde

(Reprendre la première partie du texte Entrée piétonne du château roman).

7/ Latrines

Ces latrines à la turque, simple (officiers) et double (soldats), en encorbellement, sont probablement contemporaines de l’escalier construit en 1715. L’absence de siège percé, pour raison d’hygiène, a été compensée par des barres pour se relever.

Latrines officier  Latrines soldats

 Latrines officiers et soldats. Photos J. Omnès

Ancienne latrine Emplacement de l'ancienne latrine avant la réalisation de celle de 1715.
Photo J. Omnès


8/Cavalier Sud

Cette appellation moderne appartient au vocabulaire de l’architecture bastionnée propre à l’artillerie. Le sol roman (XIIème siècle) est aujourd’hui à trois mètres sous les niveaux actuels. Le dernier aménagement a été fait par surélévation des murs d’enceinte médiévaux, puis l’espace ainsi créé fut rempli de terre. Ainsi, les murs extérieurs, doublés par un massif de terre, pouvaient résister à la force des boulets de canon. Cette place avancée, elle-même, pouvait accueillir jusqu’à huit canons, comme le montre les fenêtres de tir. L’ouvrage est complété par une guérite, dite du Lavedan (1606), qui offrait abri aux artilleurs.

Sur la façade Est sont présentes les restes d’un contrefort hémisphérique.

Sur la façade Ouest, deux contreforts ont été confectionnés avec les restes d’une autre tourelle quadrangulaire, en applique, comportant une salle, aux murs en moyen appareil assisé, avec voûte reposant sur deux corniches en encorbellement. Est-ce la tour d’Anguilar (Aguilar ou nid d’aigle) mentionnée en 1407 ? Cette petite tour était encore présente sur le plan Vauban de 1685.

Cavalier sud

Place du cavalier Sud restaurée en 2014. Emplacement des canons, protégés par des doubles vitrages. Photo J. Omnès

 
 Cavalier sud pointe du Cavalier Sud2

Evolutions du cavalier Sud et de sa guérite. Cliché Ville de Lourdes. La table d'orientation a été enlevée en 2014.
Cavalier Sud 3 2 canons
Etat en 2015 après travaux. Photo J. Omnès.  Canons du cavalier Sud. On ignore où ils se trouvent. Photo Facebook
Lourdes contrefort   Assomoir sud 
Façade Est du "cavalier" et son contrefort arrondi. Assommoir façade sud du cavalier. Photo J. Omnès

canon Le troisième canon. Nous ignorons où il se trouve maintenant


9/ Ancien grand logis roman

En 778, selon la légende, le château aurait fait l’objet d’un siège par Charlemagne, lors de son expédition en Espagne, à la demande de l’émir de Saragosse. De cette fortification du VIIIème siècle, probablement en bois,  nous ne connaissons aucun élément.

A la fin du Xème siècle, ou au tout début du XIème siècle, le château de pierre est constitué. Il devient le siège du comté héréditaire de Bigorre, au moins depuis 1020. Dans les actes de l’époque, le comte est parfois dénommé le « senhor de Lorda » (ou Lorde). Le castet resta la résidence des comtes jusqu’en 1195, date de leur installation à Tarbes. A partir de 1213, il est livré aux hérétiques albigeois, puis à un des fils de leur vainqueur, Simon de Montfort ; enfin, pendant la guerre de Cent ans, aux Anglais, lors de la cession du comté au roi d’Angleterre en 1360 (traité de Brétigny) ; et ceci jusqu’au siège de 1406-1407. En 1425, il sera dévolu au comte de Foix-roi de Navarre, et sera alors gouverné par des capitaines.

Toute la façade Est, côté ville, est encore proche de son état originel ; comme la façade Ouest, côté Gave. Les quatre fentes de jour romanes, côté ville, ont été bouchées après 1685, modifiées en simple ouverture de tir ; après abaissement des seuils. En 1407, une double galerie de bois (hourds) couronnait le bâtiment. Le sol médiéval est en partie recouvert de remblais pour l’aménagement de l’escalier du cavalier  Sud. C’est dans ce vaste bâtiment, appelé sala, tinel ou grande salle des actes (1407), que le comte de Bigorre recevait ses administrés. En 1407, la cuisine était dans le tinel. Le logis seigneurial, proprement dit, la camera, était attenant, avec d’autres chambres tournées vers la ville. Malheureusement, cet espace a été envahi par la construction d’une petite poudrière (entre 1601 et 1606), et d’une caserne à soldats, reconstruite en 1715 ; transformée en salles d’exposition en 1921. Et, après 1933, par un second bâtiment « néo bigourdan » à l’extrémité Sud.

Logis roman

Façade Est du logis roman (sala)  qui couvrait tout l'espace vide ; sont visibles les quatre fenêtres au 3/4 bouchées et transformées en fente de tir après 1689. A droite, se trouve la caserne des soldats construite en 1715 sur une partie de la surface de l'ancien logis. Au fond, le toit à redents représente le bâtiment construit en "néo bigourdan" en 1933, pour augmenter le nombre des salles d'exposition.

 

Salle dArmesSalle d'armes de 1715, construite sur l'emplacement de l'ancienne sala.

 

10/ Entrée cavalière par la rampe Ouest

Nous avons là, une partie du rez-de-chaussée d’une tour-porte médiévale (XII-XIIIème),   réduite à son passage protégé.  La lecture est délicate. À l’origine, le passage était défendu par une porte à chacune de ses extrémités. Celle s’ouvrant sur la rampe a un linteau droit reposant, d’un côté, sur un corbeau prismatique simple. A l’extérieur, elle était défendue sur son flanc gauche par deux meurtrières en grès ; et à l’intérieur par un assommoir et une fente de tir à un niveau supérieur. La rare herse métallique, actionnée par un treuil à cabestans, toujours visible à l’étage, présente un cadre avec linteau en accolade. Cette herse est à rapporter aux travaux d’aménagement de G. de Vize, ingénieur du comte de Foix-roi de Navarre, à partir de 1592. La mise en place du cadre de la herse a supprimé le ventail d’origine, qui a dû être remplacé, derrière la herse, par un double ventail, bloqué par deux barres.

Herse    

Porte médiévale à un vantail (avant la herse) remplacée au XVIe siècle par une herse et une porte à double vantaux. Photos J. Omnès

 

Sur un plan du XVIIème siècle, la porte est précédée d’un projet de fossé. Curieusement, cette tour-porte dénommée Panaboussin en 1407, à l’époque moderne sera appelée « porte de secours ». C’est par cette porte principale que seuls chevaux et charrois pouvaient accéder à la place forte.

Le roi de Navarre décida de transformer la citadelle en une forteresse moderne pendant la période 1592-1630. C’est probablement à ce moment que furent arasées les trois tours médiévales, qui offraient trop de prise à l’artillerie.

11/ Logis des officiers

Le logis des officiers a été construit entre 1715 et 1725 contre la courtine médiévale, dont trois arcs de décharge, soutenant le chemin de ronde,  sont encore visibles à l’intérieur, dans le fond des vitrines d’exposition. En soubassement de ce mur d’enceinte, sont encore visibles une série de baies romanes, dont deux encore intactes : cette présence révèle l’existence d’un bâtiment primitif sur le même emplacement.

 Maison officiers

12/ Cloche d’alarme

En période trouble, la nuit, la sentinelle devait sonner la cloche à périodicité régulière pour montrer qu’elle était bien à son poste. Cette cloche fut refondue en 1822. L'actuelle cloche vient de l'église de Saux. Elle en reparti en 2015, lors de la restauration du retable de la chapelle du hameau

Cloche20de20Saux tocsin
La cloche actuelle vient de l'église de Saux, l'ancienne refondue est probablement celle du toit du donjon. Photos J. Omnès

13/ Donjon

Ce donjon, de 24 m de haut, avec des murs épais de 2 m, a probablement été érigé à la fin du XIIIème siècle, ou au XIVème siècle (en 1314, pendant les restaurations effectuées après la mise sous séquestre royal). Il a subi au cours des siècles un certain nombre d’aménagements. L’entrée primitive à plusieurs mètres de haut a été remplacée par des entrées en rez-de-chaussée, dont une seule subsiste (XVII-XVIIIème), donnant accès à un cachot. Elle dessert un escalier à vis de 104 marches. A chaque étage, se trouvent une chambre et une garde-robe équipée de latrines doubles, post médiévales, dont le conduit est visible côté Gave. Toutes ces chambres ont été transformées en cachot ; la place devenant prison  d’état sous le règne de Louis XIV. C’est à cette époque que les grandes ouvertures rectangulaires, déjà en place, ont été renforcées  par un barreaudage. Pendant la guerre de 1914-1918, le château, propriété de la ville depuis 1894, réquisitionné, a servi de prison aux soldats allemands d’origine alsacienne et lorraine : des caissons de bois, faisant puits de jour, avaient été placés devant les ouvertures. Le couronnement de mâchicoulis  sur corbeaux à triple ressauts est interrompu, au Nord-Est par une logette d’angle pour guetteur. La plate-forme sommitale, sur voûte, a été mise en place, en 1698, pour servir l’artillerie. Le toit date de 1808. Ce donjon a été fortement endommagé lors du siège de 1407, qui a duré un an : sur sa façade Nord, on peut apercevoir une ancienne brèche ouverte par les boulets de pierre lancés par un couillard depuis la bastide de siège située sur une hauteur plus au Nord (Turon de gloire). 


             Donjon latrines

                                                                                                    La tour et son conduit des latrines. Photo J. Omnès

14/La « Bastille des Pyrénées »

A toute époque, le château a servi de prison occasionnelle. Mais il devint prison d’Etat sous le règne de Louis XIV. Au XVIIème siècle, Dom François Lacombe, confesseur de Mme Guyon, considéré comme un dangereux doctrinaire sera enfermé de 1668 à 1698. En 1763, un nommé Boutan, conseiller au présidial d’Auch, accusé d’avoir écrit de lettres anonymes à l’intendant d’Etigny, écrit : « Les rigueurs avec lesquelles je suis icy traitté, toujours enfermé dans une chambre avec trois compagnons, obligé à me servir moy même, et de monter plusieurs fois par jour un escalier en vis de cent une marches, pour la moindre nécessité, me tournent la teste et les jambes m’y manquent. J’ai résisté à l’hiver, mais je crains de succomber à l’esté ». En 1767, le jeune duc de Mazarin, prince de Valantinois, fut détenu pour quelque aventure galante à la cour. En 1783, Maine de Biran, le futur philosophe, fut interné, à l’âge de 17 ans, à la demande de son père, comme d’autres fils dans l’inconduite.

En 1789, avec Bertrand Barère, le pays de Bigorre adressa une supplique aux Etats-généraux pour que « le château de Lourdes, demeure ancienne des comtes de Bigorre, ne soit plus appelé ni regardé comme prison d’Etat ; qu’il ne serve désormais qu’à la protection et à la défense du pays… ». Trois ans plus tard, le château est converti en maison de correction et de détention. Ainsi, l’ambassadeur d’Angleterre à Constantinople, Thomas Bruce, comte d’Elgin,  le pilleur des frises du Parthénon, fut détenu arbitrairement comme otage afin d’obtenir la libération du général Boyer, prisonnier en Angleterre.

La prison connut surtout son contingent de complices de la conspiration Moreau (1804), la plupart des anciens chefs des Chouans, et autres réfractaires, émigrés et suspects, victimes des affres de la tourmente révolutionnaire.

D’octobre 1870 à mars 1871, le château accueillit 120 prisonniers prussiens et bavarois.

En 1914-1915, 300 prisonniers allemands furent emprisonnés, remplacés jusqu’en 1918, par d’autres prisonniers alsaciens-lorrains.

Château Prisonniers dans la cour au XVIIIe siècle

15/ Logis du gouverneur

Ce bâtiment à balcons de bois a été construit en 1592. Son toit à double pente a été modifié par la suite en toit en appentis pour ne pas dépasser de la courtine protectrice. Son agrandissement Nord a englobé les restes d’un double four à pain. A l’origine, ce bâtiment était indépendant du donjon auquel il était relié par un pont-levis. D’autres aménagements ont dénaturé ce bâtiment, comme la création d’un local administratif dans des latrines de 1665. Ce logis, avec toutes ses modifications, a été le siège du commandement de la forteresse depuis la seconde moitié du Moyen Age, jusqu’à aujourd’hui avec les locaux administratifs.

logis du gouverneur
Logis du gouverneur. Photo J. Omnès

16/ Magasin des affuts 

La création de ce magasin pour les affuts de canons se situe entre 1750 et 1778. Aujourd’hui, local technique, il laisse encore voir l’ancien chemin de ronde contre lequel il a été construit en appentis.
Inventaire de 1790 : 2 canons de calibre 8, aux armes du Béarn, de 6 pieds 6 pouces de longueur ;
4 canons calibre 4, de sept pieds de longueur, dénommés : Le Lion, du poids de 1112 livres ; L'Etonnant de 863 livres ; Le Remuant, de 1129 livres ; ces trois aux armes de France
et Philipus V, aux armes d'Espagne.
1 canon calibre ¼, dénommé Floconeau. 

Maison des affuts Magasin des affuts,  local technique, un projet vise à restaurer l'ancien chemin de ronde qui se trouve derrière. Photo J. Omnès

17/ Cavalier Nord

Ce cavalier Nord résume l’histoire du château.
- Reposant directement sur le rocher, en se penchant (déconseillé), on distingue encore le soubassement d’une grosse tour ronde, avec un moyen appareil assisé rapportable au XII-XIIIème siècle. Cette tour est mentionnée dans les comptes de réparation après le siège de 1406-1407.
- Fortement endommagée par le siège de 1407, par la catapulte installée à la bastide de siège Nord (Turon de gloire), elle a été arasée, peu après, pour laisser place à un premier bastion en briques complétant celui proche de Chausenque : une canonnière en grès est toujours visible en contrebas de la muraille.
-  En 1606, devant la montée en puissance de l’artillerie, le site a été fortement remblayé pour doubler le rempart d’un bouclier de terre. C’est de cette époque que date l’échauguette de surveillance et de tir surplombant le socle rocheux du château. Elle a été reconstruite après le séisme de 1660.
-  Sous le château, se distingue  l’amorce de l’enceinte de la ville, dont il reste un élément sous forme de contrefort.


Cavalier Nord. Photo J. Omnès
Façade ouest
Cavalier Nord, à l'extrême gauche de la façade Ouest. Photo J. Omnès

  8 /Chapelle
Cette construction modeste, appuyée contre la courtine dominant la ville, est probablement ce qu’il reste de l’ancienne chapelle castrale  connue au XIIIème siècle, sous le nom de Chapelle Notre -Dame –du- Château. Elle a connu de graves désordres, comme lors des séismes de 1660 et de 1750, où elle s’est en  partie effondrée. Ceci expliquant le mélange des types de moellons de ses murs. L’entrée primitive de cette chapelle s’ouvrait sur la façade Sud (côté ascenseur), au niveau du chœur. Condamnée, elle a été remplacée par une ouverture sans style sur la façade opposée. Au début du XXème siècle, le plafond en lambris présentait  encore un décor peint, bleu pale, constellé d’étoiles or et argent, en papier collé. Le mobilier, essentiellement des XVII-XVIIIème siècles, provient de l’ancienne église paroissiale rasée en 1905.

Chateau chapelle Chapelle et sa sacristie. Photo J. Omnès

entrée chapelle entrée artificielle
Ancienne entrée de la chapelle. A droite : entrée par l'escalier, traces sur le mur de gauche. Ce tunnel artificiel n'existait pas. Photos J. Omnès

19/ Bastion « Chausenque »
Ce petit bastion, tourelle à deux étages, ouverte à la gorge, a été construit en briques pour sa moitié inférieure ; en même temps qu’un tronçon de la courtine détruite en 1407, ou par un tremblement de terre. Tandis que la moitié supérieure est construite en tout venant. Chaque niveau comprend trois archères-canonnières, en grès, de type différent : courte archère pattée à croisillon associée à un trou, qu’elle surmonte, pour celles du bas (milieu XVe);  et trou prolongé de sa fente de visée, pour celles du haut (plus tardif).  Une canonnière du second type est  présentes sous la proche extrémité Nord, elle aussi remblayée, en 1606, de plusieurs mètres pour renforcer la muraille contre les boulets d’une artillerie plus puissante.
La brique a été aussi utilisée pour le rempart de ville, dans le prolongement du cavalier Sud. Ce matériau était fort prisé par les ingénieurs de Gaston Fébus.
Chaussenque Chaussenque 1
Bastion Chausenque. Photos J. Omnès

20/ Magasin aux poudres
En 1407, se trouvait ici le Roc de Mauconseil, avec une maison et une guérite de bois.
 Après terrassement de la place, en 1844, a été construit, par sécurité en dehors du château, un magasin aux poudres.  Au Nord de la poudrière, avait été aménagé un bassin de retenue d’eau, par la suite fermé en citerne. Chaque unité ayant une porte d’accès indépendante.

  1844  


poudrière La poudrière. Photos J. Omnès

21/ Anciennes écuries et grange
Cette extrémité Sud de la braie comporte encore des restes de l’enceinte médiévale, englobés dans un mur refait vers 1847. Avant 1685, se trouvait une écurie pour le commandant de la place, agrandie par la suite, et complétée par une grange. L’écurie a été détruite par le séisme de 1750. Et la grange a été transformée en corps de garde avancé,  toujours visible.
Grange

Grange intérieur  Fenêtre grange
Intérieur de la grange. Fenêtre XVIIe  Photo J. Omnès

22/ Basse-cour
Au milieu du XIXème siècle (1843-1850), tous les extérieurs sous le promontoire rocheux furent grandement modifiés par le génie occupant la place, par la construction d’une série de portes étagées tout le long du cheminement ; tandis que toute l’enceinte médiévale a été pour grande part démolie et reconstruite. Lors de ces travaux, de nombreux restes lapidaires antiques, en remploi dans la maçonnerie,  ont été recueillis par les démolisseurs : autels votifs, dont un dédié à la déesse Tutela, têtes sculptées, dont celle du dieu Mithra (divinité honorée  par les légionnaires romains). Il est probable qu’ils avaient été trouvés sur place, laissant supposer la présence d’un temple antique sur cette éminence dominant le Gave. Malheureusement, tous les remblais du XIXème siècle –sur près de quatre mètres de haut en certains points-  ont rendus inaccessibles les niveaux des sols antiques.

Mithra fonds rouge
Autel votif 1

 Mithra  et autel votif. Photos J. Omnès

23/ De l’occupation antique de la basse-cour à la demi–lune de Vauban
L’aspect actuel des dehors, dont cette basse-cour, a été entièrement remodelé par les aménagements du génie au milieu du XIXème siècle, suivant les préconisations de Vauban. Création d’une série de portes, de murs avec bastions, et  mise en place de parapets de terre pour doubler les murs contre la force des projectiles de l’artillerie moderne. Ainsi, toute la basse-cour (barry, demi-lune) a été remblayée sur plus de trois mètres de haut. Il est donc difficile de connaître les sols d’occupation médiévale, comme ceux de l’antiquité.
Au cours des travaux du génie, furent trouvés des « monnaies celtibères, des débris d’armes, une tête d’aigle en bronze, des médailles, une inscription et un chapiteau de l’époque aquitano- romaine ».
« En 1847, on démolit …un mur qui me parut être du IIIème siècle, réparé au Xème. On recueillit des fragments de sculpture : une tête de femme en marbre, quatre mains gauches de diverses dimensions et de diverses époques…, des débris de torses, enfin des restes d’autels votifs… Les fouilles furent arrêtées par ordre du génie militaire ». Ce mobilier montre la présence d’objets liés au culte d’une divinité topique, et de Mithra, dieu fort apprécié des légionnaires. On peut donc supposer la présence d’un temple gallo-romain sur ce plateau dominant, au pied du piton fortifié.

Descente rue Bourg
Tête romaine funéraire
                                                                                                   Tête de matrone. Photo J. Omnès
le barry                                                                 Le barry ou lice. Photo J. Omnès

lice                                 La lice avec ses jardins en ? ; photo Margalide Le Bondidier

24/ Porte Vauban
Porte de Vauban découverte lors du nettoyage des jardins suspendus. Elle était recouverte de lierre et cachée par de la végétation et côté fort, la cour avait été  remblayée par trois à quatre mètres de terre.

Porte Vauban        Porte Vauban2

Porte de Vauban. Photos J. Omnes

25/ Entrée basse
Réouverture de cette entrée en juin 2015.

Sortie
                          



Une découverte récente :           La pierre énigmatique de Lourdes

En 1932, l’architecte de la ville, Mr Seyrès, découvrit une grosse pierre « rue de Bagnères, dans le jardin de la maison Berjanton. Cette découverte a été ainsi décrite en 1939, par l’abbé Joseph Camoryet : «  d’environ 0, 70 X0, 70 m [elle porte] les signes suivants : 1) En haut une croix de Malte. 2) Deux lettres grecques parallèles : un alpha à droite, à gauche, une autre lettre grecque, oméga. Ces deux lettres alpha et oméga sont la première et la dernière lettre de l’alphabet grec ; elles sont de plus symboliques. Elles figurent le Christ, le commencement et la fin de toute chose. C’était aussi le chiffre en usage dans les sceaux de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem. 3) Deux lettres M dont le sens est difficile à expliquer et qui figurent dans les anciens sceaux de l’ordre. 4) À gauche, il y a trois croix groupées : ce sont des croix potencées. 5) La ligne d’encadrement de tout le dessin est en forme de cœur. Le cœur, dit-on, était un des emblèmes de l’ordre de Jérusalem. »


Cette description approximative et relativement influencée par l’environnement sacré du prêtre n’a fait, hélas, l’objet d’aucune étude sérieuse ; seul Mgr Patrick Truchemotte, de l’Eglise gallicane, se lança dans une explication proche de l’ésotérisme.
Après maintes recherches rue de Bagnères, je suis « tombé » au 33, sur l’ancienne pension de famille Magda des Bergenton-Nicolau mentionné par Patrick Truchemotte. La source évoquée se trouvait effectivement plus ou moins cachée dans le jardin. La pension de famille Magda a été construite sur un ancien « contenancier » des hospitaliers de Saint-Jean ; et le triangle inversé au bas de la pierre « symbole de l’eau dans la figuration médiévale » (1), indiquait bien une source située dans les jardins de l’Houste Dieu (1). Depuis le Moyen Âge jusqu’à nos jours, cet endroit a servi de relais aux pèlerins. Ils venaient se rafraichir, venant de Bagnères, en route pour Santiago.  Depuis peu, la pension a fermé ses portes pour devenir une maison particulière.
Par la suite, j’ai retrouvé cette pierre qui était depuis 1932, au château fort, lieu des dépôts classiques des trouvailles de Mr Seyrès. Elle était dans le jardin botanique, sans que personne n’ait remarqué sa présence.

Villa Magda                                                        Villa Magda, anciennement au 35 rue de Bagnères

Description d’après le relevé Omnès
 Il s’avère qu’elle représente effectivement la croix de Malte sous laquelle se trouvent, non pas une, mais deux lettres grecques  de l’alpha et de l’oméga, symboles du Christ : je suis le début et la fin de toute chose (Apocalypse de Saint-Jean). Pourquoi deux ? Question sans réponse. Leur curieuse position mérite également interprétation. Quant aux MM, ils seraient pour l’évêque, l’incantation de Maria Master, mais pourraient aussi représenter selon les informations de Guy Trousselle, sur Facebook, une haute distinction de l’ordre dont l’énoncé en latin serait : MIL. ORDI EQUITUM MENTO MELITENOS. Les trois croix potencées évoqueraient, toujours d’après le même évêque, « le pèlerinage de Jérusalem ou la protection de saint Jacques, codificateur des onctions de guérison. » Je reste  assez perplexe devant cette interprétation. Quant au triangle inversé, nous n’avons aucune autre réponse que celle donnée : l’indication d’une source. En attendant qu’un expert s’intéresse à cette pierre, j’en resterai là, et ne m’étendrai pas sur les autres explications très libres fournies par l’évêque gallican.

(1) D’après P. Truchemotte La dorine et les secrets de Lourdes

Lourdes Pierre énigmatique 4   
Pierre 2 001
                                                       La pierre énigmatique-Relevé Omnès


 

                                                  La Tour de Guigne

guigne

Rue du Garnavie. Tour d’observation (d’où son nom) d’environ 15 mètres de haut, du XIIIe siècle. Elle est le plus souvent appelée tour du Garnavie, car à proximité, dès le XIIe siècle, se trouvait une dépendance de la commanderie de Gavarnie appartenant aux Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem. Garnavie venant de la déformation de Gavarnie.
Elle est un vestige de l’ancienne fortification armée de 9 tours (d'après E.Duviau) qui défendaient la ville. Sur le flanc Est, se voit encore l’empreinte de la liaison avec l’enceinte disparue. En 1773, le maire de la ville, J.-P. Picqué devant la vétusté de ces tours décidait d'en raser quatre : la Cléda ou Clèdes (près de la place du Marcadal) la Lindro, la tour de l'Horloge et la tour de Guigne. En 1775, les démolitions sont terminées, mais demeurera la tour de Guigne pour une raison qui nous est inconnue. Le guide Adolphe Joanne de 1880, l’appellera la tour des Anglais (?).  PS : la tour de l'Horloge devait probablement servir de prison, tel que l'atteste le document ci-dessous qui fait état du décès d'une sorcière dans la dite tour :

parchemin 001 2

Sa traduction difficile, vu la qualité de la copie donne à peu près ceci : La même année que dessus et les vingt et deuxièmes du même mois, environ à onze heures du matin, Catherine de Puarrou, veuve de feu Bertrand d’Abadie, native du lieu d’Omex, demeurant bordière [ ?] chez Maître Jean Peyrafite avocat, âgée d’environ soixante ans est trépassée en la communion de notre mère l’église dans la tour de l’Horloge de cette ville, où elle était détenue prisonnière étant accusée d’être sorcière ; le corps de laquelle a été enseveli le même jour dans le cimetière de l’église de ladite ville, confessée par moi. Communique Peyrafite prêtre et recteur susdit les dix et huitièmes desdit an p mois, sans qu’elle ait reçu les autres sacrements.
En marge Catherine de la Borde, métayère du St peyrafite/sorcière

Selon la tradition, les sorciers et sorcières se réunissaient jadis au pied de la tour de Guigne pour y célébrer sabbat. C’est grâce aux maisons qui s’étaient accolées à ses murs et à l’inscription à l’Inventaire supplémentaire des Monuments historiques par Louis Le Bondidier, que la tour a pu être sauvée des démolisseurs. Joliment restaurée en 1995, elle ne se visite pas. La masse de pierre au pied de la tour est le soubassement qui supportait l’échelle pour accéder à l’intérieur de celle-ci ; l’architecte des Bâtiments de France a préféré créer un nouvel accès (bien moderne). Plus critiquable est la fontaine en terre cuite vernissée représentant une exotique orchidée.
Une étude complète a été réalisée avec plans, par Jacques Omnès pour le bulletin de la SESV de 1995 (No26).


Pour en savoir plus, voir sa description dans le dossier circuits d'histoire et de légende. photo J. Omnès.

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tour Granavie
Cul de basse fosse

Façade Est. En pointillé le contour du rempart et en traits pleins celui de la porte basse.1944.
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Brétèche surplombant la porte murée, transformée en latrines

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Cage d'escalier donnant accès à la plate-forme sommitale. Photo Jacques Omnès, 1995.

      
                                        Tour de la Bonnette

En 2014, après plusieurs recherches, nous avons trouvé dans le cadre du tracé d'un chemin touristique médiéval,  les traces de la tour de la Bonnette. En haut des escaliers de l'hôtel Sainte-Monique, se dresse ladite tour à "gorge ouverte" (1). Elle a été totalement transformée au cours des siècles : arasement, fenêtres modernes, intérieurs transformés en appartements, revêtements des murs par un enduit. Un mur rejoint les deux parties du U, ce qui lui donne son aspect actuel carré. Un passage fermé par une grille  permet de longer le mur non enduit. La présence de tuf médiéval atteste l'authenticité du bâtiment.
Cette tour est située sur une aire escarpée (petites falaises) que cachent les bâtiments de la place Marcadal en contrebas, la banque Courtois, Orange et le Leffe. Sur le côté Sud,  ce sont les escaliers des Espennettes qui marquent cette déclivité.
D'après Mgr J. Perrier la tour se serait effondrée en 1660 (2).

(1) En U.   
(2) Lourdes au temps de Bernadette, éditions NDL 2015                      


Bannette 2   Bannette1   
La partie cimentée correspond au mur rajouté sur le U initial , afin de réaliser des appartements.
Photos J. Omnès    

La Bonnette 3                                                                         Une tour en U 

Lourdes marchés 001                    Place du Marcadal, à l'arrière à gauche, cela pourait être la tour de la Bonnette


                                                                                                 
                               

                                                                           La Tour du Moulin  

Cette tour médiévale d’un des rares moulins fortifiés de la chaîne des Pyrénées est depuis plus d’une cinquantaine d’années entourée par un hôtel qui a pris la place de l’ancien moulin comtal. Peu visible de l’extérieur et peu connue des Lourdais, elle n’en est pas moins une figure emblématique du Lourdes médiéval. Mentionnée dans plusieurs guides dont le guide Pays de Lourdes chez Pyrémonde, page 143 et plus récemment sur celui édité par Atlantica, Lourdes et son pays, on peut y lire « Pour les fans d’insolite, citons une bien curieuse ruine, la Tour du moulin : bd du Lapacca, en face de la piscine municipale de plein air. Construite au Moyen Age, pratiquement à l’extérieur de la ville, elle se niche dans un creux au bord d’un ruisseau (2), le Lapacca, contre un moulin, devenu chocolaterie Mazuel. Nous ignorons son histoire. D’après un plan ancien, il s’agirait de la tour de la Coustète. Comme c’est une propriété privée et qu’elle est relativement cachée, peu d’érudits se sont penchés sur son histoire. Nous en saurons peut-être plus dans le prochain guide, sur ce probable moulin fortifié .».

Elle est également mentionnée à plusieurs reprises dans le livre Les Maires de Lourdes rédigé par la municipalité, à partir d’archives municipales, aux éditions Atlantica.
Objet de tractations immobilières s’inscrivant dans un programme de résidence seniors, elle devait être démolie. Elle doit sa survie grâce à différentes interventions en décembre 2010, auprès de l’Architecte des Bâtiments de France (ABF) et de la Drac, par quelques défenseurs du patrimoine. Sa rénovation et sa mise en valeur ne sont pas pour l’instant à l’ordre du jour. On peut retenir que le site a de tout temps été occupé par un moulin. Un ancien architecte de la ville, Seyrès, a découvert en 1932, une meule romaine plus en amont, vers le cimetière.
De ce moulin comtal, le propriétaire actuel possède une charte d’affièvement en date de 1270. Une copie a été réalisée par un local et retranscrite tant bien que mal sur l’une des revues des Amis du Vieux Lourdes. Nous avons, avec ce document de seconde main, tenté de le traduire du bigourdan médiéval en français.


Tour du Moulin vers 1900. 

Tour du moulin
Façade Nord de la tour en partie arasée. Photo J. Omnès

CHARTE D AFFIEVEMENT DU MOULIN DE PRUEDE
Que ce soit chose connue de tous ceux qui verront ou entendront [lire] ce contrat que Monseigneur Esquivat, par la grâce de Dieu Comte de Bigorre et Seigneur de Chabannais, ni forcé, ni contraint, ni trompé par aucune personne, mais de sa propre et agréable volonté pour [??] a donné en fief, en toute liberté, le moulin qui est à Lourdes devant le château et sous le ruisseau du Lapaca, près de Peyrotonis [??] pour dix sous morlaas de fief, chaque année à la Toussaint, et pour mille sous morlaas de droit d’entrée que le dit Pierre a payés, de telle sorte qu’il se déclare bien payé des dits mille sous d’entrée et des dix sous de fief annuel. [Cela ressemble fort à une vente, le prix de 1000 sous étant considérable, cent ans de droit annuel d’exploitation], à Pierre de Pruede et à son commandement [semble signifier le droit d’en disposer, entre vifs ou par testament].
Lequel moulin avec l’eau et avec le canal qu’il a et doit avoir en aval et en amont et avec tous les curages qu’il a et doit avoir et avec toute l’eau nécessaire depuis le lit du cours d’eau jusqu’au canal d’amenée et qu’il puisse la faire arriver ou l’arrêter comme selon l’usage sans que nul ne puisse s’y opposer, avec tous les droits qu’il a et doit avoir comme Monseigneur le comte Esquivat susdit les avait le jour où il l’a donné à fief, etc.
Sont témoins de cet acte, Raymond Gassie de Lavedan, Auger d’Abillac, seigneurs, François Layre, Seuras, gardes de Lourdes, et Trescens et Boyrie, citoyens de Lourdes, et moi Biclarraba, notaire juré de Tarbes, avec l’accord des deux parties présentes, j’ai écrit cette charte et y ai apposé ma signature.

[En latin] Fait à Lourdes, l’an du Seigneur 1270, le comte Esquivat de Chabannais régnant et R.A. de Coarase étant évêque.

C’est une tour classique proche de la tour de Vidalos construite par Centulle III, en 1175. Le rez-de-chaussée est en cul de-basse fosse avec une voûte en demi-cylindre, dans lequel on accède, en son centre par un trou d’homme de 0, 50 X0, 50m environ, depuis le premier étage. La porte d’entrée est sur la façade Sud. Avec le sol actuel, elle s’ouvre à 4-5 m de haut. L’ouverture a été agrandie dans l’aménagement de la tour en annexe de l’hôtel.
 Au premier étage, dans la chambre aménagée, est présente une fenêtre à fort ébrasement, sous l’enduit moderne, en ciment. Il s’agit très probablement d’une fente de tir.
Au second étage, se trouve une autre chambre avec une ouverture rectangulaire murée.


tour Moulin Claude Tour Moulinbasse fosse 001 2
 Façade N.E. L'ouverture de la porte a été faite après 1958. Les corbeaux servaient de support à un hourd de bois. Photo de Claude Heintz. À droite : cul-de-basse- fosse avec son trou d'homme pour y accéder

Tour Moulin 2 001 2 Tour Moulin chambre3
L'accès de la tour a été agrandie, une porte-fenêtre a été créée au-dessus. L'enduit recouvre totalement le mur ancien. À droite, chambre du premier étage avec la fente de tir bouchée. Photos Jacques Omnès

Tour Moulin Claude 2

Pour ceux qui sont intéressés par la sauvegarde de cette tour médiévale, l'interview d'un de ses défenseurs :
http://www.dailymotion.com/video/xto84a_affaire-tour-du-moulin-interview-de-jacques-omnes_news?start=5

Un article complet a été réalisé par Jacques Omnès dans le bulletin 46-2015 de la SESV



 Pour mémoire, sur la difficulté pour sauver un bâtiment d'exception, de la démolition

Ephéméride du sauvetage  à travers la presse écrite, la presse en ligne et la télévision.

4.10.1990 – J.B. La tour de la Coustète et le moulin de Pruède. Les Amis du Vieux Lourdes, n° 65, 1 fig.
2006 – Ville de Lourdes. Les Maires de Lourdes. Pau, Édit. Atlantica, 837 p., nb. fig. Cf. p. 29, 1 pl. ; p. 43, 2 C.P.A.
.12.2010 – PERMIS DE DEMOLIR-CONSTRUIRE L’HOTEL DE LA TOUR DU MOULIN
5.12.2010 – Yucatan. Un foyer « seniors » de 87 logements à Lourdes !!! Départ de l’affaire sur le forum de lourdes-actu (Philippe Subercazes, Frédéric Duplan). Des centaines de posts seront écrits sur ce site comme sur le forum de lourdes-infos (Gérard Merriot, Marc Lafitte) et celui des Esprits libres (J.-L. Laplagne).
22.12.2010 – Stop à la future destruction du dernier moulin fortifié des Hautes-Pyrénées : Permis de Construire Résidence Senior à la place de l’Hôtel de La Tour du Moulin à Lourdes. lourdes-infos.com, 3 fig. 23.12.2010 – La tour médiévale adossée à la chocolaterie Mazuel-Pailhasson va-t-elle être détruite ? lourdes-actu.fr, 5 fig., 1 audio.
23.12.2010 – Lourdes. Une tour médiévale menacée de destruction. Journal FR 3 Toulouse.
23.12.2010 – Sana. Une tour, des fous et un roi en échec. sana65100. centerblog.net.
27.12.2010 – Francine Depeyre. Lourdes. Patrimoine. Menace sur la tour du Moulin. La Dépêche du Midi, 3 fig.
27.12.2010 – Francine Depeyre. « L’aberration d’un projet démesuré ». La Dépêche du Midi, 1 fig.
2
7.12.2010 – Réactions de Jean-Pierre Artiganave, le maire ; Michel Rebollo, adjoint à l’urbanisme ; Maggy Poublanc, présidente des Amis du Vieux Lourdes. La Dépêche du Midi.
27.12.2010 – « La Tour prend garde ! » (Réaction du Maire et de l’Adjoint à l’Urbanisme). lourdes-actu.fr, 4 fig.
2X.12.2010 –   Delphine Pereira. Tour du Moulin : polémique encore. « Chacun mène les combats qu’il peut ». La Dépêche du Midi, 2 fig.
28.12.2010 –  Affaire de la tour du moulin : réponse à Monsieur le maire. Droit de réponse de M. Jean Omnès. lourdes-actu.fr, 8 fig.
29.12.2010 – Henri Soulet. La destruction annoncée de la tour du dernier moulin fortifié des Hautes-Pyrénées. Réflexion de l’écrivain Jean Omnès, historien pyrénéen. Le Petit Journal, 2 fig.
30.12.2010 - Virginie Minvielle. Lourdes. Vente de l’hôtel de la Tour du Moulin.  « Quelqu’un a commis une boulette ». La Semaine des P., 1 fig.
30.12.2010 – Virginie Minvielle. Bâtiments de France – 3 questions à Janine Colonel – « On nous a caché la vérité ». La Semaine des P., 1 fig.
30.12.2010 – Citée dans « Les maires de Lourdes ». La Semaine des P., 1 fig.
30.12.2010 – Michel Corsini. La Tour du Moulin. Jean-Pierre Artiganave : Mes regrets vont en direction de la fermeture de la chocolaterie. L’Essor Bigourdan.
30.1.2011 – SARL Socabat. Résidence Senior « La belle chocolatière ». Tous les plans du projet. La Semaine des P., 3 fig.
30.1.2011 – Du côté de la mairie. Ce qu’en pense le maire de Lourdes, Jean-Pierre Artiganave. Michel Rebollo, adjoint à l’urbanisme. La Semaine des P., 2 fig.
4.1.2011 – Francine Depeyre. Patrimoine. « Je veux sauver la tour et le site ». La Nouv. République des P., 2 fig.
5.1.2011 – Henri Soulet. Conférence de Presse du maire et de son adjoint à l’urbanisme. Réactions municipales aux déclarations de l’écrivain Jean Omnès. Le Petit  journal, 1 fig.
5.1.2011- Henri Soulet. La Tour de Lourdes crée polémique. Vice de forme et manquement à la déontologie. Le Petit Journal,
6.1.2011 – Virginie Minvielle. Lourdes. Polémique autour du projet « La belle chocolatière ». « Nous irons jusqu’au bout ». Christian Agius et Jacques Omnès, membres de la commission extra-municipale, en charge de l’environnement, s’érigent contre la destruction de la Tour du Moulin. La Semaine des P., 1 fig.
6.1.2011 – 3 mm avec… Jacqueline Peyrot, Présidente de l’association « Vivre dans les Pyrénées ». La Semaine des P., 1 fig.
6.1.2011 – Michel Corsini. Lorsque Ch. Agius et J. Omnès apportent de l’eau au Moulin de la Coustète. L’Essor bigourdan, 1 fig.
11.1.2011 – Henri Soulet. Lourdes. Vice de forme et manquement à la déontologie. La Tour du Moulin. L’affaire est grave. Le Petit Journal, 4 fig.
11.1.2011 – L’écrivain Jean Omnès répond au maire. Droit de réponse de l’affaire de la Tour du Moulin. Le Petit Journal, 1 fig.
13.1.2011 – Lourdes. Vente de l’hôtel de la Tour du Moulin. La position du préfet Bidal. Dans un communiqué, le préfet s’en prend ouvertement à Janine Colonel, architecte des bâtiments de France. La Semaine des P.
13.1.2011 – Patrick Sacristan. Verrouiller la communication. La Semaine des P.
13.1.2011 – Christian Agius. La tour bientôt classée ? La Semaine des P.
14.1.2011 – Francine Depeyre. Patrimoine – La tour du Moulin conservée. La Nouv. République des P., 1 fig.
18.1.2011 – Henri Soulet. Dossier de la Tour du Moulin. Le Préfet des Hautes-Pyrénées communique. Le Petit Journal, 1 fig.
18.1.2011 – Henri Soulet. Le Comité de Vigilance Lourdais demande le classement de la Tour. Le Petit Journal, 1 fig.
18.1.2011 – Affaire de la Tour du Moulin, Jean Omnès précise. Le Petit Journal.
19.1.2011 – Henri Soulet. Eléments à charge contre le permis de démolir de la SCI La Belle Chocolatière du 3.10.2010. Le Petit Journal, 4 fig.
19.1.2011 – Lourdes. Jean-Luc Laplagne, communiqué du 13 janvier. Le Petit Journal, 1 fig.
19.1.2011- Henri Soulet. Les vœux de l’opposition municipale (extraits). Le Petit Journal, 1 fig.
19.1.2011 – Communiqué de Monsieur Jean Omnès. La Tour du Moulin Affaire privée ou publique. Le Petit Journal.
19.1.2011 – Henri Soulet. La Tour du Moulin – Article L531-14 du code du patrimoine. Le Petit Journal.
19.1.2011 – Lettre de Monsieur Jean-Luc Laplagne. Le Petit Journal.
20.1.2011 – Virginie Minvielle. L’avenir du projet « La belle chocolatière » Vers une sortie de crise ? La Semaine des P., 1 fig.
20.1.2011 – Que pensez-vous du projet ?  Bruno Vinculés, Josette Bourdeu, Philippe Subercazes. La Semaine des P., 3 fig.
20.1.2011 – 3 mm avec… Les membres du comité de vigilance. La Semaine des P., 1 fig.
20.1.2011 – Virginie Minvielle. Parchemin retrouvé. La Semaine des P.
20.1.2011 –  Francine Depeyre. Qui peut traduire un écrit de 1720 (sic) ? La Nouvelle République des P., 1 fig.
20.1.2011 – Francine Depeyre . « L’inventeur de la tour ». La Nouvelle République des P., 1 fig.
20.1.2011 – Michel Corsini. Jean-Pierre Artiganave : trois points d’actualité. L’Essor bigourdan, 1 fig.
26.1.2011 –  Henri Soulet. Les vœux de Monsieur Philippe Subercazes. Du rififi à la commission de l’urbanisme. Le Petit Journal, 1 fig.
26.1.2011 – Henri Soulet. Les vœux de Monsieur Bruno Vinualès. Touche pas à notre Tour ! Le Petit Journal, 1 fig.
26.1.2011 – Communiqué de Christian Agius du Comité de Vigilance. La Tour comtale sauvée. Un nouveau projet à l’étude. Le Petit Journal.
26.1.2011 – Henri Soulet. Communiqué du collectif « Tour du Moulin 1270 ». Le Petit Journal, 1 fig.
26.1.2011 – Henri Soulet. L’assemblée générale des Amis du Vieux Lourdes. Le Petit Journal, 2 fig.
X.2.2011 – Henri Soulet. La Tour du Moulin inscrite sur les tablettes de l’Administration. Le Petit Journal, 1 fig.
28.2.2011 – ARRETE DE DIAGNOSTIC ARCHEOLOGIQUE PAR LE PREFET DE REGION
27.5.2011 – DEMANDE D’ANNULATION DU PERMIS DE DEMOLIR-CONSTRUIRE AUPRES DU TRIBUNAL  ADMINISTRATIF
27.5.2011 – Rédaction. Le « collectif tour du Moulin 1270 » est créé. Président : Jean-Luc Laplagne. lourdes-infos.com, diaporama.
29.5.2011- Delphine Pereira. Le collectif de la Tour du Moulin est né. ladepeche.fr, 1 fig.
29.5.2011 – Naissance du collectif Tour du Moulin 1270. lourdes-actu.fr, 2 p., 5 fig.
1.6.2011 – Henri Soulet. Naissance du collectif « Tour du Moulin 1270 ». Le Petit Journal, 3 fig.
1.6.2011 – Hermance Hitte. Tour du Moulin. Le collectif de défense s’est monté en association. Le tribunal administratif est saisi. Ce qu’ils en disent. La Semaine des P., 3 fig.
14.12.2011 – Francine Depeyre. Lourdes. Tour du moulin : le pour et le contre. Jean-Luc Laplagne, président de l’association. ladepeche.fr
14.12.2011 – Delphine Pereira. Dito. Jean-Pierre Artiganave, maire de Lourdes. ladepeche.fr.
15.12.2011 – Mathieu Houadec . L’affaire de la Tour du Moulin. Un happy end pour la tour. La Semaine des P., 1 fig.
16.12.2011 – Dossier de la Tour du Moulin : le collectif Tour du Moulin de la Coustète 1270 et le Comité de Vigilance Lourdais font des propositions, le maire de Lourdes refuse de les entendre. lourdes-infos.com, 7 fig., 2 pdf, 3 audios. 
16.12.2011 – Tour du moulin : le Maire répond au Collectif. lourdes-actu.fr, 3 fig.
20.12.2011 – « Tour du Moulin » et Résidence « La Belle Chocolatière ». Jean-Pierre Artiganave, le maire, s’exprime. On prend les Lourdais pour des imbéciles, déclare le Maire. Une conception très particulière de l’intérêt général. Paradoxes. Le Petit Journal, 4 fig.
20.12.2011 – Henri Soulet. Conférence de presse du Collectif Tour du Moulin 1270. Pour un échange parcellaire. Le Petit Journal, 2 fig.
20.12.2011 – Affaire de la Tour du Moulin : Rappel des faits. Communiqué de Monsieur Jean-Luc Laplagne. Le Petit Journal, 1 fig.
22.12.2011 – Mathieu Houadec. Urbanisme. Tour du Moulin : réaction du maire « C’est scandaleux ! ». Le maire de Lourdes ne veut pas entendre parler de la proposition des défenseurs de la Tour. Pour lui, c’est un passage en force. (C’est quoi ce « bordel » ?). La Semaine des P., 1 fig.
22.12.2011 – Michel Corsini. Le feuilleton de l’année se poursuit. L’Essor bigourdan, 1 fig.
23.12.2011 – Lourdes : Communiqué de Presse des « Défenseurs de la Tour du Moulin ». lasemainedespyrenees.fr, 1 fig.
29.12.2011 – Dossier. Affaire de la Tour du Moulin. Communiqué de MM. Thierry Lavit, Conseiller Municipal, Jean-Luc Laplagne, Président du Collectif Tour du Moulin 1270, Jean , Pierre et Jacques Omnès, Christian Agius, Président du Comité de Vigilance. L’Essor bigourdan.
11.1.2012 – Henri Soulet. Droit de réponse des défenseurs de la Tour du Moulin au maire de Lourdes. Légitimité des défenseurs de la Tour. Un aveu navrant. Appel à la sérénité. Le Petit Journal, 5 fig.
12.1.2012 – Urbanisme. Affaire de la Tour du Moulin. Ils répondent au maire. Suite à notre interview du maire J.P. Artiganave, du 22 décembre 2011, les défenseurs de la Tour font jouer leur droit de réponse. La Semaine des P., 2 fig.
20.9.2012 –  Lourdes. Dossier de la tour du Moulin. Pas touche à la tour. La Semaine des P., 1 fig.
20.9.2012 – Jean-Christophe Borde. A patrimoine, patrimoine et demi…  L’Essor bigourdan.., 2 fig.
16.9.2012 – Rédaction. La tour (cachée) du Moulin : vedette des journées du patrimoine à Lourdes. lourdes-infos.com, 7 fig., 3 audios.
17.9.2012 – Lourdes : l’affaire de la Tour du Moulin ressurgit pendant « Les Journées du Patrimoine ». lourdes-actu.fr, 5 p., 3 audios, nb. fig.
19.9.2012 – Henri Soulet. L’affaire de la Tour du Moulin au cœur des journées internationales  du patrimoine.  Démolition de la Tour du Moulin. Le Petit Journal, 1 fig.
21.9.2012 – Sandrine Le Lay. Patrimoine. La tour du Moulin : « Un monument à conserver ». La Nouv. République des P., 1 fig.
21.9.2012 – Sandrine Le Lay. Lourdes. La tour du Moulin : « Un monument à conserver ». ladepeche.fr, 1 fig., 4 commentaires.
7.8.2013 – Henri Soulet. La « Tour du Moulin » un tapage de basse politique politicienne avec peu de choses. Valorisation du Patrimoine Lourdais. Le Petit Journal, 1 fig.
8.8.2013 – Sandra Cazeneuve. Lourdes. La tour du Moulin n’a pas été classée par la DRAC. ladepeche.fr. 1 fig., 4 commentaires.
8.8.2013 – La rédaction. Lourdes : La tour du Moulin, étonnante conférence de presse du Maire. lourdes-actu.fr, 4 fig.
12.8.2013 – Gérard Merriot. Pas de classement pour la Tour du Moulin : l’affaire est-elle vraiment finie ? lourdes-infos.com, 1 fig.
1.10.2013 – ANNULATION DU PERMIS DE DEMOLIR PAR LE TRIBUNAL ADMINISTRATIF

14.11.2013 – Jean-Christophe Borde. Le coin des affaires. L’Essor bigourdan.

                                  Photo prise devant la tour de Guigne
tour                 Les défenseurs de la tour du moulin avant les élections municipales de 2015 ; promese de défense trahie après les élections




                                                          La tour de Lidrac

Tour énigme médiévale ? Elle se trouve enserrée à l'intérieur d'une tour plus moderne appartenant à une communauté religieuse les Soeurs bleues, installées dans le secteur en 1870.  L'épaisseur des murs qui atteignent à la base plus de un mètre ne laissent aucun doute sur la nature d'une fortification. Mais  de quelle  époque, et pour quelles fonctions ? On peut imaginer une ferme fortifiée, comme il y a eu à l'opposé de la ville, un moulin fortifié ? Ou une tour de guet ou à signaux contrôlant l'entrée ouest de la ville, celle des incursions béarnaises. À la base, la tour a été percée de quatre ouvertures,  une dans chaque mur. La ferme à côté possède également des murs très épais qui n'ont rien à voir avec ceux d'une ferme classique. Mais l'absence de document ne nous permet pas d'aller plus loin pour l'instant, dans nos investigations. Un dessin de Melling de 1818 est l'unique preuve de son existence ancienne... pour le moment.
D'après Mgr J. Perrier, ancien de Lourdes (1) C'était une tour de guet, contrôlant la vallée du Gave.

(1) Lourdes au temps de Bernadette, éditions NDL, 2015

Lidrac

  montage index 4
Plan Cassini mentionnant Lidrac

Petit couvent 2                                   Carte postale ancienne tour avec le campanile

Lidrac 1  1 Lidrac 3
Murs épais, plus de un mètre.


                                           Castet de Bern, l’énigme pas résolue

Un auteur, Pierre Lafitte-Matalas, ayant constaté l’inexistence de fortifications protégeant l’accès ouest de la ville de Lourdes, oubliant la tour de Lidrac, située au Petit couvent, à la sortie du bois de Subercarrère, en direction de Lourdes et la bastide de Croses (Pouyferré), il imagina qu’une fortification contrôlant la route de Saint-Pé –Rieulhès-Lourdes devait se trouver dans ledit bois.
Il constata la présence d’un monticule de 100m de hauteur sur la rive gauche du Gave de Pau, à 4 kms en aval de Lourdes à la côte 502m. Sur un ancien cadastre de Lourdes section C1, le lieu est mentionné Castet-de-Bern. Sur le censier de 1429, folio 63, il est mentionné un Castet de Vern proche d’Asmès, qui pour l’auteur serait Omex, orthographié par Larcher (glanages, page 142) Ausmez. A partir de ces constations, il imagine la présence non seulement d’un château avec tour mais aussi d’un hameau-bastide peuplé par des gens de Silhen. Il ne reste aucun vestige,  aucune trace de ces implantations. Pour compléter le tableau, Pierre L-M affirme qu’il s’agit aussi d’un ancien « important oppidum » romain.
Un fascicule de promenade autour de Lourdes le mentionne dans le bois de Subercarrère : « à l’aire de stationnement (fontaine et panneau d’information). A 500 m, pavillon du roi et croisement. Prendre le chemin de gauche qui aboutit à un petit col entre la butte de Castet Bern et les flancs du Soum d’Ech. » Comptez 30 minutes.
Un autre auteur, Jacques Gardelles, dans son ouvrage Les châteaux du Moyen Age dans la France du Sud-Ouest, situe ce château fantôme dans le Val d’Azun.
Alors qu’Hubert Lacrampe de Silhen le situe dans la région de Boô Silhen, au sud d’Asmès et des Pujolles à l’Est de La Vigne. Il prend pour preuve trois actes notariés. Un de 1302 de Me Bernat de La Péna, un second document de 1313, censier-registres du Trésor de Chartres (archives nationales JJ12) et un troisième document qui est le censier de Bigorre de 1429, mentionné aussi par P-L Lafitte Matalas, mais avec une lecture différente. « Asmès n’est pas un lieu-dit et n’a rien à voir avec Omex […] Asmès et Silhen ne formaient qu’une seule commune. Pour cet auteur, le château se situait bien  au turon Castro de Berno,  délimité par un ruisseau (d’Ayros), un chemin public (de Saint-Pastous) et la ferme Vignolles de Silhen. Près de la côte 442m sur le plan IGN  1647 ET.
Son compte rendu a été rédigé par le bulletin de la SESV de 2001 (No 32, page 15).
Ci-dessous carte d'après les hypothèses de P. L-Matalas et d'Hubert Lacrampe (SESV No32).
Pour le castet Bern de Boô-Silhen, voir canton d'Argelès : Boô Silhen.


Castet Bern 5

 castet Bern 001

Castet Silhen 001
 

                                                                 
                                                               LES MAISONS "NOBLES"
Maison du baron Duprat

Situé en centre-ville, près du monument aux morts, une plaque commémore l'ancien propriétaire, baron d'Empire. Cette maison possède un beau départ d'escalier sculpté.

Maison Duprat
Maison du baron Duprat, Lourdes. Photo J. Omnès

Maisons du baron Maransin

De son séjour à Lourdes, il reste sa maison natale, rue du Bourg, au 4. C’est l’ancien relais de poste dont l’annexe pour les fiacres, au numéro 5, avait été acheté par des Anglais pour être transformée en hôtel. Insolite revers de l’histoire pour quelqu’un qui a passé sa vie à combattre les Britons. L’hôtel vient d’être revendu en 2011 à un Lourdais, qui, après rénovation l'a transformé en appartements. La maison natale possède un beau départ d'escalier.  Il reste également sa belle cantine militaire en loupe d’orme, son épée et ses décorations. Ces objets sont conservés (en réserve) par le Musée pyrénéen, avec  son portrait peint par Chéry, tandis que son buste a été placé devant la Maison de l'Europe (ancien presbytère).

Maransin

Maison Maransin
Maison et écuries du baron Maransin, rue du Bourg, avec ses armoiries. Photos J. Omnès

Armes
Blason Maransin

Le Pavillon Henri IV

 
Barau 1
Avant le changement de propriétaire. Photo appartenant à  la famille Teilhard

Ce "pavillon", situé dans l'enceinte de la cité catholique St Pierre, appelé castel Henri IV, aurait servi, d'après l'histoire (légendée ?), de relais de chasse au vicomte béarnais. Pour preuve la présence de nombreuses fenêtres Renaissance.
ll aurait été construit au XVIème siècle sur les consignes de Jeanne d'Albret, mère d'Henri IV, pour servir de relais lors d’un voyage entre la France et l’Espagne, et servir également de pavillon de chasse. Je n'ai trouvé aucun trace de cette origine. Le castel a, au fil des siècles, changé plusieurs fois de propriétaires. En 1920, ii a été racheté par la famille Teilhard. En 1955, M Teilhard (cousin germain du théologien Pierre Teilhard de Chardin) meurt. Ses six enfants se réunissent en conseil de famille et décident de vendre le Castel, ainsi que les terres autour à l'association Caritas dirigée par Mgr Rodhain pour réaliser un centre d'accueil pour pèlerins modestes, sous l'appellation "Cité secours catholique. "Le castel a servi pendant un certain temps de résidence à Mgr Rodhain
après Isidore Nelli, constructeur en chef des sanctuaires.

castel proche 0  Barau grenouille

Jardin du Castel. La grenouille qui déversait l'eau d'une source dans un bassin, actuellement propriété de la famille Teilhard au château de Momas (Béarn).

Plan Google, origine inconnue

Lourdes fermes
À ma connaissance la maison les Coureilles devenue maison des soeurs de Bethléem, située en haut à droite de la cité ne semble n'avoir jamais abrité  Isidore Nelli (avec un i) qui par ailleurs n'était pas baron.  Il a vécu jusqu'à sa mort au Castel.


Cité secours 3  Cité secours 4


Cité secours 6
 La toiture typique bigourdane a été transformée par Caritas. Les lucarnes ont été remplacées par des chiens assis et le retour en pignon a été supprimé. Le jardin a été rasé, de même que la maison voisine.

Cité St Pierre 2 2

Castel linteau

Linteau de la porte d'entrés au monogramme du Christ IHS ( le haut de la barre droite du h est cassée), avec peut être le M de Marie, le I avec deux crosses, accompagné du noeud de Salomon. Photo Marc Chanlieu.

Cité St Pierre 2
Belle fenètre géminée avec coeur inversé, et fleur de lis à gauche. Elle a échappé aux Révolutionnaires de 1793.


Pour la suite, nous allons suivre le même itinéraire que pour les églises : Canton de Lourdes Ouest, Est, puis le Lavedan : canton d’Argelès-Gazost, d’Aucun et de Luz-Saint-Sauveur.



cliquez sur l'image pour agrandir le plan

Source : plan Guide du Curieux Gavarnie-Lavedan, Jean Omnès, éd. PyréMonde, 2004


 

Canton de Lourdes-Ouest


                                                                       ADÉ

Restes du château des comtes de Bigorre

L’église a été construite sur l’ancienne motte féodale qui donnait assise au XIe siècle, au château ayant appartenu aux comtes de Bigorre. Il aurait été détruit au XIVe (1360) par le parti anglais. Lors des fouilles pour construire l’église, on a retrouvé quelques vestiges (et armes), dont subsistent de nos jours, quelques pans de mur (à l’est de l’édifice et dans les jardins du presbytère). La cave du presbytère est l’ancienne armurerie du château.


Entrée de l’ancienne salle d’armes du château disparu. Photo J. Omnès


 

 

                                                               POUEYFERRÉ

Le château d’Antin

Le château d’Antin : au sommet du village, sur un tertre, se trouvait dès 1145, une fortification. Réaménagée au XIVe siècle, par la famille d'Antin, elle fut  remplacée au XVIIe siècle,  par un château de style classique. Propriété au XIXe siècle, de la famille Pied, le château fut acheté par la commune en janvier 1867. Il a été transformé en église dans sa partie Nord, presbytère dans la partie Sud, salle d'école et logement de l'instituteur et depuis peu en logements collectifs, après la démolition des granges et écuries. Du premier château, seuls subsistent à l'arrière, de rares murs. La base de tour était celle du clocher de l'église. Pour voir la façade, il faut passer par le chemin qui monte à côté de l’église. Les ruines sont à l’arrière, près du cimetière dominant la route.

Poueyferre  chateau

Poueyferre château 2
Emplacement château d'Antin. Façade et arrière. Photos J. Omnès

Poueyferré Antin

Corps de logis en trois parties avec un corps central à quatre travées flanqué de deux ailes à deux travées. Photo J. Omnès


Le château de Mourle

Le conseil municipal de Lourdes a vendu à Achille Fould en 1856, des parcelles de bois de Mourle et des landes de la métairie de Bouchède, sur une des rives du lac de la ville. Puis, en 1861, la commune de Peyrouse lui a vendu sur les hauteurs, un petit immeuble qu'il transforma en "château" en y ajoutant des écuries. C'est ce "château" hors écuries que racheta Ph Douste- Blazy, alors maire de la ville,  en le baptisant La bergerie. Il a été vendu à un particulier d'origine écossaise, à son départ de la cité mariale.

Mourle1 La Bergerie D. Blazy

La bergerie ; à droite la maison principale, la bergerie est à l'arrière

Mourle ecurie
Ce qu 'il reste des écuries d'Achille Fould, ancien ministre de Napoléon III



                                                               Vallée de Batsurgère

                                                                                            ASPIN

Aspin   Aspin fenêtre
Porte et fenêtre gothique, manque la colonnette de la fenêtre géminée. Fenêtre Renaissance. Photos J. Omnès

Aspin remploi Aspin remploi2
Grange du village. Étonnantes pierres en remploi qui proviennent d'un encadrement de château ou de maison noble. Encadrement de fenêtre. En grattant nous avons découvert cette boule qui est en fait une tête humaine.


 

                                                                              OMEX

Le château d’Omex

Le vestige le plus visible de la rue est l’ancienne entrée de la chapelle romane du château, représenté par un chrisme du XIe siècle, dégagé de son crépi en 1976. La moitié du mur Sud de la chapelle a été abattu en 1947, pour ajouter une extension en L  plus adaptée aux engins agricoles. Sur le mur Nord, une baie a été occultée. La chapelle castrale a servi d'église paroissiale jusqu'au XVIIIe siècle (1769). Le propriétaire actuel, amoureux des vieilles pierres, a mis au jour, intégrée dans la maçonnerie, contre une pile, une très belle dalle sculptée, probablement un couvercle de cuve sépulcrale romane, représentant un évêque avec sa crosse. Certains y voient saint Saturnin, premier évêque de Toulouse. Jusqu’en 1878, le maréchal Foch venait passer ses vacances dans cette belle maison, qui appartenait alors à sa marraine, Mme Normande.

Les bâtiments attenants ainsi que la grange,  jadis appartenaient à la famille Doucette, d’où parfois leur nom de maison Doucette (propriété privée). Ils ne manquent pas d’intérêt, loin de là : il s’agit de l’ancien château des seigneurs d’Omex. Il a été plus que remanié au cours des siècles. Le bâtiment haut qui sert de gîte rural, était l’ancienne tour gothique. Tout autour de la propriété subsistent encore les bases des anciens remparts, et l'occupant en 2014, M. Bordere a mis au jour de nombreuses pierres sculptées dont des claveaux et des fragments de linteaux. 
 À l’intérieur, très belle fontaine murale du XVIIIe siècle, en marbre noir.


Château dOmex   Saint Saturnin
                           Restes du Château d'Omex. Pierre représentant probablement saint Saturnin Photos J. Omnès

La tour d'Omex 

Sur la colline morainique, dans le bois, on peut voir les fondations d’une tour carrée. Complètement oubliée, car absente des cadastres du XIXe siècle, il a fallu la ténacité de plusieurs Bigourdans : Mrs Vié, Cahuzacq, Claracq et Varichon à partir des écrits de Jean Bourdette (1) pour faire des recherches sur cette seigneurie disparue autour du XVIe siècle.
Les ruines de la tour, c’est ce qu’il reste du château du seigneur Bernat de Doumec d’Aoutmets (1300). Il était vassal de la châtellenie de Castelloubon. On sait que dès le XVIIe siècle, vers 1638, le château construit sur la motte féodale entourée de fossés et protégé probablement par une enceinte, était déjà ruinée et abandonné par ses propriétaires originaires de Pontacq. Une partie des pierres a servi à la construction de la grange en contrebas

En 1983, le site a été dégagé des broussailles par Messieurs Cahuzacq et Varichon de la SESV. Un plan simplifié a été réalisé par R. Vié, dans l'ouvrage Lavedan et Pays toy numéro 15, page 47. Il présente une surface sommitale plane d'environ 40 m² entourée de fossés et abritant les vestiges d'une tour destinée à la défense, aux murs en galets de 1, 45 m d'épaisseur, formant un carré de 5,60 m de côté (mesures extérieures).  Quelques tessons de poterie du XIVe-XVe siècle ont été mis au jour et assemblés pour réaliser une cruche. Celle-ci a fait l'objet d'une étude sur le bulletin de 1987 de la SESV, page 111.
On y accède en contournant par la droite la colline (chemin de la Tour).
Laissez votre véhicule sur le premier terrain accessible (décharge de gravats). C'est au sommet du bois qui domine le village, sur la gauche.

Principaux propriétaires connus  : 
1300 : Bernat de Doumec d'Aoumets (Enq. Roy)
1541  :Cataline d'Aoumets

(1) Notice des seigneurs d'Aoumets, Toulouse, 1905.

Omex tour2 Au sommet de la colline. Photo J.Omnès

Omextour3 Motte féodale. Photo J. Omnès

cruche 3 Omex tour4
Cruche vernissée découverte par S. Cahuzacq. Photo R.Vié, 1982. À droite, emplacement de la tour.

Omex cruche 001 omex chateau 001
La cruchette trouvée est d'un type local fréquent au haut Moyen Âge. Son bec verseur cassé, on peut supposer que c'était le même que celui d'une poterie identique trouvée à Tarbes et reproduit sur le dessin. La pâte compacte est fine et de couleur rouge clair ; l'anse de section quadrangulaire  légèrement torsadée part de la  lèvre du récipient pour joindre la panse au haut de la partie conique. Le bord de la lèvre est décoré d'une bordure de petites incisions, de même la anse porte des crans incisés. On peut imaginer que ces incisions sont là à titre décoratifs mais aussi  à but de consolidation. La partie haute interne du col, ainsi que la partie supérieure de la lèvre formant gouttière sont recouvertes d'un vernis staminifère (à base d'étain). Plan Vié, bulletin SESV 1983, p 47.
NB : un chercheur ami a trouvé en 2015, sur la colline, un denier celtibère.



 

                                                                   OSSEN

Le château de Bégole

Le château de Bégole : rue du château Bégolle (avec deux l ?) en face de l’épicerie. Une maison forte seigneuriale, dont le fief était vassal de la châtellerie de Castelloubon, se trouvait à cet endroit, au point le plus élevé. Son propriétaire actuel, désireux de construire une villa sur le terrain a diminué de moitié, la hauteur de la tour afin de réduire l’ombre projetée sur sa maison ! Il ne reste maintenant que des murs, peu visibles de la rue. D'après R. Deloffre et J. Bonnefus,  la façade Sud de la tour possède deux étroites baies allongées, superposées à encadrement calcaire avec un reste de moulures. L’origine de ce castet vient de la famille d’Aoussen (Jacobus de Ossenio) qui donna vers le XIIIe siècle, son nom au village, Ossen. La fille de Foulque d’Aoussen, Na Guiraouta, se mariant vers 1300, avec le seigneur Pey II de Bégole (Bégolle), le château fut transmis à la famille de ce dernier. Elle le garda jusqu’en 1610. Vers 1920, le château fut racheté par le grand père du maire de l’époque, Gabriel Cazenave. Il ne fit aucune rénovation et le château menaçant ruines vers 1940, on utilisa alors les pierres pour la construction du clocher et de quelques granges alentour.

Quelques riverains se sont étonnés que ce patrimoine puisse être rayé de la carte, ils ne reçurent aucun appui tant de la municipalité qui voulait le raser pour en faire une école communale, que de la presse locale de l’époque peu au fait des problèmes de patrimoine.

Nous reproduisons ci -dessous une partie de l’interview de la Dépêche du 30 11 1998, de Gabriel Cazenave,

«Si l'on construit au pied des ruines, il faudra diminuer la hauteur des murs. On ne peut pas faire prendre de risques aux occupants de la maison. A tout moment les murs risquent de s'écrouler. Et si nous avions les moyens de rénover, on le ferait». 

Et l’article de conclure : « En attendant la suite des événements, l'architecte pressenti pour dresser les plans de la maison s'est rapproché des services des Bâtiments de France. Quant à la commune, elle n'aurait probablement pas les moyens de racheter la parcelle et les restes de ce château.»

Des belles ruines qui existaient encore vers 1950, voir la photo d’archive, ci-dessous, il ne restait, à notre dernier passage, en 2004, pratiquement plus rien. Tout ce gâchis patrimonial pour une simple villa, alors que ce ne sont pas les terrains constructibles qui manquent dans le secteur.

 



Château de Bégole             Ce  qu’il reste, hélas, du château de Bégole



Nous pensons que l'entrée monumentale se trouvait de l'autre côté de la propriété et que celle-ci devait être entourée de hauts murs. Le village s'est formé autour du château. Le tracé de l'ancienne enceinte correspond aux ruelles formant un cercle autour du château (rue du Château et rue des Barricades)

Ossen porche Ossen Bégole
Probable entrée du domaine du château. Elle est gravée d'une fleur de lys. Arrière des ruines
Photos J. Omnès

Pour plus de détails, voir le dossier Petits patrimoines, les portàus.
Deux maisons dans l'enceinte primitive supposée de l'ancien château, probablement des annexes,  possèdent de belles fenêtres. Celle de droite est ornée d'une adorable petite tête humaine, et à sa base, de personnages. Un couple avec un enfant suivi par des figurines sous les montants sculptés, paraissant tenir à la main un instrument aratoire.


Ossen fenêtre  1 Ossen fenetre


Ossen croix Christianisation de la maison à la belle fenêtre ?

Les différents propriétaires de Bégole
- Premier propriétaire connu, la famille d’Aoussen, dont

Foulque d’Aoussen (ou de Ossenio) de 1297 à 1300,
Jacob de Ossenio vers 1342

- puis la famille Bégole vers 1429 avec

Pey II de Bégole, époux de Na Guiraouta Foulque d'Aoussen.
Antoni de Bégole

Jean II de Bégole, oncle d’Antoni qui épouse Jeanne de Bourbon, fille du vicomte du Lavedan, Aner. Vente en 1586, puis rachat en 1596, du domaine à Samson d’Abbadie de Pontacq.

Paul de Bégole, l’un des cinq enfants de Jean II.

- Vente en 1610, à la famille de Sabiac

Bourtoumiou de Sabiac, jusqu’à

Germaine de Sabiac, jusqu’en 1657, quand elle épouse Jean-Hector des Tournès d’Angosse.

Famille d’Angosse :

de 1657 à 1789 avec Jean Paul des Tournès d’Angosses, le dernier seigneur d’Ossen
Divers
Gabriel Cazenave, 1920-1940, démantèlement.


 Le « château » d’Estibayre

Ce « château » se trouve derrière l’école, au sommet d’une falaise, dominant une zone marécageuse dont la source qui se trouve dans le secteur, sert d’affluent au ruisseau qui sort sous terre, à la Merlasse à Lourdes, puis se jette dans le Gave au niveau du musée du Petit Lourdes, à la hount des Lavasses. Voir Patrimoine naturel, les sources.
En fait de château, il ne reste que des ruines d'une tour arasée couverte de tôles, servant de dépôt à la mairie. Ce château devait servir de point de défense à l'entrée du village.  Il aurait été construit  par le l' abbé-lay d'Ossen (capitaine d'infanterie royale sous Louis XIV). Il aurait servi de prison. 
Cette tour est mentionnée dans la brochure de la SESV Châteaux en Lavedan, 2006, page 51. Elle aurait appartenue à Jacobus de Ossen 1342 (Pouillé), vassal de la châtellenie de Castelloubon. Nous savons que ce fief était propriété en 1429 du seigneur de Bégole. Il reste actuellement une tour carrée de 5 à 6 mètres de haut avec deux niveaux ouvert à l’air libre, une tôle a été posée par protection. Les pierres d’angle sont taillées dans de gros blocs et les murs édifiés en pierres et galets. Au Nord amorce d’ouverture en plein cintre et au Sud d’après Deloffre et Bonnefonus (Jet Déditions 1998), il avait deux étroites baies allongées, superposées à encadrement de calcaire avec un reste de linteau à moulure. A notre passage en 2017, nous ne les avons pas trouvés.
Une restauration mériterait d’être engagée. Il est probable que nombre de pierres de la forteresse aient été utilisées pour la construction de l'école à côté. La ferme en face possède un linteau daté de 1574 et des piliers couverts de gravures étonnantes, des besants, des croix un homme avec un chapeau orné d'une plume.


 

                                                    
 









  estibayre 3

 Estibayre 1
Photos J. Omnès. Ce qui reste du château d'Estibayre, au sommet d'une falaise

Ossen pierre 2  Ossen gravures  2
Étonnante pierre en remploi venant probablement d'un des châteaux ruinés du village. Elle se trouve à l'entrée du village par l'ancienne route, à l'arrière de la falaise du château d'Estibayre. Placée à l'envers. Nous ignorons pour l'instant ce qu'elle représente.Sur le poteau de droite, une date visible avec le soleil rasant : 1574.
Ce qu'en pense J-F Le Nail, ancien archiviste du département, contacté :
"Cette inscription d'Ossen figure depuis longtemps dans mon dossier Epigraphie du Lavedan, ou plutôt elle y dort comme peu utilisable. En effet, incomplète, à moins de retrouver la partie manquante, il est difficile d'en proposer une lecture utile. Elle paraît concerner une oeuvre de construction. Les deux premières lignes pourraient appartenir à une sentence morale, la troisième être la date d'achèvement, la quatrième le nom du propriétaire bâtisseur (Carrère est le nom d'une maison d'Ossen attesté au XIVe s.). Mais de tous ces éléments le début manque et rend la suite hasardeuse. Par ailleurs, dans cette écriture, un même graphisme représente des S et des L, des U et des N, ce qui complique encore les choses.C'est donc avec toutes réserves que je lis, à titre provisoire :
FASAS CAUSA QUE NOS A
ASA QUE DEU FINIR
2 SET DIE 27 JUIN
?ANOLO DE CARRERA"

Le second groupe de pierres, face au château d'Estibayre  sert de poteaux à un garage-grange. Elles sont gravées de curieux signes. Les blocs du bas sont creusés de trois traits, pour être surmontés de blocs à deux traits et ensuite de blocs à un trait. La partie basse semble représenter un personnage couvert d'un chapeau à plumet. Au-dessus, nous avons un certain nombre de croix et d'arbalètes  surmontés de blocs où sont gravés six besants. Il est coutume d'attribuer cet ensemble au château en face.

 Ossen dessin
Homme
  au chapeau. Photo J. Omnès

Château seigneurial

Sur la colline dominant le village, ruines d'un probable château seigneurial. Nous n'avons trouvé aucun texte à son sujet.

Ossen château 2

En centre village

Cet écusson à droite d'un pilier d'un ancien porche d'une maison du village est en fait le claveau du dit porche. Il est mentionné : 1668 (le 8 sous forme de X)  R. Bor Marchand. Le R représenterait le prénom Robert d'après le propriétaire actuel.
D'après l'inventaire du CPIE il y aurait écrit 1663.R.EOR.MARCH AN I.

Ossen domec
Maison d'Ossen, armoirie à droite du pilier d'entrée. Photo J. Omnès

Autres ouvertures

Ossen ouverture   Ossen autre  fenetre 3

 
                                                                        
                                                               
                                                                     SÉGUS

 

Les maisons nobles

La Maison noble de la rue Labasse. Maison de notables des XVe-XVIe siècles, appelée château de Ségus ou maison Capdevielle. C’est une propriété privée. Elle possède une belle porte d’entrée en ogive permettant d’accéder à la remise et à l'étage par un escalier extérieur. Celui-ci est éclairé par des fenêtres à linteaux en accolade. Ce dernier comporte toujours cheminée, évier, placard mural, et une belle fenêtre géminée avec coussièges du XVe siècle. La loge à cochons se trouve sous l’escalier. De la rue, on peut apercevoir en réemploi sur la façade, un chapiteau roman très proche de celui de l’église : sirène au miroir, serpent et poisson sur une face, et bovidé avec sa cloche, sur l’autre. Cette maison, vu son intérêt historique et architectural, mériterait une restauration minutieuse.

 
Façade de la maison noble. Photo J. Omnès                                                       

 
Détail maison noble de Ségus. Photo J. Omnès





Arrière de la maison noble. Photo J. Omnès


Ségus maison
Sirène (Mélusine) au serpent



Ségus4 1    Ségus 1
Bouche à feu   ?                                                                                                                  

Segus 6 3

La maison en face


Ségus2          Ségus4 2
Maison voisine

Ségus 6            
                                                                                                            

La maison Couture : sur le bord de la carrere Longue (côté Omex), belle fenêtre à meneaux de type XVIe-XVIIe siècles, sur une maison de famille du XIXe siècle. Elle semble en réemploi, mais venant d'où ? Le propriétaire contacté l'ignore. Elle semble bien récente. Un détail : les coquilles Saint -Jacques au bas des jambages.                                            

Ségus Couture2    

Omex 2                                            


                                                    

                                                                                                                                                                                                    VIGER                                                                               

Le village abritait jadis le château du seigneur des lieux, qui au XVIIIe siècle, n'était autre que Despourrins. Cyprien Despourrins acheta en 1746, la seigneurie du village à Dominique d'Asson.
Il restait, il y a peu, des traces de tour. Un porche détruit permettait d'accéder à la cour depuis un escalier à flanc de colline. La clé de voute portait la date de 1760. Le propriétaire actuel du site (appelé maison Prat), Albert Abadie a trouvé un certain nombre de poteries lors de l'aménagement de sa pelouse. Sa maison possède des portes sculptées modernes qu'il a réalisées lui-même.  Sculpteur sur bois, monsieur Abadie a aussi réalisé l'autel de l'église. La grange en face a été restaurée en habitation (gîte) En face, de l'autre côté de la rue, belles fenêtres Renaissance, probablement en réemploi et venant peut-être du château disparu.


Viger château                maison Prat      

Emplacement sur la butte du château du seigneur de Viger. La maison qui jouxte ce terrain et appartenant à Albert Abadie,  a comme dénomination la Maison Prat. Sur la photo de droite, le terrain de l'ancien château est à droite de la maison. Photos J. Omnès

Viger meurtrière  Viger fenêtre Viger sortie évier 
En face, curieuses fenêtres fin Renaissance, de par leur forme.  Elles proviennent probablement du château Despourrins                                                                                                             A droite : sortie d'évier de la maison Prat

                                        


 

Canton de Lourdes-Est (Baronnie des Angles-Castelloubon)
 
Antalos, Arcizac-ez-Angles, Berberust, Gazost, Lias, Ger, Geu, Julos, Juncalas, Les Angles, Lugagnan, Lézignan, Ourdis-Cotdoussan, 

                                                                       ANTALOS

L’abbaye laïque.
Ce hameau de Saint-Créac devait,  pensions-nous,  posséder une chapelle. Sur les cartes Cassini est indiqué un bâtiment représentant un hameau, sans chapelle, ni église, mais les chapelles n’y sont pas toutes référencées.  Aucun document familial ne fait référence à un baptême à Antalos. Aussi, il a fallu trouver une autre source d’information. La recherche est partie d’une mention d’une abbaye laïque d’Antalos dans le dictionnaire des familles françaises anciennes ou nobles du XIXe siècle, volume 14. Nous apprenons que cette abbaye entra dans l’escarcelle de la famille Dufourc (de Duffourcq (1), vieille famille noble de Bigorre de Pouyastruc, lors du mariage d’un de ses membres, Anné de Dufourc avec l’héritière de ladite abbaye, Muniguette Peyregne. Le  mariage  date probablement de 1715-1716. 
Grâce au linteau de la porte de la maison trouvée, nous savons qu’en 1757, elle appartenait à Antoine Dufourc (avec un seul f), fils du couple. Le linteau mentionne JESUS MARIA SPES NOSTRA ANTOINE DUFOURC IHS LAN  1757. D'après l'un des descendants de la branche de Bun, il s'agirait peut-être de la date de reconstruction ou de réaménagement de l'abbaye laïque, pour être mise au goût du jour, car elle ne représente aucune date habituelle (mariage, décès, baptême). Des caractères avant et après le nom ont été bûchés  à la Révolution, il y avait à gauche noble et à droite écuyer. Antoine n'a pas eu d'héritier. Après 1818, la maison s’appelait Grésillon.  Elle a été vendue en octobre 2018,  à  Eric G. Les fenêtres à accolade du XVIe siècle et le porche de la grange au-dessous, grange Dusserm, viendraient de l’abbaye laïque qui  a été "rabotée" sur le côté droit, pour faire place à la nouvelle entrée du jardin  et auraient été utilisées en réemploi après la rénovation de 1757. C’est une supposition assez étayée en attendant confirmation. À l'intérieur de l'honorable maison, il ne reste qu'une très belle porte de placard XVIIIe siècle. Nous savons par J. Bourdette que Dufourc  d'Antalos était encore abbé lay en 1789 et avait représenté la noblesse  pour l'élabortion du cahier des doléances et l'élection des députés pour les Etats Généraux.

Certains auteurs pensent que la maison de Peyregne, épouse d’Ainée Dufourc serait celle au-dessus appelée maison Laffon. Le couple des enfants de Peyregne aurait aménagé plus bas en 1757 ? L’information est à creuser.

 


Antalos Maison Laffont                                            Maison Laffon, ex Peyregne ?
Laffon antalos  Le chanoine a vécu dans la maison Laffon, stèle du cimetière de Saint-Créac.

Antalos  Antalos placard
Dessous maison Dufourc et sa plaque

 

Antalos 2
Antalos 6  Antalos 5
Antaos 4  
Grange Dusserm avec les probables ouvertures de la maison Dufourc lors des rénovations en 1757.
antalos Arme des Dufourc d'Antalos

 

 Les propriétaires au XVIIIe siècle :

 

 

Anné Duffourc de Piemontois (1685-1743) a épousé vers 1715-16 Domengea dite Muniguette Peyregne d’Antalos,  héritière de l’abbaye laïque du hameau éponyme. Ainé viendrait de la famille Dufourc (de Duffourc) originaire de Pouyastruc et installée à Bours. 
Ils auront en 1717, un fils Antoine, dit sieur d’Antalos et d’Anthan après son mariage avec Marie d’Anthan (1720-1780).

 

 

 

Le couple aura un fils Etienne Du(f)fourc (1744-1818), sans descendance. Après cette date, ce sera la famille Dufourc de Bun qui gèrera les titres nobiliaires.
Les Duf(f)ourc ont représenté la noblesse aux Etats de Bigorre de Bigorre, et en 1789 choisi les députés pour les États Généraux (J. Bourdette, page 191, Annales de Bigorre) 

(1)  L’orthographe du nom est assez mouvante. La Révolution est passée par là, la particule saute et le nom prend parfois un f parfois deux.

 



                                                                       
                                                                  ARCIZAC-ES-ANGLES


Un des premiers villages sur la route de la vallée de Castelloubon en venant de Lourdes. Ruines d'un château du XIVe siècle.

 



                                                           BERBERUST-(LIAS)

Présence d'une maison d'un abbé laïque mentionnée  dans l'inventaire de 1783.
Berberust Band B
Berberust 2 Band B
A côté de l'abbaye laïque, présence d'une grange aux ouvertures anciennes, probablement du XVIIe siècle qui laisse supposer que s'était jadis une maison d'habitation. Dans la rue, curieux pilastre à la fleur de lis. La partie basse semble avoir été bûchée. L'abbé lay du village représentait les nobles aux États de Bigorre (1).
(1) Bourdette, les annales 1692, page 400

Berberust  Berberust ferme berberust 4

 



                                                                                                 
                                                                                 GAZOST

 

Gazost maison ancienne        Gazost date

Étonnante maison du XVIIe siècle, dite maison Lahoun avec de nombreux éléments d'époque. Pierre au-dessus du linteau, marquée 1613 ou 1617 surmonté d'une croix. Probable abbaye laïque. L'abbé lay du village représentait la noblesse aux Etats de Bigorre (1). Nous n'avons pour l'instant, aucun document sur ce bâtiment qui sert de grange.  Sauf que l'inventaire du C.P.I.E. 2000, mentionne que cette maison aurait servi de prison. Les propriétaires actuels habitent maintenant une maison moderne dans le village.

(1) Les Annales de Bigorre, 1692, page 400.


Gazost entrée 2      Gazost entrée 3

Gazost fenêtre 2
               
Fenêtre géminée du XVIIe siècle.

 




                                                                                GER

Ger 1 Ger 2
Maison Pradas qui aurait été surélevée avec les pierres du castera qui devait se trouver sur la colline
à l'arrière gauche. Propriété privée. Photos J. Omnès

Ger 4
Ger le Castera
Les parchemins détenus par les vendeurs ne concernent pas cette propriété

Ger 5
Parchemins du XVIIe siècle 
Ger 7 Ger6


      

                                                                 GEU
 

Le Castel Jaloux

Castel Gelos ou Castel Jaloux construit sur un piton rocheux de 100 m, dominant la vallée d’Argelès permettait de contrôler la région du Lavedan. On accède aux ruines par le chemin qui part de l'arrière de l’église Saint-Martin.

Ce que l’on voit sont les restes d’un château fort du XIVe siècle construit probablement sur l’emplacement d’un ancien château du XIIe siècle, le Livre Vert de Bénac évoque en 1156 un « senhor » de Geu.

Histoire
C’est certainement l’un des plus vastes châteaux de la région, mais aussi l’un des plus endommagés. Il appartenait à un fils puîné du vicomte de Lavedan. Il fut occupé de 1373 à 1404, par le parti anglais dont en 1384 avec Jean de Béarn, alors gouverneur du château de Lourdes et sénéchal du roi d’Angleterre. Sa reprise en 1404 par Jean de Bourbon, comte de Clermont, permis au vicomte Arnauton (Arnaout) du Lavedan, sénéchal de la Bigorre seigneur de Castelloubon de reprendre son bien. Mais il  l’abandonna rapidement si bien qu’il tomba en ruine, sans oublier que lors de leur départ les Anglais avaient pris le soin de le démanteler pour le rendre inutilisable. Il ne fut jamais restauré. Une restauration fut bien  envisagée en 1593, par le vicomte du Lavedan, Jean-Jacques de Bourbon Lavedan, mais les habitants du cru s’y opposèrent, les armes à la main. Ils démolirent les premiers murets et jetèrent les matériaux de construction dans le vide.

Les trois séismes qui suivirent en 1660, 1751 et 1752 précipitèrent sa destruction

Les bâtiments
L'approche se fait par niveaux successifs. Au Sud, la première terrasse franchie, on ne pouvait accéder à la seconde sur le flanc Est du château, qu'en traversant un fossé de 2 m de large. Puis la montée s'effectuait par une rampe. La crête était ceinturée par une enceinte de 130 mètres de long sur 15 m de large doublé au Nord-Est par un éperon rocheux. Le dernier relevé date de 1866, il a été fait par Anthyme Saint-Paul, il en a même réalisé un plan édité dans Bulletin monumental, 1867. De nos jours, il reste vraiment peu de chose de cet ancien et puissant castel. Le dernier élément conservé en élévation est la porte d’entrée voûtée en plein cintre de 3 m de haut et de 1, 30 m de large (P sur le plan). Elle est encadrée par deux contreforts imposants de plus de 8 m de haut, fermée par une barre coulissante. Cette porte surmontée d’une fenêtre à coussiège donnait accès à la première enceinte  qui protégeait le donjon (N sur le plan).


Château de Geu
                                        
 
chateau de Geu





























 
Ruines du château de Geu sur le piton. À ses pieds, carrières. Photo J. Omnès.  Ce qu' il  reste en 2015. 





















Petite histoire

Ce château n’ayant pas, semble-t-il, de puits, une fois par semaine, toutes les femmes valides du village, afin de maintenir la citerne pleine, avaient pour corvée de monter une cruche pleine d’eau puisée dans le gave proche.

château de Geu

Plan 1867 d'Anthyme Saint-Paul  
Gelos
Gravure de E. Sadoux pour Pyrénées françaises de Paul Perret,1881.

Geu Gustave Doré                                         Vu par Gustave Doré


Geu chateau Geu château 3
Photos J. Omnès, prises en 2017

Geu château 2
Geu chateau 7  
                       Premier rempart. Photo J. Omnès



Maisons nobles
Le village abrite trois  maisons anciennes qui méritent une attention particulière : la maison dite de la colonie, le domec,  qu'une légende a transformé  en prison et le prieuré derrière l'église.En dehors de ces bâtiments, on remarque la présence de plusieurs fenêtres et éléments de style bas médiéval dont la plus remarquable se trouve sur la façade rue d'une grange transformée en résidence. Bien qu'abritant deux fenêtres  anciennes avec arcs en accolade, la fenêtre principale, de très belle facture ressemble étonnanment à celle exposée au musée d'Aucun. On reste assez dubitatif d'un tel chef d'oeuvre sur une simple grange. Il se dit localement que c'est une copie vu son état parfait. Copie de celle d'Aucun ? Mais au prix du tailleur de pierre ce serait assez étonnant  de la réaliser pour une grange. Le mystère demeure. Les autres fenêtres pourraient provenir de l'ancien chateau Gelos, mais nous n'avons aucun texte sur le sujet.

Première maison dite la Colonie :

Geu maison a penau 2 Geu maison a penau detail

Maison à penaus, dont la porte est marquée MA  HSI R 1606, en fait ce devrait être IHS (Marie- Jésus sauveur des hommes) suivi de la première lettre du propriétaire R. La fenêtre était géminée, on voit le départ de la colonne derrière le volet. Cette propriété probable abbaye laïque (1), appartenait à un prêtre girondin au nom de Galice, il accueillait des jeunes en insertion sociale en leur apprenant des rudiments de travaux du bâtiment. Le site est devenu une colonie de vacances.
(1) l'abbé lay du village représentait la noblesse aux États de Bigorre. Les Annales de1692, page 400. 


Seconde maison dite Le Prieuré. Propriété du prêtre girondin Galice, elle pourrait être l'ancienne abbaye laïque, du fait de la qualité de son architecture et de sa proximité avec l'église.  D'origine médiévale, mais en mauvais état , elle a été, à la demande de l'Architecte des Bâtiments de France, détruite, puis remontée pierre par pierre (1). Elle possède encore de beaux restes. Un escalier de pierre extérieur accède à l'étage.  Encadrement de pierre avec linteau mouluré en arc en accolade. Fenêtre du XVIIe datée 1633 avec les initiales du propriétaire. Présence d'un corbeau en façade et dans le jardin d'une meule dormante de moulin employée comme dessus de table. Four à pain saillant sur la façade ouest.(1) Inventaire C.P.I.E. 2000.

               
Geu maison             
                         Elle possède un balcon-galerie sur le pignon sud. Photos J. Omnès

Geu escalier 
                                                                        

Geu maison 21

Fenêtre XVIIe siècle, en façade, marqué sur le linteau 1633  et I.DVDVV. (?)




Geu détail    Geu maison 2

Corbeau sculpté de soutènement. Photos J. Omnès
Geu maison
                                                                                              Four à pain

Troisième maison
L'ancien domec, qui aurait servi de prison. Il s'agit semble t'il  d'une histoire légendée tirée d'un ouvrage de Monsieur Tamboise, auteur local : Arnaout. Peu de chose visible, car la façade principale est occutée par une maison construite contre son  mur.

Geu Doumec                                  Le doumec (maison noble)  derrière la maison aux volets bleus. Photo J. Omnès


L'ancienne grange à la superbe fenêtre Renaiisance

Geu maison noble 2


Geu fenetre detail3 2

Geu fenetre detail2 1



GeuAucun
Fenêtre d'Aucun déssinée par l'instituteur du village lors de sa monographie (1887)

Geu  Morceau d ela dte fenêtre au musée d'Aucun


Quelques réutilisation de pierres nobles  :

Geu fenetre3  Geu 2

                     Geu fenetre5



Geu fenetre7 Etonnante utilisation en linteau d'une colonne Renaissance de fenêtre géminée. Photos J. Omnès

SoupirailGeu 6

                                              Soupirail


 

 

                                                               JULOS

Le castera

Il s'agit d'un des sites défensifs les plus anciens de la région dont il ne reste pratiquement plus rien. Il s'agit du Castera ou Camp de César : tout en haut du défilé du Monge, point élevé (565 m) dominant l’entrée nord de Lourdes (420 m) avec aménagements apparents. Un fossé le protégeait sur plusieurs centaines de mètres de long. On pense qu’au Xe siècle un édifice se trouvait au sommet. Il devait servir de guet pour le château fort de Lourdes. La plate-forme a été entamée à l’ouest par des fouilles au XIXe siècle. On y a trouvé des tombes médiévales et des armes. Elle servait jadis pour les feux de la Saint-Jean.



                                                                 JUNCALAS 

Maison de la vallée


Le village servit, d’après certains auteurs, de résidence aux comtes de Bigorre. Les terribles tremblements de terre de 1750 et 1854 ont effacé toute trace ancienne. Mais la communauté des communes (13 communes) a réalisé, en mémoire du passé des comtes de Bigorre, une maison à l’allure médiévale. Cette « maison de la Vallée de Castelloubon » annoncée par une fière tour de pierre a été construite en 1994.

Ce castel symbolique avec ses annexes : salle communale, bibliothèque et restaurant affiche deux grands plans de la vallée pour les visiteurs. Parking, toilettes, ainsi qu’un monument aux morts commun pour toute la vallée.


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Maison de la vallée Castelloubon.


 

                                                           LES ANGLES

Le château 

Son nom viendrait du latin angulus (angle ou terre en forme de coin) et non de l’occupation anglaise, comme certains l’affirment à tort. Ce village s’appelait les Angles (Angulis, Ancles, ou Incles) dès 1110, soit plus de deux siècles avant l’occupation anglaise. Les Angles faisait partie des plus anciennes baronnies du comté. Certains auteurs la font remonter au IXe siècle. Jean Bourdette pensait qu’elle était contemporaine de la création du comté même. Les Angles était le siège d’un archidiaconé qui recouvrait dix-sept paroisses.

L’enquête de Bigorre faite en 1300, par ordre de Philippe le Bel, dans l’affaire de la succession de Pétronille, énumère les barons au nombre de neuf. Elle place le baron des Angles au 5e rang.

Le château est situé sur un mamelon boisé. Il avait jadis un plan polygonal, proche du triangle. La tour, gros donjon cylindrique, a été construite vers 1300 par une des plus anciennes familles de la noblesse bigourdane. Elle était composée de trois niveaux : un rez- de chaussée éclairé par des meurtrières, un étage composé d’une grande salle percée de hautes fenêtres, un second étage en retrait et un dernier étage sous comble qui desservait le chemin de ronde crénelé. On pense communément que dès 1100, devaient se trouver sur cette colline certaines fortifications faites de bois. Le château a été échangé en 1310, contre trois possessions dans le Gers. En 1360, par le traité de Brétigny, il est devenu anglais jusqu’à sa reprise par le parti français en 1404.

En ruine depuis des siècles, il a été sauvé vers 1980, par son actuel propriétaire, après rachat à la commune, avec la gageure de transformer un « tas de cailloux » en habitation moderne. Cette résidence principale a été complétée en 2006, par l’aménagement de la tour-porte carrée, en gîte touristique de prestige.

La route d’accès actuelle est récente ; on parvenait jadis au château, depuis le village, par un chemin escarpé. Du château fort d’origine, il reste quelques longueurs de la seconde enceinte avec une fenêtre ruinée, la tour- porte carrée et le gros donjon rond sur motte : massif avec ses près de 10 m de large et 12 m de haut.

Jadis le château était entouré d’une enceinte totalement disparue et qui était séparée du fort par un large fossé.

Très délabré par le temps et les hommes, avec ses niveaux planchéiés, il possédait en 1980 encore de rares conduits de latrines dans l’épaisseur des murs, une cheminée engagée, des fenêtres à deux coussièges et une partie de sa couronne de doubles corbeaux.

La plupart des ouvertures modernes et des commodités ont été installées par l’architecte des M.H., dans la reconstruction des parties manquantes de la tour. Tout cet ensemble défensif était protégé par de profonds fossés secs, toujours visibles. L’été, ce château abrite des expositions artistiques. Le lieu classé Site inscrit en 1943, est ouvert au public pour les Journées du Patrimoine. L’accès est bien indiqué par la D.D.E.

Gîte de caractère : aménagé dans la tour-porte du château. Grand standing pour deux personnes. Réservation et renseignements Monsieur et madame Cernaix :  05-62-42-93-63. Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser." abp="1721">Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

 

chateau angles   Les Angles    
Les Angles, le château, au fond le donjon, à droite le gîte. Photo J. Omnès

Angles 2

Angles 3














Vue du chemin d'Arrodets. Photos J. Omnès



Les Angles
Vue d'Artigues dans le brouillard


                                                                           LEZIGNAN 
                         
                                               
L'existence d'une abbaye laïque "abbadia S. Petri de Lesinhaä" est citée dans le Verd de Bénac ou Censier de Castelloubon en 1405. Elle est rappelée dans l’inventaire épiscopal de 1783. Ancien presbytère de Lézignan, l’abbadia est devenue école du regroupement scolaire de la communauté de communes de la Baronnie des Angles. Elle jouxte l'église paroissiale.    
                                                        


220px Ecole de Lezignan2

   


                                                                                LUGAGNAN

Manoir du XIXe siècle, sur les hauteurs de la route qui mène à Jer en venant de Lourdes. Ensemble avec corps de logis à un étage.
L'élévation principale possède cinq travées avec une porte centrale à double vantail surmontée d'un balcon. La toiture à la Mansart est décorée de trois  lucarnes alternant deux oeils- de- boeuf ouverts sur le brisis.
À l'intérieur, beau départ d'escalier sculpté.

Chateau Lugagnan

 


    Chateau Lugagnan3
Vue sur les Pyrénées

Chateau Lugagnan6                                                          Rampe d'escalier sculpté                                               



                                                       
      OURDIS-COTDOUSSAN

Situé après Cheust. Le site servit de fief aux premiers vicomtes du Lavedan. En 945, Donat Loup installa son château sur une éminence dominant plusieurs vallées : le Castelloubon. Il est mentionné pour la première fois comme "castrum lupi" le château des loups en 1106, dans le cartulaire des vicomtes du Lavedan ou livre Vert de Bénac. Une polémique est née à propos de l’origine de ce nom. Désigne-t-il le château du bon vicomte : castel lou bou (castel le bon), ou le château des Loup (nom de famille du vicomte)  ? Bons ou méchants, il reste toujours les ruines (très ruinées) du château, en haut (tout en haut) du village de Cotdoussan. Dégradé par un séisme en 1660, il sera abandonné peu après. Il avait cependant été déjà délaissé au XIIe siècle, par les dits vicomtes, pour le château de Beaucens. Il était ruiné au XVIIIe siècle, mais un acte notarié de1615, suite à un inventaire de juin 1613, nous offre un descriptif précis
Descriptif de structure pyramidale à trois niveaux, les différentes compositions étaient adaptées au terrain. Au sommet se dressait le donjon barlong, deux enceintes le protégeaient. Chaque enceinte était flanquée d'une tour ronde en saillie
Les bâtiments étaient composés de deux corps de logis ; celui de l'ouest abritait trois chambres "à deux planchers",  et celui de l'est, appelé Ventajou, deux chambres. Entre les deux, se trouvait le donjon, une citerne et une chapelle voûtée. La première enceinte en contrebas protégeait deux chais, l'autre enceinte à 30 m environ, des petits logis accrochés aux pentes.
L'édifice était assez complexe car il servait de forteresse et de résidence seigneuriale. Le donjon a été pratiquement arasé, et la tour cylindrique dont nous voyons les restes est l'une des deux tours circulaires du rempart. Anthyme Saint-Paul, en 1866, a réalisé un descriptif, illustré d’un plan (Bulletin monumental, 1867).
Une visite nécessite l'accord du propriétaire, car il s'agit d'une propriété privé et l'accompagnement d'un guide connaissant bien le site, car vu le nombre de fossés, de trous et de falaises l'accession est assez dangereuse surtout que la vue est souvent occultée par nombre de buissons de buis.
Il reste encore quelques murs épars, dont celui de la chapelle, de la tour d'angle, du donjon (la basse fosse).



castelloubon 001
                                                                                                    Plan d'après A. Saint-Paul, 1866.



Cotdoussan vue sur village
Vue sur le village à partir des  premiers remparts

Cotdoussan tour   Cotdoussan entrée
Fond de la tour barlongue et à droite l'entrée. Photo J.Omnès
Cotdoussan chapelle
Mur de la chapelle.

Cotdoussan Intérieur de la tour   Cotdoussan tour ouest
Cul de basse fosse du donjon,                                                                          Ruines tour ouest
Cotdossan St Jacques
Vue sur le chemin de Saint-Jacques

Le village était situé sur un chemin de Compostelle.
Le dernier vicomte du Lavedan s’est éteint avec la famille de Rohan, à la fin du XVIIIe siècle. En vous dirigeant vers le château, vous pourrez rencontrer dans la maison, à côté de l’église, un personnage bien pittoresque : Armand, mémoire du village, il se fera un plaisir de vous narrer les aventures de la forteresse.

La légende de Castelloubon

Sous les ruines, sur la falaise Nord, se trouve une étroite galerie naturelle remontante de près de 25 m de long, modifiée par l’homme à certains endroits. La légende l’a transformée en caverne profonde remplie d’or.  Voir le dossier Patrimoine oral, les légendes.

Je n’ai hélas, conservé aucune photo du site.
Castelloubon   Les ruines du château se trouvent au sommet de ce mamelon. Photo prise de Cheust. Photo J. Omnès

 


 

Canton de Saint-Pé-de-Bigorre


                                                             PEYROUSE

Bastide de Peyrouse

Il ne s'agit pas ici d'un château mais d'un village édifié au Moyen Age.

Tout le monde est d’accord pour voir dans ce nom le gascon Peirosa : terre pierreuse. Michel Grosclaude nous rappelle que c’est ainsi que la commune est citée en 1308. Les dites pierres sont en fait les nombreux blocs de granit formant les épandages morainiques. Peyrouse est une bastide formée en 1308 par le sénéchal de Bigorre, Pierre de Crozes (ou Pey de Cros), afin de désengorger la surpopulation du Pays Toy. Les bastides dans le Sud-Ouest de la France étaient à partir du XIVe siècle, des villes nouvelles fortifiées, au plan quadrangulaire, réalisées dans des buts militaires ou politiques. Les efforts faits par le sénéchal furent un échec. Les montagnards récalcitrants restèrent en majorité chez eux ; le manque d’eau aurait été une des principales raisons. Peyrouse resta un modeste village. Jean de Mauquenchy essaya de continuer l’œuvre de son prédécesseur, en vain. Par contre de nombreux Cagots ou Crestias y avaient trouvé refuge dès le XIIIe siècle. Peyrouse était au XIXe siècle un centre de fabrication de peignes et d’objets en buis ; de ce buis qui pousse dans les massifs calcaires environnants. De la bastide il ne resterait que des fondations d'une tour au lieu-dit Crozes sur le terrain de camping. Nous ne les avons pas trouvées.

                                                                                    SAINT-PÉ-DE-BIGORRE


St Pé Maison Bayo  St Pé détail

 La maison du capitaine Bayo, rue principale à Saint-Pé. Belle demeure Renaissance avec ses fenêtres en larmiers décorés de petites sculptures, dont celle de droite qui représente une tête d'homme surmontée de celle d'un chien. À gauche, elle est surmontée par une tête de bovin. La façade est classée. Le capitaine Bayo fut tué par les troupes huguenotes en 1570, lors du siège de Tarbes.



Maison Lias.

Maison médiévale de 1250 reconstruite en 1653 après l'achat par le père du premier maire de la cité (1692), Guillaume Lias à la famille For-Mysette. La façade principale du XVIIe siècle nous offre une très belle porte dont le linteau est surmonté d’une pierre gravée indiquant : domingo factum est istud per Guilhemun Lias, anno domini, 1653. La partie la plus ancienne se trouve dans la cour avec la tour escalier du XIIIe siècle et sa belle porte et à l’arrière avec ses façades des XVe et XVIe siècles hélas en mauvais état. Le bâtiment était desservi initialement par l’escalier de la tour restaurée qui servait de clocher, la cloche est toujours présente, et de pigeonnier avec de nombreux boulins. A l’intérieur du corps principal du bâtiment un très bel escalier de 1650 à balustres dessert aussi tous les étages. Nombreuses portes aux linteaux en arc en accolade et fenêtre à croisées.

Propriété depuis une dizaine d’années de la commune, son nom actuel est école primaire Sainte-Elisabeth. Jadis elle était dirigée avec un pensionnat par les soeurs de la Croix et abritait un musée d’instruments et outillages ruraux dont certains éléments se trouvent à la Maison carrée de Nay.



St Pé maison Lias

St Pé 5                                           Façade arrière XVe-XVIe siècles à restaurer 


St Pé fenêtres 7
                           Façade arrière. Photo J. Omnès

St Pé 13

Escalier XVIIIe siècle de l'intérieur

St Pé 1 2                                                                                      Départ de l'escalier. Photo J. Omnès





St Pé Eisabeth St Pé tour 6


St Pé escalier 5  St Pe 2
L'escalier de la tour. Photo J. Omnès

St Pé escalier 8  

Escalier de la tour. Photo J. Omnes

St Pé porte 4 2
Porte dans la tour. A gauche de la fleur de lys, il y a une seconde tête stylisée. Elles ressemblent aux têtes du porche de l'église de Salles. Photo J. Omnès





St Pé Mairie                                                                     Mairie, ancienne maison du général Vergez


St Pe Vergez
Mairie et à gauche office de tourisme. La mairie est la maison du général napoléonien Vergez. Le bâtiment, au niveau des combles possède des fenêtres à meneaux du XVIIème siècle. Les autres ouvertures ont été refaites au XVIIIème siècle. Ce n’est qu’en 1913 que la Mairie y est installée. Auparavant, le bâtiment abritait la gendarmerie, après avoir été la maison natale du Général et Baron d’Empire Jean-Marie Vergez. Ce dernier, héros des guerres de la Révolution et de l’Empire s’est illustré en arrêtant Charette,  le chef des Chouans.

St Pé mairie 2  St Pé mairie
Arrière XVIIe siècle de la maison du général ; la cheminée au premier étage.


St Pé cheminéeLa cheminée qui a été supprimée lors de la rénovation.

St Pé  Saint Pé  6
                      Fenêtres XVIe siècle, à l'arrière de l'Office de tourisme. Photos J. Omnès



La Tour Péninolle

À Saint- Pé, au sommet du quartier Génères, quartier d’origine du village, se trouve sur le turon le long du cami calhabet, chemin du tas de cailloux,  une tour barlongue de pierre. D’après la revue Pyrénées 48, de 1986, la motte aurait été fortifiée et un fort permettait de contrôler les passages, le long du Gave. Si cette tour a pour nom « tour Péninolle », nous avons un certain doute sur son origine médiévale. Aucune pierre de tuf, meurtrière, encadrement ancien, si ce n'est semble-t-il, autour de la pierre décorative récente sur la façade principale.  Jusqu’à preuve du contraire.

St Pe fort 1  St Pe fort 2
Tour Péninolle. Photo J. Omnès

 


 

Canton d 'Argelès-Gazost

                                                                 ADAST

Le château de Miramont
Le Château (de) Miramont: du XVIIIe siècle a été remodelé au XIXe. Il fut habité au XVIIIe siècle, par le poète Cyprien Despourrin(s), syndic de la noblesse et subdélégué de l' Intendant d'Etigny. C’est lui qui transforma l’ancienne et austère demeure médiévale de Mansion Loup, premier vicomte du Lavedan (910-940), en agréable demeure aux larges pièces et grandes ouvertures.
D'après Jean Bourdette, cette demeure abrita successivement les familles nobles des Beaucens au XIIIe siècle, les Miramont de 1300 à 1474, les Serres de 1474 à 1505, les d'Antist de 1505 à 1662, les Lamarque de 1662 à 1686, les Caubotte de 1686 à 1698 et les Despourrins de 1698 jusqu'à 1840. 
Vendu par la famille Despourrin(s) en 1840, suite à une liquidation judiciaire, à un habitant de Sazos, F.-A. Boïldieu (1775-1834) a, avant celle-ci, l'intention d'y organiser une "ferme artistique" à l'intention des créateurs nécessiteux (1). Il devient en dernier lieu, propriété de Joseph Crampes, plus connu sous le nom de Jacques Chancel. On l’aperçoit très bien de l’église du village, au milieu de son écrin de verdure, sur la colline qui longe la route qui mène à Saint-Savin. Propriété privée, il ne se visite que lors des journées du patrimoine. Après le décès en 2015 de Jacques Chancel, il sera probablement  remis à une association caritative. Jacques Chancel a été inhumé dans la chapelle de la propriété, la grange que l'on voit au premier plan à gauche.

Miramont

 (1) Information dans Hommes et femmes célèbres des H-P de Christian Crabot et Jacques Longué, éditions Bonneton, 1994.


Miramont
                             Vue de la route de Pierrefitte-Adast. Photo J. Omnès

Les différents propriétaires         

Adast le château de Miramont est occupé
- A l’origine par les vicomtes du Lavedan
- Puis par la famille des Lavedan de Beaucens, avec
Arnaud de Lavedan, dit d’Aragon de 1145 jusqu’en 1340, avec Arnaud III de Lavedan.
- Vient ensuite la famille de Miramont, avec Guilhem 1er de Miramont jusqu’à Bancaflou de Miramont, fille de Ramon–Arnaut, qui, en 1480, avec son mariage avec  Serres change de famille.
- La famille de Serres avec
Jean-Aymeric de Serres, époux de Bancaflou, de 1480 à 1505.
- Pour passer à la famille d’Antist, par le mariage de Jeanne de Serres avec Jean 1er d’Antist en 1505, jusqu’en 1653 avec le mariage de Marie-Jaquéta d’Antist, fille de Gabriel II d’Antist avec François Gaston de Foix.- Famille de Foix avec Gaston de Foix en 1653, qui vend la maison au notaire d’Arrens, Pierre Lamarque en 1656.
- Famille Lamarque avec
Pierre Lamarque, pour passer à la famille de son petit-fils Dominique Caubotte en 1677.
- Famille Caubotte de Miramont jusqu’en 1692, quand Marie-Gabrielle Caubotte épouse Pierre Despourrin, abbé laïc d’Accous.
- Famille Despourrin (s) ou Despourri avec
Pierre Despourrin, époux de Gabrielle Caubotte de Miramont en 1692, jusqu’à Cyprien-Joseph qui décède dans le manoir en 1837. C’est Cyprien Despourrin, seigneur de Miramont de 1729-1759, qui donna au domaine, l’aspect actuel après d’importants travaux.
-Suite Divers

Vente du domaine par les héritiers Despourrin en 1840, à Abbadie Gay de Sazos.

Jean-François Calot d’Arrens, chirurgien à Berck et ses soeurs de 1906 à 1968 ou 70 (J-F décède dans le domaine en 1944)

Il devient propriété de Joseph Crampes (Jacques Chancel), animateur de télévision, en 1970-71 jusqu'à son décès en janvier 2015. J.Chancel sera inhumé dans la chapelle de la propriété qui se trouve à gauche sur la photo (grange).


 

                                                                         AGOS-VIDALOS

La "tour de Vidalos"

 La célébrité du lieu vient de sa tour rectangulaire que l’on aperçoit de la route, à gauche, perchée sur la colline (verrou glaciaire), en venant de Lourdes. Cette tour de 18 m de haut et de 6 mètres de côté est le dernier vestige d’un château construit en 1175 par le comte de Bigorre, vicomte de Marsan, Centulle III (dit Centot), pour défendre la vallée des incursions incessantes des pillards aragonais, basques ou navarrais. Il fut racheté au XIIIe siècle par Pétronille (Peyrona), comtesse de Bigorre qui le consolida, tandis que son petit-fils et héritier Esquivat de Chabanais favorisa vers 1257,  l’arrivée de nouveaux paysans par des avantages fiscaux, en échange de la protection des frontières. Cette position dominante a certainement été utilisée comme place de guet depuis des temps très anciens, avec communication par feux avec le donjon de Vieuzac, au sud et celui de Gélos (Geu), au nord.

On peut atteindre la plate-forme supérieure de la tour par un escalier métallique. Jadis l'accès se faisait au premier étage, face au gave, à six mètres de haut par une échelle mobile (entrée murée), accès défendu à l'étage supérieur, par une meurtrière et quelques mâchicoulis. Les murs sont assez épais (plus d'1m50), et les pièces des deux étages assez exiguës. Le rez-de-chaussée est aveugle. Ce niveau bas était un cul de basse-fosse (remise ou prison). La toiture n’était pas en terrasse, mais interne, à double pente, avec un écoulement des eaux à travers les murs, grâce à une série de trous (comme à la tour-porte de l’église de Luz). Cette tour était complétée par une enceinte, entièrement reconstruite en 1997 et quelques bâtiments rasés depuis fort longtemps. La commune en est aujourd’hui propriétaire. Elle a été en partie reconstruite de 1994 à 1997, après son effondrement en 1981, grâce à l’action énergique d’une association de sauvegarde. Très belle initiative, mais son aménagement, pour la visite libre du public, a dénaturé quelque peu son architecture. L'ensemble devait dans les premiers temps être entouré d'une palissade en bois qui a disparu. 



Agos 1993 3                                     La tour avant travaux novembre 1994. Pho
to J. Omnès
Très belle vue sur la vallée.









Château de Agos 

Tour de Vidalos et son rempart. Photo J.Omnès. À droite, cliché de Karl Superd, qui montre bien la position dominante dans la vallée d'Argelès, du château d'Agos

Vidalos3
Tracé des remparts vu du haut de la tour   

Victor Hugo, de passage dans la région en 1843, en a sorti un ouvrage intitulé Voyage dans les Pyrénées (1). Il y écrit entre autres … Chaque articulation des vallées avait son château qui apercevait les deux châteaux des deux vallées voisines et correspondait avec eux par des feux […]

Le donjon de Lourdes voyait les trois tourelles du château de Pau (2) qui apercevait la tour carrée de Vidalos, laquelle pouvait communiquer par des signaux avec l’antique Castrum Emihanum bâti par les Romains et relevé par Charlemagne sur la colline de Saint-Savin, qui se rattachait à travers les montagnes à la forteresse féodale de Beaucens. Les signaux s’enfonçaient ainsi de tour en tour de la vallée de Luz jusqu’au château de Sainte Marie dans la vallée de Gavarnie jusqu’à la citadelle des Templiers (3). Les châtelains des Pyrénées comme les burgraves du Rhin s’avertissaient les uns les autres. En quelques heures les baillages étaient sur pied, la montagne était en feu. »

Il faut retenir de cette description un peu romancée que des feux sur les différentes tours des vallées jusqu’à Lourdes pouvaient prévenir en un temps très court, les invasions venant du Sud comme du Nord. Mon regretté ami Pierre Pène, avait à une époque envisagé de refaire l’expérience à partir de plusieurs tours. J’ignore ce qu’est devenu le projet.

Source : Les archives secrètes de Lourdes , Jean Omnès, éditions Privé, 2008, p. 278.

Les principaux propriétaires :
comte Centulle III à partir de 1175, vente à

Fortaner de Lavedan

Estiénéta (Etiennette) Bénétrix, fille de Centulle III et épouse de Bernat, comte de Comminges ( second époux).

Bernat et Comtors,  sa seconde épouse, fille du vicomte de la Barthe.

Bernat et Marie de Guilhem, sa troisième épouse, fille de Guilhem, seigneur de Montpellier en 1197.

Peyrona (Pétronille) fille de Bernat et d’Estiénéta, épouse de Gaston de Moncade de 1197 à 1215.
Peyrona épouse  de Don Nuno de 1215 à 1215.

Peyrona épouse de Guy de Montfort de 1216 à 1216

Peyrona épouse d’Aynard de Rancon de 1216 à 1225.

Peyrona épouse Boson de Mathas, seigneur de Cognac, de 1225 à 1239.
Matha,  fille de Boson de Mathas et de Peyrona, de 1239 à 1248.

Comte de Leycester de 1248 à 1257.

Bernat d’Aure d’Asté, chevalier d’Aragon et époux de Frigade de Lavedan.

Sénéchaux de Gascogne, avec séquestre en 1284 à 1429.

Sénéchaux de Bigorre de 1429 à 1778.

1933, inscription à l’inventaire des sites.

1994, restauration jusqu’en 1997.

1997, Propriété de la tour par la commune.

 

(1) Edité en 1910.
(2) Exagération bien romantique. Il est peu probable que de la tour de Vidalos ou de Lourdes on pouvait apercevoir des feux venant du château de Pau.
(3) J’imagine qu’il veut parler de l’ « hospitalet » des chevaliers de l’Ordre de Saint-Jean- de- Jérusalem (Ordre de Malte) édifié dans un creux et qui à mon avis ne devait pas être bien visible des autres forteresses aux alentours. A vérifier.


 

                                                          ARCIZANS-AVANT

Le château dit du Prince Noir 

 
Entrée château dit du Prince Noir. Photo J.Omnès


Château dit du Prince Noir. Photos J. Omnès

Ci-dessous plan du château par R. Ritter 
Château Arcizans-Avant


Ce château érigé au sommet d’une colline boisée à 634 m d’altitude était censé surveiller le passage entre Saint-Savin et le val d’Azun

Au donjon du XIIIe siècle (1286) sur trois étages (ruiné de nos jours), fut accolé vers 1500, un corps de logis divisé en deux compartiments carrés, terminés par un donjon carré et flanqué d’une tourelle à pans coupée au centre des deux façades. On entre de plain-pied par une porte gothique ornée de moulures prismatiques, dans la tourelle à pans coupés qui abrite l’escalier. De nombreuses fenêtres éclairent le château, les unes en ogive, les autres en plein-cintre. L’enceinte a disparu, mais elle est facilement repérable au bord des fossés.

Ce château a appartenu aux seigneurs d’Arcizans-Dabant depuis 1050 (cartulaire de Saint-Savin, jusqu’à la fin du XVe siècle, puis à différentes familles nobles, mais jamais à la couronne d’Angleterre. Son appellation « Prince Noir » est erronée. Comme tous les châteaux environnants, il était sous la suzeraineté du roi d’Angleterre depuis le Traité de Brétigny de 1360. Manaout, seigneur d’Arcizans, a rendu hommage en 1362, au fils ainé du roi d’Angleterre, Edouard de Woodstock (1330-1376), devenu prince d’Aquitaine. Cela n'empêche pas Paul Perret dans son ouvrage Les Pyrénées françaises (1881), d'attribuer sa construction aux Anglais (1360), d'où, selon lui son nom de château du Prince Noir. Abandonné en 1789 par la famille propriétaire, les bâtiments ont été inscrits à l’Inventaire des Sites en 1944. Le logis a été en partie reconstruit en 1972, avec des ouvertures (trop) modernes. Le sauvetage de cette ruine entre 1970 et 1972 est l’œuvre de la famille Doyen-Zwaempoed. Des propriétaires récents faisaient  chambres d’hôtes en 2004. Cette construction médiévale a été relativement protégée des pilleurs de pierre, car le parc a été utilisé un certain temps en camp de jeunesse. L’ensemble est plein d’intérêt, et la vue magnifique.

Pour ceux qui veulent en savoir plus : http://roger.roucolle.pagesperso-orange ... avant.html

Roger, originaire du pays, ancien membre des Bigourdans de Paris, est un passionné de généalogie.

      Arcizans5  

                                                                                                       
    

prince noir 3                            Vignette E. Sadoux, 1881 pour l'ouvrage de Paul Perret                                                                                                                

Les principaux propriétaires 

- La famille d’Arcizas

Bernat d’Arcizas ver 1050.

Arnaut Guilhem 1er d’Arcizas vers 1080.

Ramon Arnaut 1er d’Arcizas, de 1000 à 1114,

jusqu’à Manaut III dit Manautou d’Arcizas, fils de Ramon de 1459 à 1493.
Sa fille Louise

Arnaut -Guilhem de Majourau 18e seigneur d’Arcizas de 150à à 1530 (environ).

Bourtoumiéou de Majourau  de 1530 (environ)  à 1583.

Louise de Majourau, fille de Bourtoumiéou.

Elle épouse Georges de Castets.

- Famille Castets

Georges de Castets de 1583 à 1597 (environ).
Louise de Castets fille de Georges environ de 1597 à 1613.

Elle épouse Albiciade Le Blanc de Labatut qui vend la seigneurie à Antoine de Mont d’Uzer.

- Famille Mont d’Uzer

Antoine de Mont d’Uzer de 1614 (environ) à 1626.

Pierre- Jean–Auguste de Mont d’Uzer, fils d’Antoine de 1626 à 1660.

Jean-Antoine de Mont d’Uzer, fils de Pierre de 1660  à 1669 à

François de Mont d’Uzer qui vend la seigneurie à la famille Dallier en 1746.

- Famille Dallier

Joseph Balthazar Dallier de 1746 à 1767.

- Divers

Puis Jean-Louis de Berné de 1768 à 1770 (34e seigneur d’1Arxcizas).

Joseph de Rolland achète la seigneurie en 1772 qui revient à sa mort (1775) à son épouse Izabet Tounette de Mont d’Uzer.

- Famille de Mont d’Uzer

Izabet -Toinette de Mont d’Uzer et son nouveau mari, François-Xavier de Bélesta jusqu’en 1789. Le château est alors abandonné.

En 1902 Rémi Pahu achète la propriété

- Famille Anthian Sarbatx

Gabriel Anthian Sarbatx à partir de 1903.

Savin Anthian Sarbatx. Le château est abandonné. Les ruines sont achetées en 1970 par Doyen Zwaempoed. 

Dans le village, une maison noble

 Arcizans maison        Arcizans-Avant

 Maison noble du XVIIe siècle à la restauration à améliorer. Lampe sur le linteau et porte de cachet moderne ! Photos J. Omnès   

Arcizans avant    
Meurtrière probablement venant du château voisin. Grange face au bistrot Chez Pierrot. Photo J. Omnès                                                                                         


 

                                                                             ARGELÈS-GAZOST

Le Château d’Ourout.

Importante propriété privée (non visitable) appartenant à la famille du comte de Roquette-Buisson. Ancienne résidence des seigneurs du Doumec d’Ourout vassaux du comte de Bigorre, mentionnés en 1273, dans le livre vert de Bénac, c’est la même famille qui ‘occupe actuellement par transmission directe ou mariage, mais la première mention connue du château remonte à 1080. On peut l’apercevoir (difficilement) du bas de la ville, ou en montant la D918 (côte d’Arras) sur la gauche. Très rares visites libres lors de certaines journées du patrimoine. Un des seigneurs d’Ourout a été gouverneur du château de Lourdes entre 1649 et 1666. La propriété est le cœur de verdure de la ville haute. La tradition veut que le site, le soum d’Ourout, était occupé par un oppidum romain. En fait, il contrôlait la voie romaine d’Espagne. Il a toujours servi à la construction de forts. Durant la Révolution, les bâtiments ont servi de magasins.

Plusieurs hôtes de marque ont habité cette résidence, dont Henri Russel et le compositeur Gustave Fauré, ami de la grand -mère de Monsieur le comte Hugue. Il parait que le prince de Galles qui devait y passer ses vacances, n'a pu faire entrer sa calèche, tant elle était large et la rue d'accès étroite. Il a dû annuler ton séjour.

Les bâtiments

C’est un ensemble impressionnant des XIIe, XVIe et XIXe siècles, caché dans un superbe parc. Les traces de fondations que l’on découvre dans le parc près de la chapelle dont un socle octogonal bordé de quatre têtes humaines, datent, pense-t-on, du XIe ou XIIe siècle. Par contre, les murs du donjon carré, le plus ancien (et du corps de bâtiment central) fait de de moraines granitiques datent du haut Moyen Age : XIIe siècle. Très remanié avec ses 5 m de côté, il monte jusqu’à 20 m. Il garni de petites ouvertures rectangulaires et de meurtrières horizontales.

Les  deux autres tours carrées avec leurs fenêtres à meneaux, datent des XVe- XVIe siècles. L’une des tours abrite un escalier et est surmontée d’un hourdage avec meurtrières. Elles sont encastrées dans le corps du logis et ont été bien remaniés au XIXe siècle. Date de la même époque, la tour ronde avec des fentes de tir de mousquet, sans encadrement de pierre.

Au XIXe siècle aussi, on a percé quelques ouvertures ainsi que construit  une terrasse en premier étage, avec une vue face à la montagne. L’architecte était Jean-Jacques Latour.

Sur le linteau du portail d'entrée du parc le devise des d'Antin d'Ourout :" James arré"- Jamais ne recule. Ce portail n'existe plus, mais demeure l'inscription en gascon, au-dessus de la porte d'entrée du château.

D'après Bonnefon, nous devons noter :  « dans le parc, au sud de la tour ronde, une petite chapelle rectangulaire sans prétention. Elle est orientée Nord- Sud, juchée sur une petite dénivellation et on y accède par un étroit escalier. Elle est également construite en blocs de moraine parmi lesquels domine le granite. Un retable en bois doré provenant d'une chapelle démolie à Esquièze en est le plus bel ornement. Les fresques sur les murs sont inspirées des peintures de la voûte de la chapelle de N.-D. de Piétat, au sud de Saint- Savin. » Nous n’avons pu voir hélas l’intérieur de cette chapelle qui fait sans doute partie de la zone la plus ancienne du château.

Le parc

Le magnifique parc à l’anglaise, abrite arbres et bambous dont certains ont été plantés par Placide Massey (créateur et donateur du jardin Massey de Tarbes). Certains arbres, notamment les grands pins sylvestres et les épicéas, ont été plantés en même temps par Placide, que ceux qui ornaient les lacets descendant à la grotte à Lourdes dont il ne reste plus que quelques exemplaires. Dans le parc on peut apercevoir quelques traces d’enceinte fortifiées et une table d’orientation signée Ledormeur. L’ensemble constitué par le château, le parc et la chapelle est classé Monument historique depuis 1995.

Pour les fans de généalogie, la seigneurie d'Ourout a appartenu successivement, depuis 1080, aux familles suivantes :

• De 1080 à 1273  ?
• De 1273 Jusqu'en 1424 aux Ourout (senhor de Orod)
• De 1424 jusqu'en 1483 à la famille d'Arcizas
• De 1483 jusqu'en 1539 à la famille de Laneta
• De 1539 jusqu'en 1578 à la famille de Mayouraou
• De 1578 jusqu'en 1778 à la famille d'Antin
• De 1878 jusqu'en 1933 à la famille de Saint Pastous

Depuis cette date à la famille de Roquette-Buisson, à la suite du mariage de Marie de Saint Pastous avec Maxime, comte de Roquette-Buisson.


                             Château d'Ourout.

Ourout    Ourout tour ronde                                         
Carte postale ancienne                      Photo prise en juin 2015. La tour du XIXe est percée de meurtrières à mousquet factices (les petits trous visibles aux différents étages)
 
Ourout Ourout 2
Arrière du château, tour carré du haut Moyen Age, à l'extrême gauche début du toit terrasse. A droite le blason d'Ourout : l'ours surmonté d'une étoile. Blason qui fait partie de celui de la ville d'Argelès.  Photos J. Omnès


Ourout tête dhomme  1  Orout belle fenêtre

Base à tête d'homme d'un ancien pilier médiéval. Fenêtre Renaissance avec un protomé (femme tronc). Photos J. Omnès

Ourout entrée Ourout fenêtre

Belles fenêtres Renaissance. Inscription en gascon au-dessus du linteau de la porte. Photos J. Omnès

Ourout 6   Ourout fenêtres

Le « Château » de Vieuzac

Dès l’arrivée dans la ville haute, sur la gauche, on remarque la tour derrière un mur imposant. C’est ce qu’il reste de la propriété qui constituait une abbaye laïque, de la dernière famille noble,  celle du seigneur d'Ourout, Jacques-Hector d'Antin.

Historique

Cette tour faisait partie d’un ancien château du XIIIe siècle qui lui été adossé et dont il ne reste plus rien. Toujours visible en 1665, mais fortement ruiné, son propriétaire avait désiré se faire construire une maison avec ses pierres (acte notarié Me Noalis 11 août 1665)

Une partie de la propriété revint par donation, vers 1770, à Jean-Baptiste Lassalle, seul fils naturel de Jacques-Hictor. Cet héritage d'après le terrier de Vieuzac se composait  d'une grande maison d'habitation avec sa grange attenante, sa fournière  ses vergers, jardin et basse-cour, ainsi qu'un "pigeonnier" (la tour).

La seconde partie  fut vendue par Jacques-Hector, en octobre 1777 à  Jean Barère,  parent au 4e degré et père de Bertrand Barère, le Conventionnel. Il était composée, d'après acte passé devant Maître Duhort, d'une maison basse, et d'un moulin à trois meules, d'une scierie, de terres, mais aussi et surtout du titre avec les privilèges y afférent, d'abbé lay (abbé laïque). Bertrand, devenu de Vieuzac fut élu député du tiers état, et non de la noblesse, car cette portion de "seigneurie" n’était pas assez importante. Paul Perret qui ne semble pas le porter dans son cœur dit de lui : « la légende a voulu faire un marquisat pour Barère qui y était né. Ce personnage trop célèbre fut avocat tout simplement, puis conseiller à la Sénéchaussée de Bigorre qui le députa aux Etat généraux ; la toque vaut peut- être le heaume  mais ce sont deux couvre-chefs différents »

 Le bâtiment et ses transformations

La tour massive mesure environ six mètres de côté et une vingtaine de mètres de haut. Elle était entourée d'une basse-fosse. L'entrée  se faisait comme à la tour de Vidalos par le premier étage avec une échelle. Elle est actuellement agrémentée de deux fenêtres trilobées. Les autres ouvertures sont récentes. Le tout  était entouré de fossés et de contrescarpes. Si, en 1783, la tour était mentionnée au Compost, comme pigeonnier, c'était plus probablement à l'origine une tour de guet, voire de signaux qui communiquait par des feux avec celle de Vidalos et le fort de Saint-Savin aujourd'hui disparu, et que les derniers propriétaires ont transformé en tour d'habitation. D'où ces "méchantes" ouvertures modernes, dont certaines étaient ornées de balcons aujourd'hui disparus Il n'existe aucune présence de boulin à l'intérieur.

Ces restaurations sont l’œuvre principale de Clémentine Wallace, épouse de Jean- Baptiste Lassale, qui deviennent propriétaires en 1858 (à vérifier) de l'ensemble de la seigneurie et rachètent également en 1860, la chapelle Saint-Pierre avec son cimetière attenant, à la commune en lui cédant une partie de terrain pour la percée de la route de Lourdes. Clémentine fit probablement boucher les meurtrières, ouvrir la porte du rez-de-chaussée, en façade ouest (visible de la cour), et ouvrir quelques fenêtres avec balcons. Le propriétaire suivant, en 1873, Michel Alicot, député d’Argelès-Gazost fit raser, d'après Raoul Deloffre, les biens immeubles dont la chapelle et sauf la tour qu'il restaurera avec son fils, en  utilisant pour le couronnement, les corbeaux du château d’Arras (castet Naü). La nouvelle église d'Argelès étant terminé en 1860, celle de Vieuzac délabrée put être démolie, la ville ayant fait réserve de la cloche et des autels, ornements et statues. Le cimetière fut rasé après translation des cendres vers le cimetière communal.

Monsieur Alicot, propriétaire " fort éclairé" se fit construire en 1884, après la démolition des corps de bâtiments anciens, à côté de la tour rénovée, une imposante et incongrue villa de style « gothico-balnéaire ». La ville, aujourd’hui propriétaire des lieux, a transformé cette villa, dite villa Alicot, en Maison des associations et a construit un centre de retraite dans le parc public où poussent de magnifiques conifères de plus de 30 mètres de haut.

 

 


Tour de Vieuzac, façade ouest                                        Tour de Vieuzac, façade sud et est. Photos J. Omnès



vieuzac tour 3
Avec les ouvertures et balcons de Clémentine Wallace. Cliché Henri Bégué


Ouvriers Tour

                   Ouvriers et probablement M Alicot, avec le chapeau, lors de la restauration de la tour. Cliché H. Bégué.

                                                  Vieuzac  Tour 3  2Vieuzac 
 
    La seigneurie de Vieuzac et son église  Saint-Pierre. Gravure de ? La tour a encore son toit
    
  



 
NB  Les passionnés d'histoire peuvent trouver dans le bulletin de la SESV  de 2007, page 147, un texte tiré du journal de Margaret Jones, parente ou amie  de Cémentine Wallace, en date du 16 juin 1867, la description minutieuse du logis et de la tour.                                     
        .                  
Vieuzac


  

Les principaux propriétaires : 
- Fa
mille des Vieuzac

De Arnaut Guilhem de Vieuzac vers 1080.

à Donat de Vieuzac 1273.

- Famille de Barège

Claria, fille Donat, épouse de Gaillard de Barège à partir de 1290 jusqu’à

Antonia de Barège, fille d’Arnaut III de Barège, pour passer en 1519, aux Majourau.

- Famille Majourau d’Arras

Ramon Arnaud de Majourau, époux d’Antonia de Barège en 1519, jusqu’à 1608 avec Antonia de Majourau. Durant quelques années le domaine est géré par son neveu Gaston d’Armagnac, seigneur de Horgues (1608-1612) pour revenir aux Majourau avec

Louis de Majourau 1612-1619.

Thomas de Majourau, fils de Louis, 1619-1647.

- Famille d’Antin

Thomas de Majourau vend la propriété en 1647, à Germain II d’Antin, seigneur d’Ourout.

Ourout et Vieuzac appartiennent à la même famille. Puis, nous avons :

Jean-François d’Antin, de 1667 à 1702

Jean-Hector d’Antin, fils de Jean-François, de 1702 à 1714.

Jacques-Hector d’Antin, fils de Jean-Hector, de 1714 à 1778. Il lègue une partie du domaine à  Jean Baptiste Lassalle.
l'autre à Jean Barère.
- Famille Lassalle
1770 Jean- Baptiste Lassalle une partie de la seigneurie
1789 la totalité jusqu'en 1873.
- Famille Barère ou Barrère 

Jean Barère 1778 à 1788 une partie de la seigneurie.

Bertrand Barère, son fils 1788- 1789.

- Divers

En 1858 ?, J-B Lassalle et son épouse, Clémentine Walace

En 1873, Monsieur Alicot, également propriétaire d'après Paul Perret du Castet Nou d'Arras (?)

En 1976, Maison de retraite d’Argelès-Gazost


 

La tour Mendaigne

C'est la belle tour qui se trouve au centre-ville, près de l'office de tourisme. Il s'agit d'une tour du XVIIIe siècle (1751) qui appartenait à l'étude d'un notaire d'Arrens. Avec son clocher, encadré de quatre clochetons, qui font penser à l'église de Baudéan, elle fait partie des bâtiments emblématiques de la ville. En fait, c'est ce qui reste de la maison du notaire qui tombait en ruine. Rachetée vers 1957, par la municipalité, elle se trouvait à l'emplacement de la terrasse et du bureau de l'office de tourisme. Initialement, la tour faisait une vingtaine de mètres de haut, mais l'édification de la terrasse a enterré une partie de celle-ci. De 2,20 mètres de côté,  elle possède encore le balcon de fer forgé d'origine et, sur le linteau de la fenêtre sous le balcon, l'inscription :"A designatore nomen domini benedictum habitant inusque sitin sempiternam (anno jubile 1761)/ Que le nom du seigneur soit béni dans l'éternité par le fondateur, et demeure toujours avec les habitants (année jubilaire 1761). La municipalité en a fait un poste d'observation météorologique. Actuellement la petite salle du bas sert de dépot des documentations de l'Office de tourisme. La famille Mendaigne a son caveau au cimetière de la ville.

Belle vue du belvédère devant la tour, sur les Pyrénées.


Tour Mendaigne. Photo J. Omnès

Mendaigne2        Mendagne 3                                                                                                                                                                                                             




 Divers


Argelès
Maison forte avec deux meurtrières et une fente de tir. La restauration, hélas, cache l'empreinte médiévale de la bâtisse.
Certaines pierres seraient en réemploi. Photo J. Omnès


Argeles Croix rouge
Quartier de la Croix rouge, maison fortifiée ? En attente de documentation

Argeles cagot 2    Argeles cagot               Etonnant promontoire de guet ?, dominant la route, dans le Quartier de la Croix rouge. Photo J. Omnès                                                                                  

 


 

 

                                                                             AYZAC-OST

Le château de la Vieille tour ou l'oustau de Cazabou

Le château de la Vieille tour d'Ost : sur la droite en venant de Lourdes. C’est la belle tour carrée du XIVe siècle, recouverte de lierre, propriété d’une comtesse. Le président Mitterrand en déplacement en Bigorre venait parfois rendre visite à ses bonnes relations en hélicoptère, au grand dam des voisins, dont mon oncle occupant l’ancien moulin de la propriété d’origine, derrière. Ces jours-là, les villageois voyaient leur village transformé en camp retranché. Sur la monographie des instituteurs de 1887, la tour est mentionnée du XIIIe siècle, peut- être par la présence du fief d’Ost mentionné dans le Livre vert de Bénac (1274). Elle a peut- être été restaurée au XIVe siècle par le premier propriétaire connu : Ramon de Cazabou, 1361.

Le bâtiment
Cette tour carré du XIII-XIVe siècle, couvert d’un haut toit pointu à quatre pans est surmonté d’un couronnement de créneaux et de mâchicoulis fort restaurés. Malgré ces restaurations récentes, le tout a fière allure. Nous n'avons aucun plan ni descriptif de la propriété. 
D’après la monographie de 1887, la chapelle castrale était toujours présente. Le moulin le long du Bergons, hors de la propriété actuelle a été restauré vers les années 1970, par un hôtelier Lourdais (Architecte Monsieur Cousin).


 Ost

                                                                           La Vieille Tour à Ost. Photo J. Omnès

Ayzac la vieille tour

Les propriétaires

 Son origine connue remonte au XIVe siècle, avec la
- famille de Cazaubon-Cazabou. Elle commence par Ramon de Cazabou en 1361, pour continuer jusqu’à Jeannette de Cazaubon en 1480. Elle se marie avec Jean Ier du Lavedan et le fief passe à la famille de Lavedan.
- Famille de Lavedan de Cazaubon avec Jean 1er, dit Jeannot fils naturel de Ramon Garcie VII de Lavedan et époux de Jeannette de Cazaubon en 1480. Cette famille gardera le château même après la Révolution, mais perdra son nom Lavedan et son titre seigneur de Cazaubon. Dominique de Lavedan de Cazaubon s’appellera Cazaubon. Il épouse Marie-Louise Couget en 1799 et décède en 1826.
Le fief appartiendra durant plus d’un siècle aux descendants des Cazaubon, dont une partie de la famille émigre en Argentine. En 1968, le domaine revient à Suzanne Cazaubon, fille d’Albert. Elle épouse Maurice Augustin Perrard en 1937. Leur fille, Jacqueline épouse en 1956, le comte polonais Ladislas-Jules-Adam-Thomas Tarnowski.
- Famille Tarnowska  Le dernier propriétaire est la comtesse Jacqueline Tarnowska.



Un  emplacement d'un château peu connu, à Ayzac
 

Grâce aux monographies des instituteurs de 1887, nous apprenons l'existence à cette époque de ruines d'un très ancien château dans le secteur :
"Sous le règne de Charlemagne, le chef qui gouvernait à Ayzac-Ost était le seigneur de Mamelon. Sa demeure, une espèce de château en rotonde, était bâtie sur une élévation dominant le village d’Ayzac. On peut encore en admirer quelques ruines. La chapelle de service du château, quoique fort délabrée est même encore debout. Lorsque Charlemagne fut de retour de son expédition d’Espagne, la race des Mamelon s’était éteinte. Le grand empereur fit don à l’abbaye de St Savin du château et de ses dépendances." Nous sommes partis sur les traces de cette présence, nous pensons que l'emplacement, dont il ne  reste que peu de bâti, se trouve à Ayzac, dans la forêt des châtaigniers centenaires
En fait, sous Charlemagne, il devait s'agir d'une motte féodale. Il est évident que les ruines vues par notre instituteur sont bien postérieures. Jean Bourdette nous signale qu'en 1900 il existait encore une borde, un pigeonnier en ruine, de vieilles masures, un bois de haute futaie et un pré, le tout "entouré par des murailles construites avec chaux, pierre et sable."  Le presbytère, son jardin, et un verger faisaient d'après lui, partie du domaine. Le premier seigneur connu d'après Bourdette était Fort, en 1060 et le dernier Charles-Alexandre de Boussés allié à la famille d'Espourrin. Il a également appartenu à un lieutenant-colonel de l'armée britannique, Mr Cordogan, dont la tombe en marbre blanc de Carrare se trouve à droite de l'église. Il est décédé en 1851.
Actuellement, sur le site, il y a une maison appelée  par la commune, "le château" et qui possède des éléments du XVe siècle (portes et fenêtres). C'est une propriété privée qui ne peut être visitée. Le propriétaire actuel nous informe que l'historique de la maison se trouve dans le fonds François Faure du musée basque à Bayonne.

Château Ost                                                                                                                                 Le château (doumec)  d'Ayzac              





Ayzac chateau  Ayzac château3
                         Arrière du château à gauche, fenêtre à meneaux. Pfhotos J. Omnès

Ayzac chateau 6

Ayzac château 3
                                                          Dans son écrin de verdure. Photo Cyril Morelle

Le domaine, sous Napoléon III, a été la propriété de Mr Cardogan lieutenant- colonel de l'armée britannique, dont le tombeau en marbre blanc de Carrare se trouve à la droite de l'église. Il est décédé en 1851.

Ayzac tombeau
L'urne qui est tombée n'a pas été rescellée

Les familles seigneuriales propriétaires d’après Jean Bourdette

- Famille dite d’Ayzac
1060 Guilhem –Fort
1070 Garcie-Arnaout
Pas de traces
1238 Ramon-Gulhem
1292 Yourda
1300 Ramon-Guilhem
1361 Augé
- Famille d’Ost
1450 Augé d’Ost
1480 Ramon, époux de Jacquette, fille du seigneur de la Pène de Sère
1492 Nabarrine d’Ost
1500 Augé héritier de sa sœur Nabarinne
1541 Fortané qui aurait fait don du domaine au seigneur de la Péne de Sère
- Famille de la Péne de Sère (originaire de Barèges)
1550-1567 Françis de Barèges
1567-1582 Ramoun
1585-1603 Guiraut
1603-1630 Jacques Bernat
1630-1669 Jacques
1670- 1696 François II de la Hitte
1696-1769 Alexandre de Barèges
- Famille de Boussés de Lagrange
1769-1780 Laurent de Boussés (allié aux Despourrins)
1780-1789 Charles-Alexandre

La seigneurie Soulaas d'Ost ou  Monda (en préparation)


Les familles seigneuriales propiétaires d’après Jean Bourdette
1445-1489 Famille de Miramont
1480-1504 Famille de Serres
1505-1654 Famille d'Antist
1654 1665 Famille de Foix-Rabat
1665-1767 Famille de Monda
1767-1781 Famille de Castelbajac
1781-1789 Famille de Mua Barbazan




Dans le village d'Ayzac


Ayzac maison

 Ayzac pigeonnier 2

          Maison de maître, linteau de la porte en accolade et imposant poulailler avec un pigeonnier accolé


                                                   

                                                                           BEAUCENS

Le "donjon des Aigles"- Historique

Situé sur un mamelon rocheux au sud du village, le château surplombe et surveille la vallée du Davantaygue et celle de Saint-Savin. 
Le donjon des Aigles est l’appellation touristique de ce château médiéval  des vicomtes du Lavedan. Ce château a succédé à celui de Castelloubon vers l’an 980, car le comte de Bigorre, d'après le Livre Vert de Bénac avait donné le village aux moines de Saint-Savin sous réserve d'usufruit en faveur des vicomtes du Lavedan,  installés au château de Castelloubon. Le site leur plu, il  réunissait de meilleures conditions de défense que celui du précédent château. L'un des premiers occupants célèbres fut Arnaud (Arnaout) 1er, fils de Raymond Garcie 1er. En 1118, Arnaud participa au siège de Saragosse et à la Reconquête contre les Maures d’Espagne A sa mort en 1145, on pense qu'il passa dans les mains de la maison d'Aragon. De 1360, après le traité de Brétigny, il  devint propriété des Anglais jusqu'en 1404, pour redevenir propriété des vicomtes du Lavedan. Puis les mariages successifs firent passer le domaine, des mains des vicomtes du Lavedan à celles des familles de Lyon, de Bourbon, de Montaut-Bénac, d’Orléans et de Rohan-Rochefort.
Entre-temps, il subit quelques détériorations lors des guerres de religion en 1569, pillé et ravagé par le Capitaine Palats.  En 1660, il accueilli Madame de Motteville venue dans la région pour le mariage de Louis XIV à Saint-Jean-de-Luz. Au XVIIIe siècle, pendant la Révolution, le propriétaire Charles de Rohan, prince de Rochefort s’enfuit en Autriche. Le château fut alors en partie incendié (1792). Acheté par le ministre A. Fould en 1846, il a subi un tremblement de terre en 1854. Restauré en partie en 1855, le donjon consolidé en 1975, il a été revendu en 1987 aux exploitants actuels pour des exhibitions de rapaces. Ces derniers le restaurent peu à peu grâce aux gains des entrées du spectacle qu’ils ont créé.

Le château 

Les amateurs de vieilles pierres peuvent faire le tour du domaine. Le château a encore de beaux restes : on accède  par quatre portes à la tour du midi du XIIIe siècle et au milieu de l'ensemble, au donjon et la courtine du XVe. La première porte en arc en tiers-point  (ogive) des XVe-XVIe siècles est à encadrement de blocs taillés de marbre et de calcaire. Jadis elle était surmontée d'un édifice crénelé  avec meurtrières pour arquebuses, dont il ne reste que cinq corbeaux. Le donjon derrière le mur d'enceinte, à l'arrière de cette porte en assurait la défense. Passé  la seconde porte en arc à anse de panier, avec meurtrières et jadis fermé par une herse dont il reste les rainures, à 10 mètres de la première, on accède à la basse-cour, vaste espace de 50m par 30 m qui sert de nos jours aux spectacles des rapaces.   Un passage voûté, étroit, restauré en 1865, permet de pénétrer dans la cour intérieure. A l'est l'ancien corps des logis à deux étages construit au XVIe siècle, soudé au poste de garde est ouvert par trois portes voûtées qui donnent accès à une cour. Il est orné de trois petites fenêtres pourvues de coussiège, dont l'une est à arc trilobée. Plus au sud, d'après Anthyme Saint-Paul (1866) la petite porte percée dans le mur d'enceinte devait donner accès à la chapelle, actuellement petite terrasse.

Il a rarement été assiégé, peut-être du fait de sa situation sur un piton, et de l’astucieuse position de la porte d’entrée au bout du chemin. Vous constaterez que les murailles sont sur le côté droit du cheminement, le côté des assaillants qui ne portaient pas de boucliers. On n’avait pas encore la bombe à neutrons, mais on avait des idées. Le corps de logis principal comporte encore ses cheminées et ses cadres d’ouverture. En attendant une hypothétique reconstruction, les propriétaires ont su présenter leurs rapaces tout au long d’un cheminement archéologique, souligné par un aimable décor de verdure fort soigné.


 


Château de Beaucens, l'accès. Photo J. Omnès


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Vignette E. Sadoux 1881

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    Donjon principal. Des XIVe et XVe siècles, de 4,80 m sur 5,96 m et 25 mètres de haut avec des murs de 1, 20 m, il était couronné de machicoulis, supportés par les corbeaux que l'on peut voir. La porte se trouvait au premier étage ; on y accédait par une échelle. Il n'y avait aucune fenêtre, si ce n'est des meurtrières à différents niveaux. Devant, je pense que c'est la citerne. A vérifierBeaucens 3

                                                       La seconde entrée  avec herse


Beaucens
   Beaucens 4
                                                                                      Photos J. Omnès

 Pour les fans de châteaux, une description complète, agrémentée de photos et de plans a été faite par G Ballencie et R. Ritter dans De Lourdes à Gavarnie, édition Privat, 1936 pages 121 à 138.

Beaucens plan 3

                      
Les principaux propriétaires
- Les vicomtes du Lavedan dont :
Manson Loiup, 910-940, puis 
Aner Mans, de 940 à 960.
Amélius 1er, de 965 à 979.
Fort Aner, de 960 à 1023.
Et ainsi de suite, jusqu’à Louise du Lion, fille Jeannette de Lavedan et de Gastounnet du Lion. La maison change de dynastie lorsque ladite Louise du Lion épouse en 1490 Charles, bâtard de Bourbon.
- Les Bourbons
Charles, de 1490 à 1502.
Hector de Bourbon, fils de Charles de 1502 à 1525.
Jean de Bourbon, frère d’Hector, de 1525 à 1590.
Et ainsi de suite jusqu’à Marie de Gontaud Geniès qui cède en 1643 tous ses biens aux Montaut de Bénac.
- Les Montaut de Bénac
Philippe II Montaut de Bénac , 27e vicomte de Lavedan, de 1643 à 1654.
Philippe III Montaut de Bénac de 1654 à  1684.
Françoise de Montaut Bénac, sœur de Philippe III,  de 1684 à 1717. Puis la maison, passe en 1717 aux Orléans avec  Alexandre est nommé héritier par sa tante Françoise.
- Les Orléans avec :
Alexandre d’Orléans, 30e vicomte  de 1717 à 1765 dont la dernière héritière Marie-Henriette-Charlotte-Dorothée  épousera en 1765, 
le prince Charles- Jules-Armand de Rohan  de 1765 à 1789, dernier et 31e vicomte de Lavedan.
- Les Rohan
Marie-Henriette Charlotte Dorothée, fille d’Alexandre d’Orléans et épouse du prince Charles de Rohan parti en exil, vend tous ses biens en 1802 à Etienne-Marie Paisselier, puis  c’est la vente aux enchères avec :
- Divers
Bernard Philippe Gertoux, sous-préfet d’Argelès,  de 1803 à 1836.
 Françoise d’Estagnet, 1836. 
Barthélémy et Jean-Philippe Cazayous (père et fils) de 1836 à 1846.
Jacqueline Hortagnéou, veuve de Barthélémy, vend en 1846, le château à Achille Fould, député des Hautes Pyrénées.
Tremblement de terre 1854, restauration du château et vente à ?
Le donjon des Aigles à partir de 1987.

Beaucens Cénac-Moncaut Gravure tirée de "Voyage architectural et historique de l'ancien comté de Bigorre de Cénac-Montaut, pas d'auteur de la gravure.


 Le manoir de Couhite (Cohitte)

Résidence privée qui ne se visite pas. Il est situé au nord de la commune, au milieu d’un espace boisé, au sommet d'une colline, dans un site assez sauvage. (Certains ouvrages le confondent avec le château d’Ayret à Préchac). Ce manoir d’une seigneurie réputée, celle de la Ribera de Davantaygue, remonte au XIIe siècle. L’actuel bâtiment appartenant à un Lourdais a conservé son noyau médiéval, son aspect fin XVIIe siècle : corps de logis rectangulaire, flanqué de deux petites tours et d’une tourelle de latrines. L’ensemble comprend toujours chapelle, moulin et grange. Le manoir avec ses dépendances a été classé en 1998, à l’Inventaire supplémentaire des Monuments historiques.


Couhitte

Manoir de Couhitte, entrée. Photo J. Omnès


Couhitte arrière
Façade latérale. Photo J. Omnès

Vue arrière l'hiver


Couhiite chapelle latérale                 Couhitte détail
Chapelle du manoir, détail fenêtre. Photos J. Omnès 

Les propriétaires successifs                                                                                                    

Le premier propriétaire connu est Ramon de Beaucens vers 1320.

Famille de Lavedan

Auger de Lavedan, de 1392 à 1429.

Arnaut de Lavedan, fils d’Auger de 1440 à 1470.

Bertrand de Lavedan, fils d’Arnaut, de 1472 à 1483 jusqu’à

Jean de Lavedan dit de Couhite, fils d’Arnaut Guilhem, de 1525 à 1530.

En 1547, nous passons aux seigneurs d’Arras

Antoine de Castet Nau.

Etienne 1er de Castet Nau.

La propriété est vendue aux Montaut de Sen Sebé (Saint Sever)

François de Montaut de Sen Sebé de 1579 à 1623.

Bernard de Montaiut de Sen Sebé, fils de François, de 1623 à 1627.

Antoine Montaut de Sen Sebé, fils de Bernard, de 1628 à 1638,

jusqu’à Françoise Montaut de Sen Sebé, sœur de Roger qui épouse en 1669,Louis de Lescure. La propriété est vendue en 1691, au Lourdais
Famille d’Estrade

Bernat d’Estrade, de 1691 à 1728.

Jean-Baptiste d’Estrade, fils de Bernat, de 1729 à 1760. Sa fille, Louise-Thérèze épouse Bernard d’Astaing d’Estampes, ils restent propriétaire jusqu’en 1787.

Les Vergez-Labit

Elle devient ensuite en 1787, la propriété de Pierre Vergez, puis de son épouse jusqu’en 1835. Nous avons ensuite :

Dominique Vergez, fils de Pierre.
Joséphine Vergez, fille de Dominique, jusqu’à son mariage en 1848 avec Henri Labit.

Marie-Henriette-Pauline Labit, fille de Henri.

Elle épouse Jean-Paul Lacaze.

Les Lacaze

Irène Lacaze, fille de Jean-Paul épouse Blaise Peré, ils sont propriétaires jusqu’au décès de ce dernier : 1964,

leurs enfants Maria et Joseph Lacaze décédés respectivement en 1984 et 1998 sans descendance.

Divers

L'actuel propriétaire est Louis Fourcade.

            


                                                             BOÔ-SILHEN
Château de Pouts

Château Pouts
Les ruines en 1998


Silhen 4  Silhen 6

Silhen5
Silhen 10   

Silhen 1

Maison noble d’origine très ancienne, au nom de seigneurie de Pouts, dont il ne subsiste pas grand-chose. Ses ruines, encore importantes en 1830, sont situées au fond du terrain de camping Deth Potz à Boô Silhen.
Nous apprenons son existence par sa mention dans un jugement de 1150,  lors d’un procès entre  les moines de Saint-Savin (Sen Sabi)  et Outou II de Soulom. L’objet du litige : un moulin de Nestalas. Les juges étaient la comtesse Bénatrix qui se trouvait alors au château de Pouts, assistée de deux magistrats. La propriété comprenait une grande bâtisse,  borde, jardin, parc où se trouvait l’église de Silhen et plusieurs champs.

Les différents propriétaires connus sont :
1423 Pey de Couhitte, à Bourtoumiéou de Bidalos, seigneur de Doumy, puis par vente par autorité de justice à
l’ abbé lay de Lucarré, remise en vente par autorité de justice à :
Me Thomas de Meylougaa seigneur d’Arzaas,  avocat.

Famille Labéda
1615-1630. Cession à son petit-fils François Ier de Labéda, seigneur de Cazaubon d’Os, vendu en

Famille Montesquiou
1630-1660 à Antoine de Montesquiou, seigneur de Sen-Pastous
1660-1664,  son fils Gabriel de Montesquiou
1664 Marie de Cardeilhac, veuve de Gabriel de Montesquiou

Famille Labéda
1664-1693 Récupération de la propriété par Gabriel de Labéda, fils de François Ier de Labéda, les trois propriétaires antérieurs n’ayant jamais soldé leur achat.
1693-1738 Jean-François Ier de Labéda, fils de Gabriel
1738-1741 François II de Labéda, frère de Jean-François, seigneur de Cazaubon
1741-1751 Jean-François II de Labéda, fils  de Jean-François Ier
1751 - ? David de Labéda, frère de Jean-François II

Divers
1893 Nobilos, ancien commissaire de Police à Argelès
1903-  famille Coste


 

 Castet de Bern

Castet de Bern

Présence d’une motte féodale en bordure du chemin vicinal joignant Saint-Pastous à Silhen, c’est le Castet de Bern. Quelques pierres de mur subsistent au sommet, au milieu de l'herbe. On peut remarquer quelques trous dûs aux chercheurs de souvenirs.

Castet Bern 3
C'est en haut. Photos J. OmnèsCastet Bern 2

Vue du sommet
Castet Bern 1
                                Quelques traces de murs enfouis dans l'herbe. Photos J. Omnès


                                                                                     CAUTERETS

Le château de Cauterets

Nous savons par une sentence de 1317, accordant aux habitants de Cauterès-Dessus de venir s'installer sur la rive droite du gave, qu’il existait sur un rocher près du gave, un château médiéval qui appartenait aux moines de Saint-Savin. En 1341, d’après Jean Bourdette ils auraient obtenu par lettres patentes du roi Philippe VI,  le privilège  d’arborer le panonceau royal et les fleurs de lys. Ce château était déjà ruiné à la Révolution mais des fondations étaient encore visibles en 1900, sur une plateforme appelée la Tourette proche d’une croix . Elles  seraient à l’intérieur d’une propriété privée, rue de la Tourette.
  


                                                                                   GEZ-ARGELES

Gez maison
Cette fenêtre trilobée à double colonnette que nous pouvons admirer au Petit musée d'Aucun appartenait à la maison Galan de Gez. Il ya d'autres éléments sculptés qui laisse entrevoir une maison  d'une certaine facture noble. Nous avons retrouvé son emplacement. La maison se situait derrière ce mur à son extrémité. Il ne reste plus aucune trace. Le petit -fils de l'ancienne propriétaire Galan, habite en face, de l'autre côté de la rue. Nous n'avons trouvé aucune photo ancienne.

Gez Galan
La maison Galan était située derrière ce mur, au fond.

Il s'agit de la base recevant la colonne d'une fenêtre géminée. La base est ornée d'animaux sculptés. Coll. privée. La photo est mal prise : sur le dessus il y a un creux rond dans lequel venait s'encastrer la colonne. Il parait qu'il existe une plaquette sur ce domec Galan.


Gez .


                 


                   
                                                                           LAU-BALAGNAS

 


Le château fort dit d’Abillac (ou Abilhlac)

Au quartier d’Abillac près de la D101 menant à Saint-Savin, avec ses restes de tours rondes et carrées, a été rasé en 1963, pour permettre la construction d’une maison. Triste fin pour un château dont l’existence remontait au XIe siècle. 
                                                                         Castel 3                                          Abilhac 001
 1963 : nostalgie de la tour médiévale ?     Plan de la tour ronde de M. Sevrain pour le bulletin de 1983, de la SESV



Historique

Les seigneurs d’Abillac sont signalés dès le XIe siècle. Il sont mentionnés dans le Livre Vert de Bénac en 1272,  comme seigneurs de Castet, village du site  disparu : « lo senhor deu Castet ». D’après Jean Bourdette (1) ils auraient abandonné leur demeure en 1422.

Nous savons par un inventaire  que cette demeure seigneuriale « vieilles maison du château et sa chapelle » devint propriété des moines de Saint-Savin entre 1744 et 1789. Il est mentionné comme « Castet de l’abbat ».

En 1854, l’instituteur d’Argelès, Dupouy évoque « les restes  de quatre tours, dont trois circulaires […] et des débris de murs de fortifications (qui) semblent entourer ces constructions »

La monographie des instituteurs de 1887 de Lau-Balagnas,  l'évoque comme une vieille  tour dominant le village, dont les habitants la font remonter aux maures.

Dans l'ouvrage de Lourdes à Gavarnie, 1936,  Raymond Ritter et G. Balencié évoquent ces ruines : « Un peu plus loin, à quelques 30 mètres et à gauche de la route [celle qui est parallèle à la route pour Saint-Savin]  on aperçoit, drapés de lierre, les faibles vestiges d'un petit château fortifié composés de deux pans de murs, les restes d'un donjon, soudés à angle droit par une tourelle cylindrique et une petite tour carrée. »

On ne peut que déplorer la disparition de ces vestiges qui ont marqué notre histoire. Et ce, pour une maison au style et aux coloris douteux, qui malgré sa tour moderne (à la place de l'ancienne ?) ne pourra jamais remplacer le charme indéfinissable de ces pans de murs disparus à jamais.

Le bâtiment en 1963

Michel Sevrain, dans l'ouvrage Lavedan Pays toy de 1982, évoque avec quelques photos tirées d’un petit film réalisé par Robert Bégué vers 1960 et dessins, la triste fin de ce patrimoine médiéval.

Le château a été construit sur une plateforme dominant la vallée d’Argelès et contrôlant l’accès à Saint-Savin ; Cette position devait suffire à sa défense car aucune trace de fossés n’a été découverte.

D’après ce que nous savons lors de sa démolition,  il y avait deux tours, l’une ronde au Sud, l’autre carré ; Elles  étaient reliées par des murailles arrivant à angle droit sur la tour ronde.

La tour carrée : haute de 4 mètres possédait trois pans en pierre de taille, le quatrième avait disparu

La tour ronde, tour d’angle de 6 mètres de haut et de 2 mètres de diamètre possédait des murs de 30 à 40 cm d’épaisseur avec une porte Sud à 3 m du sol. Celle-ci faisait 2 mètres de hauteur ; au-dessus, la tour était arasée. Au centre de la tour, presqu’au niveau de la porte, il y avait un cul de basse fosse accessible par une trappe de 60 cm de côté, sa profondeur de deux mètres était dallée en plan incliné de 30 °  prolongé par un entonnoir sortant de la tour à 1, 5 m du sol. Voir plan de Michel Sevrain. La sortie faisait 15 à 20 cm de côté. Cette sortie est appelée « dallot » par M. Sevrain (2)

(1) Notice des seigneurs  d’Abilhac, Toulouse, Privat 1900.
(2) Un dalot avec un l est une petite ouverture dans une maçonnerie  pour l’écoulement des eaux

Trouvailles

Bernard Pousthomis dans le numéro de 1983, évoque la découverte de poteries anciennes  sur le site, avant la démolition des vestiges. Cette découverte a été classée sous deux rubriques : les poteries communes et les poteries fines. Si avec les premières, la datation s'avère difficile car ces poteries sont identiques sur plusieurs siècles, avec les poteries fines qui évoluent au gré des modes, on peut avancer une fourchette de datation acceptable entre le XVe et le XVIe siècle.

Il est à noter que des poteries identiques ont été retrouvées à Saint-Orens et à l'Escaladieu

                                                                                                      
                                                     LIAS

Lias  Grange avec fenêtre XVIIe siècle ou ancien domec du seigneur local  transformée en grange ? Il représentait la noblesse aux États de Bigorre. Voir les Annales de Jean Bourdette, page 400.


                                                              
                                                         NESTALAS

Le village possède un bâtiment qui pourrait être les restes d'une probable tour médiévale. Face à l'église, de 9, 40 m sur 6, 20 m, elle a été transformée en grange et a servi sous la Révolution de lieu pour le dépôt des doléances. L'ensemble de la propriété avec sa maison a appartenu au siècle dernier à la famille Estaun de Lourdes, elle possède une belle porte en plein cintre fait de mosaïques de marbre, dont de marbre rose du Hautacam et une seconde porte en ogive appelée porte des Anglais. (Informations Estaun). Belles fenêtres géminées dans la rue voisine, rue Bossuet qui était la rue principale du village. Elles sont décorées d'une rosace-fleur au niveau du linteau. Ce décor se trouvant sur deux maisons différentes, il ne sert donc, comme les autres décors de linteau de maison bigourdane, à se différencier des maisons voisines. On peut imaginer, les fenêtres ayant par ailleurs  la même architecture, qu' il s'agit d'un travail de compagnon de passage.
                                                                                                           
 nestalas tour

                                                        Nestalas porte
                                                                               Porte des Anglais


                 Nestalas fenêtre   Nestalas rue principale                                                                          Rue Bossuet, face à l'église    

                               




                                                              PRÉCHAC


Château d'Areyt
du XVIIIe siècle.  Au-dessus du village de Préchac, belle allée arborée menant an château d'Areyt ou d'Areit. Cette grosse bâtisse composée d'un corps de logis et de deux ailes à un étage surmontées de combles éclairés par des chiens-assis, fut la propriété au XVIIIe siècle, de Louise d'Estrade d'Esterre, épouse de Pierre Vergez. Ce dernier, né en 1733 à Boô fut officier du roi Louis XVI et chevalier de l'Ordre royal et militaire de Saint-Louis. Il s'engagea dans l'administration révolutionnaire et devint en 1790, vice-président du Directoire départemental. Il aménagea et transforma cette dépendance de la seigneurie de Couhit(t)e qu'il acheta  à Bertrand d'Astaing d'Arzaas, pour en faire la demeure que nous pouvons admirer actuellement. Le  château a reçu la visite du botaniste Ramond de Carbonnières qui y séjourna de décembre 1792 à mai 1793. Homme modéré, il démissionna de la tâche que lui confia Monestier du Puy- de -Dôme pour "purifier" la région. Il termina sa vie comme juge de paix du canton de Préchac. La propriété sera complétée par l'édification d'un moulin à huile de noix.
Les derniers propriétaires lotirent le domaine et vendirent séparément la grange qui se trouve en contrebas sur la droite de la route et la bergerie qui est située dans les hauteurs. Propriété privée ne se visite  pas, mais se loue 6000 € la semaine. Dans le champ, sur la gauche, avant l'entrée présence d'un châtaignier remarquable de 4 à 5 siècles appelé Châtaignier de Ramond


  


                                            Areit 2



   Areyt chateau

 
                                        Areit4
                                                                   L'arrière avec son kiosque.


Ayret 2 001 3   
 
 Photos de la propriété mis en location par bnb :  www.airbnb.fr/rooms/1322043
http://www.chateaudareyt.com/
 
Les différents propriétaires

Propriété des d’Estrade
Bernard d’Estrade vers 1730 à 1780
Louise d’Estrade, nièce de Bernard, épouse de Pierre Vergez, de 1780 à 1829
Jacques Bergé inventeur et escroc,  avec coupe du bois de chênes et saisi par la justice du château
Rachat par les Domaines
Guy Burkhardt conférencier international, propriétaire de magasins à l'enseigne Champion de 1984-1985 à X. Location de la propriété parairbnb, voir photos sur le lien.

   


                                                             

                                                                                    SAINT-SAVIN

L'abbaye de Saint-Savin était au Moyen Âge protégée par un château fort (rue du Castet et du Castillou, cadastré 274)  à l'ouest du village. Bâti au XIe siècle, vers 1087, il était complété par une ceinture de murs très épais dont certains pans sont encore visibles. Ceux du jardin détruits par le tremblement de terre de 1660, ont été reconstruits en 1683. Ces murs étaient percés de trois portes : la porte principale qui se trouvait devant la cour devant l'entrée de l'église, il ne reste plus rien, une seconde porte à l'Ouest du logis abbatial permettait d'accéder à l'écurie et aux hangars et enfin un portillon qui était situé à l'extrémité Nord du jardin.
Le château et les murs ont été restaurés au XIVe siècle sans l'aide des habitants d'Adast et de Villelongue  qui refusèrent cette corvée, ils se dégradèrent vers le XVIe siècle pour ne rester pratiquement rien de ceux-ci à la veille de la Révolution. Si ce n'est un pan de tour et un bout de muraille qui a été en partie utilisé comme mur pignon pour deux granges.
En 1341, d’après Jean Bourdette les moines auraient obtenu par lettres patentes du roi Philippe VI,  le privilège  d’arborer le panonceau royal et les fleurs de lys sur toutes leurs propriétés, ils correspondent au "Pachal" de Saint-Savin.




      Remparts 2 S-S      Remparts St Savin           
                                                       
Restes de la porte du château. Photos J. Omnès

Saint-Savin murailles                                                              Utilisation de la muraille pour l'édification de deux granges. Photo J. Omnès

Une ferme fortifiée ? : la Villa Bencus à Saint-Savin
 
Elle est située à l'entrée du village côté Pierrefitte, sur la droite, face au lavoir. La maison porte encore le nom de "villa Bencus". Cette tradition semble confirmer l'hypothèse qu'elle fut construite à l'emplacement de la villa gallo-romaine qui a donné naissance au village de Saint-Savin. D'après les documents du 12e siècle, cette villa était une exploitation agricole. Les traces de tour ancienne (12e-13e siècle) font supposer qu'elle pouvait ressembler à une ferme fortifiée. Des différences d'appareillage, l'apparition de chaînages d'angle délimitant une tour carrée dans la masse de la construction principale, ainsi que des meurtrières encore visibles, laissent à penser que l'édifice, très remanié, date en partie du Moyen Age. Ces parties anciennes sont englobées dans une architecture de type pyrénéen à toitures d'ardoises à pans évasés, agrémentées de balcons de bois et d'ouvertures en bois étroites. Sources ministère de la Culture.
Saint Savin 2Une seconde meurtrière (bouché) se trouve en bas, à droite, cachée par le buisson. Photo J. Omnès
Saint-Savin4  Mur pignon. Photo J. Omnès

Derrière la haie, sur le mur pignon de la grange du fond une pierre en réempoloi : une colonne !

st savin

Saint Savin 1
Façade principale. Au fond, le balcon. Photo J. Omnès


St Savinmaison XVe siècle  St Savin 2

Maison du XVe siècle, gravure de Sadoux (1881) pour l'ouvrage de Perret , face à la maison Bencus Elle se trouve toujours là  avec une fenêtre supplémentare au rez-de chaussée et avec les meurtrières occultées par le crépi moderne. La route a été abaissée. Au siècle dernier, c'était la maison du maréchal ferrant, dont la forge se trouvait à  gauche dans le jardin, d'après l'ancienne propriétaire.


stSavin 1      Il ya eu pas mal de  restauration depuis la gravure. Seule la fenêtre centrale semble d'époque


st Savin
Détail de la belle fenêtre

 

Saint Savin 5 2


                                         

                                                                             SALLES


Le Manoir d’Arzaas (eth castèth d’Arzaas)

Situé entre le château de Vidalos au nord et de Vieuzac au sud, près de l'église Saint-Jacques, cette demeure mentionnée comme castra en 1285 et salas aux cartulaires de Bigorre et de Saint-Savin (1348) , fut durant des siècles celle des seigneurs d'Arzaas qui disposaient d'un droit d'entrée aux Etats de Bigorre

Cette ancienne sala (logis seigneurial)  aurait donné son nom au village. La tour carrée du XIIIe siècle de plus de sept mètres de côté et de 17 mètres de haut, présente plusieurs fenêtres géminées avec coussièges (bancs dans l’épaisseur du mur), éclairant les étages, ainsi qu’une ouverture en meurtrière donnant du jour au cul-de-basse-fosse. Son entrée primitive était en hauteur au niveau du premier étage (entrée aujourd’hui passant par le logis mitoyen). Son couronnement anachronique en béton armé, comme ses planchers sur hourdis, datent des années 1960, quand le lieu avait été transformé en night-club, après avoir été cabaret (1884), école avec logements des instituteurs en 1887 (0) et débit de tabac (1902).

Un mur de soutènement fait de gros blocs sert de substratum à la plate-forme du manoir. Ce dernier, à l'exception de la tour, a été remplacé au XVIe siècle par un logis indépendant de la tour, tel que nous le voyons aujourd'hui ; la porte d’entrée, avec linteau en accolade, lui faisait face. Au siècle suivant, le logis a été modernisé par un agrandissement sur le côté gauche, mitoyen avec la tour. À l’arrière, le bâti a été élargi par une construction sur le rocher. Toutes les ouvertures extérieures du logis datent de cette ultime modernisation : XVIIe siècle
La tour Les mâchicoulis (1) et les merlons (2) de la tour sont récents, mais effectués avec les mêmes matériaux que ceux des murs d'origine : galets de moraine. Et, côté Ouest, la fenêtre géminée plein cintre avec colonne et  voussures et l'étroite baie qui se trouve au-dessous seraient des éléments de réemploi. Nous trouvons la même fenêtre géminée, mais sans sa colonne, sur la façade Nord. Est-elle aussi en réemploi ? 
L’escalier de bois intérieur est du XVIIe siècle. À noter un curieux bénitier encastré près de la porte du logis. 
(0) Monographie des instituteurs, 1887
(1) Avancées en pierre au dessus d'un chemin de ronde ou d'une porte par lesquelles les assiégés versaient des projectiles sur les assiégeants.
(2) partie pleine du créneau.

Les propriétaires

Famille d’Arzaas
Fort Gassie vers 1060
Bernat fils ou petit- fils de Fort, 1136 à environ 1150
Guilhem 1292 à 1306
Douat, fils de Guilhem, 1306 à ?
Pey de Cazaubon en 1391 par son mariage avec la petite fille de Douat d’Arzaas.

Famille Couarraze
Margalida,  fille de Pey épouse Ramon de Couarraze, 1417 à 1438
Austora, fille de Margalida, 1438 à 1480
Assibat, fils de Margalida, 1480 à 1498
Guilhem Arnaut, fils d’Assibat, 1498 à 1520
Jean, fils de Guilhem Arnaut, 1520 à 1573
Jeanne, fille de Jean, 1573 à 1620 environ

Famille d’Abadenc
Jeanne de Couarraze épouse Jean d’Abadenc
Marie, fille de Jeanne et de Jean, 1620 à 1643
Jeanne d’Anti d’Arzaas, fille de Marie et de Pey d’Antin
Elle épouse en 1618 Fabian de La Barrière

Famille La Barrière
Fabian, époux de Jeanne d’Anti d’Arzaas, 1644
Saubat ou Salvat, fils de Fabian, 1644 à 1673
Françoise fille de Fabian

Famille d’Asta (Estain) d’Estampes
Ramon d'Asta second fils  de Jean-Pierre d'Asta et de Anne de la Motte
Françoise épouse en 1650, Ramon d’Asta (ou d’Estain)
Jean-François, fils de Ramon, 1678 à 1707
Jean, fils de Jean-François, 1707 à 1767
Bernat, fils de Jean, 1758 à 1787
Jean-Paul Barthelemy, fils de Bernat, 1787 à 1789
Vente en 1820 du manoir par le dernier Asta d’Etampes.

Divers
Horgassan, 1820 à ?
Denis Cousté
Jacques Loustau
Catalina Coustié et son époux Jean Bat, de ?à 1884. C’est elle qui transforme les lieux en cabaret-débit de tabac.
Thomas Cazenave Labessan qui loue à la mairie pour en faire une école, bail de 7 ans (Voir monographie instituteur 1887)
Jean Bat, fils de Catalina Coustié
Elizabeth Gouarde
Josephine Mouret née Adélaïde Cazenave, 1936 à ?
Elizabeth Mouret, fille d’Adélaïde
Céline Lousteau, 1956 à 1966, transformation en nigt-club
Gérard Léon Laurent Dessay, 1966 à 1976
Alphonse Marcel Peluhet et son épouse Paulette Raymonde Cayrey, 1976 à 1995
Albert Danjau et son épouse Renée Nourry, à partir de 1995. Le chateau sert de lieu de réunion à l'association Médiéval aux pays des sept vallées siégeant à Beaucens



  





 

 
  


     Salles fenêtre2 


 



Salles


Salle arrière 3

A l'arrière a été ajouté une extension avec un prolongement du toit.  Des ouvertures ont été ajoutées au milieu de la façade au rez-de-chausée et au premier étage, depuis le plan de  la monographire de l'instituteur de 1881.


Salles  fen.détail
Fenêtre Ouest. Détail du chapiteau dont les traces de sculpture ne correspondent pas à ceux de la retombée du linteau. Photos J. Omnès
              

Arzaas salle                                                                   La sala

    Arzaas coussiège

                                                       Sala à l'étage et fenêtre à coussiège donnant sur la fenêtre géminée

Arzaas enrtrée
Entrée de la tour par l' escalier du XVIIe siècle.

                                                                                  DANS LES ENVIRONS DE SALLES

Salles lhiver


Une maison noble- ferme fortifiée ?

Sur l'ancien chemin du Bergons se trouve un complexe de ferme-ruines et des traces d'un moulin en contrebas qui laisse supposer, vu l'emplacement et les détail architecturaux, qu'il s'agit d'une très ancienne propriété d'origine médiévale, modifiée à la Renaissance. Vu son emplacement au sommet d'une falaise  proche du gave et sur la route des incursions des Béarnais, voleurs de bétail, on peut penser qu'il s'agit d'une ancienne ferme fortifiée protégeant le village de Salles. À ce jour nous n'avons trouvé aucun document à son sujet.
D'après certains locaux, c'était un passage obligé par lequel on passait avoir accès au Béarn en payant une taxe. Pour d'autres, c'était un ancien moulin fortifié, dont le bâtiment en ruine, au-dessus, servit également de scierie. L'eau venant d'un canal de dérivation, était censée passer par les deux ouvertures en arcades. Voir le plan, ci-dessous. Il ne reste plus de trace de ce canal.


.Salles falaise
La ferme et ses annexes en ruine se trouvent sur un replat dominant une falaise. Au bas de celle-ci, le Bergons et les ruines d'un moulin. 

Le bâtiment encore en état possède deux ouvertures plein cintre, celle-ci est la plus ancienne. Présence de deux fenêtres de tir murées des deux côtés de la fenêtre. Vu un départ d'escalier de l'autre côté, on peut imaginer que la maison avait un étage.

Salles maison 1 Salles linteau

Belle ouverture Renaissance. À droite, linteau avec deux gravures rares : entrelacs et deux cercles

Salles porte1 Salles entrée

Façade principale, sur le pilier droite de cette entrée partait une nouvelle arcature avec une seconde porte qui donnait probablement accès à l'étage de ma partie droite (ex-partie d'habitation), par un escalier de pierre dont il reste quelques soubassements, à droite de la palette en bois. Sur la photo de droite, encoches de la serrure médiévale.

Salles détail entrelacs Arras
Motif de décoration du linteau d'une des fenêtres. On peut le retrouver sur un chapiteau du château médiéval d'Arras-en- Lavedan, photo de droite.

Salles fenêtre détail  évier
Détail d'un linteau, coeur renversé. Evier de pierre dégagé des ronces. Photos J. Omnès


Salles intérieur
Intérieur du bâtiment

salles moulin
Le moulin fortifié correspond aux photos ci-dessus

  Salles bas   Terrain du bas proche du torrent, restes d'un moulin ?


                                                                             SÈRE-EN-LAVEDAN


Le châteauigneur de Sère était vassal du vicomte du Lavedan. Depuis le XIIIe siècle il était composé d’un logis avec deux tours et d’une chapelle actuellement église paroissiale. Il reste une tour carrée tronquée à 6-7 mètres de haut Celle-ci est en partie cachée par une belle maison de maître de 1864. Cette demeure a remplacé un logis seigneurial du XVIe siècle, dont quelques éléments lapidaires sont visibles, scellés dans les façades des communs. Tout cet ensemble, avec l’église, forme une agréable place. Le dernier habitant du château fut le seigneur de Sère (seigneurie de La Péna), Charles-Alexandre de Boussis. Après son émigration en 1792, suite aux conséquences néfastes de la Révolution, son domaine fut vendu à un certain Joseph Abbadie. Ses successeurs démolirent au XIXe siècle, l’une des deux tours et les corps de bâtiments pour édifier la maison visible actuellement.

La Tour
La tour  a été élevée sur un roc qui tombe à pic du côté du Bergons. L'historien A. Saint-Paul l'a décrite ainsi :"Le donjon de Sère paraît à peu près contemporain de celui de Vidalos, mais il en diffère quant aux dimensions et aux dispositions intérieures. Il peut compter parmi les plus grands de son époque ; sa longueur, à l'extérieur est de 8,14 m, sa largeur de 6, 42 m. Ses murs ont une épaisseur de 1, 82 m. Le rez-de-chaussée est voûté en berceau : on y pénètre par une large brêche..." Dans l'une de ses séances en 1859, l'Académie des H-P écrit à propos de Sère : « M. Laffont, curé de Gez-Argelès signale un vieux fort dont la tour à créneaux existe encore. On y montre un escalier en marbre que personne n'ose descendre. Ce fort avait été construit par les Templiers. Dans sa chapelle, qui sert d'église à la commune, on voit leurs armoiries à gauche de l'entrée. La porte en est remarquable par les colonnes et les sculptures. On retrouve encore des sculptures dans la maison de paysans qui a été bâtie à la place du fort. » Au sujet de l'origine templière du château, nous n'avons trouvé aucune source, pas plus que les armoiries des templiers dans l’église. Avec ce texte nous apprenons que l'église paroissiale était en fait la chapelle du château, et que le « fort » aurait été remplacé par la « maison de paysans » dès 1859. La liste des différents propriétaires indique 1864. Voir ci-après


L’état actuel
Fort ruiné la tour n’atteint plus aujourd’hui que 6 à 7 mètres de haut et deux niveaux. Un, la cave sous le plancher du rez-de-chaussée. Il est pour l’instant rempli de gravats et le second abritant une a salle aux beaux volumes avec voûte en berceau mais sans ouverture extérieure si ce n’est de petites cavités pour l’écoulement des eaux. L’ouverture au plafond devait servir pour accéder à l’étage supérieur par l’escalier de marbre décrit par le curé Laffont. Maintenant on y accède par une échelle. L’entrée dans la tour devait probablement être à l’étage supérieur aujourd’hui disparu. On devait y accéder soit par une échelle, soit à partir du logis disparu.


Tour médiévale, à l’arrière droite de  la maison


château Sère
La tour. Photo J. Omnès

Sere 2 1   Sere 4 e

 Sere 2 2 

Quelques éléments de pierre du château


SERE chateau 2


Sere chateau 5


Sere chateau 3

Les différents propriétaires

À l’origine, nous avons la maison de La Pèna
Le premier Garcie Arnaout de La Pèna  vers 1280 à Jeanne de La Pèna 1555.

Puis la famille Baradgin (Barège)
François Baradgin, époux de Jeanne de La Pèna, de 1555 à 1568.

Le dernier de la famille, Alexandre de Barège, de 1696 à 1768. Il n’a pas de descendance.
Les biens passent au neveu Laurens, famille  de Boussés de Lagrange
Le dernier, Charles- Alexandre de Boussés, époux de Jeanne Despourrin, de 1709 à 1795, confiscation des biens par la Révolution. Charles -Alexandre craignant pour sa vie avait émigré fin 1792.
Joseph Abadie de Sère, 1795 à  ?
Achat  en 1864, par X pour être remplacé par une maison avec conservation d’une tour (la ruine actuelle).
Famille Cantet à partir de 1905.  Jacqueline Cantet de Mérignac et son fils François qui restaure la tour en 2017.


                                                                                    
                                                                SOULOM

Fenêtre qui semble un réemploi, mais dont nous ignorons la provenance

 Soulom       Soulom fenetre
À gauche, un joueur de flute à bec à côté d'une chèvre.  Photos J. Omnès

volatile 2.  Panneau du bas à droite : un volatile. Photo J. Omnès

 


 

                                                                                               VILLELONGUE
La Maison d'Arbouix


Villelongue 3 1


Villelongue 4


Villeleongue Photos J. Omnès

Il s'agit de la maison dite d'Arbouix, originellement Arbox. Avec son beau porche en anse de panier, elle a appartenu au notaire du village, puis à sa soeur qui la vendit en 1614, à Jean et Sébilia La Trescheyrie. Ils prirent le nom d'Arbouix et leur descendance par alliance nous mène à Jean de Rousille, gouverneur du château fort de Lourdes, à Joseph Lamothe, notaire à Lourdes et à Jean Daure, Conseiller et receveur du roi à Lourdes également. Le porche date de 1668, il est marqué des initiales PA pour Pierre
d'Arbouix, petit-fils de Jean.


.Arbouix


   
Canton d'Aucun        

                                                          ARCIZANS-DESSUS

Présence d'une maison gothique. C’est la maison en face de la fontaine, au large porche et à la fenêtre géminée dépourvue de ses colonnettes. Sur le linteau historié vous découvrirez l’image classique  de l’arbre sur lequel broutent deux chèvres. La réfection de la route n’a pas tenu compte de ce trésor architectural.

Maison noble Arcizans-Dessus

Arcizans-Dessus rebord 001 3 À gauche, l'arbre de vie et ses deux chèvres


 
                                                                          ARRAS-EN-LAVEDAN 


Le château ou Castet Naü d’Azun 

Historique


Il a été édifié par le comte de Bigorre Centulle III, au XIIIe siècle, à l’entrée du val pour se protéger des envahisseurs béarnais ou aragonais, tout en surveillant ses sujets…  Il est mentionné avec le village, dès 1285 dans le Montre comme « castra et villae », confirmé en 1300 dans le Domicellus de Rats et en 1432 dans l’inventaire de Plautis.

Annexé un temps, en 1360, à la couronne d’Angleterre, pendant la guerre de Cent ans, il sera repris en 1404, après le château Sainte-Marie de Luz, par le comte de Clermont, Jean de Bourbon, vassal du roi de France, aidé d’Augé de Coufitte (Auger Coffite) de Barège et des Azunais (300 hommes d’armes et 150 arbalétriers) au capitaine Guilhem Arriou qui le tenait au nom du roi d’Angleterre. A  sa reprise, le comte de Bigorre confie sa gestion par donation au commandant Bernard II de Couarraze de Laloubère. Famille qui confia la garde dès 1500, aux seigneurs locaux les Mayouaraou, puis au capitaine d’Ourout. Abandonné au XIXe siècle, il servit de carrière pour les maisons environnantes. Les corbeaux du donjon furent même prélevés  pour la tour de Vieuzac. Il avait disparu sous la végétation quand, en 1996, un archéologue de Lourdes a décidé de le racheter pour le restaurer scrupuleusement. Beau travail sous le contrôle des Bâtiments de France.

La construction

Le plan représente une enceinte polygonale de dix m de haut et de 2 m de largeur, accessible par une courtine et protégée par des douves qui étaient remplies d’eau provenant du ruisseau la Moulette. Elle abrite deux tours

La tour carrée : du XVe siècle à l’entrée à moitié arasée. Cette tour de 10 m sur 9 m de côté, aux murs d’environ 2 m d’épaisseur est  bâtie en saillie sur la gauche de  la porte d’entrée, afin de la protéger grâce à deux meurtrières carrées dans le mur Sud-Sud-ESt. Son entrée visible est récente. Elle a été pratiquée par les restaurateurs pour accéder à l’intérieur. Le sol est dallé de schiste. On devait entrer par l’enceinte, depuis le chemin de ronde (courtine). Sa seule fenêtre à meneau se trouve sur la façade Sud-Ouest, côté cour  à 5 m de haut.  Ancrée sur le mur d’enceinte la hauteur définitive de la tour est difficile à évaluer

La tour ronde-Donjon  plus ancienne (XIIIe siècle) construite au centre sur une petite butte a été entièrement restaurée à l’exception de l’escalier hélicoïdal extérieur en bois sur consoles. De 6,42m de diamètre, elle mesure 18 m de hauteur  et devait probablement être surmontée de hourds de bois reposant sur les corbeaux, recouverts d’un toit d’ardoise. On accède de nos jours à la porte à 7 mètres de hauteur, à l’aide d’une échelle métallique par une logette en encorbellement  protégeant la porte d’entrée. Les murs en galets de 1 mètre d’épaisseur ont une petite ouverture à la base éclairant légèrement le cul de basse-fosse. Le logis du capitaine ou camera se trouvait à l’étage supérieur où l’on peut voir la seule fenêtre côté Nord. Elle est agrémentée d’un coussiège (banquette). On y accédait de l’intérieur par une échelle et dans le cul de basse-fosse qui servait de réserve, ou de prison, par un trou d’homme à l’aide d’une corde  activée par un treuil ou bourriquet. A droite de la fenêtre se trouvait une porte qui devait semble –il donner accès aux latrines.

La porte d’entrée de la seconde moitié du XIVe siècle, en arc en tiers- point chanfreiné culmine à 3 mètres de haut sur une largeur de 1, 80 m. Elle est protégée par la tour carrée sur sa gauche  et devant, par  un probable  portail à bascule en cours de réalisation, ancré sur une barbacane de 5 m de haut. Et  au-dessus par les mâchicoulis de l’enceinte.  Sur la base des pieds-droits sont sculptés un petit motif végétal en relief.

A suivre les enceintes

donjon 001                                                     Avant les travaux. Photos Jacques Omnès 



Arras le château. Photo J.Omnès

Arras vue sous la neigeVu sous la neige février 2015



Arras 2
L'entrée avec sa porte basculante en cours de réalisation


arras 6 001  Arras 7 001    Porte d'entrée protégée par les machicoulis                        

    Arras                                                                                              
Arras, le donjon. Photo J. Omnès                                                                                                                                                                                                          

    Arras poterne  détail Arras                                                                 
                               Poterne. Sculpture pied-droit de l'entrée Photos J.   Omnès                                                                                                                                                                                                                                  

  febusmefai      Château d'Arras, « omnes m’a fait », le dessin est une réplique aux armoiries près, d’un château de G. Fébus. 




Arras 9 001
 Arras fenêtre

Une vidéo :   https://vimeo.com/135234404vhttps://vimeo.com/135234404

                                    
Les  principaux propriétaires
Le constructeur supposé : Centot III comte de Bigorre, de 1163 à 1177. Lui succédèrent : 

Estiénéta, sa fille, de 1177 à 1191.
1191-1251 :  Jean de Castelnau ?
Esquibat de Chabannes, de 1251 à 1283, petit fils de Pétronille (Peyrona) de Bigorre.
Constance de Moncade, de 1283 à 1292.
Philippe le Bel et Jeanne de Navarre, de 1292 à 1305.
Louis X le Hutin, fils de Jeanne, de  1305 à 1316
Charles le Bel, frère de Louis X,  de 1314 à 1328.
Philippe VI de Valois, de 1328 à 1350.
Jean, ? de 1350 à 1360.
- La couronne anglaise après le traité de Brétigny dont :
 Edouard III, de 1360 à 1377.

 Richard II, de 1377 à 1399.
Henri IV, de 1309 à 1404.
- La couronne de France récupère le château avec :
Charles VI, de 1404 à 1422.
 Charles VII, de 1422 à 1426.
- Il est cédé aux héritiers d’origine avec :
Jean de Foix et Bernat de Coarraze, de 1426 à 1445.
Jean Ier de Coarraze, de 1445 à 1470.
Bernat II de Coarraze, fils de Jean, de 1477 à 1510.
Jean II de Coarraze de Bernat, frère de Bernat, de 1510 à 1537.
- La seigneurie passe de la famille des Coarraze à celle des Castelnau de Laloubère avec :
Claude de Castelnau de Coarraze, de 1537 à 1563.
Jean de Castet Nau de Coarraze, fils de Claude ,de 1563 à 1580.
Etienne Ier de Castet Nau de Coarraze, frère de Jean, de 1580 à 1642.
Etienne II de Castelnau de Coarraze de 1642 à 1678.
Jean-François de Castelnau de Coarraze, de 1678 à 1704.
Rogé César de Castelnau de Coarraze, fils de Jean-François,  de 1704 à 1731.
Henri- Philippe de Castelnau de Coarraze Pontacq, de 1731 à 1733.
Jeanne-Françoise de Castelnau de  Laloubère et son époux Ramon de Palarin, de 1733 à 1757.
- Propriétaires divers avec :
Samuel Eymar seigneur de Palaminy, de 1757 à 
Guichar d’Arras et retour aux Palaminy, de  à
Etienne Antarriéou qui vend les corbeaux en 1879 à Monsieur Alicot d'Argelès
Antoine Latapie Hour, de       à 1891.
Sabine Latapie Montagnez, de 1891  à 1905.
Louis Montagnez, fils de Sabine, de 1905 à
Marcelin Dominique Montagnez et Marie Elisabeth Dioze de Marsous à
Jean-Baptiste Anclades et Léonie Peydomec d’Arras,  en 1932. 
Lucien Lavit époux Anclades, de  1932  à  1996
Jacques Omnès de Lourdes achète en 1996,  les ruines et les terres environnantes à Isabelle Lavit-Cayrey .

Découvertes 2014
Si Jean Bourdette (1907) situe l’édification de ce  château comtal au XIIIe siècle, le baron Jean-Paul-Isidore de Castelnau, dans ses Preuves de la noblesse (1782) la situe à 1244, sous la gouvernance  de Messire Jean de Castelnau. (D'après notre liste ci-dessus la construction serait antérieure) Or, il se trouve que le propriétaire actuel, afin d’aider la réalisation d’un mémoire de fin d’étude d’un étudiant en archéologie médiévale de l’université de Pau, Rémi Laffont, a réalisé avec ce dernier, une analyse des quelques  166 pièces de monnaie découvertes lors des travaux de rénovation.

Il se trouve que les pièces plus anciennes datent de saint Louis (Louis IX 1224-1270).  L’intérêt de cette étude est de nous dévoiler les différents occupants du fort  à travers les siècles. Si nous trouvons nombre de monnaies françaises, béarnaises, navarraises aragonaises et, anglaises, le plus étonnant est la présence de pièces portugaises. On peut penser que lorsque le roi d’Angleterre envoya des troupes au Portugal afin d’aider Jean à devenir roi du pays, sous le titre Jean 1er, les 600 vétérans anglais de la guerre de 100 ans revinrent en 1385, en Aquitaine devenue anglaise depuis 1360, ils étaient accompagné de soldats portugais qui occupèrent les nouvelles places fortes d’Edouard III et de son fils le prince de Galles,  plus connu sous le nom de Prince Noir.
Ici les plus vieilles pièces trouvées à gauche : Louis IX et les deux à droite Philippe IV. Photos J. Omnès

pièce 001

arras 001
                                                           Pièces portugaises et espagnoles

Ps  : pour ceux qui sont intéressés voir le dossier sur le bulletin de la SESV no 45 (2014)

 
Deux autres "châteaux" 

Le village était également  le siège de deux autres constructions fortifiées, proches de véritables châteaux. L'un de ces châteaux dit de Montpellier ou de Montperlé ne possède plus aucune documentation à son sujet. Nous savons seulement que son propriétare était vassal des vicomtes du Lavedan. Avant l'an 1000, le seigneur de Montperlé, d'Arras, possédait les terres dites de Sirèch (Sireix) ; il les donna en fief à des cadets et cadettes d'Arras qui voulaient s'y établir. Cette colonie est à l'origine du village de Sireix.  Son emplacement n'a pas été retrouvé. Certaines personnes du village interrogées pensent qu'il se trouvait de l'autre côté du gave d'Azun sur les terrains Garcie. A vérifier. Il a été habité en 1408 par Aougé d'Arras.
L'historien R. Ritter évoque à tort la tour cylindrique, à côté de l'ancien presbytère, mais sans être sûr qu'il s'agisse de l'emplacement recherché. Cette tour de l'abbaye laïque a été un moment transformée en pigeonnier.  Il est probable qu'elle appartenait à la maison des abbés laïques du village.

Le château : Doumec d'Arras

La seconde maison fortifiée est celle dite de Doumec. Son historique a été évoqué par Annette Parrou dans la revue de la Société des 7 vallées, Lavedan et Pays toy, no 1977. Il s'agit de la maison ou Doumec des seigneurs du coin, les Mayouraou. Sur l'emplacement du château primitif, nous savons que les Mayouraou ont élevé un castel avec donjon, ce qui donna au lieu, le nom de Doumec d'Arras. Les Mayouraou émigrèrent vers 1650 à la maison de l'abbé laïque, évoquée ci-dessus et donnèrent en afièvement avant 1654, leur château, aux Horcentut. Blaizia Horcentut d’Adast l’apporta en dot à Cyprien d’Espourrins lors de son mariage en février 1718.  Mais en 1800, le petit-fils de Cyprien, Joseph le vendit au couple Dominique Massot-Bordenave et Domenge Houerie d’Arras. Celui-ci le laissa tomber en ruine et leur fils Jean-Baptiste, notaire à Tarbes, seul héritier s’en désintéressa, il ne restait que la tour en 1830. Ces ruines furent vendues à Jean Nogué puis à un entrepreneur. Ce dernier avec les pierres de la tour construisit l’école actuelle. Avant la Révolution le site avait également servit provisoirement d’école à l’abbé Cardesus.

Il se dit que le triplex à animaux domestiques se trouve sur l'emplacement de la tour carrée. On peut toujours visiter l'endroit, avec un peu d'imagination... Il s'agit de la maison Barbère dans le bourg (cadastre 757).

Le notaire tarbais avant de se séparer de son bien arrasien n’avait pas hésité à enlever l’encadrement avec l’imposte de la porte d’entrée qu’Anette Parrou appelle porte Toscane et un académicien des Hautes-Pyrénées porte épigraphique, pour le placer dans sa résidence secondaire à Sarrouilles. On pourrait ajouter énigmatique. C’est l’abbé Joseph Dulac qui fut le premier à déchiffrer le texte et à faire le lien avec à la famille Horcentut d’Arras. Mal gravé le O étant mêlé au H la lecture n’était pas aisée. Il fallait lire : « Peu et paix. Pierre Hor, 1654 » Hor pour Horcentut, 1654" Ce qui signifierait que lorsque l'on se contente de peu, on a la tranquillité.


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   Mine de plomb représentant les ruines du doumec. Photos J.Omnès

Doumec dArras
Emplacement du doumec d'Arras. La tour se trouvait devant le poulailler (à gauche de la maison, dont les pierres d'angle ont été récupérées sur les ruines du doumec). Photo J. Omnès


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Dans le village, autre doumec, dit de Granhou, avec sa porte cochère du XVe siècle, composée d'un arc en ogive, doublé d'un arc en plein cintre.

Arras maison
                   
Doumec de Granhou. Photo J. Omnès

L'Abbadie-sa tour
Il ne reste de l'ancienne abbaye laïque édifiée vers l'an 1000 que la tour dont on peut voir la photo ci-dessous. Nous savons qu'ont habité dans le manoir transformé en presbytère, puis en siège d'association culturelle, les Abbadie jusqu'en 1391, puis les Arcizans jusqu'aux environs des années 1500, puis les Mayouraou comme déjà mentionné, les Castet, les Salles et enfin les Parages jusqu'à la Révolution. En revanche, la tour cylindrique est toujours debout, de 8 mètres de haut, avec des murs de 2 mètres d'épaisseur, elle a encore fière allure, malgré le fait qu'elle ait été abaissée et surmontée d'un toit à huit pans posé ultérieurement. L'ouverture supérieure a été tronquée par l'avancé du toit. La salle basse visible par une porte à l'Est est voûtée, elle est surmontée par deux baies perpendiculaires superposées, dont la plus haute a été tronquée comme mentionné. Les Mayouraou la plus importante famille  habitait vers 1577, les deux maisons nobles à la fois : le Doumec mentionné ci-dessus et l'Abbadie et tant qu'abbé laïque.

Arras tour Arras tour
Tour de l'Abbadie, l'intérieur. Photo J. Omnès

Arras 1 Belle maison ancienne XVIIe ?





                                                                                              AUCUN
La tour médiévale

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Aucun Ritter photo                                             Photo de Ritter de 1936

À l’entrée du village, la tour du XIIIe siècle à deux triples meurtrières est ce qu’il reste de l’ancienne maison fortifiée, probable commanderie des Templiers, chargé de protéger le pays des invasions des voisins du Sud, Bandoulets ou Miquelets.  Aucun est mentionné en 1285 comme castra (château) et villae (village). La présence militaire noble est confirmée par un acte de 1314. Certains érudits, dont Patrick Ferrant d’Arrens, pensent que cette tour a dû être réduite dans sa hauteur.

Description

La tour actuellement mesure 6, 70 m sur 8,10 m et les murs x m d'épaisseur .  Elle est adossée au Sud au logis qu'elle domine de 6 mètres et à l'arrière Ouest à une  maison..
Sur la façade Est de la tour, en arrivant dans le village, on peut voir la porte d'entrée protégée d'un auvent. Elle est bien sûr récente. Les entrées des tours-donjons étaient toujours en hauteur. A sa droite se trouve une archère allongée. Elle  éclaire l'ancien cachot vouté, dont on accède par une porte donnant sur le logis, et fermant de l'intérieur. Une trappe dans la voûte serait censé permettre aux pénitents en disgrace d'écouter les prières des moines soldats qui se trouvaient au-dessus, selon Jean-Marie Prat. Cette cellule est éclairé par deux archères à double ébrasement ou rayère (de rayon de soleil), celle visible sur la façade Est  et une autre lui faisant face à l'Ouest, mais plus visible du fait de la présence de la maison d'habitation contre le mur de la tour.
Certains pensent qu'il pourrait s'agir de la chapelle
Au premier étage, à gauche l'ouverture obstruée était  l'entrée des latrines sur corbeaux toujours visibles. À sa droite, l'ouverture carrée est partagée en trois baies par deux montants de pierre. Elles sont étroites et tout en hauteur.
Au second étage, la petite ouverture à encadrement de galets et de moellons  est bouchée. Son linteau semble être en schiste
Le troisième étage abrite la grande fenêtre sous le toit à quatre pentes qui semble avoir été réduit. L'ouverture recevait jadis une belle fenêtre ogivale othique qdont le dessin a été réalisé à partir d'éléments disparates récupérés un peu partout, par J-M Prat, l'ébéniste du village. Voir photo ci-dessous. 
Sur la partie du logis le soubassement d'une fenêtre porte la date 1749.

Sur la façade Sud, on peut voir encore le four à pain, l'écoulement d'un évier ainsi qu'une entrée étroite. Au premier étage, la porte d'entrée en hauteur de la tour est cachée  par le bâtiment. Ses corbeaux sont décorés par deux scupltures : une croix Saint-André à boules que l'on retrouve dans une maison du village, au 7 rue Barbé, ce qui fait dire à Jean-Marie Prat qu'il s'agirait des mêmes propriétaires, les Templiers, et une étoile à huit branches  correspondant  à un symbole religieux: l'apprentissge du chemin de la spiritualoté, de la naissance du Christ à la rédemption qu' il apporte aux hommes.

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7, rue Barbet silo à grains desTempliers ? Porte d'entrée de la tour

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Etoile à huit branches, peu visible. Photo J.-M. ¨Prat


Sur la façade Nord, au troisème étage comme sur la façade Est se trouvait également une  fenêtre bordée par deux coussièges toujours visibles, de part et d'autre de l'ouverture. Nous ignorons où elle se trouve.

Aucun fenetre NordFaçade Nord, dernier étage fenêtre à coussièges. La fenêtre disparue a été reconstituée en dessin par J-M Prat avec des éléments épars retrouvés. Voir ci-dessous. Photo environ 1980.

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Ouverture de la façade Nord, reconstituée par J-M Prat d'après des élements architecturaux retrouvés.


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Photo ancienne environ de 1980 et inédite, elle représente la fenêtre divisée en trois parties visible de la cour, façade Est. D'après J-M Prat le charpentier du village, la pierre en bas à droite serait un urinoir, il est prolongé à l'extérieur par un becquet que l'on pourrait croire d'un évier.

La maison  façade Ouest a été au XIXe siècle, une auberge au nom de : O 20 100 O (au vin sans eau).



Maison fortifiée d’Aucun. Photos J.Omnès

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                                                                       Façade Est du logis



Aucun tour 4La fenêtre dessinée par J.-M. Prat se trouvait au dernier étage.

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                                                       La tour, plan J-M Prat

Dessous photo vers 1980, de la porte d'entrée au premier étage, côté intérieur avec fermetures par traver se et traverse à guillotine. Les deux sculptures :  croix Saint-André et étoile à huit branches se trouvent sur les corbeaux, à l'extérieur. La porte de droite, non indiquée sur le plan pourrait être le départ d'une coursive,  façade Ouest. Elle est obstruée.

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 Façade Sud évier à l'étage et four à pain. Photos J. Omnès


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Les deux ouvertures Est-Ouest du cachot (ou de la chapelle ?)


À l'église  Devant la façade, sont exposés des blocs d'une fenêtre ogivale gothique provenant de cette maison ou d'une église

C'est un remarquable exemple d'une fenêtre historiée probablement du XIIIe siècle provenant  Il parait qu'il faut lire les cartouches de droite à gauche, influence arabe ? La colonne centrale a été volée vers 2000.  Ritter a réalisé un dessin de cette belle fenêtre dans l'ouvrage de Lourdes à Gavarnie (19  ) et la situe du XVe siècle. Paul Perret dans son ouvrage Les Pyrénées françaises (1881), la date du XIVe siècle et l’indique encastré dans le mur d’une chaumine (1).  Pour lui, cette fenêtre est de facture espagnole et le lion léopardé serait l’emblème du Prince Noir [?]).. Une  vignette pour son livre a été réalisée par. E. Sadoux. Cette chaumine se trouvait jusqu'en 1937, de l'autre côté de la rue vers l'église. Lors de l'élargissement de la rue, le pan de la façade principale a été démoli et la fenêtre récupérée par la commune et mise dans le jardin de l'église, après avoir nettoyé les lobes de leur ciment.

En fait, elle serait antérieure, Thibaut de Rouvray, ancien conservateur, pense aussi  au XIIIe siècle. 

(1) Chaumine petite maison rurale couverte de chaume

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aucun fenetre 3 6 La fenêtre vue par Paul Perret, sujet de la gravure de E. Sadoux, 1881. Fonds Ritter.

Aucun maison 4 La maison après élévation et transformation : nouvelle façade en recul pour l'élargissement de la rue


Aucun fenêtre 1
                                             Fenêtre de la maison forte ou d'une église ? 



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Détail du bestiaire

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Ce genre de masque se retrouve sur le porche de l'église de Salles et en encadrement de porte dans une résidence de Saint-Pé de Bigorre, la maison Lias, photo de droite



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Gravure de ? Interprétation assez fantaisiste des illustrations animales et des visages-masques que nous retrouvons sur le porche de l'église de Salles, à l'intérieur d'une maison ancienne (maison Lias) de Saint-Pé-de Bigorre

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                            Dessin de Sadoux,1881.  Les quadrilobes sont recouverts de ciment

Les deux belles fenêtres médiévales d’Aucun

En face de la tour du XIIIe siècle il y avait une bâtisse qui abritait deux belles fenêtres médiévales. Nous apprenons leur existence par la monographie de 1887 de l’instituteur Gérad Gay. Paul Perret dans son ouvrage de 1881, n’en parle pas. Vu la richesse de ses ouvertures, non visibles de la rue, la maison, appelée Maison Crampes avait peut- être un rapport avec la tour : communs, écuries ? Mais suite à un incendie dans les années 1920, la moitié de la demeure a été démolie. Il ne reste plus que la partie de gauche restaurée et appartenant maintenant à la famille Darros. Sur la partie de droite arasée depuis l’incendie, les fenêtres en pierres taillées furent jetées à la décharge de Laspoueye où une partie fut récupérée par Antoine Fourcade pour son musée lapidaire (celle de la fig 2). Elle ressemble étrangement à la fenêtre de Geu, Simple hasard ? Même sculpteur ou propriétaire ? De la seconde fenêtre (fig 3), il ne reste malheureusement dans le jardin que le corbeau de droite. Il représente trois trèfles et une sculpture difficile à définir.
Heureusement l’instituteur avait eu l’idée dans sa monographie de les dessiner : figures 2 et 3.


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                                      Fenêtre de Geu, origine inconnue. Photo J. Omnès

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Musée lapidaire d'Aucun, élements de la fenètre. Photo J. Omnès



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Détails

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                              Corbeau droit de la seconde fenêtre; Il représente trois trèfles et  ?



Aucun maison

Maison  XVIIe siècle (fenêtres) et sa bouche à feu (en bas), elle est située derrière le Petit musée. Photo J. Omnès

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Belle maison XVI-XVIIe siècle ?. En face maison Domec, dont il reste ce linteau trilobé

Aucun maison XVII s
Dans la même rue, corbeaux et sculptures arcade en accolade



                                                               BUN

Bun mairie
La Maison
La maison a appartenu à la famille Dufourc (1) d'Anthian, successeur de la branche des Dufourc d'Antalos, leur dernier représentant de Bun, Antoine Dufourc étant décédé en 1818, sans laisser d'héritier. La maison a été vendue à la commune par l'héritière du dernier Dufourc de Bun, Gabriel (1827-1960), la famille Lacoste, vers 1980, pour être transformée en mairie. Les Dufourc ont donné à la royauté, nombre de prêtres et d’officiers, ce qui leur a valu, sous la Révolution, certains déboires, d'autant qu' ils représentaient la noblesse aux Etats de Bigorre. Un des Dufourc, Gabriel fut sous la tourmente révolutionnaire, curé de Saint-Savin. Nous lui devons le sauvetage du contenu du musée du Trésor de l'abbaye. Il emporta dans une charrette tout ce qui pouvait être sauvé, dont nombre d'ouvrages de la bibliothèque bénédictine et  le manuscrit de la vie de saint Savin.
Afin d'assoir leur légitimité  en tant que successeur de la branche d'Antalos, les Dufourc de Bun signaient  "Noble Dufourc d'Antalos, écuyer". 

 (1) écrit parfois avec deux f : Duffourc.
                                                              
Le portau
Les gros poteaux  en maçonnerie supportant un toit d’ardoise ont curieusement été doublés par deux poteaux  en pierre du pays surmontés d’une boule. Probablement pour pouvoir fixer la grille d’entrée. Les signes religieux, un calice et un ciboire, peints sur ce portàu  pourraient faire penser que nous avons affaire à une maison qui aurait pu être le presbytère, en fait, il s'agit de la maison d'une famille noble bigourdane les Dufourc dont les membres étaient abbélays (abbés laïques). Ces signes sont renouvelés sur la façade de la belle maison, qui est devenue la mairie, sous la forme d’ostensoirs surmontés d’une croix.

Bun portau

Le poulailler (triplex à animaux domestiques)

Belle et vaste poralhèra de 1820, de la maison de l'abbélay (abbé laïque) du village, originaire de la famille noble des Dufourc (branche de Bun). Le dernier représentant fut Gabriel Dufourc (1872-1960). Le bâtiment à l'abandon  a été admirablement restauré par la municipalité après la vente de la propriété à l'abandon, dans les années1980, par les héritiers des Dufourc, la famille Lacoste. Cependant, l’escalier de pierre d’accès à l’étage qui se trouvait sur la droite a dû être supprimé.

triplex bun


                                                          GAILLAGOS


Maisons gothiques, dont la « maison de l’ange », avec ses petites ailes décorant le linteau de la grande porte en ogive. À l’étage, présence d’une fenêtre géminée à deux colonnettes (celles-ci ont disparu) fermée par un peu esthétique volet en contreplaqué. Archère murée.

                                       Gaiilagos                                            
Photos J.Omnès

Traces de l'ancienne résidence seigneuriale ?

En contrebas de l'église, nous avons des traces de murs qui laissent penser qu'il s'agit de l'emplacement d'un ancien château du seigneur local. L'enceinte supposée, toute couverte de lierres et de ronces entoure un terre-plein  bien dégagé depuis peu. Le tout domine la vallée. Il reste même quelques pierres taillées, dans ce qui pouvait être l'entrée.
Comme un mur d'enceinte, ces ruines ne possèdent aucune ouverture et leur longueur ne laissent aucun doute, il ne peut s'agir d'une ancienne ferme ou grange.
Aucun document, aucune étude ne nous sont parvenus à ce jour. Et la mémoire des locaux est totalement vide sur  ce sujet. À suivre...

Gaillagos emplacement

      Gaillagos enceinte
                                                                              Photos J. Omnès

Gaillagops entrée   
            Entrée supposée                                                       


 

Canton de Luz-Saint-Sauveur


                                                               GÈDRE

Gèdre possédait jusqu’aux années 50, une tour médiévale (comme la tour du moulin de Lourdes) qui servait de clocher à l’église construite en 1627, probablement sur l’emplacement d’une église plus ancienne. Cette tour, unique vestige historique, a été rasée pour faire place au monument aux morts actuel.
Les érudits locaux la datent du XVe siècle. Il est probable qu’elle succède à une tour plus ancienne ou qu’elle a été réaménagée au XVe siècle avec des ouvertures plus amples. Probable tour de guet, elle appartenait donc comme l’église, à l’Ordre des hospitaliers de Saint-Jean-de- Jérusalem,  créé en Palestine en  1099, pour la protection et l’accueil des pèlerins.  D’après Jean Bourdette, l’ordre était présent à  Gavarnie et à Lourdes (tour de Guigne) en 1144.

Ne subsistent que quelques photos et un texte provenant des commissaires de l’Ordre des Hospitaliers de Saint- Jean venus en 1638, faire un relevé de leurs propriétés dans la région.

Dans ce texte du commissaire de l'Ordre on peut lire :

 «  Au-devant de ladicte porte [celle de l’église], il y avait une tour supportée par un costé sur les murailles de l’église, de l’autre par des pilliers de pierre avec trois arceaux de mesme pierre que le bas, servant de porsche et le haut du clocher a deux estages. Le premier est une petite chambrette de deux cannes de long et douze pans de large, il y a une petite cheminée de pierre et trois fenestres de trois costés avec leurs fermures. La porte pour y entrer est du costé de la tribune. L’autre estage a quatre fasces, deux fenestres de chaque costé avec une cloche. Le couvert est faict d’ardoises… »


tour Gèdre 

Tour Gèdre
La Vieille tour, on y remarque les traces d'ancrage de l'église sur le mur de droite. L'église est derrière
 

                                                       LUZ-SAINT-SAUVEUR

Le château fort de Sainte-Marie (en fait situé sur la commune d'Esquièze)

Ses ruines dominent encore le bassin de Luz. Pour y accéder, laissez la voiture devant l’ancienne gare (hôtel Terminus) ou plus loin à côté de l’hôtel Montaigu. Départ du sentier bordé de buis, à droite du jardin de montagne de l’hôtel Montaigu. C’est à 20 minutes de marche. Au sommet de la colline, belle prairie avec aire de pique-nique et source d’eau potable. Superbe vue à 360° sur les vallées. Le soir, les ruines sont éclairées.
Son enceinte protégeait des bâtiments en appentis aujourd’hui disparus. Seule subsiste  la partie orientale avec au nord un donjon carré de 12 m de haut, flanquant l’entrée - grande porte romane - qui devait être, semble-t-il, précédée d’une barbacane. Au bord du précipice, au sud, une seconde tour, ronde de 10 m de haut avec des latrines en encorbellement, en forme de mâchicoulis. Cette tour communiquait avec la précédente par une courtine, mais aussi côté sud-ouest dont le mur a disparu par un chemin de ronde.

Luz

Ste Marie 2  Ste Marie 3
                                                                                        Vu par Victor Hugo

Historique :

Il fut probablement construit par le comte Centulle III de Bigorre avant 1278 (1), pense- t-on pour protéger la vallée des incursions aragonaises, tout autant que des actes d’indépendance des Barégeois qui s'étaient manifestés antérieurement  contre la comtesse Béatrice et son fils Centulle II.  Dans une enquête royale de Philippe le Bel en 1300, nous apprenons que le comte dépensait sept sols tournois pour la solde de la garnison ((quatre hommes).
Il est d'usage de rappeler l'existence antérieure d'une chapelle Saint-Martin devenue  prieuré Sainte- Marie mentionné dans la bulle papale d'Alexandre III de 1167. Voir le dossier patrimoine bati, églises.
Au début du XIVe siècle, il aurait été occupé par les Hospitaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem. Pendant la guerre de Cent Ans, il passe après le traité de Brétigny (1360) sous le parti anglais avec Jean de Béarn, gouverneur de Lourdes. Puis, il est repris et brûlé en 1404 (en même temps que le château d’Arras) par le comte de Clermont, Jean de Bourbon aidé des Toys (Barégeois) commandés par Augé de Coufite (ou Cofitte). Durant cette guerre de Cent Ans, il servit pendant « l’occupation anglaise », à plusieurs reprises, de repaire pour la soldatesque transformée en brigands de grands chemins ; un peu comme les Compagnons de Lourdes. Avec une particularité : un de leurs chefs était un Cagot (c’est ce que dit la légende).
Le château fort perd de l’importance à l’apparition des bombardes. À la fin du XVIe siècle il est considéré comme "muraille ruinée. "Au  XVIIe siècle, propriété de l’abbaye de Saint-Savin, il est déjà en ruine. A la Révolution, il est vendu comme bien national en même temps que le prieuré et transformé en grange. En 1843, il reçoit la visite de Victor Hugo, qui l’immortalise par quatre dessins. Aujourd’hui, propriété privée, il est sous la gestion d’une association municipale qui l’a fait restaurer en 1988. Visite libre. Vue sur la vallée.

(1) D'après Raoul Deloffre et Jean Bonnefous Eglises, châteaux et fortifications de Bigorre édition Jet D, page 26 ; 1284 d'après J-L Massoure citant le procès de Bigorre dans  Le pays toy, édition Langues et civilisations romanes page 125

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                                  Château Sainte-Marie vu de l'éperon ouest. Photo J. Omnès

Le château

Ce château bâti à l’aplomb de la falaise est formé de deux parties ou esplanades en forme trapézoïdales avec une dénivellation de deux mètres entre les deux. Il permettait de contrôler la vallée du Bastan et celle du Gave de Pau.
L’entrée à l’Est se fait à partir d’une terrasse couverte de prairies alors que l’ouest, le sud et le nord sont limités par une falaise dominant les cités d’Esterre et de Luz.

De nos jours, est toujours visible surplombant la falaise : la tour sud ou donjon rond crénelé de 10 mètres de haut et d’environ 4,70 m de diamètre. Présence de latrines sur la face est qui domine la falaise. Côté Sud la base du mur est talutée.
La tour nord carrée de 12 mètres de haut,  crénelée à l’est et  percée de meurtrières. De 6,50 m sur 5,40 m, les murs ont une épaisseur de 1,20 m. Construite sur plusieurs niveaux, l’épaisseur des murs varie avec la hauteur.
Une courtine d’une quinzaine de mètres et de 7m de haut constituée de deux murs accolés lie ces deux tours. Ce mur est percé d’une porte d’entrée en plein cintre de 3,50 m de haut, et de 1,50 m de large.
La seconde esplanade coté falaise, à l’ouest délimitée par un mur est accessible par un escalier de trois marches. Cette seconde esplanade est limitée au bord de la falaise par un muret moderne qui part en fait de la tour ronde pour arriver à la carrée. Probablement à l’emplacement des anciennes murailles. Plan auteur inconnu.


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chateau Sainte Marie 2                                                                              Dessin de 1792

Sainte Marie
                                                            Vue de l'usine hydroélectrique

 Luz fenêtre  Belle fenêtre romane à besants, rue Sainte-Barbe


Luz le Barèges

La maison   Gradet-Poque-mairie

C’est l’une des plus grandes maisons  de Luz-Saint-Sauveur.  Elle abrite actuellement la Mairie. Elle appartenait  au XVIIIe siècle  à la famille Gradet-Poque qui en resta propriétaire presque jusqu’à nos jours et sans discontinuité. Au XIXe siècle, de 1828 à 1830, Pierre Gradet entreprit des travaux d’agrandissement  avec l'aile perpendiculaire de style balnéaire et d’embellissement pour en faire l’une des plus belles demeures de la vallée. Les jardins, un potager et  de nombreuses annexes, descendaient alors jusqu’au Gave, avant la percée par l’administration, fin XIXe siècle  de l’avenue Saint-Sauveur. Cet axe routier coupa alors la propriété en deux.  Nombreux furent les invités, souvent pyrénéistes, comme Lady Chatterton, qui fréquentèrent la maison. Le grand salon  servit un temps aux architectes de Napoléon III pour étudier l’avancement des travaux entrepris dans la région par l’Empereur. Il y tint même un conseil des ministres. La bibliothèque servait souvent de salle de lecture aux notables locaux. La dernière descendante, Suzanne Poque fit don du domaine à l’Ordre Saint-Jean-de -Jérusalem (Ordre de Malte). Après la vente de tout le mobilier, la maison et le jardin passèrent alors en  2007, dans l’escarcelle de la commune. Reste une belle cheminée Empire aux pieds de lion de marbre blanc de Saint-Béat.
C’est dans cette maison lors de travaux d’aménagement de la mairie que fut trouvé, dans l’épaisseur du plancher de la bibliothèque, 883 pièces d’or, par les ouvriers de l’entreprise Pratdessus. Trésor estimé à 80 000 €.
Entièrement rénovée, la maison abrite, en plus des services municipaux, six logements saisonniers, un centre de loisirs pour enfants, des locaux pour le  troisième âge, et le mini musée Napoléon III. Le parc sert parfois comme théâtre de verdure.

 

Luz mairie 2

La mairie, hélas des bâtiments annexes ont été rajoutés aussi bien devant que derrière, détruisant sa belle harmonie.

Luz marie

Façade arrière de la mairie donnant sur les jardins


 

 

 

 

Adast le château de Miramont est occupé

- A l’origine par les vicomtes du Lavedan

Mansion Loup, premier vicomte du Lavedan vers 910-940.

- Puis par la famille des Lavedan de Beaucens, avec

Arnaud de Lavedan, dit d’Aragon de 1145 jusqu’en 1340, avec Arnaud III de Lavedan.

- Vient ensuite la famille de Miramont, avec

Guilhem 1er de Miramont jusqu’à Bancaflou de Miramont, fille de Ramon–Arnaut, qui, en 1480, avec son mariage avec  Serres change de famille.

- La famille de Serres avec

Jean-Aymeric de Serres, époux de Bancaflou, de 1480 à 1505.

- Pour passer à la famille d’Antist,

par le mariage de Jeanne de Serres avec Jean 1er d’Antist en 1505, jusqu’en 1653 avec le mariage de Marie-Jaquéta d’Antist, fille de Gabriel II d’Antist avec François Gaston de Foix.

- Famille de Foix avec Gaston de Foix en 1653, qui vend la maison au notaire d’Arrens, Pierre Lamarque en 1656.

- Famille Lamarque avec

Pierre Lamarque, pour passer à la famille de son petit-fils Dominique Caubotte en 1677.

- Famille Caubotte de Miramont jusqu’en 1692, quand Marie-Gabrielle Caubotte épouse Pierre Despourrin, abbé laïc d’Accous.

- Famille Despourrin (s) ou Despourri avec

Pierre Despourrin, époux de Gabrielle Caubotte de Miramont en 1692, jusqu’à Cyprien-Joseph qui décède dans le manoir en 1837. C’est Cyprien Despourrin, seigneur de Miramont de 1729-1759, qui donna au domaine l’aspect actuel après d’importants travaux.

-Divers

Vente du domaine par les héritiers Despourrin en 1840, à Abbadie Gay de Sazos.

Jean-François Calot d’Arrens, chirurgien de 1906 à 1943.

Il devient propriété de Jacques Chancel, animateur de télévision en 1970-71.