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02 - Les chemins oubliés de Saint-Jacques

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           Les chemins oubliés de Saint-Jacques

Pèlerin St JacquesViscos Saint JacquesDépart Saint JacquesCa monte chemin St Jacques

« Le chemin de Saint-Jacques qui était tous les chemins fut une création continue à travers les gîtes de hasard offerts dans la montagne par des hommes profondément croyants. Dans ces espaces où aujourd’hui il n’y a plus rien que des bêtes lâchées pour le seul usage extensif de la montagne, il faut armer son imaginaire historique d‘indices et des traces qui restent. Il faut d’abord comprendre la spécificité du chemin médiéval… » Robert Borie, archives Montaigu.


Ce chemin était parsemé  par nombre d’hospitalités et de chapelles édifiées par les seigneurs et l’Eglise afin de venir en aide matérielle et morale aux voyageurs épris de spiritualité et désireux de sauver leur âme. Il servait aussi  à mieux contrôler ces masses de croyants vers Compostelle afin d’éviter l’imprégnation d’une quelconque hérésie. Mais ses traces matérielles ne suffisaient pas aux marcheurs à l’imaginaire nourri de contes et de légendes ; la nature traversée offrait nombre de signes sur la présence divine ou diabolique. Leur démarche spirituelle les poussait à suivre parfois des voies détournées pour honorer telle relique ou éviter telle pierre diabolique. La route droite et le rationnel n’avait pas sa place dans leur quête d’absolu.
Par ailleurs, comme le mentionne Renée Moussot Goulard, les tracés ont varié selon les époques : « le chemin en réalité multiple et mouvant selon les temps, qui conduit à Saint-Jacques-de-Compostelle, s’est mis en place lentement, en fonction du rebondissement de la guerre andalouse, ainsi que des faits politiques et sociaux des régions riveraines, dont la Navarre et peu après la Castille deviennent les instigatrices ». On peut compléter par la présence de nombreux détrousseurs de voyageurs en certains points de passages et les guerres de Religion qui, au XVIe siècle, rendaient peu avenante la traversée du Béarn pour rejoindre le Somport.

La dangerosité de certains passages se trouve mentionnée dans le cinquième voulume du guide du pèlerin attribué par de nombreux érudits à Aymeric Picaud. Il fait parti du Codex Calixtinus (du nom du pape de l'époque) rédigé vers 1135, à la gloire de Compostelle  de Charlemagne et des  pèlerins. Le ou les auteurs (oeuvre collective?) de ce dernier ouvrage ou Livre cinq, appelé communément guide du pèlerin, fait resurgir les inimitiés entre les gens du Nord et du Sud. Une certaine xénophobie surtout envers les basques païens, dont les "tares" sont assimilées à celles des Sarrasins est très présente dans l'ouvrage. Le guide mentionne les différents passages fréquentés par les détrousseurs de pèlerins (guets, bois). C'est l'une des raisons de l'utilisation  par ces derniers, de chemins de crête pour s'assurer une meilleure protection.

Les principaux chemins régulièrement énoncés par les historiens et les professionnels de Santiago sont au nombre de quatre : le Turonensis de Tours, le Lemovicensis ou Vézelay, le Podiensis du Puy-en-Velay et le Tolosane ou voie d’Arles par Toulouse. Ils sont tous dans une direction nord-sud. Les routes qui nous concernent sont celle de la voie Tolosane, mais aussi moins classique celle de Narbonne ou du Piémont (Cami déu pé de la Coste) ;  c’est la route qui longe les Pyrénées d’est en ouest.

routes St Jacques 2  esclavine 001
Les routes jacquaires en Bigorre, carte de la FFRP.  Pèlerine ou esclavine du XVIIe siècle, trouvée dans une tombe du cimetière de l'Egalité à Lourdes.
Les médailles sont en plomb et les coquilles en argent. Musée pyrénéen. Catalogue 1975, no 108.

La voie Tolosane et celle du Piémont

Les Pyrénées toutes entières et la Bigorre étaient concernées par les voies Tolosane et du Piémont où Lourdes se trouvait au carrefour des chemins principaux et secondaires.  De la voie principale Nord-Sud venaient les pèlerins de Larreule, Saint-Lézer, Oursbelille, Bordères, Tarbes, Juillan (villes rarement mentionnées sur les cartes) avec une variante par Bénac et le Castelloubon avec Saint-Jacques de Cotdoussan qui permettait d’éviter Lourdes ; et de la voie Est venaient les pèlerins de  Loures-Barousse, Saint-Bertrand-de-Comminges, l’Escaladieu et son abbaye, Bagnères-de-Bigorre, la croix Blanche avec une variante par le Castelloubon.
Arrivés à  Lourdes, les pèlerins pouvaient continuer vers l’ouest vers Saint-Pé, Lestelle et le Béarn ou la Soule  où se trouvaient les principaux passages pour l’Espagne avec les cols du Somport et celui de Roncevaux. Mais ils pouvaient aussi couper court, en se dirigeant directement vers le sud, vers Gavarnie et le col de Boucharo ou le Val d’Azun et le col de la Peyre-Saint-Martin.

                                                Les voies oubliées des chemins  de Saint-Jacques

Devant le renouveau du pèlerinage de Saint-Jacques en ce début du XXIe siècle, épris de spiritualité ou simplement d’aventure sportive, les responsables administratifs du département des Hautes-Pyrénées et surtout ceux du syndicat mixte du Pays des Vallées des Gaves (SMPG) ont décidé de baliser deux sentiers à partir de Lourdes. Ces sentiers, peu connus, font partie des voies secondaires perpendiculaires au chemin du Piémont.

Lourdes, carrefour jacquaire

Lourdes était un carrefour des voies jacquaires. La voie est-ouest de Bagnères à la Basse-Navarre (Béarn) rejoignait place Marcadal (rue de Bagnères), la voie nord-sud. Cette dernière comprenait deux sentiers, l’un se dirigeant vers la Peyre Saint- Martin (Val d’Azun), l’autre vers le col de Boucharo à Gavarnie.

L’importance de Lourdes se mesure par le nombre de « contenanciers » que possédaient l’Ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem et sa commanderie de Gavarnie, chargés de la protection des Jacquets. L'ordre avait dans cette ville de Piémont  22 possessions (1),  dont celle importante, du quartier des Pénétas (tour de Guigne) et celle de la rue de Bagnères, où nous avons découvert en 2008, l’existence d’une pierre évoquant un hospitalet,  doublé d’une source bienfaitrice (2).
Vincent-Raymond Rivière-Chaland est l’auteur, sur le bulletin de 1984 de la SESV, d’un article sur la maison de Gavarnie à Lourdes. Y sont dénombrées les nombreuses possessions de l’ordre dans la ville comtale : caseries, granges, terres…

(1) Document Malte, reconnaissances de Lourdes de 1604,  découvert par Jean Robert en 1980 et l’acte du 15 septembre 1367, entre le commandeur de Garnavie, Bernard Rigal  et Guillaume de l’Anclade.
(2) La pierre se trouvait au 35 rue de Bagnères. Elle est évoquée par l’abbé Camoreyt et a été découverte en 1932, par l’architecte municipal M. Seyrès.

Saint-Jcaques 2    St Jacques Bannières de la confrérie de Saint-Jacques de Lourdes

                                                      
                                                      La voie nord-sud Lourdes-Boucharo


En attendant le tracé officiel, j’avais réfléchi sur ce que pouvaient être les sentiers au Moyen Âge, pour aller au col du Boucharo.

De Lourdes à Soulom

L’itinéraire Lourdes-Argelès avait, à mon avis, deux tracés pour piétons, mulets et chevaux : celui passant par la vallée de Batsurguère et celui passant par le Davantaygue (Lugagnan). Le pont Neuf n’ayant été construit qu’au XVe siècle (pont de bois).
Pour ce qui est du premier tracé (Batsurguère), le pèlerin ou paysan désirant se rendre au marché de Vieuzac (Argelès), descendait à Lourdes le chemin du bois fréquenté par Bernadette, traversait le pont Vieux (Pont Vielh romain) et à l’entrée de la forêt de Subercarrère se dirigeait sur Omex, puis traversait, Ségus, Ossen et Aspin, Agos (l’hospitalet  et la chapelle de l’Ordre), Vidalos, Ost, Ayzac, et Vieuzac et continuait via Saint-Savin, Adast et Villelongue,  après avoir traversé Soulom et les Gaves de Cauterets et de Gavarnie. Il pouvait aussi éviter le tour de la vallée de  Batsurguère en partant le long du Gave au lieu-dit l’Arrouza, pour arriver directement à Aspin. C’est ce dernier tracé qui sera retenu par le SMPG.

Le second trajet (Davantaygue). Ce second tracé qui ne sera pas retenu par le SMPG, passait par le sentier du Davantaygue sur lequel se connectait celui de Castelloubon au niveau de Lugagnan. Sur la rive droite (est) du Gave, Il traversait Ger, Geu et Silhen où devait se trouver un pont de bois mentionné sur le plan Cassini (1780). à moins ,que manque de précision de la carte, cela soit le pont de bois, un peu plus en amont au Tilhos mentionné en 1664 et reconstruit en 1772, remplacé plus tard juste à côté, en 1884, par un pont de fer. Après Vieuzac, il passait comme avec le premier trajet, par Saint-Savin et son abbaye et redescendait sur Adast et Soulom. Les plus pressés qui ne désiraient pas joindre Vieuzac, pouvaient continuer après Boô, par Ayros, Arbouix, Préchac, Beaucens (siège de la vicomté du Lavedan),  puis Villelongue proche d’Ortiac (abbaye Saint-Orens),  et départ pour Luz, non par les gorges trop escarpées et sinueuses, mais par les villages sur les hauteurs de la rive gauche ou droite…

Silhen pont Tilhos
Carte Cassini XVIII e siècle pont de bois ? à Silhen               Emplacement ancien des ponts de bois du Tilhos au sud de celui du Silhen, face à "Argellez", culée rive gauche et poteaux de la pile centrale.
Photos J-L Laplagne.

pont de bois 001
Pile en bois du pont

De Soulom à Boucharo

Le trajet retenu par le SMPG se fera par le chemin sur la rive gauche du Gave de Gavarnie, côté ouest par Viscos, Sazos, où l’on rejoint le GR10 qui vient de Grust, on laisse Sassis et Saint-Sauveur sur la gauche pour atteindre à Agnouède, la Hount Grane. On continue par  le GR10 qui passe par Sia, longe le Gave de Gavarnie, se confond parfois avec la D921, traverse le pont d’Esdouroucats, puis se sépare du GR10 à Pragnères, après avoir retraversé le gave face à la centrale, pour aller vers Trimbareilles. On longe le gave (chemin à créer), on le retraverse au pont de Bent, face à Sarat pour rejoindre Gèdre par la rive est (droite).
À Gèdre, où l’Ordre des hospitaliers de Saint-Jean- de- Jérusalem avait un hospitalet et une chapelle, passage sur la rive ouest (gauche) du Gave, nous empruntons le chemin de Saussa pour rejoindre le GR10 et les granges de Saugué, puis la D923 et la vallée des Espécières jusqu’au col de  Boucharo à 2 270 m. d’altitude.
Un constat  : à partir de Soulom de nombreux travaux d’aménagement de réhabilitation et d’équipement ont dû être réalisés. D’autres sont à créer ou recréer comme la portion longeant le gave de Gavarnie, du pont Fould au pont de Bent, sur la rive ouest (gauche)
 
Départ Saint JacquesCa monte chemin St Jacques
Départ du chemin à Lourdes à l'Arrouza, ça monte vers Aspin. Photos J. Omnès
balisage départ  Viscos Saint Jacques
Balisage, à Viscos. Photos J. Omnès


                                                    La voie nord-sud-ouest par le val d'Azun

La seconde voie de Saint-Jacques : Lourdes-La Peyre-Saint-Martin

Cette seconde voie qui emprunte le Val d’Azun devrait, comme la première voie, passer par la vallée de Batsurguère : Aspin puis monter jusqu’à Viger et descendre à Agos Vidalos, Ost, Argelès-Gazost, puis le Val d’Azun : Arras-en Lavedan, Arcizans-Dessus, Gaillagos, Aucun, Marsous, Arrens Pouey-Laun et la D105 par le barrage du Tech jusqu’à la Peyre Saint-Martin. Cette voie est déjà en partie mentionnée sur le plan de l’IGN 1647 OT.

Arrens coquille
                                                                                     Présence jacquaire à Arrens : deux coquilles surmontant  des roses. Photo J. Omnès

Des voies bis devraient être prévues, l’une faisant le tour de la vallée de Batsurguère par Ségus et Ossen et l’autre faisant la boucle à partir d’Ost par Ouzous, Sère-en–Lavedan, Gez jusqu’à Argelès. Travaux : cet itinéraire a nécessité l'ouverture d'un sentier entre Arras et Arcizans-Dessus et le nettoyage d'un ancien chemin rural entre Gaillagos et Aucun.

                                                                   Les voies retenues

Les deux voies retenues par le SMPG ont été promulguées en mai 2013, à partir d'une plaquette promotionnelle.
Premier parcours Lourdes-Peyre- Saint-Martin, avec les villages environnants à visiter : Lourdes, Aspin, Ségus, Ossen,Viger, Agos-Vidalos, Salles, Sère-en-Lavedan, Arras-en-Lavedan, Arcizans-Dessus, Gaillagos, Aucun, Arrens-Marsous, le Refuge du barrage du Tech,  plan d'Asté, Refuge Ledormeur, Port de la Peyre Saint-Martin et refuge de Respumoso en Espagne...direction Jaca.


Refuge Arrens 3 Barrage du Tech, le Refuge

Refuge Arrens 4    St Jacques balisage


Deuxième parcours Lourdes-Boucharo  des chemins de Saint-Jacques : au départ le même chemin  que le premier (Lourdes-Peyre-Saint- Martin) puis à Argelès : Lau-Balagnas, Saint-Savin, Adast, Pierrefitte-Nestalas, Soulom, Viscos, Esquièze-Sère, Luz-Saint-Sauveur, Gèdre, Gavarnie, Refuge de Holle, Grange Bellevue, Cabane du soldat, Port de Boucharo (2275 m), direction Jaca.

Pèlerin St Jacques  Plaquette
Un pèlerin à Lourdes. La plaquette réalisée en 2013. Photos J. Omnès

Scan Partie du plan

la ruche L'unique halte jacquaire de Lourdes, rue de Pau : La Ruche

la ruche  2    Vue de la Ruche. Photo J. Omnès

Pour en savoir plus sur la Ruche :  http://pelerins-compostelle.com/pelerins-compostelle-hebergement-recommande-etape-gite-ruche

En juillet 2015, a été inauguré à Lourdes, boulevard de la Grotte, un centre d'information jacquaire et en août 2015, une halte jacquaire à Arrens-Marsous et une plaque commémorative de la présence jacquaire à Argelès-Gazost, quartier de Vieuzac..

Inauguration Croisée des Ch. Inauguration de la boutique à la Croisée des Chemins, le 22 juillet 2015, bd de la Grotte à Lourdes, en présence de Madame la sous-préfète.

Plaque st Jacques Plaque commémorative inaugurée le 8 auût 2015, rappelant l'importance de la chapelle Saint- Jacques de l'église paroissiale Saint-Pierre de Vieuzac.

Lourdes et la protection des Jacquets par les hospitaliers de l'ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem : une histoire vieille de près de mille ans

L’Ordre  des hospitaliers de Saint-Jean-de- Jérusalem a été fondé à Jérusalem en 1099, par le recteur de l’hôpital éponyme. Cet hôpital a été édifié en 1048, par des marchands et des moines napolitains d’Amalfi. Ils avaient obtenu du Calife,  une concession dans le quartier latin, près du Saint-Sépulcre, pour y construire une église, un couvent et un hôpital. C’était à l’emplacement de la mosquée d’Omar actuelle, construite en 1200. L’année 1099, est celle de la prise de Jérusalem par Godefroy de Bouillon.  Cette prise fut suivie de massacres sans précédents. Presque toute la population musulmane fut passée au fil de l’épée et les juifs réfugiés dans la grande synagogue y furent brulés vifs. Le nombre de blessés et de cadavres à enterrer  nécessita la réorganisation des services hospitaliers et la nomination d’un nouveau recteur à l’hôpital, transformé en immense hospice, le plus grand et le plus moderne de l’époque. La création d’un ordre bien structuré pour gérer cet établissement s’imposait, ce fut l’Ordre des Hospitaliers de Saint- Jean-de-Jérusalem qui deviendra par la suite, l’Ordre de Malte. Cet ordre  composé de moines et de laïcs était un ordre religieux et militaire à vocation humanitaire. Il reçut la reconnaissance, puis l’accord d’indépendance de la papauté en 1113 réitérés en 1120. Ces moines soldats firent l’admiration des croisés et même de Saladin qui reconquît la ville en 1187. Il leur accorda un délai pour quitter Jérusalem. Le vicomte de Béarn et  le comte de Bigorre qui avaient participé à la croisade et  sous la bannière desquels s’étaient réfugiés les rares rescapés du massacre, se souviendront de leur efficacité. Aussi, rentrés au pays, ils firent tout ce qui était possible pour les attirer. Les dons affluèrent et les hospices sur le chemin de Saint- Jacques se multiplièrent, tant en Béarn qu’en Bigorre et en Aragon. Lourdes devint un passage obligé des Jacquets prenant le chemin d’Arles, venant du Castelloubon ou de Maubourguet et se dirigeant tant vers Bétharram que vers La Peyre Saint -Martin en Val d’Azun ou au col du Boucharo à Gavarnie. Les hospitaliers possédaient à Lourdes dès 1144, au quartier des Pénétas, à côté de la tour de Guigne (tour du Garnavie),  un patus et une maison  appelée cazarie de Garnavie avec environ cinquante arpents de terre. Il avait en plus 22 contenenciers ou possessions, (2). Leurs propriétés étaient également nombreuses tant à Luz, que Gèdre et Gavarnie, qu’à Bun et peut-être à Aucun (3).

Chaque année à Lourdes, depuis 1958, début mai, les membres de l’Ordre, viennent porter assistance et aide aux malades venus du monde entier, renouant ainsi le serment prêté par leurs ancêtres et illustrant la vocation caritative universelle du mouvement.

(1)    Abbé Joseph Camoreyt, Histoire des trois belles églises de Lourdes, 1939.
(2)    Archives départementale de Haute-Garonne, registre Malte, reconnaissances de Lourdes, 11 octobre 1604.
(3)    Probable maison confisquée de l’ordre des Templiers, donnée en 1312, à l’ordre de Sain-Jean -de-Jérusalem.

Malte chateau  
                           Ordre de Malte à l'honneur au château de Lourdes lors du pèlerinage traditionnel de mai. Photo J. Omnès